Tout est dit

« Nous critiquons le caractère illusoire et mensonger de la « démocratie parlementaire » qui masque le pouvoir du mode de production capitaliste sur la société. La possibilité de choisir les dirigeants de l’État et les législateurs ne peut être dissociée de la structure hiérarchisée de l’État, ni de sa fonction de gestion du capitalisme. Le système parlementaire fait du citoyen un électeur passif, qui délègue son pouvoir à des dirigeants qui ne pourront pas agir contre les intérêts essentiels des classes capitalistes. » Alternative Libertaire

Les élus ne représentent qu’eux-mêmes !

L’ébullition actuelle du net

Il y a quelques années, j’avais voulu me servir du système de commentaire de Youtube, et j’avais été relativement repoussé par la présence de nombreux trolls sur cette plate-forme, outre l’obligation de devoir créer un compte sur Google. Techniquement, pour pouvoir utiliser certains outils du moteur de recherche, il faut avoir un compte. Et depuis un certain temps déjà, Google a racheté Youtube, ce qui fait que le compte nécessaire pour commenter dessus dépend directement de celui de Google. Le monopole de ce dernier, sur le net, s’est étendu à cette plate-forme de streaming légal après le rachat. Il s’y est créé toute une communauté qui a progressivement pris le pas sur le trollage omniprésent sur place, bien que cette pratique y soit toujours de mise. Youtube a ses propres règles parfois arbitraires (dont la censure sur délation, comme facebook au demeurant), son propre jargon très américain, même pas anglais, mais bien américain, et sa façon de fonctionner non moins américaine. Mais quoi qu’on pense de tout ça, c’est là que se jouent beaucoup de choses, et pas ailleurs. Pourtant il existe d’autres plates formes de streaming (c’est comme ça que ça s’appelle), mais les œillères en la matière sont quasi obligatoire, et c’est là qu’il faut être si on veut avoir la chance de participer à certains débats que je trouve vraiment intéressants. Même le débat politique pour la présidentielle, de par la présence et l’interview des candidats dessus ! C’est quand même quelque chose… Car il n’y a plus guère que les personnes âgées, et ceux qui s’accrochent à leur vieux monde, qui s’intéressent à la télévision, bien qu’elle pèse tout de même dans la machine infernale électorale. Les rares extraits intéressants des émissions qui circulent sur la TV (il en reste mais par bribes) sont diffusés par des personnes lambda qui les ont enregistrées. Diffusés où ? Sur Youtube.

Mais c’est tout de même passionnant de voir, d’observer, voire de participer aux débats, et même ça donne envie de s’en servir autrement qu’en commentant, c’est à dire en faisant ses propres vidéos. Personnellement j’avais fait quelques petits montages, soyons honnêtes : nuls. J’avais aussi mis en ligne une vidéo filmée à Montreuil, que j’avais dénichée sur une liste anarchiste de diffusion par email, donc qui n’était pas de moi. C’était une personne qui habitait cette grande ville de banlieue voisine d’un squat qui avait été expulsé manu militari par une mafia hyper violente, et qui avait tout filmé de sa fenêtre à l’aide d’un téléphone portable. Je m’étais donc permis de mettre ça en ligne pour que ça sorte du cercle des anars qui s’envoient des informations alternatives en interne, car j’avais été choqué, ayant vécu moi-même en squat, m’étant fait expulser avec des copains et des copines par une horde de gendarmes, mais dans une certaine ambiance relativement calme malgré le fait qu’il avait fallu que nous déménagions avec nos chiens, que nous nous étions donc tous retrouvés de nouveau à la rue (que nous connaissions déjà assez bien), que cet endroit était resté inoccupé après notre départ, qu’on ne dérangeait personne excepté une vieille pie qui pouvait nous voir, en vis-à-vis, de sa fenêtre située à environ 50 mètres, et qui était scandalisée par notre présence. Faut dire qu’on était une bande de punks, et que dans un quartier résidentiel, ça fait tâche. Bref. Je m’étais senti concerné par cette vidéo également du fait que j’avais aussi vécu, toujours en squat, à Montreuil-même, et que les rapports avec les voisins étaient très difficiles malgré le fait encore une fois qu’on ennuyait concrètement personne. Nous étions obligés de passer par-dessus une herse avec nos chiens, car comme pour le squat dont je viens de parler, la grille n’était jamais ouverte, restant verrouillée non pas pour nous empêcher de passer parce qu’on passait quand même, des squatteurs n’ont jamais été réellement arrêtés par une grille fermée, mais bien pour nous mettre des bâtons dans les roues. Pour en revenir à la vidéo, je l’avais mise aussi parce que je m’étais senti solidaire des personnes qui s’étaient faites frapper par cette milice, que les flics avaient soutenue, jamais ils ne les ont empêchés d’agir malgré toute la violence qu’ils ont employée. Ça les arrangeait ces flics. Et donc, cette vidéo avait fait plus de 100’000 vues à mon grand étonnement. D’ailleurs pour la petite histoire, passé un certain nombre de vues, Youtube m’avait contacté en me proposant de mettre de la pub dessus, chose que j’avais refusée catégoriquement, car comme je l’ai dit plus haut, déjà la vidéo n’était pas de moi, et de plus, ça aurait été en totale contradiction avec mon positionnement et la motivation qui m’avait poussé à mettre cette vidéo en ligne. C’était il y a environ 5 ans. Ce compte est resté, et je m’en sers encore pour commenter notamment.

