Les « gueguerres » ne m’intéressent guère

Que ce soient celles relatées par les médias, ou celles relatées par des sites web, celles qui provoquent des réponses sur youtube, etc., ou même celles qui restent dans l’esprit commun d’une paire de personnes qui se sont aimées mais qui ont fini par se détester pour des raisons qui leur sont propres, les « gueguerres » sont le fruit des moments de stupidité de personnes pourtant intelligentes, mais qui perdent temporairement tout ce qui fait qu’elles sont évoluées lorsqu’elles y cèdent.

Ça ne m’intéresse vraiment pas, et c’est pourquoi ce billet s’arrêtera là.

L’impunité de l’armée française en Centrafrique

J’en avais parlé y a 2 ans, et hier (4 jan. 2017) Mediapart revenait sur l’opération Sangaris : Justine Brabant et Leïla Miñano ont enquêté indépendamment de deux autres enquêtes (sur l’armée par l’armée), qui n’ont abouties à rien – logique pour la grande muette qui couvre ses troupes… mais les journalistes ont des choses à dire.

Centrafrique

Pour le Parisien, c’est une surprise (pas comme si tout le monde le savait). D’ailleurs il en fait son fond de commerce : il vend l’article en ligne. Le Monde, lui, fait le point du bout des lèvres.

En six mois de temps la presse a relaté des centaines et des centaines de morts, et l’intervention française n’a pas fait baisser la cadence comme c’était prévu, elle a vu empirer le phénomène, j’aurai même tendance à dire qu’elle a elle-même empiré ce phénomène de massacres systématiques, de génocide.

Sangaris, un nom qui fait frissonner. Des papillons pacifiques pour une opération violente armée des gardiens de la morale. Parce qu’il fallait s’en mêler, c’était obligatoire pour notre réputation internationale voyez-vous, sinon Hollande aurait été un lâche.

En décidant qui étaient les gentils et qui étaient les méchants, en arrivant avec ses fachos en costumes de GI, ils prétendent mieux gérer leur pays et veulent briser des révolutions et contrôler des conflits en défendant une certaine idée du pouvoir, comme toujours celle du fric et de l’ONU et de tous ses bailleurs et partenaires. Si seulement leur propriété était l’homme, mais elle n’est que leur profit.

Mais des anecdotes historiques peuvent être intéressantes pour mieux visionner, vulgariser, la situation réelle actuelle de la Centrafrique, que nous relatent les médias :

  • Au XVIIIe ce coin du monde a été une réserve pour les esclavagistes, qui rabattaient les fuyards depuis les pays alentours.
  • Au XIXe c’est la colonisation qui va durer jusqu’en 1958, par la Belgique et la France. Ils parcellent l’Afrique à leur sauce, au crayon et à la règle, sur des cartes vierges. Rien à foutre des tribus qui sont installées depuis des centaines d’années, et qui ont déjà dû s’exiler souvent très loin de leurs racines à elles, pour échapper à la folie occidentale. Si elles n’obéissent pas elles sont massacrées. Comme de nos jours si on réfléchit un peu : les multinationales tracent des traits sur des cartes vierges et s’approprient à coup de pognon des parcelles, si elles sont habitées ça fait de la main d’œuvre pas cher, et si cette dernière se rebelle, les fusils tonnent…
  • La Centrafrique est « indépendante » depuis 1958, ses frontières gardent quelques souvenirs de l’époque coloniale et de ses règles et coups de crayons.
  • Ensuite, coups d’états, périodes dictatoriales répressives militaires soutenues entre autre par la France, l’armée est encore au pouvoir aujourd’hui.

Partout où passent les occidentaux dans l’histoire, ce sont des résultats catastrophiques. Ils veulent même aller polluer les autres planètes, histoire d’y laisser leur trace, marquer leur territoire.

Enfin tout ça pour dire que l’intervention de la France aurait mieux fait de rester observatoire, à distance. Les chrétiens et les musulmans se foutent sur la gueule, en même temps on leur a un peu imposé ces religions… Quand l’homme ne choisit plus et est obligé de se plier quand même, il s’arrange avec la réalité, il se perd dans des considérations erronées, et est utilisable pour des instrumentalisations démesurées.

http://www.lemonde.fr/international/article/2014/06/06/six-questions-sur-l-operation-sangaris-en-centrafrique_4433835_3210.html

Image : L’Oubangui-Chari en 1910 (Licence CC-PD-Mark)