RAB

Je me fous de votre putain d’modernité,
De vos codes de fous c’est de l’insanité,
Vos langages nouveaux, ma langue est le français,
Vos habitudes de veaux, tout ça est bien rance et,
Moi je vis dans un monde, très loin de tout cela,
Où coulent de bonnes ondes, et je suis bien mieux là,
Et votre indifférence n’importe que vos egos,
Retournez dans vos danses, jouer à vos legos,
Vous êtes des playmobiles, des stupides robots,
Je vous vois immobiles, des pauvr’êtres lobo-
-tomosisés dans l’jug’ment, balayez d’vant vos portes,
Restez entre déments, entre cons en cohortes
Il vaut mieux être seul que mal accompagné,
J’préfère pas voir vos gueules, je n’ai rien à gagner,
À vous donner mon coeur, il est d’jà éclaté,
Passé dans des broyeurs, il est déshydraté,
J’ai tell’ment de violence, je la retiens, c’est bête,
Elle pourrait en silence, vous péter à la tête,
Vous finiriez en sang, que je boirais avide,
En vampire frémissant, et vous péririez vides,
Alors restez au loin, et faites bien attention,
De vous j’ai pas besoin, ni de vos conventions,
Que j’assume tout c’que j’fais, et tout c’qu’on m’fait aussi,
Ça, ça vous fait bien chier, votre connerie grossit,
J’vous envoie vous faire foutre au fond de vos idées,
Surveillez votre poutre, ma paille a oxydé,
A infecté mon œil tant vous l’avez jaugée,
Restez dans vos fauteuils, avec vos préjugés,
Sucez-vous entre vous et moi je continue,
Mon chemin je l’avoue, sans qu’on me diminue…

Version hip-hop et la suite :
https://www.youtube.com/watch?v=OzcUIR5LnIQ

Spiritualité, ego, alter-ego, mental & altruisme

La spiritualité, étymologiquement, si on remonte les locutions latines, signifie d’abord « immatérialité », puis « souffle » (esprit, âme). C’est le domaine de l’absolu (qui se suffit à lui-même et qui peut donner du sens à la vie, qui ne dépend de rien d’autre que de lui-même). Pour certains, ce sont des religions, pour d’autres, la nature, l’univers, etc. C’est ce qui relie tous les hommes et toutes les femmes, ainsi que tous les êtres vivants et même les minéraux. L’esprit, ou l’âme, mais aussi le karma pour d’autres individus, en dépendent. Ce qu’il y a au-delà de la mort est mystérieux, a toujours fasciné, et tenter de comprendre d’une manière la plus cohérente possible est légitime, sans toutefois accepter des explications toutes faites, arbitraires ou farfelues, dans lesquelles la réponse à la question « pourquoi, comment » ne sera pas « parce que c’est comme ça ». Ça peut donner du sens à sa vie et répondre à beaucoup de questions qu’un être humain se pose. Mais chacun est différent, et les différentes explications auront du sens pour certains, et pas pour d’autres qui en donneront par d’autres explications, et c’est pourquoi on ne devrait pas se permettre de considérer un pratiquant d’une religion qui n’a aucun sens pour nous, comme quelqu’un qui est dans l’erreur, car c’est sa vérité, et si pour lui elle donne plus de sens à sa conception de l’absolu que pour nous, grand bien lui en fasse.

L’ego, c’est le Moi, c’est la partie de soi qui revendique qu’elle existe depuis l’instant de la naissance jusqu’au dernier souffle. L’ego se nourrit des émotions, qui peuvent ou le caresser dans le sens du poil, ou le blesser. L’oeil (ou les autres sens) voit des faits. Avant d’aller au mental, les images de ces faits passent par l’ego qui avale l’émotion ressentie à la vision de ces faits. Ils atteignent ensuite le mental qui interprète ces faits en les agrémentant naturellement de l’émotion ou des émotions qui les accompagnent, ainsi le mental juge les faits et leur attribue une valeur de bien à mal en passant par toutes les nuances qu’il peut y avoir entre les deux. Seulement, les faits sont dénués d’émotions, quels qu’ils soient ils sont neutres. L’ego place donc un voile semi-transparent (et parfois complètement opaque) sur l’interprétation des faits, et le mental ne les voit pas tels qu’ils sont, mais modifiés par les émotions dont l’ego s’est nourri.

