Société immonde

C’est le symbolisme ironique d’un tableau saisonnier où les mois me font prisonnier,
Auquel la masse inique faite d’ovins enchaînés à des bovins avinés, se soumet,
Où l’alcoolisme agonique moutonnier pousse aux embrouilles de poissonniers,
Où l’on casse, cynique, l’altruisme et les vitres, mon moral assassiné, où tout n’est
Que dualisme laconique canonnier, tousse tonton ! tu rouilles comme un tisonnier,
Sur ta face stoïque, ton égoïsme chapitre tes vieux râles bien dessinés, où même
Quand tu veux, ironique braconnier d’une brousse que tu souilles en pionnier,
Sourire, tes rides de pitre mécanique ne trompent pas, t’es pâle, et ton anathème
Pend ton jeu par les couilles jusqu’à ce que mort s’ensuive, pas douce, cordonnier
Mal chaussé, même ton rire fait un bide atonique qui pompe tout ton système
Vasculaire, ton cœur bafouille et s’endort, ton muscat ressort par tes pores,
Et dès lors ton odeur laisse une effluve abjecte que seul un être anosmique
Pourrait supporter, ou d’autres ivrognes à la limite, le reste t’éjecte dans ta cuve,
Pour que tu crèves seul et si possible oublié, et ton sablier finit de s’écouler,
Comme ton monde qui est en train de s’écrouler, continue à te saouler mon con,
Attention en allumant ta cigarette, une allumette pourrait t’enflammer,
Le commun des mortels t’a d’ores et déjà inhumé, mais tu respires encore,
Ton sort a été jeté, aux ordures, par des ordures d’ailleurs, soi-disant supérieures,
Des qui sont sûres d’être au-dessus de catégories qu’elles mesurent
Du bas de la pyramide pourtant, et qu’elles intimident par l’usure,
Par leurs allégories spéculatives et hypocrites, hâtives et transcrites par mes mots,
Car elles nécessitent d’être traduites, pour bien saisir toutes leurs nuances,
Toutes leurs nuisances, leurs médisances, alors que la complaisance
Dans la soumission à un système aux belles allures de bienfaisance,
Est l’habitude de ces êtres – bien sous tous rapports ? Non…
Philistins imbus d’ignorance, qui éludent, bredouillent ou s’indignent,
Voire sourcillent et grimacent, passent leurs chemins sans mot dire,
En te regardant de haut, quand tu les mets à jour, mais qui vont te maudire
Par la suite, dans ton dos, sans que jamais tu ne le saches.

Fade up

La stupidité crasse est l’essence de ce monde,
elle fait avancer les imbéciles qui abondent,
et les ignares traitent d’ignares d’autres ignares,
la pauvreté d’esprit est le moteur de ces barbares,
et la haine est devenue le mien, à force de m’y coller,
car toute qualité se cache, rare et apeurée,
les imbéciles glorifient la médiocrité
tout en étant applaudis par des tarés,
qui forment à eux seuls la majorité…
Situation ubuesque, mais tellement présente,
les créatifs inconnus travaillent en silence, dans l’attente
de considération mais on leur impose
l’anonymat et l’ignorance à haute dose,
et le reste du monde, dénué lui d’imagination,
s’approprie leurs œuvres et se donne raison
afin de toujours mieux se mettre en valeur :
rares sont ceux ou celles qui citent les auteurs.
Ce nouveau monde égoïste ne fait que dupliquer
et fait passer ça pour du partage légitimé,
et quand on ose faire remarquer cette ingérence
on est ignoré, on essuie l’indifférence,
mais à force d’essuyer l’indifférence des snobs,
cette lourde indifférence et leur jugement qui l’enrobe,
à force d’essuyer leurs silences
on finit par s’épuiser
et cesser d’exister
et la haine,
même vaine,
vient tout remplacer, elle se substitue à tout.
Il est également facile de passer pour ce qu’on est pas
sous les jugements des rats,
les esprits mal tournés pensent qu’ici bas
tous ceux qu’ils croisent sont aussi miteux
que leurs putains de mentalités à eux.
Alors après tout pourquoi je reste là ?
Pourquoi continuer à marcher dans ces pas ?
Bonne question… Il me faudrait un peu de courage
pour arriver enfin à partir, quitter ma cage,
fermer la page,
quitter la fausse beauté et ainsi ne plus entendre
l’avis d’ignorants que j’aimerais voir en cendres.

