Le jugement et l’esprit

J’ai des périodes de boulimie créatrices pendant lesquelles je ne me contente pas de pratiquer, mais je projette. L’ennui est que la plupart de ce que je fais n’est pas vraiment politiquement correct. La façon dont je vois la vie, ma façon de l’appréhender, de la considérer, et cette forme d’exhibitionnisme par l’écriture, c’est destructif. L’erreur serait ici de me dire « Qui ça intéresse ? », parce que ça intéressera toujours quelqu’un, mais pas dans le bon sens. Il y a une formule de Jiddu Krishnamurti qui circule un peu partout, très mal traduite. On peut ainsi lire çà-et-là « Observer sans évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine. » alors que la vraie traduction, basée sur sa déclaration en anglais, c’est « S’observer [soi-même] sans s’évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine. » et pour un esprit trop peu renseigné sur la philosophie orientale, ce n’est rien, presque identique. Or, ces deux traductions (dont la première est donc erronée) sont très différentes. La première parle d’une personne qui juge l’extérieur, les autres. L’autre parle d’une personne qui se juge elle-même. Même si les deux sont importantes en soi, ce sont deux notions très différentes, et quelqu’un qui en est à un niveau de conscience où il ne juge plus les autres, peut tout à fait continuer à s’auto-évaluer, et à s’auto-flageller. Celui ou celle qui en est à ne plus se juger peut se moquer totalement, faire abstraction du jugement des autres envers lui ou elle. Je pense qu’il est beaucoup plus difficile, pour quelqu’un qui a reçu une éducation occidentale, de ne plus se juger, de ne plus porter importance au jugement que les autres ont de lui, que de ne plus juger les autres. Il est alors logique de considérer que l’ordre de priorité pour arriver à cet état de conscience dans lequel les évaluations extérieures dirigées sur soi n’ont plus d’importance, et dans lequel il n’y a plus d’auto-évaluation de sa personne, commence par l’élimination par la vigilance de chaque instant quant aux associations d’idées, de l’habitude de juger les autres. Je suppose qu’on ne peut pas commencer par cesser de se juger soi-même. Mais j’ai un doute, il est tout à fait possible que l’ordre soit l’inverse ou que tout intervienne en même temps via un changement radical de la façon de penser, de voir les choses.

Ce qui fait souffrir, c’est l’ego. L’ego est blessé lorsqu’on se rend compte qu’une personne importante pour soi est dans le jugement, dans la condamnation. L’éducation occidentale oblige presque à passer par là. Sans jugement, plus rien n’a de sens. Or, il se trouve que sans jugement, on peut écouter l’autre sans l’interrompre, sans avoir de désir soit de l’aider soit de l’enfoncer (tout dépend du degré de conscience de l’individu, mais s’il en est là c’est qu’il est dans le positif). Écouter l’autre permet d’entrer en empathie avec lui. Ne pas juger ce n’est pas s’en foutre, c’est faire abstraction de son ego.

Donc, inversement, ce qui rend heureux, ou plutôt ce qui fait cesser de souffrir, c’est la non personnalisation, l’absence d’ego, ou pour dire ça autrement, l’absence de prise au sérieux de son ego. L’abandon de l’ego. Et comme le dit plus ou moins Krishnamurti, c’est effectivement une des choses les plus difficiles à faire, et réussir, c’est atteindre un niveau d’intelligence qui n’a pas de valeur supérieure.

La question que je pourrais alors poser serait « Comment arriver à un niveau de conscience où l’ego est secondaire, voire oublié ? ». C’est un travail de chaque instant, révolutionnaire au sens propre du mot, on fait le tour de soi, et lorsqu’on arrive au bout, on est radicalement changé. On peut goûter alors à la tranquillité de la conscience. Et encore une fois, c’est un travail très long et difficile. Une erreur serait d’abandonner, ce serait une erreur car ce serait retourner en arrière, à un niveau de conscience auquel est la plupart des humains, un niveau de conscience animal.