Ce qui se passe en ce moment, et c’est dommage que ça se limite surtout à Youtube qui détient ainsi un monopole sur le streaming légal, bien que les autres plates formes vivent aussi, mais pas dans la même mentalité, est donc très intéressant. Je viens de passer quelques semaines à strier des vidéos des comptes (des chaînes) qui me paraissent les plus intéressants. La plupart sont des chaînes de personnes lambda, provenant pas du tout des médias officiels, mais y en a aussi qui proviennent de ces médias. Pendant ces semaines, j’ai pu voir des débats entre youtubeurs et c’est ça qui m’a le plus intéressé. Car il y a des personnes qui font l’effort de tenter de réunir des gens de tous bords idéologiques, et j’insiste car parmi les participants il y a aussi des ultra… Mais modérés dans leurs propos lors des débats, moins sur leurs chaînes. Car pour qu’un débat se passe bien, il faut un certain respect entre les participants. Une certaine tolérance aussi. Alors moi ça m’intéresse. Surtout parce que je suis dans une remise en question quant à ma propre tolérance. Être discriminatoire envers une personne raciste parce qu’elle l’est, c’est pratiquer une forme de racisme… Quoi que… Le racisme concerne la couleur ou l’origine des gens, et non leur idéologie, le mot est mal choisi. Mais je ne changerai rien à ce que je viens de dire. Dans mon dernier billet, j’ai évoqué mon avis concernant l’union des français, pour qu’on puisse tous converger sur un point qui nous oppresse, nous qui provenons des classes sociales relativement défavorisées. Qu’au lieu de se taper dessus entre petits, on devrait oublier au moins temporairement nos divergences d’opinion pour arriver tous ensemble, à faire cesser l’oppression du haut de la pyramide. Et la période actuelle s’y prête justement très bien, puisqu’on approche des présidentielles. Et malgré ça, je ne pense pas qu’on y arrivera, car la plupart croient en un certain leadership. Croient que c’est en comptant sur une seule et unique personne qui représenterait tous les français, que beaucoup de choses pourront s’arranger. Mais ce modèle a prouvé depuis longtemps son inefficacité. Que lorsqu’une personne est montée au créneau, elle se corrompt progressivement. Et donc je ne pense pas qu’on pourra y arriver tout simplement parce que les uns voudront élire un-e-tel-le, qu’ils pensent davantage les représenter, et les autres, un-e autre. Et qu’il n’existe que quelques très rares exceptions de personnes intègres qui pourront arriver à dépasser la barrière des 500 signatures et se présenter, et que ceux-là, celles-là, se feront laminer au premier tour, comme toujours.

