Marineland, manifestation, silence total de la presse

Voici une petite playlist, c’est la chaine zad partout téloche archives qui publie les films de sa manif du 20 novembre 2016. Bien entendu, cette manifestation est totalement ignorée par la presse, le but est de faire stopper la maltraitance animale dans ce parc aquatique, Marineland d’Antibes.

Les parcs aquatiques, on y emmène les enfants, on y prend plaisir à voir batifoler les gros poissons dressés, et on peut même aller croire (et faire croire aux gosses) que c’est le paradis pour ces animaux qui sont en fait en prison, maltraités, malgré l’amour (une forme d’amour spécial, avec domination incluse) que leur portent leurs dresseurs. On peut comprendre un peu mieux l’importance de ce combat en regardant le documentaire d’Arte appelé Blackfish (1) (hélas plus du tout visible sur le replay) et en transposant ça sur tous les parcs aquatiques.

(1) Blackfish partie 1Blackfish partie 2

Anti-tout / Anti-rien

Pendant très longtemps, j’étais un « rebelle ». Comprendre par là que je n’étais pas d’accord avec beaucoup de choses – et je ne suis toujours pas d’accord avec remarque. Donc lorsque je remarquais que j’étais pas le seul, ou encore lorsque je voyais un groupe de personnes manifester leur animosité contre des choses que j’estimais « mauvaises », alors ça me plaisait de les écouter, de réfléchir un peu et si besoin d’adopter leur combat. Ce qui faisait de moi un anti. Anti-fasciste, anti-raciste, anti-nationaliste. Anti-sexiste, anti-violence, anti-discriminations. Anti-religion, anti-travail, anti-sport d’équipe ou plutôt, anti-compétition. Anti-élitiste donc anti-presse traditionnelle et anti-médias de propagande. Anti-publicité. Anti-partis politiques car anti-profit et anti-capitaliste, et donc anti-fric. Anti-sioniste, anti-colonialiste, mais surtout anti-con.

Oui mais c’est là que le bât blesse. On est tous le con de quelqu’un, et qu’il ait tort ou raison de le penser, il le pense et il y croit. Or je suis un con, pour quelques personnes (plus ? Ah bon…) et donc je ne saurais être anti-con puisque tout humain est un con, un jour ou l’autre, pour quelqu’un. Et je ne suis pas non plus anti-humain.

Pendant un moment j’ai essayé de retirer de mon langage une sémantique sexiste et populaire. Ainsi l’expression « lui c’est une pute » en parlant d’un homme – qui indique que les prostituées (femmes) sont forcément mauvaises pour que le mot vulgaire (pute) porte suffisamment d’histoire négative pour être utilisé comme un fourre-tout insultant – ou « Fais pas ta pute » devaient être bannis au moins de ma bouche… Pas une seule seconde ça ne m’a dérangé d’utiliser le mot « putain » comme interjection, et je pense que vu qu’il ressort dans énormément de discours, j’aurai dû commencer par là. Aujourd’hui ça a fonctionné, et je n’utilise plus jamais le terme « pute » pour désigner un homme, sauf quand je ne fais pas attention, et j’ai alors mon erreur comme projetée au visage. Ce n’est qu’une question d’habitude.

Pendant pas mal de temps j’ai voulu adopter la cause féministe, tout en ayant conscience de mon sexe. Mais c’est directement en contradiction et ça prouve un oubli de moi-même, une dévalorisation par ailleurs de tous les membres de mon genre ; Alors OUI la femme a besoin de plus de considération, d’une remise à niveau dans le respect qu’on lui prodigue, de valorisation. Mais NON je n’ai pas été élevé dans le machisme et je n’ai pas eu une adolescence très socialisée, du coup je n’ai pas eu l’occasion de considérer les filles comme des objets. Jamais. Remarque que ça aurait pu arriver, mais ça n’est pas arrivé.

Et donc OUI le féminisme est utile, mais oui aussi certaines branches du féminisme sont nuisibles et sectaires envers les hommes sympathisants de leur cause. Par la suite, j’ai rejeté le féminisme sans rejeter les valeurs que ce mouvement défendait. J’ai pensé comprendre que ce n’était qu’un problème d’appellation, et j’ai commencé à parler d’anti-sexisme.