Où en suis-je personnellement ? Même pas à mi-chemin. Et trop souvent, j’oublie l’essentiel, mais une chose est certaine et plutôt encourageante, c’est que systématiquement, j’en reviens toujours à reprendre ce travail où je l’avais laissé. On dit souvent que plus on en chie, plus on apprend. Plus les épreuves sont difficiles, plus on en sort fort et plus on progresse sur la voie de la sagesse. Je pense qu’on ne devrait jamais se dire « Ça y est, j’y suis arrivé ! », car ce serait arrêter de progresser. Tant qu’on est vivant on peut encore monter, de plus en plus haut, autant qu’on peut toujours descendre plus bas. Le niveau le plus bas, c’est la mort. Le niveau le plus haut, c’est la mort. Mais, le dernier niveau, et ce que je vais affirmer ne peut pas se vérifier, ça ne sera donc qu’une simple spéculation, c’est la mort définitive. Alors que le niveau le plus bas, c’est la mort, suivi de la renaissance. Car plus on progresse que ce soit dans cette vie, dans la dernière, dans la prochaine, plus on fait progresser ce que j’appelle l’esprit, que les chrétiens appellent l’âme. Là, il est clair que j’ai dépassé la pensée philosophique pour entrer dans le domaine métaphysique, la pseudo-science. Même si je m’intéresse à l’ésotérisme, enfin à certains aspects, certains enseignements, pas n’importe lesquels car dès qu’on entre dans ces eaux là, ça peut être particulièrement dangereux, et un esprit crédule peut se faire mener en bateau, au naufrage, facilement, donc même si je m’intéresse à ce type d’enseignement qui nécessite une initiation extérieure, je m’y intéresse de manière autodidacte, ce qui me permet de toujours garder mon libre arbitre et mon esprit critique. Je pense que c’est très important, car les aspects métaphysiques de la vie ne peuvent pas se prouver. Il y a certains de ces aspects qui semblent avoir plus de sens que d’autres complètement farfelus, comme de croire à un homme qui serait le fils de dieu né d’une vierge, magicien pour ne pas dire faiseur de miracles, et qui aurait avalé toutes les fautes de tous les hommes passés, présents, et futurs, dans une coupe alors qu’il était cloué sur une croix, et que pour lui rendre hommage et ainsi entrer dans son paradis qui se situerait dans le ciel, on devrait manger son corps et boire son sang tous les dimanches… Bref… Mais surtout, il y a des enseignements plus sensés qui accélèrent le véhicule qui mène à la sagesse. Et ce sont ceux-là qui méritent qu’on s’y attarde. Quand ça a du sens, quand ça semble presque logique, alors oui. Si ça semble stupide, sans substance, alors non… Ça paraît simple dit comme ça, mais en définitive, l’esprit humain n’est souvent pas au niveau pour déceler ce qui est probable de ce qui ne l’est pas, en tous cas sur ces plans.

Image : libre de droits (teetasse)

Âmes et existences

Résumé :
Entrez dans les peaux de trois âmes, et de leurs existences respectives qui vont se croiser, parfois s’aimer, se perdre, et se retrouver. La vie, la mort, le contraste entre des situations sociales, les liens qui sont des besoins vitaux pour les humains, et l’espace entre les morts et les nouvelles vies, tous ces sujets y sont abordés.

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Réparation

Résumé :
Écoutez l’histoire racontée par une âme, elle vous évoquera quelques existences tragiques qu’elle a vécues, et tout ce qu’elle a tenté pour réparer une erreur intervenue très longtemps auparavant, erreur due à la bêtise de quelques individus dont la classe sociale élevée fut un prétexte pour empêcher deux êtres destinés l’un à l’autre, deux flammes jumelles, de s’aimer en paix. Une romance distribuée sur plusieurs vies terrestres.

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