L’indifférence, une racine du mal ?

Avertissement : je le répéterai jamais assez, ce que je dis est spéculatif (d’où le classement de ces torchons dans la catégorie spéculations) et n’engage que moi. Bouddha a aussi dit :

Doutez de tout, et surtout de ce que je vais vous dire.

Petit aparté. J’en étais sûr. Alors que chez mes chers contemporains, ce comportement, l’indifférence, sert très souvent et est considéré comme une réaction normale, disons-le, j’en avais pourtant fait un cheval de bataille et m’étais depuis longtemps levé contre. Cette chose m’avait parue être une aberration. Il faut aussi savoir que depuis bien 25 ans, j’ai trouvé dans les philosophies orientales des clés que je n’ai jamais pu dénicher ailleurs, surtout pas à l’école – ce qui est fortement dommage – et encore moins dans les écritures religieuses. Et donc, lorsque un enseignement oriental, qui plus est sacré, car ici on parle du bouddhisme orthodoxe (celui de Siddhartha Gautama, le premier Bouddha), apporte un sens à quelque chose que j’avais toujours pressenti, ça me rassure.

Chez les occidentaux, l’indifférence est conseillée dans certaines situations. C’est une solution pour éviter d’être touché par quelque chose qui dérange l’intéressé. On peut l’associer à la fierté, au snobisme, au mépris.

Chez les bouddhistes, l’indifférence est une des trois racines du mal (appelées aussi trois poisons), avec la colère et l’avidité. Elle est associée à l’ignorance. On peut retrouver ce sens au sein de certains réseaux sociaux aujourd’hui, où justement l’indifférence est utilisée en tant qu’ignorance : ignorer quelqu’un, par exemple un troll, un individu mal intentionné ou qui a trop tiré sur la corde.

Il est intéressant de constater que ces trois racines du mal sont reliées, pour les bouddhistes, aux trois origines de la souffrance : la soif, l’envie, et le désir.

Le Dharma

Survivant

Bribe de réflexion

Survivant. J’ai toujours dit « écorché vif » au lieu de ce terme plus ou moins nouveau dans cette acception. Je fais partie d’une catégorie de personnes qui aurait tendance à avoir une tendresse toute particulière envers ceux que j’appelle des « écorchés ». Si tant est que j’obtienne une écoute non pas d’une qualité irréprochable, mais qui permette au moins un échange réel. De toutes façons un écorché est souvent dans un besoin d’empathie, et j’ai appris récemment quelque chose qui peut paraître évident mais qui ne l’était pas pour moi jusque-là, c’est qu’une personne en besoin d’empathie ne pourra pas donner de l’empathie dans ce moment précis. Je ne suis pas dans un besoin perpétuel d’empathie. En fait, j’irais même dire qu’ils sont assez rares ces moments chez moi. Et donc, il y a beaucoup de moments où je suis dans la capacité à en donner. Mais ce n’est jamais gratuit. Même si je n’attends rien de matériel, d’émotionnel non plus, c’est entre moi et ma conscience que se joue cette attente. Ça me fait du bien, voilà tout. Lorsque je suis dans ce don, je me sens bien, utile. Ce qui n’implique pas directement que dans la plupart des autres moments, je me sente inutile ou mal, si quelque chose n’est pas vrai, l’inverse n’est pas forcément vrai aussi. Si quelque chose n’est pas vrai dans l’instant, ça ne veut pas dire que cette chose est fausse. La vie, c’est pas tout blanc ou tout noir. Souvent c’est un mélange d’autres couleurs. Je ne veux pas dire « gris », parce que le gris, c’est triste, fade. Alors que le vert, le rouge, le bleu, le jaune, le violet, et toutes ces couleurs qui forment le monde, c’est davantage intéressant.

Je donne une image faussée de ma personne, c’est volontaire. En fait, je ne sais pas si c’est si volontaire que ça, mais dans tous les cas, c’est habituel. Et il me semble que plus une habitude est ancrée dans un comportement, plus c’est difficile de s’en débarrasser. Tant que la prise de conscience n’a pas eu lieu, c’est strictement impossible, et l’habitude est mécanique. Lorsqu’il y a dissociation, qu’on peut s’observer de l’extérieur et qu’on voit une incohérence dans le comportement, alors déjà la moitié ou une partie du travail est fait. Certains ont besoin d’être frappés en pleine face pour se rendre compte de quelque chose, d’autres ont besoin que ça se passe plus en douceur. Le résultat est néanmoins le même. Et de là va naître un début de réflexion qui pourra mener, si ce travail sur soi n’est pas abandonné en cours de route, à une évolution. Positive, l’évolution. Sans quoi on pourrait parler de régression.

Je ne suis pas perpétuellement en colère, parce que je ne suis pas perpétuellement en train de penser à tous les dysfonctionnements du monde et des humains. Encore heureux. Qui pourrait vivre dans cette logique abrutissante en permanence ? Il y aura toujours, pour ceux qui le font, un moment de burnout. Et c’est là qu’intervient généralement la dissociation et la prise de conscience. Seulement j’ai remarqué que la même prise de conscience pouvait intervenir plusieurs fois au cours d’une vie, sans forcément changer quoi que ce soit. La complaisance dans certaines situations de répétitions annihile le moindre effort pour évoluer.

La publicité, la dégueulassitude

Ils sont de plus en plus nombreux ces sites qui placent soit un message qui pour moi glorifie l’usage de la publicité, soit carrément une obligation de désactiver adblock sur leur site pour accéder à leur contenu.

Je veux m’arrêter ici sur le premier modèle. Ce sont pour la plupart des sites qui disent qu’ils « vivent » de la publicité. Des gens qui ont besoin d’un salaire plus gros, ou qui ont des ayants droits qui veulent de gros salaires, la publicité n’est pas une question de quelques centimes, sauf pour les « petits »… Pyramidal comme système. Ce seront toujours ceux qui sont les moins connus, qui ont moins de cerveaux disponibles, qui toucheront les miettes, et ce seront toujours ceux qui sont en haut de la pyramide qui toucheront le plus de pognon. Ce ne sont pas ceux et celles qui ont le plus besoin de toucher un peu d’argent qui le touchent. Et on peut refuser de se faire complice de cette aberration en n’entrant simplement pas dans ce jeu vicieux. Putain, des vices j’en ai déjà suffisamment pour pas m’en ajouter un, qui plus est qui est celui d’énormément de monde, un bien plus gros pourcentage que l’ensemble de ceux qui fument par exemple. La consommation.

S’il te plaît, désactive adblock, je vis de la pub… tant pis si tu le fais pas mais quand même…

Pathétique. Qu’ils passent dans le 2e modèle… Qu’ils interdisent l’accès à leur site pour les gens qui utilisent adblock. Parce que dire des trucs comme ça, c’est effectivement justifier l’existence de la publicité. Or la publicité, selon moi, c’est un effet pervers d’une société qui s’enfonce dans un capitalisme déjà omniprésent, et qui continue de s’y enfoncer. La publicité n’a pas à exister. Si elle existe, c’est pour se faire complice du pourrissement de la société. Et si d’aucuns ont besoin de vivre de la publicité, même si j’ai pas de conseil à leur donner, qu’ils apprennent à vivre avec moins d’argent. Seulement « on » ne veut pas sacrifier une partie de son confort acquis, « on » veut croire qu’ « on » mérite ce confort surdimensionné pour énormément de monde. Des maisons trop grandes, qui bouffent la nature, des meubles trop chers, qui s’ils sont rares en plus, « on » va les trouver beaux. Même si chacun vit comme il a envie de vivre, j’insiste, je ne suis pas d’accord avec tous ces principes nuisibles.