L’alter-ego est un personnage factice que l’on se fabrique tout au long de sa vie, au moins jusqu’au moment où on en prend conscience et qu’on essaye (ou pas) de s’en débarrasser. Petit à petit lorsqu’on quitte l’enfance, à partir de 6 ans, on s’éloigne de sa vraie Nature, le Moi profond, l’ego dans toute sa splendeur. L’enfant avant 6 ans s’il découvre l’extérieur, n’a d’intérêt que lui-même. Tout ce qui fait qu’il est ce qu’il est représente sa vraie nature. L’Homme devrait se souvenir toute sa vie de ce qu’il était avant ses 6 ans, or il l’oublie progressivement, et cette nature s’efface pour laisser la place à un individu postiche qu’on appelle l’alter-ego.

La spiritualité a pour effet de maintenir l’Homme dans un cadre de fonctionnement bien défini par certaines limites. Lorsqu’on s’y intéresse, si l’enseignement vise à ça alors le but deviendra de s’améliorer et de faire du bien autour de soi, selon sa propre conception du bien (cadrée par l’enseignement spirituel). Un jour ou l’autre, il se rend alors compte qu’en faisant cela, du bien autour de lui, c’est à lui-même qu’il en fait à travers ses actions. Le bien que l’on se fait à travers le bien qu’on fait aux autres est presque accidentel, involontaire, au départ puisque lorsqu’on s’en aperçoit, on peut finir par décider de le faire pour ça, pour se faire soi-même du bien grâce à celui qu’on fait aux autres, et trouver un équilibre dans tout ça.

On peut être altruiste toute sa vie sans en avoir conscience. J’ai déjà théorisé de manière utopique et même sans grande conviction, que grâce à l’altruisme, l’humanité pourrait sortir de sa condition individualiste, se débarrasser de ses habitudes d’échange via une monnaie, ne plus attribuer des valeurs souvent arbitraires (comme celles attribuées aux métaux soi-disant précieux, l’exemple extrême) aux choses lors de la demande, de l’offre, de ces choses. L’offre et la demande constituent des situations qui peuvent mener à des conflits, et en admettant que tout le monde soit altruiste (le côté utopique de cette théorie), il n’y aurait plus aucun problème et les échanges deviendraient des dons sans attente en retour. En France, nous avons des expressions qui maintiennent une situation de prêts et dettes même concernant les services qu’on peut se rendre les uns aux autres : les expressions « à charge de revanche » ou « renvoyer l’ascenseur » même si elles partent d’une bonne intention, sont significatives sur ce sujet. Elles signifient normalement à quelqu’un que son service lui sera rendu en retour un jour ou l’autre, par un autre service de valeur équivalente, toujours selon une échelle de valeur définit par soi-même et sans le consentement de l’autre. Mais pour beaucoup, ces expressions signifient aussi que sans retour de la part de l’autre, ils ne feront rien. Conclusion, ces expressions vont à l’opposé de l’altruisme.