Et aujourd’hui je suis dans une réflexion différente. Comment peut-on prôner l’amour ou la paix, tout en se disant anti-ceci ou anti-cela, tout en étant contre les choses ? Et raison de plus, il existe des termes équivalents, mais qui n’impliquent pourtant pas d’être contre quoi que ce soit. Pour le féminisme, afin de n’utiliser ni le terme féministe, ni le terme anti-sexiste, j’utiliserai le simple mot d’égalité. Et pas seulement égalité hommes-femmes, mais égalité tout court.

L’égalité est une des valeurs faussement défendues par la République. Comment peut-on être égaux alors que nous avons des trains de vie différents selon nos ressources, selon notre couche sociale ? Comment peut-on être égaux alors qu’on sait qu’on ne démarre pas tous avec le même nombre de chances au départ ? L’égalité n’a jamais existé chez nous, la recherche de l’égalité n’a jamais été un moteur de notre société. L’égalité ne signifie pas avoir tous les mêmes idées, la pensée unique c’est non de base. L’égalité c’est donner sa chance à n’importe qui sans se baser sur quoi que ce soit, sans se baser sur des ragots, sur l’apparence. Connais-tu beaucoup de personnes qui se comportent ainsi ?

Aujourd’hui je ne suis plus anti-quoi-que-ce-soit. Que ce soit bien clair. Et je n’ai pas abandonné les valeurs auxquelles je croyais avant d’en arriver là. Seulement la haine n’a jamais été un bon moteur. Pour les uns c’en est un, et un efficace, mais pour d’autres, d’autres comme moi, ça peut être un moteur, mais seulement un temps, car dans le second temps c’est une machine de destruction incontrôlable.

Image : kellerabteil (cc by sa)

Antispécisme

spécisme /spe.sism/ masculin

  1. Discrimination basée sur l’espèce, qui fait de l’espèce en soi un critère moral pour déterminer la manière dont un être doit être traité.
    • Le spécisme est à l’espèce ce que le racisme et le sexisme sont respectivement à la race et au sexe : la volonté de ne pas prendre en compte (ou de moins prendre en compte) les intérêts de certains au bénéfice d’autres, en prétextant des différences réelles ou imaginaires mais toujours dépourvues de lien logique avec ce qu’elles sont censées justifier.  (Cahiers antispécistes)

antispécisme /ɑ̃.ti.spe.sism/ masculin

  1. Mouvement soutenant que les espèces animales méritent le même respect que l’espèce humaine, et condamnant donc l’exploitation des animaux par l’homme ou leur maltraitance.

Source : Wikitionnaire

Et voici encore un mot en -isme, qui vient s’ajouter à la liste de certains mots en -isme qui font chier le monde un peu partout à sa surface habitable. Le spécisme et l’antispécisme.

Quelle liste ?

  • Racisme
  • Fascisme
  • Sexisme
  • Mysoginie

Ah merde le dernier est pas en -isme… Tant pis. On peut en trouver d’autres mais je vais pas me fatiguer.

Le Spécisme

J’aime bien me renseigner sur les trucs que je connais pas, et la première fois que j’ai vu le mot spécisme, j’ai pas compris évidemment. Alors j’ai un peu cherché, et je me suis aperçu que la plupart des gens l’étaient, et que je l’étais. De par mon éducation de mangeur de viande. De par mon éducation protestante excluant les animaux de leur paradis et toutes les conclusions que j’ai pu en tirer enfant. De par d’autres détails aussi, que je n’étendrai pas ici. Alors j’ai commencé à réfléchir et à me remettre en question, tout en continuant à me documenter sur la souffrance animale, due à son exploitation.

Le spécisme est partout, dans nos moeurs, chez macdo, chez ma tante que si elle avait des couilles on l’appellerait… Antispéciste ! Chez toi peut-être… Dans ton pot de miel, dans ton frigo, dans ton congélateur, à tes pieds, sur ton dos, sur tes murs et ton sol, sur tes fringues, dans tes engrais commerciaux, chez le fermier du coin, chez les éleveurs, dans les animaleries, dans la loi…

Pendant une seconde j’ai cru que le mot antispécisme était né avant le mot spécisme, mais non… Il est né de la plume d’un philosophe écrivain en 1970. Et ensuite, de sa découverte se sont dévoilés les premiers membres du mouvement anti, qui sont, encore aujourd’hui, des personnes indignées de savoir que depuis les années 50, on ment à tout le monde pour accroître les business des exploitations animales en tous genres. C’est sûr qu’il aurait été marrant qu’on découvre que le mot antracisme ait été créé avant le mot racisme. Et ça aurait pu. Ça aurait simplement signifié que le racisme avait été nommé et définit quasiment en même temps que s’étaient revendiqués les premiers antiracistes.