Je suis un très mauvais client. Je ne consomme pas. Je suis plus ou moins obligé d’aller faire mes courses pour avoir de quoi bouffer chez moi, mais je prends toujours les premiers prix, et très peu de produits. Et finalement c’est pas une question d’obligation, je pourrais dédier un peu plus d’argent dans mon budget pour pouvoir acheter les produits un peu plus chers. Non, je le fais parce que je refuse d’entrer dans la logique consommatrice où on voudrait faire croire que les produits avec des marques inscrites dessus sont de meilleures qualités. Je n’achète jamais un CD, un DVD, par contre je m’offre des livres, mais toujours d’occasion… Quel intérêt pour moi d’acquérir un bouquin tout neuf ? Je le lirai, ou je le lirai pas, quand même, le contenu sera toujours le même… Je n’achète jamais de choses neuves, et même la plupart de ce qui habille mon logement, c’est des trucs qu’on me donne, pour ainsi dire. Je n’ai aucun besoin de consommer. Je ne suis pas de ceux qui jettent aux encombrants des meubles ou de l’électroménager parce que j’achète une nouvelle batterie de ces trucs. Mais je profite de cette idiotie pour meubler mon logement. On trouvera ça sans doute un peu hypocrite. Moi je trouve pas ça hypocrite du tout. Car en admettant que la société soit équitable, et vraiment équitable, les gens comme moi pourraient acheter des trucs neufs sans défoncer leur budget. Si les gens utilisaient jusqu’au bout leurs possessions, jusqu’à ce qu’elles tombent en panne, et des pannes irréparables, alors déjà on n’aurait pas des tonnes de merdes dans la nature, on n’aurait plus des montagnes de décharges qui s’entassent. Mais les gens sont malades, ils aiment l’argent.

Ça me fait penser à un truc tout ça. L’autre fois, j’étais allé lire dans la forêt, pendant 3 heures environ. Et lorsque je suis rentré chez moi, j’étais assez apaisé, contemplatif, et avant la sortie de la forêt un papillon a arrêté mon regard quelques instants accentuant mon sourire déjà présent. Sourire qui s’est éteint tout de suite car l’insecte est passé juste au-dessus de l’emballage d’un produit consommable quelconque, en plastique, qu’avait jeté un être humain (et oui, les animaux ne consomment pas donc ça ne pouvait être qu’un être humain). J’ai pensé au geste destructif pour la Nature, qu’avait fait cet être humain, me l’imaginant en train de le faire, dans une désinvolture totale. J’ai pas pu m’en empêcher. Et forcément, ça a annihilé la beauté de l’instant contemplatif. J’ai pensé à tous ces humains qui font la même chose un peu partout, et aux résultats dévastateurs. Et j’ai pensé ensuite aux personnes qui, comme moi et mes amis, vont profiter de cette Nature généreuse, et qui une fois qu’ils quittent l’endroit, n’oublient jamais de nettoyer la place et emportent leurs déchets non biodégradables, et enterrent ceux qui le sont.

Aujourd’hui je pense à cette opération qu’on a prévu de faire avec ces mêmes amis, de nettoyer de tous les déchets (dont une bâche dégueulasse en plastique noir qui se déchiquète petit à petit répandant ses bouts un peu partout dégueulassant l’endroit progressivement) qui étaient déjà là avant notre découverte de ce coin de nature, dans lequel on aime bien se poser, pour discuter, lire, fumer, boire, emmener les gosses s’amuser, s’amuser nous-mêmes. Pourtant on est une belle bande de schlags… Mais le fait d’être dans un trip « thug life » n’empêche pas de respecter la Nature.

L’autre fois, les gosses faisaient une cabane au bord de l’eau et j’étais enchanté de cette initiative, jusqu’au moment où par paresse, ou bien par facilité, ils ont pris un morceau de cette bâche pour isoler un peu les bouts de bois qui formaient un genre de tipi. A partir de ce moment-là, je ne pouvais plus me faire complice de cette entreprise car elle allait clairement à l’encontre de mes convictions. Pour un gamin relativement innocent, ça n’a aucune incidence et d’ailleurs on les a laissé faire, pourquoi les en empêcher s’ils avaient envie de le faire ? Pour une personne adulte déjà dégoûtée du monde dans lequel elle vit, ça en a. Et à un moment, un des mômes est venu me demander d’attacher la bâche puisque j’étais assez grand pour le faire, et que lui non. Et j’ai refusé catégoriquement. En lui expliquant gentiment que ce truc était dégueulasse, et qu’il dénaturait la beauté simple de leur petite construction innocente. Et puis le plastique ça pollue, certes, mais ça crame bien aussi. Imaginons qu’un gosse moins jeune voit ça et ait l’idée de faire prendre feu l’ensemble, irresponsable. L’endroit aurait été détruit. Avant de partir j’ai remis le bout de bâche là où ils l’avaient pris, et c’est là que j’ai proposé qu’on nettoie l’endroit. Proposition qui a été accueillie avec enthousiasme.

Toutes ces choses desquelles je viens de parler sont reliées les unes aux autres par un fil qui porte le nom de consommation. Et si on prend encore un peu plus de recul, de capitalisme. Sans ce besoin d’entasser des merdes alors qu’on les emportera pas avec soi une fois mort, sans ce besoin d’avoir toujours plus de pognon, y aurait pas tous les effets pervers… dont la publicité qui pousse à consommer encore plus, qui induit l’idée qu’en le faisant via ce moyen (un clic sur un lien qui propose un produit) on rendra un peu plus riche une personne déjà assez riche, qu’on fera certes le bonheur d’un petit en lui accordant quelques centimes grâce à un clic, mais le faire c’est, encore une fois, se faire complice de tout ce système.

Spiritualité, ego, alter-ego, mental & altruisme

La spiritualité, étymologiquement, si on remonte les locutions latines, signifie d’abord « immatérialité », puis « souffle » (esprit, âme). C’est le domaine de l’absolu (qui se suffit à lui-même et qui peut donner du sens à la vie, qui ne dépend de rien d’autre que de lui-même). Pour certains, ce sont des religions, pour d’autres, la nature, l’univers, etc. C’est ce qui relie tous les hommes et toutes les femmes, ainsi que tous les êtres vivants et même les minéraux. L’esprit, ou l’âme, mais aussi le karma pour d’autres individus, en dépendent. Ce qu’il y a au-delà de la mort est mystérieux, a toujours fasciné, et tenter de comprendre d’une manière la plus cohérente possible est légitime, sans toutefois accepter des explications toutes faites, arbitraires ou farfelues, dans lesquelles la réponse à la question « pourquoi, comment » ne sera pas « parce que c’est comme ça ». Ça peut donner du sens à sa vie et répondre à beaucoup de questions qu’un être humain se pose. Mais chacun est différent, et les différentes explications auront du sens pour certains, et pas pour d’autres qui en donneront par d’autres explications, et c’est pourquoi on ne devrait pas se permettre de considérer un pratiquant d’une religion qui n’a aucun sens pour nous, comme quelqu’un qui est dans l’erreur, car c’est sa vérité, et si pour lui elle donne plus de sens à sa conception de l’absolu que pour nous, grand bien lui en fasse.

L’ego, c’est le Moi, c’est la partie de soi qui revendique qu’elle existe depuis l’instant de la naissance jusqu’au dernier souffle. L’ego se nourrit des émotions, qui peuvent ou le caresser dans le sens du poil, ou le blesser. L’oeil (ou les autres sens) voit des faits. Avant d’aller au mental, les images de ces faits passent par l’ego qui avale l’émotion ressentie à la vision de ces faits. Ils atteignent ensuite le mental qui interprète ces faits en les agrémentant naturellement de l’émotion ou des émotions qui les accompagnent, ainsi le mental juge les faits et leur attribue une valeur de bien à mal en passant par toutes les nuances qu’il peut y avoir entre les deux. Seulement, les faits sont dénués d’émotions, quels qu’ils soient ils sont neutres. L’ego place donc un voile semi-transparent (et parfois complètement opaque) sur l’interprétation des faits, et le mental ne les voit pas tels qu’ils sont, mais modifiés par les émotions dont l’ego s’est nourri.