Le chemin, la vague et l’océan

Qui suis-je exactement ? La question ne concerne pas mon identité, celle qui m’a été imposée, qui est écrite sur ma CNI, mais elle est plus profonde. Elle est en rapport avec les états mentaux dans lesquels je me trouve successivement, selon ce que j’ai dans le ventre. Les drogues, médicaments compris, modifient ces états. Ils les améliorent selon un degré de bien-être ressenti, ou les empirent, toujours selon la même mesure. Mais cette mesure est subjective. Alors maintenant que j’ai clarifié ce que j’entends par cette question, j’aimerais pouvoir y répondre. C’est une chose que, j’imagine, la plupart des humains se demandent un jour ou l’autre de leur vie, parfois plusieurs fois dans leur vie, lors de remises en question, lors de dépressions, lors de diverses et variées situations. Une question existentielle, souvent posée par de très jeunes gens, mais pas pour autant puérile. Est-ce que je suis cette personne nerveuse et effrayée par la réalité, qui lorsqu’elle y est confrontée se rend presque toujours compte qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peur, ou bien suis-je l’autre… celle qui est apaisée par l’effet d’un produit contenant des molécules synthétisées donc chimiques ? Est-ce que je suis cette personne enthousiasmée par l’effet de la cocaïne ou du speed, ou encore celle qui est assommée par un quelconque opiacé ? Suis-je celle qui est calmée par les anxiolytiques ? Je n’élude pas, j’approfondis. Je pense que je suis tout ça à la fois, car systématiquement, quel que soit le produit qui circule dans mes veines, ces dernières sont entourées d’une certaine manière par mon corps. Mon cerveau est avant tout dirigé par ma conscience. Mes pensées et mes paroles reflètent mes idées, mon vécu, ma situation, mon tempérament, mon caractère. J’ai failli dire  » derrière  » au lieu de  » autour « , ce qui aurait signifié que ces produits sont au premier plan, et que mon être est lui, au second plan. Et je pense que ça aurait été faux. Je ne me définis pas par les substances qui effectivement modifient mon état général ou mental, mais par un ensemble de choses qui vont bien au-delà de tout ça.

Je suis donc un subtil mélange de plusieurs choses : mon corps, qui représente l’apparence physique que l’autre voit en tout premier lieu. Mon cerveau, que je remplis avec des idées que j’essaye de développer seul au lieu d’adopter celles d’autres bien que les avis et idées des autres me servent toujours dans l’évolution de ma pensée, de la culture, etc. Mon cœur, qui est lui, à l’origine de mes émotions, de mes sentiments (et ici, on parle de cœur par convention, car évidemment, le cœur fait concrètement partie du corps physique, c’est la pompe qui fait circuler le sang, et les émotions ainsi que les sentiments sont issus du cerveau, ils ne sont qu’une interprétation des sensations ressenties au cours de divers événements). Et dernière chose, plus subtile que les autres, mon esprit, souvent utilisé comme synonyme du mental, mais que je définis comme l’âme, et c’est une chose, la seule, que l’on ne peut pas contrôler car son existence est d’ordre métaphysique. Et tout ça mélangé, ça donne un être humain, moi.

C’est bien beau tout ça, mais à quoi ça rime ? Quel est l’intérêt de tout ça ? Tout le monde (ou presque), comme je l’ai dit un peu plus haut, souhaite savoir qui il est. Ça fait partie des questions existentielles et un peu mystérieuses de la vie. Ce n’est pas vital au pied de la lettre, mais essentiel. Essentiel du mot essence. Et si beaucoup pensent, je le sais, que c’est une perte de temps de se poser ce genre de questions, et de chercher à y répondre, je ne suis pas de cet avis. Je pense au contraire que c’est quelque chose de primordial. Savoir qui on est, comment on fonctionne, pourquoi on ressent des émotions, comment on les gère, les mécanismes qui interviennent lorsque ces émotions sont ressenties, comment fonctionne son ego, pourquoi nous avons un ego, alors qu’à la base l’enfant naît sans réellement avoir conscience de lui, donc sans ego, comment on le développe, pourquoi on se sent mieux avec certaines idéologies qu’avec d’autres, pourquoi on aime davantage tel style musical, tel style cinématographique, plus largement, pourquoi on préfère tel ou tel art, ou même pourquoi on aime l’art, ou pourquoi on ne l’aime pas, pourquoi on se sent mieux auprès de certaines personnes plutôt que d’autres, sorti de tout intérêt matériel évidemment… Pouvoir s’expliquer tout cela mène à la connaissance de soi. Car nous (nous, les humains) sommes des êtres complexes, d’ailleurs complexés parfois mais c’est une autre histoire. Comprendre comment on fonctionne dans le détail peut aider à accéder à son idée du bien-être. Accéder au bonheur tel qu’on le conçoit. Ce n’est qu’une des nombreuses marches qu’on peut parcourir, car une fois que ce mystère est résolu (et selon moi il n’est jamais résolu complètement, on peut toujours apprendre quelque chose de nouveau sur soi-même), si on peut mieux se sentir, l’escalier comporte encore beaucoup de marches.