L’exploitation et la souffrance animale

L’exploitation animale c’est partout. Du gars qui colle son chien attaché à une chaîne jour et nuit pour garder sa maison, aux entreprises d’élevages intensifs de boeufs aux USA qui provoquent des trous dans la couche d’ozone et des pollutions intenses dues à leur merde (oui oui, leur caca) et leurs gaz, car faut appeler un chat un chat et un pet un pet… mais quand ils sont des centaines de milliers de bestiaux réunis sur un petit espace, à bouffer des merdes OGM bourrées d’hormones pour le rendement, c’est des centaines de milliers de pets toxiques par jour qui s’envolent dans notre ciel d’azur et qui va rejoindre les nuages bleutés teintés des rayons violacés du soleil couchant… Et quand on sait que ces dits bestiaux vivent un tiers voire un quart de leur vie seulement, juste pour remplir plus vite certaines assiettes, qu’ils ne sont nés que pour être entassés, démembrés et bouffés, on est en droit de se poser des questions.

L’exploitation animale c’est aussi la destruction programmée, le génocide, d’espèces entières à cause de la chasse et de la pêche intensive. Juste pour nourrir quelques humains, jeter les restes, pendant que les restes de la planète crève de faim…

L’enfant sacré et le chien maudit

L’antispécisme, c’est également un cas précis chez nous : l’euthanasie programmée et systématique des chiens mordeurs et des chiens errants. Et ici, encore une fois certains se servent des enfants comme prétexte pour étancher leurs soifs de vengeances, pour justifier un acte barbare : punir un chien à cause de l’éducation mauvaise qu’il a reçu, ou simplement à cause de l’irresponsabilité ou de la connerie de son maître (oublier la muselière pour un chien dangereux pour exemple de connerie qui peut coûter cher), et à cause de laquelle il a mordu quelqu’un, un gosse peut-être.

Pour information, je dis pas ça à la légère : je me suis fait mordre quand je marchais pas encore, et il a fallut me recoudre au dessus de l’oeil, ça se voit encore 35 ans après. Le chien n’a pas été euthanasié, et encore heureux, c’était un bon chien qui n’avait que mordu, et les responsables étaient ici des adultes qui eux, avaient fait une connerie : laisser un enfant en bas âge au contact d’animaux potentiellement dangereux. Entre punition et torture ou mise à mort, il n’y a qu’un pas, et quand on est un chien il suffit de franchir la limite une seule fois pour passer dans le camp des condamnés à mort. Et c’est triste.

Que ferais-je si un chien m’attaquait, ou pire, attaquait un proche devant moi ? 

Si il n’y a aucun autre moyen c’est lui ou moi, en légitime défense je tente de le blesser, de l’assommer ou de le faire lâcher. Mais sur le coup. Comme je ferai de même avec un humain qui m’agresserai physiquement ou agresserai physiquement un proche. C’est de la self-défense, voire de la survie. Mais il ne faut pas s’éloigner de l’idée que ce chien, s’il avait été éduqué convenablement, si son maître était responsable, n’aurait pas attaqué ou n’aurait fait aucun dégât en attaquant. Être responsable, pour un maître qui a un chien qu’il ne maîtrise pas, c’est déjà le faire éduquer, lui mettre une muselière s’il le promène, et s’il le lâche, de vérifier que l’espace ne contient pas de potentielles êtres-vivants qui risqueraient de subir ses attaques. Le maître devrait être  responsable en toutes circonstances. Si son chien mord quelqu’un, c’est de sa faute.

On ne prend pas de chien si on est pas capable de comprendre le modèle hiérarchisé d’une meute, et si on ne peut pas prendre le rôle du chef de meute. Sinon, on est un danger potentiel avec son chien, et son chien est un danger potentiel pour soi. Il prendra le dessus sur son maître, et alors ce dernier n’aura plus aucun contrôle réel sur son animal. Le maître est obligé de le dominer. Et le chien de se mettre en position de soumis.