Pour sortir de ce système oligarchique, ploutocrate (j’adore ces mots à la con), sans violence, on devra pourtant passer par là. Par l’élection d’un leader. Et je trouve ça lamentable. Pour ma part, je n’ai aucune envie de déléguer mon droit de parole à quelqu’un. Je n’ai pas du tout confiance en ce système républicain. Et je préconise toujours la violence, mais pas n’importe laquelle. Je suis non-violent, certes depuis peu. Je l’étais il y a trois ou quatre ans déjà, mais on m’avait fait remarquer très justement (et je ne l’avais pas accepté dans un premier temps) que verbalement, ce n’était pas le cas. D’ailleurs j’ai retrouvé des écrits à moi de l’époque, extrêmement virulents, et là, en les relisant, j’ai compris à quel point j’avais changé. Alors attention, je ne dis pas du tout que ça y est, je suis irréprochable. Non. J’ai encore pas mal de chemin à parcourir, j’en ai conscience. Mais le paradoxe entre y a 7 ans par exemple, et aujourd’hui, dans mon comportement verbal, lors de débats, lors de la rédaction de textes comme celui-ci, est énorme. Alors je suis relativement content d’observer ça. Car à cette période, lorsque je faisais face à quelqu’un qui m’insultait, je n’hésitais pas à lui en mettre plein la gueule. Aujourd’hui, j’agis différemment, même s’il est clair que je ne l’ignore toujours pas, car j’ai beaucoup de mal avec cette convention qui dit qu’il faut ignorer un interlocuteur lorsqu’il dépasse certaines limites, faire preuve d’indifférence, et d’ailleurs je la trouve hypocrite. Car la plupart des personnes qui agissent ainsi sont souvent touchées dans leur petit ego, et font semblant d’être indifférentes. Pas toutes, c’est clair, mais la plupart. Alors aujourd’hui, lorsque quelqu’un dépasse mes limites à moi, je reste calme, mais je tente de continuer de débattre, et je m’arrête si je juge que vraiment, ça ne sert à rien de continuer. Je pense que c’est la meilleure des solutions pour ne pas perdre la face, ni sa crédibilité.

Je suis toujours anarchiste, je pense que ça ne changera pas ça. Et je suis toujours punk, et ça non plus ça ne changera pas. Je suis toujours en colère contre ce système, contre certains raccourcis faciles que font des personnes avec qui ça ne me dérange pourtant pas de discuter, et qui les met (ils s’y mettent eux-mêmes) dans des cases. Celle de l’anarchie car c’en est une aussi de case, a pour particularité d’être déverrouillée, libre, de ne pas avoir de murs ou des murs pleins de trous assez grands pour pouvoir s’y glisser et partir ailleurs. Il n’y a aucune autorité que je reconnaisse en tant que telle, aucune loi sauf celle du bon sens, aucune légitimité dans le professionnalisme mais je respecte la culture qu’a acquise un professeur par exemple, autant que celle d’un SDF qui a acquis une certaine connaissance grâce à l’école de la rue. C’est mon positionnement, et malgré le mépris qu’on pourra me prodiguer à cause de celui-ci, ou à cause de certains points de mon vécu, que j’assume, je m’y sens bien. Ce mépris justement, est pourtant la principale barrière qui bouche la communication entre les gens. La notoriété de quelques personnes qui vont donc regarder de haut ceux et celles qui en ont moins, me fait penser à la lutte des classes. Et ça me rappelle encore qu’il ne faut surtout pas s’arrêter de lutter, garder la tête haute, ne pas tenir compte de ces comportements que j’estime stupides, qui sont la preuve de l’énorme problème sociétaire qui dure depuis trop longtemps, qui a commencé bien avant ma naissance, bien avant la révolution industrielle, bien avant le moyen-âge même, et que pour aider l’être humain à s’élever spirituellement afin qu’on puisse changer d’ère et je pèse mes mots, on se doit de commencer en soi, en son centre, et ça passe par là : la confrontation à ces comportements, par la mise en lumière de leur nuisance. Car j’entends des gens dire qu’ils ne faut pas juger les autres alors que j’ai tendance à penser qu’ils le font, mais sans forcément en avoir conscience, car on ne me retirera pas l’idée que pour cesser de juger lorsqu’on a eu une éducation occidentale, on doit faire un travail sur soi qui dure des années, et qu’on ne peut pas en sortir de par une simple décision : « j’arrête de juger à partir d’aujourd’hui ». J’en ai parlé longuement dans d’autres posts (cliquer sur jugement au bas de cet article dans les tags).

Maintenant je vais faire une petite synthèse de quelques commentaires que j’ai fait sous certaines vidéos, et qui risquent d’être noyés au milieu de tous les autres. Non pas qu’ils sont particulièrement mieux que ceux des autres, mais ce sont les miens, tout simplement, et ils traduisent ma façon de penser.