Oui, j’aime les métaphores, ces images m’aident à mieux comprendre les choses. Pour expliquer quelque chose de compliqué, j’arrive mieux à y voir clair lorsque je compare ça à ces illustrations. Le chemin, les marches de l’escalier, les paliers. J’ai vu que dans les écrits d’un homme que j’ai toujours respecté énormément malgré le fait que je n’ai jamais eu la chance de le connaître, qu’il se servait très souvent du mot « chemin » et qu’il l’écrivait avec une majuscule. Ce dernier sage, parce que pour moi et d’ailleurs pour énormément de monde, c’est un sage, avait plusieurs autres images desquelles il se servait pour apporter en occident, tel Matthieu Ricard, la pensée spirituelle orientale. C’est Arnaud Desjardins, et la métaphore est la vague et l’océan. Il s’agit là d’expliquer dans quelle mesure nous sommes tous liés les uns aux autres, nous ne formons qu’une seule et même entité (ce qui peut rebuter lorsqu’on pense à certaines personnes détestables), imagée par l’océan. L’univers à la base n’était qu’une boule d’énergie qui s’est étendue, c’est l’expansion, en tournant à la manière d’une spirale. Donc en théorie, tout dans l’univers est issu de la même origine, et un jour, tout n’a été qu’un. Il s’agit donc ici de se rendre compte que même si la dualité, la division de toute chose, est apparue dès le Big Bang, il y a un lien commun qui unit et qui unira toujours tout ce qui réside dans l’univers. Lorsqu’on rejette cette idée, qu’on la trouve absurde ce qui peut paraître juste au premier abord, on peut aller beaucoup plus loin en disant que finalement, chaque être humain se divise en des centaines de milliards de cellules, d’atomes, de molécules, et que finalement, chacun n’existe pas en tant qu’entité propre. Mais si on adopte le point de vue de non-dualité, qu’on prend conscience qu’on est l’océan et non la vague, quand bien même chacun est une vague dans l’océan, on peut se donner une première raison d’arrêter de souffrir constamment, car si l’autre fait partie de la totalité des choses, tout comme soi-même, et qu’il n’y a plus de réelle séparation entre soi et l’autre, entre soi et la Terre, mais aussi les autre planètes, étoiles, galaxies, nébuleuses, etc. alors on peut commencer à comprendre comment se détacher de l’ego. Mon ego fait partie de moi, mais moi, je fais partie du tout, comme tous ceux et toutes celles qui sont des proches avec qui j’ai – ou pas – des liens du sang, mais aussi de parfaits inconnus. À ce moment-là, on a une raison (supplémentaire si on en avait déjà d’autres avant) pour considérer tout être humain, mais aussi tout être vivant, animal, végétal, minéral, avec ou sans conscience, mobile ou inerte, proche ou lointain, comme les pièces d’un immense puzzle, où chacune a son utilité.

Je suis la vague, trop souvent, mais je suis aussi l’océan. D’ailleurs où est la limite entre la vague, la mienne, celle qui me représente, et la suivante ? Les particules d’eau circulent de vagues en vagues, elles ne savent pas et elles se fichent de leur emplacement. Je suis la vague quand je suis prisonnier de mon ego, mais je suis l’océan quand je me rends compte que l’union de tout ce qui existe est là, intemporelle, concrète. C’est aussi là que les religions quelles qu’elles soient ont un aspect erroné, car si dieu existe quel que soit son nom (ce n’est pas la question), mais que toute chose est unie à toute chose, alors je suis dieu… Or, dire ça est un blasphème selon les lois respectives aux religions. Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas qu’elles soient inutiles, elles sont utiles car énormément de monde n’est pas capable de distinguer ce qui se fait de ce qui ne se fait pas, de par son éducation, son vécu, son tempérament, et d’autres détails, et pour ces cas là, elles aiguillent ceux et celles qui sont perdus et qui ne verraient pas où est le problème lorsqu’ils se comportent de façon nuisible avec le vivant. Alors les religions, lorsqu’elles ne sont pas poussées à l’orthodoxie, aident les gens, ceux qui en ressentent le besoin. Par contre, mal interprétées, poussées aux extrêmes, elles deviennent dangereuses, au même titre que les sectes.