On pourrait entrer ici dans des considérations philosophiques sur le sujet de la domination, et les raisons pour lesquelles on ne devrait pas se permettre de se mettre en situation de domination envers qui que ce soit, mais on le fera pas, car ça signifierai simplement ne pas prendre de chien, ou se laisser faire par le sien. On est obligé, si on veut vivre avec ces animaux au fonctionnement ancestral de groupe, qui répond au respect de certaines règles animales, de passer par ce phénomène de domination du maître / soumission du chien. Sans quoi on se fait bouffer comme dans la nature.

Les parcs aquatiques

Pour continuer un peu sur l’antispécisme crasse, une des plus grandes saloperies qui existe au monde, est le parc d’attraction qui comporte des spectacles avec animaux marins. Quand on demande aux exploitants (qui brassent de bonnes sommes grâce à ces animaux qu’ils exploitent), si les dauphins ou les orques, phoques etc sont heureux, ils répondent « bien sûr » mais qui serait heureux confiné dans une pièce minuscule avec d’autres congénères qu’il n’a pas choisit ? Transposé sur l’homme ça fait un peu penser à la prison… Mais oui, c’en est une. Si les gros animaux marins font les clowns dans la piscine, c’est pas pour amuser la galerie, c’est juste pour ne pas crever de faim, pour le dommage minimum, c’est de la soumission pour ne pas subir les nombreuses punitions imaginatives que leurs infligent les exploitants, à commencer par les priver de nourriture.

Dans le film documentaire The Cove (La baie de la honte – vidéo en en-tête) on découvre que les Japonais s’étant vu interdire la chasse à la baleine par l’ONU, se sont rabattus sur les dauphins qui n’entraient pas dans l’article de loi Onusien (étant trop petits), par appât du gain et un peu par peur de perdre leur place privilégiée dans le marché mondial du poisson. Les meilleurs sont vendus aux enchères des millions de dollars aux parcs aquatiques du monde, et le reste (des centaines de dauphins peu intéressants en raison de leur sexe, leur âge, leurs couleurs ou leurs tares) est massacré et vendu sur les marchés aux poissons.

Dans le film documentaire Blackfish, on découvre le même type de traitement sur les orques, ces baleines noires et blanches aux dents acérées, véritables chasseuses et régulatrices des océans, qui n’attaquent que peu l’homme, voire pas du tout. En captivité, ce n’est plus rare qu’une orque attaque un dresseur. Et on comprend assez facilement pourquoi quand on s’intéresse de plus près à ces animaux qui vivent en groupes familiaux hiérarchisés.

Le rôle d’un animal exploité

C’est un objet de consommation. Il naît pour sa fonction, et il meurt quand l’homme a décidé que c’était son heure. Dans la loi française, les animaux sont considérés comme des biens matériels, et on peut jeter à la poubelle aussi bien une lampe de poche qui ne fonctionne plus, un briquet qui n’a plus de gaz, un chien… Heureusement que les associations de protection animale sont là. Mais elles ne peuvent pas être partout, et beaucoup d’hommes et de femmes prennent encore leurs animaux pour des punching-balls sans que ne serait-ce qu’un voisin ne réagisse et ne sauve ces bêtes.

Le rôle d’un animal exploité est déterminant pour sa survie. Les animaux sauvages ne servent pas directement l’homme, sauf à réguler la chaîne alimentaire, et c’est un service rendu à tout ce qui est vivant ici bas, c’est déjà énorme. Mais les animaux dits non-sauvages, ou domestiques, ont pour beaucoup des rôles qui les relèguent à la mort, des morts dites « nobles » par les bourreaux pour adoucir leur geste aux yeux des gens sensibles, et pour se trouver des prétextes de continuer. Exploité toute sa vie. Vendu, puis exploité. C’est son rôle : servir l’homme. Pathétique n’est-ce pas ? Parce que c’est l’homme qui a décidé ça en l’honneur de son attrait toujours plus fort pour le sang cuit et cru et pour satisfaire d’autres lubies. Et plus il mangera de viande, plus il aimera ça, mais plus il crèvera vite, parce que la viande ça amène des maladies du sang, des os, du foie, de l’estomac et des intestins, etc.

L’exploitation animale est une autre facette de la guerre. C’est une guerre avec esclavagisme, contre toutes les espèces qui ne sont pas les hommes. Et comme on exploite aussi les hommes, alors les animaux vous comprenez… ça passe après…

Mon antispécisme me force à dire : NON ! !

Image (cc by) Bruno Boutot