L’alter-ego est un personnage factice que l’on se fabrique tout au long de sa vie, au moins jusqu’au moment où on en prend conscience et qu’on essaye (ou pas) de s’en débarrasser. Petit à petit lorsqu’on quitte l’enfance, à partir de 6 ans, on s’éloigne de sa vraie Nature, le Moi profond, l’ego dans toute sa splendeur. L’enfant avant 6 ans s’il découvre l’extérieur, n’a d’intérêt que lui-même. Tout ce qui fait qu’il est ce qu’il est représente sa vraie nature. L’Homme devrait se souvenir toute sa vie de ce qu’il était avant ses 6 ans, or il l’oublie progressivement, et cette nature s’efface pour laisser la place à un individu postiche qu’on appelle l’alter-ego.

La spiritualité a pour effet de maintenir l’Homme dans un cadre de fonctionnement bien défini par certaines limites. Lorsqu’on s’y intéresse, si l’enseignement vise à ça alors le but deviendra de s’améliorer et de faire du bien autour de soi, selon sa propre conception du bien (cadrée par l’enseignement spirituel). Un jour ou l’autre, il se rend alors compte qu’en faisant cela, du bien autour de lui, c’est à lui-même qu’il en fait à travers ses actions. Le bien que l’on se fait à travers le bien qu’on fait aux autres est presque accidentel, involontaire, au départ puisque lorsqu’on s’en aperçoit, on peut finir par décider de le faire pour ça, pour se faire soi-même du bien grâce à celui qu’on fait aux autres, et trouver un équilibre dans tout ça.

On peut être altruiste toute sa vie sans en avoir conscience. J’ai déjà théorisé de manière utopique et même sans grande conviction, que grâce à l’altruisme, l’humanité pourrait sortir de sa condition individualiste, se débarrasser de ses habitudes d’échange via une monnaie, ne plus attribuer des valeurs souvent arbitraires (comme celles attribuées aux métaux soi-disant précieux, l’exemple extrême) aux choses lors de la demande, de l’offre, de ces choses. L’offre et la demande constituent des situations qui peuvent mener à des conflits, et en admettant que tout le monde soit altruiste (le côté utopique de cette théorie), il n’y aurait plus aucun problème et les échanges deviendraient des dons sans attente en retour. En France, nous avons des expressions qui maintiennent une situation de prêts et dettes même concernant les services qu’on peut se rendre les uns aux autres : les expressions « à charge de revanche » ou « renvoyer l’ascenseur » même si elles partent d’une bonne intention, sont significatives sur ce sujet. Elles signifient normalement à quelqu’un que son service lui sera rendu en retour un jour ou l’autre, par un autre service de valeur équivalente, toujours selon une échelle de valeur définit par soi-même et sans le consentement de l’autre. Mais pour beaucoup, ces expressions signifient aussi que sans retour de la part de l’autre, ils ne feront rien. Conclusion, ces expressions vont à l’opposé de l’altruisme.

Le tox de base

Je suis un tox, et à toutes les personnes qui jugent les toxs juste sur ce détail qui me semble, à moi, insignifiant, je voulais vous dire : je vous emmerde profondément. L’ennui voyez-vous, c’est qu’en le revendiquant je prends un rôle solidaire avec toutes les personnes qui en sont, et qui sont ostracisées par des gens qui la plupart du temps ne comprennent rien à rien, et s’érigent en bien-pensants autoproclamés. Je me suis déjà fait insulter avec trois fautes par mots par certains, certaines, qui ne voient qu’un simple détail dans toute une vie qui comprend peut-être, peut-être pas, davantage d’expérience, d’observation, de désir d’amélioration, etc. Le fait que certains ou certaines s’arrêtent à ce détail insignifiant montre bien qu’ils sont à fond dans un système qui leur a désigné les personnes à détester (c’est la définition du mot ostraciser), et le fait que je l’assume les dérange. Et s’ils savaient à quel point je m’en bats les couilles, peut-être se remettraient-ils en question mais ça m’étonnerait puisqu’ils pensent malgré toutes leurs tares nuisibles pour ceux et celles qu’ils veulent discriminer, cédant ainsi aux affres de leur éducation tordue, cédant ainsi à ce qu’on veut qu’ils pensent, vous savez, l’état là, celui duquel on ne fait pas partie puisqu’il décrète aux soumis comment penser, comment se comporter, soumis qui ne prennent pas le temps de réfléchir sur l’idée qu’on leur a imposé ces façons de penser, et donc ils pensent comme on veut qu’ils pensent. Et ils sont nombreux à oublier volontairement par des dissonances cognitives que leur cerveau de crétins a adopté par facilité, qu’eux-mêmes, et qu’autour d’eux une énorme majorité de personnes, sont des toxicomanes, seulement ils s’en arrangent généralement car leurs drogues sont légales, acceptées par leur société pourrie. Alors oui, je suis un tox. Amateur de drogues en tous genre, surtout si elles sont illégales. Et ça ne m’empêche pas de penser, ça ne m’empêche pas de revendiquer et non pas d’en être fier, pour moi la fierté c’est une forme de narcissisme preuve d’ego démesuré, mais de l’assumer totalement tout comme j’assume certains de mes fonctionnements dont la plupart ont honte et n’oseront au grand jamais parler en public. Balayer devant sa porte, c’est une chose que peu de monde fait, et je le déplore. Car si ils le faisaient, le monde fonctionnerait certainement un peu mieux, au moins un peu, et nous vivrions dans une harmonie améliorée en comparaison avec la réalité des choses actuelles.

Vous voyez, je ne vais pas non plus parler ici de ce que j’ai observé durant toutes ces années, à savoir l’hypocrisie de certains consommateurs de certaines drogues communément mieux acceptées comme le cannabis, et qui crachent ouvertement sur les autres voies d’administrations d’autres drogues, en affublant ces usagers de noms insultants. Non, ceux-là sont des idiots, et je pense que jamais ils ne se remettront en question quant à leur façon de penser. Non, là j’attaque volontairement une catégorie de crétins qui se croient propres, et qui pourtant ne le sont pas. C’est tout ce que j’avais à dire. Mais c’est pas fini. Pour l’instant ça l’est, mais ça continuera. Vivre dans des sophismes, c’est le cas d’énormément de monde, et l’ennui c’est qu’ils n’en ont pas conscience d’une, et qu’ils participent allègrement au problème général de l’humanité en considérant de par leur vécu, de par des raccourcis faciles qu’ils ont pu faire sans chercher plus loin, qu’un gros souci dans la société est celui qu’on veut bien faire croire qu’il l’est : les drogues. Mais qui ne l’est pas réellement, et un des réels problèmes, c’est leur comportement inique.

Le mythe du mec bien

Voilà, ça c’est un sophisme. Un compliment qu’on fait généralement pour faire plaisir, mais qui pour ma part, me laisse de glace. Je ne suis pas un « mec bien ». J’essaye de rester fidèle à moi-même, intègre, mais j’ai comme tout le monde, deux facettes. C’est le principe du yin et du yang, tout être vivant a en lui à la fois le bien et le mal et dans tout bien il y a une parcelle de mal, dans tout mal il y a une parcelle de bien. Ce qui fait au bout du compte que « le bien et le mal », c’est un mensonge.