Image : libre de droits (thephilippena)

Des cochons et des hommes

Dix manches en bois d’ébène comme un chèque du même nom
Seraient un jour saisis par une bande de cochons
Qui comme de la confiote s’en serviraient gauchement
Pour taper le poker entre copains mutants
L’orgie qui s’en suivrait resterait mémorable
Voir des porcs forniquer n’est pas très agréable
Se goinfrer et tiser, bouffer des p’tits carrés
S’éclater la santé via de chimiques denrées
Pour ensuite v’nir chialer devant un addicto
Les porcs sont assistés jusqu’au devant des mots
Des mots qu’ils ont perdus, des mots dits des mots clés
Des maux interminables à force de s’répéter
Reproduire les mêmes choses sans jamais se lasser
L’erreur est certes porcine, ovine, ou bovinée,
Elle est humaine aussi, accessoirement seulement
Naturelle et fertile elle reste entre les dents
Omniprésente ici, maintenant le courant
Dans une seule direction que tous suivent sifflotant
Feintant de ne rien voir, les œillères bien fixées
Les vieux rêves accrochés à des filets usés
L’homme ressemble à un porc, un qui joue aux legos
Dans son sombre château au luxe tout vieillot

A toi, à moi, à lui, à elle

Image : (cc by nc) Steve Evans

L’hypocrisie de la fleur

La violence est un sujet tout à fait intéressant en ceci qu’elle est inhérente à chacun. Nous avons tous de la violence en nous. Qu’elle s’exprime ou qu’elle ne s’exprime pas, il n’est que trop peu d’êtres humains d’exception qui ne la pratiquent jamais sous aucune forme que ce soit.

On pense souvent que la violence n’est que physique, erreur…
Elle peut être verbale, psychologique, silencieuse et pernicieuse, elle peut résulter de l’inaction ou de l’indifférence, elle peut être dirigée sur d’autres, sur personne, ou sur soi-même.
Aucune de ces différentes violences n’est plus grave qu’une autre, aucune ne peut se comparer vraiment. Elles provoquent toutes et au même titre, qu’elles soient poussées à outrance ou simplement moindres mais habituelles, des cicatrices indélébiles, véritablement traumatisantes pour certains et certaines.

On court après l’égalité entre les êtres humains quels qu’ils soient, avec toutes leurs différences. Les hommes et les femmes sont égaux dès la naissance, les noirs et les blancs également, les handicapés et les valides aussi, on cherche à faire en sorte que les humains considèrent n’importe qui comme leurs pairs, n’importe qui avec ses faiblesses et ses forces.

Il en est qui s’autorisent à utiliser la violence dans certains cas mais pas dans d’autres, par exemple quand les paroles en face deviennent trop difficiles et que les arguments manquent, quand ils ont décidé que c’était le moment.
Mais attention, si c’est une femme la fleur métallique de Damoclès est là, couteau tranchant planant au dessus des hommes, et qui va tomber en sarclant le petit mâle qui passe outre la règle universelle, et qui décide de ne pas se laisser faire par un de ses pairs, qui a comme différence avec lui son sexe.
Bertrand Cantat l’a bien vu, condamné par énormément de ses pairs à cause d’une pratique que beaucoup de jeteurs de pierre pratiquaient autrement, mais pas physiquement… en tous cas pas physiquement avec les femmes n’est-ce pas ? Même avec une fleur…

Mais votre fleur elle a bon dos et elle sent pas bon, et puis elle est hypocrite votre fleur, elle vous sert d’excuse pour continuer à sous-estimer les femmes, toujours les classer dans les « faibles petites choses à protéger » que vous croyez qu’elles sont, alors que certaines vous démonteraient à coup de latte que vous auriez même pas le temps de comprendre ce qui vous arrive messieurs. Les femmes ne sont génétiquement pas plus faibles et plus petites, elles ne sont pas prédestinées à être plus douces que les garçons, ni plus compréhensives, mais on leur apprend à aller en ce sens. À force de répéter un mensonge, le plus grand nombre l’intègre comme une vérité, et beaucoup finissent par mimétisme à ressembler à ce qu’on leur dit qu’elles devraient ressembler.

Cessons d’être hypocrites, laissons les fleurs où elles sont le mieux : en terre. Nous sommes tous égaux. À la naissance. Ensuite on évolue selon le cadre dans lequel on grandit, et si on veut être gentil et doux, on peut être gentil et doux. Si on choisit d’être agressif et méchant, on le sera, quelque sexe qu’on ait, quelque apparence qu’on ait. L’apparence, c’est très secondaire vous avouerez.

A mes ami-e-s, à ceux-celles qui l’ont été, à ceux-celles qui le deviendront.

Image : (licence libre) Salome with the Head of John the baptist, Caravaggio (1570-1610)