Je suis l’océan, et ma vie ne s’arrête pas lorsque la vague que je crois encore trop souvent être, s’échoue sur la plage et se dissous dans le sable.

Le jugement et l’esprit

J’ai des périodes de boulimie créatrices pendant lesquelles je ne me contente pas de pratiquer, mais je projette. L’ennui est que la plupart de ce que je fais n’est pas vraiment politiquement correct. La façon dont je vois la vie, ma façon de l’appréhender, de la considérer, et cette forme d’exhibitionnisme par l’écriture, c’est destructif. L’erreur serait ici de me dire « Qui ça intéresse ? », parce que ça intéressera toujours quelqu’un, mais pas dans le bon sens. Il y a une formule de Jiddu Krishnamurti qui circule un peu partout, très mal traduite. On peut ainsi lire çà-et-là « Observer sans évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine. » alors que la vraie traduction, basée sur sa déclaration en anglais, c’est « S’observer [soi-même] sans s’évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine. » et pour un esprit trop peu renseigné sur la philosophie orientale, ce n’est rien, presque identique. Or, ces deux traductions (dont la première est donc erronée) sont très différentes. La première parle d’une personne qui juge l’extérieur, les autres. L’autre parle d’une personne qui se juge elle-même. Même si les deux sont importantes en soi, ce sont deux notions très différentes, et quelqu’un qui en est à un niveau de conscience où il ne juge plus les autres, peut tout à fait continuer à s’auto-évaluer, et à s’auto-flageller. Celui ou celle qui en est à ne plus se juger peut se moquer totalement, faire abstraction du jugement des autres envers lui ou elle. Je pense qu’il est beaucoup plus difficile, pour quelqu’un qui a reçu une éducation occidentale, de ne plus se juger, de ne plus porter importance au jugement que les autres ont de lui, que de ne plus juger les autres. Il est alors logique de considérer que l’ordre de priorité pour arriver à cet état de conscience dans lequel les évaluations extérieures dirigées sur soi n’ont plus d’importance, et dans lequel il n’y a plus d’auto-évaluation de sa personne, commence par l’élimination par la vigilance de chaque instant quant aux associations d’idées, de l’habitude de juger les autres. Je suppose qu’on ne peut pas commencer par cesser de se juger soi-même. Mais j’ai un doute, il est tout à fait possible que l’ordre soit l’inverse ou que tout intervienne en même temps via un changement radical de la façon de penser, de voir les choses.

Ce qui fait souffrir, c’est l’ego. L’ego est blessé lorsqu’on se rend compte qu’une personne importante pour soi est dans le jugement, dans la condamnation. L’éducation occidentale oblige presque à passer par là. Sans jugement, plus rien n’a de sens. Or, il se trouve que sans jugement, on peut écouter l’autre sans l’interrompre, sans avoir de désir soit de l’aider soit de l’enfoncer (tout dépend du degré de conscience de l’individu, mais s’il en est là c’est qu’il est dans le positif). Écouter l’autre permet d’entrer en empathie avec lui. Ne pas juger ce n’est pas s’en foutre, c’est faire abstraction de son ego.

Donc, inversement, ce qui rend heureux, ou plutôt ce qui fait cesser de souffrir, c’est la non personnalisation, l’absence d’ego, ou pour dire ça autrement, l’absence de prise au sérieux de son ego. L’abandon de l’ego. Et comme le dit plus ou moins Krishnamurti, c’est effectivement une des choses les plus difficiles à faire, et réussir, c’est atteindre un niveau d’intelligence qui n’a pas de valeur supérieure.

La question que je pourrais alors poser serait « Comment arriver à un niveau de conscience où l’ego est secondaire, voire oublié ? ». C’est un travail de chaque instant, révolutionnaire au sens propre du mot, on fait le tour de soi, et lorsqu’on arrive au bout, on est radicalement changé. On peut goûter alors à la tranquillité de la conscience. Et encore une fois, c’est un travail très long et difficile. Une erreur serait d’abandonner, ce serait une erreur car ce serait retourner en arrière, à un niveau de conscience auquel est la plupart des humains, un niveau de conscience animal.