L’Homme est une créature complexe, qui n’agit les trois quarts du temps que pour son intérêt personnel, et pourtant, malgré cet état de fait qui a tendance à me répugner, tout ce qu’il fait a un côté constructif. C’est le paradoxe de cette humanité orgueilleuse et arriviste. Ça ne fait pas une seconde que nous sommes là, et déjà on a tout cassé. Alors faudrait-il en profiter et participer à la débâcle ? La plupart ne se posent pas la question, ils le font. Et les conséquences, ils s’en foutent royalement. Bien sûr, quelquefois, quelques-uns reviennent sur leurs pas pour constater les dégâts qu’ils ont causés, culpabilisent, et repartent en se disant qu’ils devraient changer. Ils utilisent le conditionnel pour se pardonner d’avance de recommencer. Et ils recommencent.

Et quelques éléments sortent de cette logique et cherchent à agir autrement. Même si c’est avant tout pour leur bien-être égoïste, il vaut mieux commencer par soi-même pour pouvoir être efficace. Lorsqu’on se rend compte que son bonheur est illusoire (pour certains), ou qu’on n’est pas heureux (pour d’autres), qu’on ne peut pas atteindre la sérénité en continuant à agir de la même manière (pour tous), alors on commence à se dire qu’on est dans l’erreur. Et c’est à partir de ce type de pensée que démarre une réflexion qui ne s’arrêtera jamais jusqu’à la mort, qui vise à modifier l’énergie qu’on renvoie. Alors évidemment, certains individus se complaisent toute leur vie dans leur état, et choisissent délibérément de continuer à être adapté à la nuisance de ce monde. Et c’est notamment pour ceux-là que le reste se bat. Et non pas contre. Et d’ailleurs, j’utilise ici le mauvais mot, se battre. Se battre, c’est la violence. Et peut-on utiliser la violence pour des choses positives ? Je ne crois pas. Même si effectivement, dans certains cas, ça fonctionne. Mais la démarche en elle-même est biaisée.

L’état d’esprit positif est-il un combat de tous les jours ? Non. C’est une lutte alors ? Non. C’est un but ? Oui. Les mots sont importants, et lorsque j’entends « Bats-toi ! », j’ai envie de dire : « Non ! ». Alors la question n’est pas de savoir si on doit rester les bras ballants et tout laisser faire, c’est clair. Mais déjà chercher à comprendre, c’est utiliser son énergie dans un sens positif. C’est une personne qui s’est posée directement en ennemie en face de moi qui m’a donné une clé, cette petite citation de Nietzsche : « Ce n’est pas le doute, mais la certitude qui rend fou. » Devrais-je cracher sur ces mots sous prétexte de la méchanceté d’une personne ? Je pense qu’il faut savoir prendre les choses là où elles sont, et utiliser même les attaques pour grandir. L’idée ici, ce n’est même pas de ne pas répondre, ni même de renvoyer de la haine pour la haine.

« La haine attire la haine. » (La haine)

Savoir discerner quelque chose d’utile dans un tas d’animosité, voilà une chose intéressante. On a tous vécu ce genre de moments, un conflit, et on a tous cédé à la facilité d’entrer dans un jeu de violence réciproque. Et la colère décentre. À ce propos, l’expression « se mettre hors de soi » est parlante. Se mettre en colère, c’est sortir de son centre. Et que se passe-t-il lorsqu’une entité instable par nature s’éloigne de son centre ? Elle se casse la gueule. Imaginez un être sur un disque qui vacille en permanence, disque reposant sur un ballon. Pour se maintenir en équilibre, l’être doit rester à l’exact milieu du disque. Et lorsqu’il fait un pas en avant, en arrière, dans n’importe quelle direction, le disque penche, et met l’être en danger. L’équilibre, c’est la sécurité.

J’aime la tranquillité. Mais qui n’aime pas la tranquillité ? C’est l’équilibre qui maintient stoïque mon visage. Qui empêche mon être de chuter. Et je progresse à mon rythme, seul. Je n’aurais jamais la prétention de faire progresser autrui, et si ça arrive, ce sera un accident, comme c’est un accident lorsque je progresse grâce à quelqu’un d’autre. De ce fait je n’ai à remercier personne.

Désir et Aversion sont sur un bateau…

…Aversion tombe à l’eau, qui est-ce qui reste ?

Le bonheur est venu un matin et il est reparti, mais en repartant il a dit ces deux mots : je reviendrai. Le bonheur est quelque chose de sournois, mais pas dans le mauvais sens du terme. Il ne prévient pas, il se pointe, et il s’en va. Alors si on sait le voir, le repérer parce qu’il se cache le bougre… alors on a appris à le saisir. À en saisir toutes les petites nuances, indétectables pour un esprit qui ne vit pas le moment présent.

Le moment présent, et l’endroit où on est, ici et maintenant, sont les choses les plus importantes de la vie, bien avant le confort, bien avant la fortune, bien avant l’amour, bien avant toutes ces choses après lesquelles nous, pauvres êtres animaux que nous sommes, nous courrons. On passe nos vies à courir, on court après des rêves, mais des rêves réalisables, ou pas… lorsqu’ils sont irréalisable on dit qu’on court après des chimères, on court après des femmes, des hommes, on court aussi après une idée qu’on s’est faite du bonheur. Mais parfois il faut savoir s’arrêter, même quelques secondes, parce que courir tout le temps, c’est bien beau, mais ça rime à quoi ? En courant en permanence on s’empêche de vivre vraiment, d’apprécier l’instant.

La passion, d’aucuns diraient que c’est quelque chose d’illusoire, moi je dirais que c’est quelque chose d’éphémère, mais on peut apprendre à la faire durer, ou en tous cas à la faire renaître sur commande. Lorsqu’on sait se plonger dans ce qu’on aime, et que ce qu’on aime est accessible facilement, par la pratique de je ne sais quelle activité, alors on a tout compris. Bien sûr, la vie réserve parfois des surprises, qu’elles soient bonnes ou mauvaises… Généralement on préfère les bonnes, et on voudrait ne pas vivre les mauvaises, mais c’est inévitable, et celui ou celle qui a décidé d’accepter les choses dans leur intégralité, celui ou celle qui sait se laisser traverser par les émotions, positives ou négatives, sans laisser celles-ci perturber son présent, a atteint une forme de sagesse inaliénable – au moins temporairement.

Justement, la sagesse… Il y en a qui y mettent de l’importance, et d’autres qui s’en fichent. Pourtant c’est l’état de conscience le plus haut qui soit. Y a rien de supérieur. Et surtout pas le matériel. Et c’est tout de même ahurissant de constater l’acceptation ou la résignation de beaucoup de monde dans un état de conscience médiocre, au point de glorifier le matérialisme, de le sublimer, au détriment de valeurs beaucoup plus subtiles.

Pour se rassurer, certains, certaines, parlent de « masturbation intellectuelle » lorsqu’ils désignent ceux et celles qui réfléchissent pour améliorer leur quotidien, et du même coup améliorer la société. Car c’est en partant de soi qu’on peut commencer à changer le monde. Se poser des questions est naturel, et on ne s’en pose jamais trop. Le piège dans lequel ne pas tomber ici, est de passer à la question suivante sans avoir pris le temps de trouver une réponse acceptable à la précédente. Prendre le temps, et lui aussi, comme le bonheur, file à une vitesse immense.

L’immobilisme réel n’existe pas à proprement parler. Lorsque je suis assis à écrire ces mots, je suis sur la Terre qui tourne autour du Soleil à environ 30 km/s, et le système solaire, lui, se déplace dans la Voie lactée à 250 km/s. Alors en km/h, puisque c’est la référence par laquelle on peut mieux s’imaginer tout ça, on parle ici de 900’000 km/h. Et la galaxie elle-même se déplace dans l’espace. Bien entendu, tout ça reste théorique. Ce sont des calculs qui ont été faits par des scientifiques au XIXe siècle, des observateurs qui ont certainement été accusés d’avoir la « tête dans les nuages » mais qui sont pourtant des références aujourd’hui.