J’ai parlé hier par exemple, du nationalisme. C’était sous la vidéo d’une jeune fille Belge qui tentait de comprendre le point de vue de français adeptes de cette idée, et qui comparait avec l’Afrique, avec son pays d’origine : le Rwanda. Elle se demandait si elle n’aurait pas été nationaliste dans une situation similaire (c’est à dire, si dans son pays vivait une population hétéroclite), si elle avait eu la possibilité de rester dans ce pays, qu’elle a quitté si j’ai bien compris, avec sa famille quand elle était très jeune, pour éviter de se faire tuer tout simplement. M’est avis qu’elle a dû partir de là-bas à l’époque du génocide des Tutsis, bien que je n’en ai aucune certitude. Mais ça me semble logique. Mon positionnement à ce sujet, c’est que je pourrais davantage comprendre un nationalisme Rwandais, de la même manière que je pourrais aussi le comprendre pour plusieurs pays d’Afrique qui ont été pillés et colonisés, oppressés, par les Européens. Que je le comprendrais et l’accepterais plus que celui des Français qui ne veulent pas que des étrangers viennent chez eux. Car eux, dans leur positionnement, ils ignorent (ou font abstraction volontairement ou non, pour des raisons qui leur appartiennent) certaines parties de l’Histoire, et la raison qui fait que des personnes étrangères viennent chez nous. Je ne dis pas qu’ils sont incultes, certainement pas, qu’ils ne connaissent pas cette Histoire, mais qu’ils ne la prennent pas en compte pour leur explication de la situation qui les dérange. Donc pour conclure, le nationalisme en Afrique, d’Africains, n’est pas comparable avec celui des Français.

J’ai parlé aussi du racisme anti-blanc, sous une autre vidéo de la même jeune fille, c’était pour répondre à quelqu’un qui disait que le terme ne devrait pas exister. Alors que ce phénomène existe pourtant, bien qu’il soit très isolé et qu’il ne porte pas des centaines d’années d’oppression, qu’il peut être une réponse ou une vengeance par rapport à d’autres racismes. Le racisme d’où qu’il vienne, quel qu’il soit, est une forme d’intolérance sur une couleur de peau, sur une origine. Sur la différence donc. Il n’y a pas réellement besoin d’expliquer pourquoi, comment, le racisme est quelque chose de nuisible. C’est un fait, c’est évident. Mais concernant ce phénomène précis, celui envers les Blancs, il est bon de préciser certaines choses. Alors si on compare, ce que je n’aime pas tellement faire, avec celui envers les Noirs, envers les Maghrébins, envers les Juifs aussi bien qu’il s’agisse d’une religion et non d’une origine ethnique, les Juifs provenant de partout dans le monde (mais il existe et c’est certainement un des plus virulents et injuste), envers les Portugais, envers les Hispaniques, les Asiatiques, bref envers tous ceux qui ne sont pas Blancs, le racisme anti-blanc est ridicule. Mais j’insiste sur le fait qu’il existe, et de plus en plus, car les personnes aux faciès différents du mien (car je suis Blanc) se réveillent, et font la même chose en retour ce qu’ils ont toujours vécu. Et sur ce point, bien que je le comprenne, je ne l’accepte pas. Car tous les racismes sont nuisibles pour la communication, pour l’union dont j’ai parlé plus haut et qui est souhaitable pour qu’on puisse sortir de cette société de classes.

« J’adhérerai à SOS Racisme quand ils mettront un s à racisme. » Pierre Desproges

Image : Il semblerait que cette image soit libre de partage et d’utilisation, me le faire savoir si ce n’est pas le cas.