Où en suis-je personnellement ? Même pas à mi-chemin. Et trop souvent, j’oublie l’essentiel, mais une chose est certaine et plutôt encourageante, c’est que systématiquement, j’en reviens toujours à reprendre ce travail où je l’avais laissé. On dit souvent que plus on en chie, plus on apprend. Plus les épreuves sont difficiles, plus on en sort fort et plus on progresse sur la voie de la sagesse. Je pense qu’on ne devrait jamais se dire « Ça y est, j’y suis arrivé ! », car ce serait arrêter de progresser. Tant qu’on est vivant on peut encore monter, de plus en plus haut, autant qu’on peut toujours descendre plus bas. Le niveau le plus bas, c’est la mort. Le niveau le plus haut, c’est la mort. Mais, le dernier niveau, et ce que je vais affirmer ne peut pas se vérifier, ça ne sera donc qu’une simple spéculation, c’est la mort définitive. Alors que le niveau le plus bas, c’est la mort, suivi de la renaissance. Car plus on progresse que ce soit dans cette vie, dans la dernière, dans la prochaine, plus on fait progresser ce que j’appelle l’esprit, que les chrétiens appellent l’âme. Là, il est clair que j’ai dépassé la pensée philosophique pour entrer dans le domaine métaphysique, la pseudo-science. Même si je m’intéresse à l’ésotérisme, enfin à certains aspects, certains enseignements, pas n’importe lesquels car dès qu’on entre dans ces eaux là, ça peut être particulièrement dangereux, et un esprit crédule peut se faire mener en bateau, au naufrage, facilement, donc même si je m’intéresse à ce type d’enseignement qui nécessite une initiation extérieure, je m’y intéresse de manière autodidacte, ce qui me permet de toujours garder mon libre arbitre et mon esprit critique. Je pense que c’est très important, car les aspects métaphysiques de la vie ne peuvent pas se prouver. Il y a certains de ces aspects qui semblent avoir plus de sens que d’autres complètement farfelus, comme de croire à un homme qui serait le fils de dieu né d’une vierge, magicien pour ne pas dire faiseur de miracles, et qui aurait avalé toutes les fautes de tous les hommes passés, présents, et futurs, dans une coupe alors qu’il était cloué sur une croix, et que pour lui rendre hommage et ainsi entrer dans son paradis qui se situerait dans le ciel, on devrait manger son corps et boire son sang tous les dimanches… Bref… Mais surtout, il y a des enseignements plus sensés qui accélèrent le véhicule qui mène à la sagesse. Et ce sont ceux-là qui méritent qu’on s’y attarde. Quand ça a du sens, quand ça semble presque logique, alors oui. Si ça semble stupide, sans substance, alors non… Ça paraît simple dit comme ça, mais en définitive, l’esprit humain n’est souvent pas au niveau pour déceler ce qui est probable de ce qui ne l’est pas, en tous cas sur ces plans.

Image : libre de droits (teetasse)