Alors qu’est-ce qui est important ? J’ai un début de réponse, mais c’est la mienne évidemment, et comme chacun détient sa propre vérité, elle ne sera pas celle de tout le monde. Ce qui est important, c’est ce qu’on considère important. Et on peut penser que les autres se fourvoient dans des choses inutiles – et je l’ai fait dans cet écrit – eux ne voient pas la chose de cette manière. Il n’y a pas d’autre réalité globale que les faits. Et en face des faits, chacun ressent des émotions, chacun les vit plus ou moins bien selon sa façon de penser, et se crée sa propre réalité.

Et le bonheur, selon les interprétation, selon les visions des uns et des autres, est toujours différent, il n’est pas définissable concrètement. On peut proposer une définition globale, mais c’est le dénaturer…

Les « gueguerres » ne m’intéressent guère

Que ce soient celles relatées par les médias, ou celles relatées par des sites web, celles qui provoquent des réponses sur youtube, etc., ou même celles qui restent dans l’esprit commun d’une paire de personnes qui se sont aimées mais qui ont fini par se détester pour des raisons qui leur sont propres, les « gueguerres » sont le fruit des moments de stupidité de personnes pourtant intelligentes, mais qui perdent temporairement tout ce qui fait qu’elles sont évoluées lorsqu’elles y cèdent.

Ça ne m’intéresse vraiment pas, et c’est pourquoi ce billet s’arrêtera là.

En regardant le plafond

Accepter la critique n’implique pas de dire amen à tout. Y a des manières de s’exprimer pour faire comprendre les choses. Alors quand je fais face à quelqu’un qui choisit sciemment de ne pas prendre de gants, qui juge qu’il est trop pressé pour étayer son propos, ou simplement qui pense qu’il faut enfoncer le couteau déjà planté pour que je me rende compte que ce couteau est là, au lieu de tenter de le retirer avec délicatesse, je me ferme. Je n’ai pas de leçon à donner et je n’en ai pas à recevoir. Cela dit je suis toujours disposé à discuter.

Parfois, donc, on doit faire face à quelqu’un qui pense avoir cerné un des freins qui nous empêche d’avancer, et qui décide de faire preuve de cynisme et de cruauté pour le faire remarquer. C’est toujours difficile de savoir réagir dans ce genre de cas. L’humilité fait son chemin, et chacun est à un niveau qui lui est propre en la matière. Reste à savoir qu’on devrait accepter chacun avec tous ses défauts, mais que dans ce cas il faut que ça aille dans les deux sens. Si ça ne va que dans un seul sens, y a un petit souci quelque part, une couille dans le potage comme disait feu une personne qui m’était chère, une coquille dans le scénario comme disait une autre qui ne m’est pas chère mais qui avait le mérite de savoir faire des analogies pertinentes.

On cherche à s’entourer de personnes qui nous ressemblent, et même si on ne le cherche pas, c’est quelque chose qui a tendance à se faire tout seul. Mais lorsque personne ne nous ressemble, on peut se retrouver tout seul. Les gens trop atypiques sont donc des solitaires. Sauf qu’aujourd’hui, avec la possibilité d’élargir son cercle de fréquentations sans que les kilomètres soient une contrainte, grâce aux réseaux sociaux notamment, il se trouve qu’une personne trop atypique peut trouver des personnes qui lui ressemblent. Car vu la diversité du monde, on a forcément des alter ego même s’ils ne se trouvent pas parmi les voisins. Et donc, ceux et celles qui restent solitaires choisissent de le faire, de se fermer à ces réseaux sur lesquels ils trouveraient des personnes semblables.

Le mépris comme habitude

Beaucoup de personnes confondent indifférence et mépris. Pourtant, ce sont deux choses radicalement différentes. L’une n’empêche pas l’autre, mais bien souvent si on dit à quelqu’un qui semble faire preuve d’indifférence que son indifférence comporte une dose de mépris, il refusera l’idée. Alors que particulièrement de nos jours, où les ego sont de plus en plus démesurés, c’est souvent le cas. Une chose qui n’est pas nouvelle, mais qui selon moi empire, c’est que nous vivons dans un monde d’aveugles. Mais ce qui est énervant, c’est que la plupart des aveugles croient qu’ils voient clair, et même une énorme partie croient qu’ils voient plus clair que les autres. En croyant cela ils annihilent la possibilité de voir un jour plus clair. La vérité est à géométrie variable, selon les individus, et énormément de ces individus croient dur comme fer détenir la vérité, et que cette vérité est globale. Ils s’enferment donc tout seuls à l’intérieur d’un carcan, et tant qu’ils n’en sortiront pas, ils ne verront l’ensemble des choses que via un seul vecteur : le leur.

La vérité sur toute chose est toujours différente selon l’individu qui pense. Pour autant qu’il pense. On a tendance à ne voir les choses que de notre angle de vue, et se mettre à un autre angle de vue est bénéfique, puisque ça apporte un autre point de vue. C’est le principe de se mettre à la place de quelqu’un. Chercher à comprendre l’autre implique de faire cela. Mais il y a beaucoup de détails que l’on ne peut pas comprendre chez l’autre même si on veut se mettre à sa place, puisque cet autre vit, à vécu, des choses très différentes, et que tant qu’on n’a pas vécu ces mêmes choses, on ne peut que les envisager sous un point de vue théorique. Les expériences de la vie sont le résultat de situations plus ou moins longues, et des fois très longues, et sans ces expériences, on ne peut que s’imaginer ce que vivent les autres. Les conclusions qu’on peut tirer de ces tentatives de visions via son imagination, peuvent être, sont souvent erronées. On ne devrait donc pas tirer ces conclusions, conclure comme dit Krishnamurti, c’est cesser d’être intelligent, et cette affirmation est sans aucun doute brutale, peut choquer au point de se fermer, mais pourtant, elle est logique. Lorsqu’on conclue, on boucle une pensée. On la limite à cette conclusion et on arrête d’y réfléchir. Et on peut constamment faire avancer une pensée. C’est aliénant de tirer des conclusions définitives. À la limite on peut poser des hypothèses, plusieurs, et partir de ces hypothèses pour tenter de comprendre. Encore eut-il fallut vouloir le faire.

La cruauté, l’électrochoc

Être cruel lorsqu’on veut faire comprendre quelque chose à quelqu’un, à propos de lui, de sa vie, de ses freins, peut fonctionner. À condition que cette personne réfléchisse à ce qu’on lui dit. Sauf que la plupart du temps, cette méthode ne fonctionne pas car elle ferme l’autre. C’est rare que ça lui fasse comme un électrochoc, qu’il se retrouve face à lui-même bouche bée, qu’il vive l’éclair de lucidité qu’on a souhaité lui provoquer en faisant cela. Et quand ça arrive, c’est souvent involontaire, indirect. Par exemple, lorsque quelqu’un s’adresse à un public large en utilisant des formules choc, il peut y avoir dans le public une ou plusieurs (selon la largeur de ce public) petites exceptions qui vivront cela, et ce sera accidentel. Ça n’arrivera pas à tous les coups. Alors lorsqu’on souhaite convaincre il vaudrait mieux bien choisir ses mots, y réfléchir avant. Lorsqu’on parle pour soi, on peut s’en moquer, et là justement, on peut provoquer l’électrochoc chez l’autre, accidentellement.

Je précise que tout ce que je viens de dire reste encore une fois spéculatif.