L’attaque, aveu de stupidité

L’attaque personnelle est le dernier degré avant la violence physique. L’une comme l’autre sont des preuves d’un manque global d’intelligence, de l’impossibilité d’argumenter, et d’une tendance à céder à des pulsions animales. Aboyer dans un combat de coqs, c’est (outre se tromper de cri) tenter d’intimider. Et mordre, c’est tenter de démontrer que sa force physique est supérieure à celle de son interlocuteur, à défaut de ses arguments, et donc pour démontrer qu’on est globalement supérieur à cet interlocuteur. Dans un débat surtout de nos jours, la plupart ne cherche pas à faire évoluer sa propre pensée mais celle de l’autre, cherche à convaincre en imposant la sienne, cherche à avoir raison et à prouver que l’autre a tort, quitte à le démontrer par tous les moyens (dont certains sont plus que douteux). On n’impose pas une idée par la violence, ça ne peut pas fonctionner, sauf sur de rares esprits trop faibles ; un genre de syndrome de Stockholm. Le résultat serait, d’une, rébarbatif pour l’interlocuteur qui aurait tendance à se braquer, souvent de manière définitive, et de deux, s’il y avait des témoins, décrédibiliserait la personne violente aux yeux de ces derniers sauf s’ils sont eux aussi, encore à un niveau de conscience animale (je sais de quoi je parle pour en avoir fait partie, et cette analyse se veut généraliste et ne prend pas en compte les cas indépendants).

Où est la partie vraiment spirituelle du monde ? Où sont les gens qui souhaitent faire avancer les choses non pas à coups de poings, mais par le dialogue dans le respect ? Où est la tolérance d’idées différentes des siennes ? On subit paradoxalement une évolution immense de la pensée d’une part, due au partage des idées qui sont accessibles à tout un chacun aujourd’hui grâce à cette infinie plate-forme d’expression, et l’inverse d’autre part, du fait d’une volonté d’une partie du monde qui me semble être la majorité, de faire régresser l’humanité intellectuellement. L’Homme sensé devrait chercher à comprendre autrui, au lieu de cultiver son amour narcissique qui se traduit par la vengeance quand il l’estime méritée (récompense, punition). Lorsqu’on entend une insulte par exemple, l’usage est de répondre par une insulte. Quelqu’un de humble voudrait au contraire garder son sang froid, aussi virulente que soit l’attaque, et comprendre automatiquement ce qui a motivé cette attaque. Comprendre, ce n’est pas se soumettre, ça c’est la façon la plus simpliste de voir les choses, c’est celle des coqs, de barbares qui vivaient à une époque révolue, mais finalement pas si révolue que ça quand on observe attentivement la plupart des interactions humaines. Réagir calmement, cesser tout débat si le dialogue n’est vraiment plus possible, sans entrer dans cette logique de violence systématique, que l’autre veut, ça, ça a de la gueule ! En fait, insulter ou frapper en retour quelqu’un qui est devenu un adversaire alors qu’il aurait dû n’être qu’un interlocuteur, c’est se faire manipuler. C’est céder à son bon vouloir, et démontrer sa faiblesse intellectuelle, émotionnelle, en quelques secondes. C’est aussi se décrédibiliser.

J’ai passé ma journée à écouter des personnes parler, s’énerver, réagir – et toute réaction est à l’inverse de l’action. Tout a commencé apparemment il y a quelques jours, mais l’actualité microscopique de quelques personnes qui se veulent des leaders, populaires, mais qui restent au bas de l’échelle, met parfois du temps à m’arriver, et tout à fait entre nous, les petites querelles de coqs (qu’ils prônent le bleu-blanc-rouge, ou juste le rouge, couleur du sang qu’ils aiment à faire couler), ne m’intéressent pas. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un détail aussi insignifiant qu’un facho qui se prend une beigne par un autre facho fasse parler autant. J’ai surtout l’impression que puisqu’on peut moins facilement mettre son poing dans la figure de personnes qui le mériteraient le plus, à savoir l’oppresseur gouvernant, le millionnaire ou le milliardaire qui dirige le monde en criminel légal (et je ne préconise pas du tout ici de le faire, quoique ça ait pu m’arriver par le passé, mais ce n’est pas le cas) alors on va au plus facile : on se tape entre petits. Mais quelle grandeur d’esprit ! C’est impressionnant cette démonstration de force qu’elle soit une simple logorrhée ou un coup de latte. C’est surtout très intéressant… Ça apprend beaucoup de choses en un minimum de temps sur les habitudes de quelqu’un.