Je

Ma vie ne plaît pas à tout le monde, et tant mieux.
Je n’ai rien à prouver à personne, même pas à dieu.
Il y en a qui n’assument pas leur passé, et c’est bête,
Franchement, tant pis pour eux si ça les embête.
Je suis extraverti et extra perdu, mais c’est pas grave,
Tous les chemins mènent à la route de la déprave.
Philosophe à mes heures « on », là je suis en « off »,
L’interrupteur est bloqué, mais c’est pas une catastrophe.
C’est très facile de me blesser, il n’y a aucun mérite,
Mon hypersensibilité est vulnérable, surtout aux hypocrites.
Certains me trouvent fascinant, c’est très étonnant…
J’ai pas l’impression d’être exceptionnel ni détonnant.
Je suis hermétique à la flatterie, enfin ça dépend,
Il y a quelques cas spéciaux, mais je reste Serpent.
Je n’ai rien à cacher, quoique j’ai deux trois secrets,
C’est pas ceux qu’on croit et ils sont écrits à la craie.
Ils s’effacent et je les oublie dès qu’il se met à pleuvoir,
Et ils reviennent quand je m’attendais pas à les revoir.
Je ne suis personne, et même très souvent invisible,
Ça peut être pratique, mais c’est un handicap risible.
Si on me cherche au milieu d’une foule, c’est facile,
Je suis celui qui marche à contresens de toutes les files.
Je me fous qu’on ne m’aime pas, c’est pas mon problème,
Moi j’aime tout le monde, sans a priori, et sans emblème.
Jusqu’à ce qu’on m’attaque ou qu’on se foute de ma pomme.
J’ai un sixième sens pour repérer ça chez l’Homme.
Je n’accepte pas d’entrer dans le cercle des gens pour rien,
J’attends avant qu’on me parle, ma particularité de terrien.
Car j’ai conscience que mon humanité a une différence notable,
Avec les animaux qui sont incapables d’être affables.
Alors ne prenez pas pour acquis mon amitié, ni ma confiance,
Avant qu’elle vous soit accordée, il faudra quelques circonstances.
Jamais je ne m’estime mieux que personne, pas même des pires,
Nous avons tous le yin et le yang en nous, qu’on y aspire,
Ou non.

Grandeur d’âme

L’ego est appelé à disparaître, le mental est crédule et l’émotion ment,
L’Homme est jeune pourtant, mais il se sent supérieur et croit trop à ses mots,
Sa haine est son moteur pour tout, son jugement est mis en haut d’un mât,
La discrimination d’autrui le fait avancer, et des déguisements sont mis,
L’ostracisme est maintenant une coutume, et les doigts pointent l’ennemi,
Il est tellement plus facile de savoir qui haïr, ça favorise tant l’anonymat,
Les groupes se forment et désignent lesquels seront considérés comme anormaux,
Ils le décident avec une conscience animale, et c’est là leur ralliement,
Aveugles ils sont, aveugles ils restent, ce sont les procureurs de demain,
Comme leur justice et son épée, la barbarie silencieuse est sur leur chemin,
Ils pleurent la Terre malade mais sont aussi responsables de son agonie,
Jamais de remise en question, excepté concernant toutes leurs petites luttes,
Dont l’ego, toujours l’ego, est au centre de leurs préoccupations prosélytes,
L’Homme est un loup pour l’Homme, mais le loup, lui, sait vivre en meute,
L’esprit pour l’Homme est un fantôme, et l’Homme se rit bien des mythes,
Le déséquilibre de son être n’est plus à prouver, et lentement il mute,
Il rétrograde vers un niveau de conscience négatif, il devient un automate,
Il a tout pour tout comprendre, des livres non lus, il préfère les miettes
De son cerveau qu’il ramasse à la petite cuillère, en finissant son assiette
Que Mac Donald’s a rempli, que Coca Cola aide à faire passer, spartiate,
Aidé de Monsanto qui fournit les graines, bardé de plans qu’il commandite,
Jugeant et juché sur ses grands chevaux, l’Homme te regarde de haut,
Le devant de sa porte est dégueulasse, mais il parle de balayer la tienne,
L’Homme est le pire des vivants, il est mort-né, condamné à la benne,
Ses ordures sont étalées et rendent les sols stériles, mais qu’à cela ne tienne,
C’est chez le voisin qu’il les déverse, et il les déverse en milliers de tonnes,
L’argent et l’or n’ont aucune valeur réelle, pourtant lui, il leur en donne,
Il leur en donne beaucoup plus qu’il n’en donne aux autres hommes,
Son cynisme et son mépris pour la sensibilité est une des raisons de sa perte,
À toujours se montrer dur et résistant, à toujours fermer sa pauvre porte,
Aux différences qui sont la vraie richesse, à vouloir surmeubler son appart,
À viser un confort démesuré il s’enfonce dans son gros canapé léthargique,
Il fusionne avec ses vices, qu’il visse bien solidement à sa nuque,
Et s’enterre tout seul en riant bien fort, pour qu’on l’entende, cet eunuque.

Image : libre de droits (geralt)