L’ébullition actuelle du net

Il y a quelques années, j’avais voulu me servir du système de commentaire de Youtube, et j’avais été relativement repoussé par la présence de nombreux trolls sur cette plate-forme, outre l’obligation de devoir créer un compte sur Google. Techniquement, pour pouvoir utiliser certains outils du moteur de recherche, il faut avoir un compte. Et depuis un certain temps déjà, Google a racheté Youtube, ce qui fait que le compte nécessaire pour commenter dessus dépend directement de celui de Google. Le monopole de ce dernier, sur le net, s’est étendu à cette plate-forme de streaming légal après le rachat. Il s’y est créé toute une communauté qui a progressivement pris le pas sur le trollage omniprésent sur place, bien que cette pratique y soit toujours de mise. Youtube a ses propres règles parfois arbitraires (dont la censure sur délation, comme facebook au demeurant), son propre jargon très américain, même pas anglais, mais bien américain, et sa façon de fonctionner non moins américaine. Mais quoi qu’on pense de tout ça, c’est là que se jouent beaucoup de choses, et pas ailleurs. Pourtant il existe d’autres plates formes de streaming (c’est comme ça que ça s’appelle), mais les œillères en la matière sont quasi obligatoire, et c’est là qu’il faut être si on veut avoir la chance de participer à certains débats que je trouve vraiment intéressants. Même le débat politique pour la présidentielle, de par la présence et l’interview des candidats dessus ! C’est quand même quelque chose… Car il n’y a plus guère que les personnes âgées, et ceux qui s’accrochent à leur vieux monde, qui s’intéressent à la télévision, bien qu’elle pèse tout de même dans la machine infernale électorale. Les rares extraits intéressants des émissions qui circulent sur la TV (il en reste mais par bribes) sont diffusés par des personnes lambda qui les ont enregistrées. Diffusés où ? Sur Youtube.

Mais c’est tout de même passionnant de voir, d’observer, voire de participer aux débats, et même ça donne envie de s’en servir autrement qu’en commentant, c’est à dire en faisant ses propres vidéos. Personnellement j’avais fait quelques petits montages, soyons honnêtes : nuls. J’avais aussi mis en ligne une vidéo filmée à Montreuil, que j’avais dénichée sur une liste anarchiste de diffusion par email, donc qui n’était pas de moi. C’était une personne qui habitait cette grande ville de banlieue voisine d’un squat qui avait été expulsé manu militari par une mafia hyper violente, et qui avait tout filmé de sa fenêtre à l’aide d’un téléphone portable. Je m’étais donc permis de mettre ça en ligne pour que ça sorte du cercle des anars qui s’envoient des informations alternatives en interne, car j’avais été choqué, ayant vécu moi-même en squat, m’étant fait expulser avec des copains et des copines par une horde de gendarmes, mais dans une certaine ambiance relativement calme malgré le fait qu’il avait fallu que nous déménagions avec nos chiens, que nous nous étions donc tous retrouvés de nouveau à la rue (que nous connaissions déjà assez bien), que cet endroit était resté inoccupé après notre départ, qu’on ne dérangeait personne excepté une vieille pie qui pouvait nous voir, en vis-à-vis, de sa fenêtre située à environ 50 mètres, et qui était scandalisée par notre présence. Faut dire qu’on était une bande de punks, et que dans un quartier résidentiel, ça fait tâche. Bref. Je m’étais senti concerné par cette vidéo également du fait que j’avais aussi vécu, toujours en squat, à Montreuil-même, et que les rapports avec les voisins étaient très difficiles malgré le fait encore une fois qu’on ennuyait concrètement personne. Nous étions obligés de passer par-dessus une herse avec nos chiens, car comme pour le squat dont je viens de parler, la grille n’était jamais ouverte, restant verrouillée non pas pour nous empêcher de passer parce qu’on passait quand même, des squatteurs n’ont jamais été réellement arrêtés par une grille fermée, mais bien pour nous mettre des bâtons dans les roues. Pour en revenir à la vidéo, je l’avais mise aussi parce que je m’étais senti solidaire des personnes qui s’étaient faites frapper par cette milice, que les flics avaient soutenue, jamais ils ne les ont empêchés d’agir malgré toute la violence qu’ils ont employée. Ça les arrangeait ces flics. Et donc, cette vidéo avait fait plus de 100’000 vues à mon grand étonnement. D’ailleurs pour la petite histoire, passé un certain nombre de vues, Youtube m’avait contacté en me proposant de mettre de la pub dessus, chose que j’avais refusée catégoriquement, car comme je l’ai dit plus haut, déjà la vidéo n’était pas de moi, et de plus, ça aurait été en totale contradiction avec mon positionnement et la motivation qui m’avait poussé à mettre cette vidéo en ligne. C’était il y a environ 5 ans. Ce compte est resté, et je m’en sers encore pour commenter notamment.

Ce qui se passe en ce moment, et c’est dommage que ça se limite surtout à Youtube qui détient ainsi un monopole sur le streaming légal, bien que les autres plates formes vivent aussi, mais pas dans la même mentalité, est donc très intéressant. Je viens de passer quelques semaines à strier des vidéos des comptes (des chaînes) qui me paraissent les plus intéressants. La plupart sont des chaînes de personnes lambda, provenant pas du tout des médias officiels, mais y en a aussi qui proviennent de ces médias. Pendant ces semaines, j’ai pu voir des débats entre youtubeurs et c’est ça qui m’a le plus intéressé. Car il y a des personnes qui font l’effort de tenter de réunir des gens de tous bords idéologiques, et j’insiste car parmi les participants il y a aussi des ultra… Mais modérés dans leurs propos lors des débats, moins sur leurs chaînes. Car pour qu’un débat se passe bien, il faut un certain respect entre les participants. Une certaine tolérance aussi. Alors moi ça m’intéresse. Surtout parce que je suis dans une remise en question quant à ma propre tolérance. Être discriminatoire envers une personne raciste parce qu’elle l’est, c’est pratiquer une forme de racisme… Quoi que… Le racisme concerne la couleur ou l’origine des gens, et non leur idéologie, le mot est mal choisi. Mais je ne changerai rien à ce que je viens de dire. Dans mon dernier billet, j’ai évoqué mon avis concernant l’union des français, pour qu’on puisse tous converger sur un point qui nous oppresse, nous qui provenons des classes sociales relativement défavorisées. Qu’au lieu de se taper dessus entre petits, on devrait oublier au moins temporairement nos divergences d’opinion pour arriver tous ensemble, à faire cesser l’oppression du haut de la pyramide. Et la période actuelle s’y prête justement très bien, puisqu’on approche des présidentielles. Et malgré ça, je ne pense pas qu’on y arrivera, car la plupart croient en un certain leadership. Croient que c’est en comptant sur une seule et unique personne qui représenterait tous les français, que beaucoup de choses pourront s’arranger. Mais ce modèle a prouvé depuis longtemps son inefficacité. Que lorsqu’une personne est montée au créneau, elle se corrompt progressivement. Et donc je ne pense pas qu’on pourra y arriver tout simplement parce que les uns voudront élire un-e-tel-le, qu’ils pensent davantage les représenter, et les autres, un-e autre. Et qu’il n’existe que quelques très rares exceptions de personnes intègres qui pourront arriver à dépasser la barrière des 500 signatures et se présenter, et que ceux-là, celles-là, se feront laminer au premier tour, comme toujours.