Dans le paragraphe suivant, je parle à la 1ère personne du singulier. Pourtant ce qui suit se veut objectif, et valable pour toute personne si elle le désire. Ce n’est qu’un exemple par l’expérience personnelle, je pourrais mettre tout à la 3e personne du singulier, mais étant donné que j’assume tout ce que je dis, à l’exception de quelquefois pendant lesquelles je ne suis plus moi-même (rares, lors de blacks-out d’alcool par exemple et je précise ça pour les quelques amis qui me connaissent histoire de leur couper l’herbe sous le pied s’ils me disaient hypocrite ou menteur par omission), j’estime que ce passage se doit d’être tel quel. Je tiens aussi à dire que dans mes mains, je ne prétend pas détenir la vérité absolue, que tout ce que je dis peut probablement être contredit.

Comprenez-moi bien, ma verve est parfois extrêmement virulente. Mais j’essaye au maximum que ce soient des idées qui soient démontées par elle, et surtout pas des personnes directement, ad hominem. Derrière ça, j’insiste encore sur l’idée que ce n’est pas de ma faute si les gens s’identifient tellement à leurs idées, qu’ils se sentent menacés, agressés, lorsqu’on les touche. Lorsque je débats avec quelqu’un (ça n’a pas toujours été le cas, j’ai aussi été adepte de cette stupidité crasse qu’on appelle la joute verbale, mais ça fait longtemps que c’est terminé), c’est dorénavant et toujours dans le respect de l’autre. Qu’on attaque mes idées, ça ne me pose pas de problème, j’ai des arguments pour contrer ces attaques, et je ne m’identifie certainement pas à ces idées, encore moins à ces arguments, je ne cherche qu’à comprendre le monde, et mes idées ne deviennent que très rarement des convictions, déjà, et d’autre part toute conviction que j’ai peut évoluer, s’endurcir, s’amoindrir même jusqu’à disparaître… Qu’on attaque mes convictions, j’aurais d’autant plus d’arguments pour démonter l’attaque, mais toujours dans le calme et le respect. Ce que je crois ne me représente pas. Je suis bien plus que ça. Et par extension, je peux dire que ce que tu crois ne te représente pas, et que tu es bien plus que ça.

Au lieu d’attaquer – ce qui est souvent le résultat d’idées pas assez développées, démontées par une personne en face, démontage qui a généré un énervement dû très souvent à une impuissance rhétorique, à l’incapacité de répondre par des mots construits en phrases sensées – pourquoi ne pas expliquer calmement son point de vue ? L’attaque survient aussi lorsque des idées sont devenues des convictions tellement endurcies qu’elles en deviennent immobiles, et qu’un individu en face en démontre l’absurdité en exprimant un point de vue différent. Et dans ce cas, l’un et l’autre ont raison, tous les deux, mais le fait d’avoir cassé une croyance dure comme de la roche en quelques mots, peut faire sortir le croyant de ses gonds (littéralement : s’énerver, sortir de soi, sortir de son corps, et ne plus le maîtriser). J’utilise le terme de croyance, croyant, juste pour ne pas faire trop de répétitions, ce n’est qu’un synonyme et je ne parle pas particulièrement de religion ici.

J’ai bien peur qu’on soit minoritaires à se faire ce type de réflexion, ce qui m’amène encore une fois à me dire que l’humanité est vraiment mal barrée, et qu’il risque de se passer encore beaucoup de temps avant qu’un début de changement réel de paradigme s’opère, et ce, mondialement. La plupart des meilleures solutions, meilleures pour le plus grand nombre j’entends, sont clairement des utopies. J’ai pas envie de citer encore une fois Schopenhauer, donc je ne le ferai pas, mais j’imagine qu’une utopie sérieuse n’est impossible que dans une époque donnée. Par exemple, à l’époque la plus dure de l’esclavage, ou quand les femmes n’avaient pas le droit de voter, les personnes prônant l’abolition de ces pratiques politiques obscurantistes, étaient des utopistes. À l’école, si ma mémoire est bonne, on nous apprend généralement et sommairement qu’une utopie est un modèle de société très improbable, voire impossible. Oui, mais impossible dans l’état des choses à ce moment précis, quand elles sont enracinées en profondeur. Donc, les utopies sérieuses n’ont rien d’idées définitivement impossibles, mais elles sont souvent avant-gardistes et il est nécessaire à chaque fois que plusieurs étapes précises interviennent avant que ces choses soient établies et définitives, ce qui peut se dérouler en plusieurs années, voire plusieurs dizaines (centaines ?) d’années.

À développer.

Image : libre de droits – John Hain