Pour sortir de ce système oligarchique, ploutocrate (j’adore ces mots à la con), sans violence, on devra pourtant passer par là. Par l’élection d’un leader. Et je trouve ça lamentable. Pour ma part, je n’ai aucune envie de déléguer mon droit de parole à quelqu’un. Je n’ai pas du tout confiance en ce système républicain. Et je préconise toujours la violence, mais pas n’importe laquelle. Je suis non-violent, certes depuis peu. Je l’étais il y a trois ou quatre ans déjà, mais on m’avait fait remarquer très justement (et je ne l’avais pas accepté dans un premier temps) que verbalement, ce n’était pas le cas. D’ailleurs j’ai retrouvé des écrits à moi de l’époque, extrêmement virulents, et là, en les relisant, j’ai compris à quel point j’avais changé. Alors attention, je ne dis pas du tout que ça y est, je suis irréprochable. Non. J’ai encore pas mal de chemin à parcourir, j’en ai conscience. Mais le paradoxe entre y a 7 ans par exemple, et aujourd’hui, dans mon comportement verbal, lors de débats, lors de la rédaction de textes comme celui-ci, est énorme. Alors je suis relativement content d’observer ça. Car à cette période, lorsque je faisais face à quelqu’un qui m’insultait, je n’hésitais pas à lui en mettre plein la gueule. Aujourd’hui, j’agis différemment, même s’il est clair que je ne l’ignore toujours pas, car j’ai beaucoup de mal avec cette convention qui dit qu’il faut ignorer un interlocuteur lorsqu’il dépasse certaines limites, faire preuve d’indifférence, et d’ailleurs je la trouve hypocrite. Car la plupart des personnes qui agissent ainsi sont souvent touchées dans leur petit ego, et font semblant d’être indifférentes. Pas toutes, c’est clair, mais la plupart. Alors aujourd’hui, lorsque quelqu’un dépasse mes limites à moi, je reste calme, mais je tente de continuer de débattre, et je m’arrête si je juge que vraiment, ça ne sert à rien de continuer. Je pense que c’est la meilleure des solutions pour ne pas perdre la face, ni sa crédibilité.

Je suis toujours anarchiste, je pense que ça ne changera pas ça. Et je suis toujours punk, et ça non plus ça ne changera pas. Je suis toujours en colère contre ce système, contre certains raccourcis faciles que font des personnes avec qui ça ne me dérange pourtant pas de discuter, et qui les met (ils s’y mettent eux-mêmes) dans des cases. Celle de l’anarchie car c’en est une aussi de case, a pour particularité d’être déverrouillée, libre, de ne pas avoir de murs ou des murs pleins de trous assez grands pour pouvoir s’y glisser et partir ailleurs. Il n’y a aucune autorité que je reconnaisse en tant que telle, aucune loi sauf celle du bon sens, aucune légitimité dans le professionnalisme mais je respecte la culture qu’a acquise un professeur par exemple, autant que celle d’un SDF qui a acquis une certaine connaissance grâce à l’école de la rue. C’est mon positionnement, et malgré le mépris qu’on pourra me prodiguer à cause de celui-ci, ou à cause de certains points de mon vécu, que j’assume, je m’y sens bien. Ce mépris justement, est pourtant la principale barrière qui bouche la communication entre les gens. La notoriété de quelques personnes qui vont donc regarder de haut ceux et celles qui en ont moins, me fait penser à la lutte des classes. Et ça me rappelle encore qu’il ne faut surtout pas s’arrêter de lutter, garder la tête haute, ne pas tenir compte de ces comportements que j’estime stupides, qui sont la preuve de l’énorme problème sociétaire qui dure depuis trop longtemps, qui a commencé bien avant ma naissance, bien avant la révolution industrielle, bien avant le moyen-âge même, et que pour aider l’être humain à s’élever spirituellement afin qu’on puisse changer d’ère et je pèse mes mots, on se doit de commencer en soi, en son centre, et ça passe par là : la confrontation à ces comportements, par la mise en lumière de leur nuisance. Car j’entends des gens dire qu’ils ne faut pas juger les autres alors que j’ai tendance à penser qu’ils le font, mais sans forcément en avoir conscience, car on ne me retirera pas l’idée que pour cesser de juger lorsqu’on a eu une éducation occidentale, on doit faire un travail sur soi qui dure des années, et qu’on ne peut pas en sortir de par une simple décision : « j’arrête de juger à partir d’aujourd’hui ». J’en ai parlé longuement dans d’autres posts (cliquer sur jugement au bas de cet article dans les tags).

Maintenant je vais faire une petite synthèse de quelques commentaires que j’ai fait sous certaines vidéos, et qui risquent d’être noyés au milieu de tous les autres. Non pas qu’ils sont particulièrement mieux que ceux des autres, mais ce sont les miens, tout simplement, et ils traduisent ma façon de penser.

J’ai parlé hier par exemple, du nationalisme. C’était sous la vidéo d’une jeune fille Belge qui tentait de comprendre le point de vue de français adeptes de cette idée, et qui comparait avec l’Afrique, avec son pays d’origine : le Rwanda. Elle se demandait si elle n’aurait pas été nationaliste dans une situation similaire (c’est à dire, si dans son pays vivait une population hétéroclite), si elle avait eu la possibilité de rester dans ce pays, qu’elle a quitté si j’ai bien compris, avec sa famille quand elle était très jeune, pour éviter de se faire tuer tout simplement. M’est avis qu’elle a dû partir de là-bas à l’époque du génocide des Tutsis, bien que je n’en ai aucune certitude. Mais ça me semble logique. Mon positionnement à ce sujet, c’est que je pourrais davantage comprendre un nationalisme Rwandais, de la même manière que je pourrais aussi le comprendre pour plusieurs pays d’Afrique qui ont été pillés et colonisés, oppressés, par les Européens. Que je le comprendrais et l’accepterais plus que celui des Français qui ne veulent pas que des étrangers viennent chez eux. Car eux, dans leur positionnement, ils ignorent (ou font abstraction volontairement ou non, pour des raisons qui leur appartiennent) certaines parties de l’Histoire, et la raison qui fait que des personnes étrangères viennent chez nous. Je ne dis pas qu’ils sont incultes, certainement pas, qu’ils ne connaissent pas cette Histoire, mais qu’ils ne la prennent pas en compte pour leur explication de la situation qui les dérange. Donc pour conclure, le nationalisme en Afrique, d’Africains, n’est pas comparable avec celui des Français.

J’ai parlé aussi du racisme anti-blanc, sous une autre vidéo de la même jeune fille, c’était pour répondre à quelqu’un qui disait que le terme ne devrait pas exister. Alors que ce phénomène existe pourtant, bien qu’il soit très isolé et qu’il ne porte pas des centaines d’années d’oppression, qu’il peut être une réponse ou une vengeance par rapport à d’autres racismes. Le racisme d’où qu’il vienne, quel qu’il soit, est une forme d’intolérance sur une couleur de peau, sur une origine. Sur la différence donc. Il n’y a pas réellement besoin d’expliquer pourquoi, comment, le racisme est quelque chose de nuisible. C’est un fait, c’est évident. Mais concernant ce phénomène précis, celui envers les Blancs, il est bon de préciser certaines choses. Alors si on compare, ce que je n’aime pas tellement faire, avec celui envers les Noirs, envers les Maghrébins, envers les Juifs aussi bien qu’il s’agisse d’une religion et non d’une origine ethnique, les Juifs provenant de partout dans le monde (mais il existe et c’est certainement un des plus virulents et injuste), envers les Portugais, envers les Hispaniques, les Asiatiques, bref envers tous ceux qui ne sont pas Blancs, le racisme anti-blanc est ridicule. Mais j’insiste sur le fait qu’il existe, et de plus en plus, car les personnes aux faciès différents du mien (car je suis Blanc) se réveillent, et font la même chose en retour ce qu’ils ont toujours vécu. Et sur ce point, bien que je le comprenne, je ne l’accepte pas. Car tous les racismes sont nuisibles pour la communication, pour l’union dont j’ai parlé plus haut et qui est souhaitable pour qu’on puisse sortir de cette société de classes.

« J’adhérerai à SOS Racisme quand ils mettront un s à racisme. » Pierre Desproges

Image : Il semblerait que cette image soit libre de partage et d’utilisation, me le faire savoir si ce n’est pas le cas.

La forme de la société

Je ne supporte vraiment pas le caractère mercantile de ce monde, ça me rend mauvais. Tout est dans la glorification des apparences au détriment du fond des choses, de leur essence. À tel point que la beauté en est salie, habillée de frusques qui sont censées la sublimer, l’augmenter, et qui ne font que la rendre vulgaire. Il n’y a rien de plus beau que les choses natures, mais pour les vendre, on les dénature. Je crois que c’est pour mieux attirer l’œil de l’acheteur. Mais qui est l’acheteur ?

Il existe heureusement des commerces qui sont dénués de cette grossièreté, ils sont rares. J’ai dû apprendre à les repérer, et ça n’a pas été facile, et d’ailleurs je pense que je suis encore loin de savoir le faire systématiquement, et encore moins du premier coup d’œil. L’ennui, j’imagine, c’est qu’étant donné que la masse est sans cesse sollicitée par le reste, elle dédaigne l’authenticité de ces exceptions, alors elles coulent, vite submergées par l’avidité de ce reste, presque tout. Pour ne pas mourir, ces raretés sont obligées de s’adapter à ce qui est devenu la normalité en une centaine d’années, afin de pouvoir survivre, elles doivent rivaliser. Et le gros problème c’est qu’en faisant ça, elles deviennent comme le reste : elles perdent leur singularité. Et encore une fois, je suppose qu’il existe quelques petites perles qui réussissent à faire ça sans s’égarer parmi l’immensité chaotique de ce qui ressemble à un grand bazar tape-à-l’œil, celui de la norme. Elles doivent être encore plus rares, forcément.

Chez nous, pourtant, on est fiers de cette fausse liberté aux allures brillantes, et on veut l’imposer partout. J’ai une sensation que le pays dans lequel je vis est le centre d’une immense tâche de sang vérolée qui s’étale et qui contamine tout le reste, en imposant ses règles et en décrétant qu’elles sont la meilleure manière de vivre. Alors que lorsqu’on regarde de plus près, on voit assez clairement toutes les incohérence de ce système bien rôdé – bien qu’elles soient cachées, mais mal cachées. L’écart entre les riches et les pauvres est l’exemple type de ces aberrations. Et plus on s’éloigne de chez nous, plus on s’aperçoit du mal que notre façon de vivre a fait aux autres, ces autres qui ont voulu rivaliser avec nous, mais qui n’avaient à l’origine pas ça dans leurs racines. Mais l’avait-on dans les nôtres ? Rien n’est moins sûr.

Comment en est-on arrivé là ? On parle souvent de l’Amérique et de ses règles financières qui polluent tout dans le monde, mais historiquement, l’Amérique, c’est nous aussi. Car nous sommes allés nous installer sur place, sans oublier de massacrer au passage les peuplades qui ont refusé de se laisser faire, ni de corrompre les plus dociles, et celles qui n’ont simplement pas voulu qu’on les détruise, et qui se sont adaptées à cet envahissement qu’on sait aujourd’hui nuisible, c’est décrété internationalement et accepté partout, bien qu’il soit encore pratiqué dans quelques endroits. Je parle de la colonisation.

Nous ne sommes pas les seuls responsables de cette annihilation progressive. Je connais assez mal l’Histoire, surtout celle des autres, enfin des autres pays, éloignés. Mais je sais par exemple que la Chine est aussi au centre de choses similaires. Bien que comme nous, elle soit fière de ses traditions et cherche à les faire perdurer. Je prends un risque en parlant de la Chine, car je ne suis jamais allé sur place, alors j’arrêterais là. Mais j’avais envie de mettre la Russie dans la liste également. Ce sont les grandes puissances mondiales. On les appelle comme ça, et des petits pays veulent avec arrogance faire pareil, et ils le font… Ils le font. Pour certains, ils utilisent donc les méthodes que nous avons utilisées auparavant (responsables de génocides, de massacres organisés), se mettant à dos de grandes organisations internationales de contrôle, qui ont décrété que les règles avaient changé. On ne doit plus coloniser aujourd’hui, on achète. La nouvelle règle acceptée par la plupart, c’est le commerce. Mais partout, il crée des inégalités, et tant pis pour les individus qui sont les dommages collatéraux d’un système qui a des allures de « mieux » alors qu’il n’est en réalité pas particulièrement « mieux », mais au moins, on ne met plus des coups de machettes impunément, sauf dans des endroits vraiment reculés où il n’y a pas l’œil de ces organes internationaux pour réguler tout ça. Moins de violence ? Pas tant que ça, car on cherche tout de même à imposer notre façon de vivre et nos règles un peu partout, on continue mais par d’autres moyens. Je pense à l’envoi de troupes armées là où il est décidé qu’il y a besoin de les envoyer. Est-ce qu’on aide les bonnes personnes en faisant ça ? J’en doute fortement, tout comme je doute qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises personnes à aider. Ce sont des accords pernicieux passés avec des dictateurs aux allures de bienfaiteurs du peuple. Expliqué d’une manière simpliste, on pourrait dire qu’après concertation avec un dirigeant corrompu jusqu’à la moelle, nous envoyons nos armées, sans chercher à réellement savoir qui combat qui (mais pourtant on le sait très bien), et elles aident vaguement les intéressés, tuant et violant allègrement des civils au passage, en échange de promesses de droits sur des matières premières que les endroits visés possèdent sous terre, par exemple.

Ce ne sont pas des complots, et je ne dis pas que les complots n’existent pas, mais là, ça n’est pas le cas. Ce sont des règles internationales qui sont suivies par la plupart. Et il n’y a que les personnes qui croient sans vérifier (car les vraies informations sont disponibles et en cherchant bien, on peut les trouver) ce que les gros titres leur annoncent, qui sont dupes sur les intentions internationales. Il y a eu des complots énormes, mais c’était du temps où l’information était monopolisée par un petit groupe. De nos jours, les informations circulent beaucoup mieux, mais étant donné que ces complots ont existé, ils ont fait naître le phénomène des théoriciens du complot, qui expliquent la plupart des choses comme ça : « on nous cache tout, on nous dit rien ». Les discussions entre puissants, dont la teneur fuite le moins possible, alimentent encore les théories les plus fumeuses, mais aujourd’hui tout se fait aux yeux du monde. Et si certaines de ces opérations scandalisent les personnes les plus engagées, les autres haussent les épaules car ils ont bien intégré leur soumission à ce système mortifère, sans parler de ceux que ça arrange, les puissants.

La question que je me pose, c’est la même que beaucoup de monde se pose : jusqu’à quand on va les laisser faire ? Certes, ils ont des armées de policiers locaux, des armées de militaires envoyés à des endroits stratégiques, donc ils ont la force avec eux. Mais nous, on est plus nombreux. Et on est de plus en plus au courant. Le « Indignez-vous » de Stéphane Hessel, c’était une des premières étapes, mais c’est bien beau de s’indigner, c’est nécessaire pour que l’on prenne conscience des choses et de leur ampleur. Ça a fait naître des mouvements en perpétuel renouvellement, en perpétuelle ébullition, en tous cas chez nous, et on a pu voir qu’ailleurs aussi il y a eu l’équivalent de cette indignation et de ces réunions populaires, où les peuples ont tenté malgré l’oppression policière, de reprendre le contrôle de leurs rues, de reprendre possession de ce qui leur appartient : la Terre. Personnellement, et je n’en suis pas fier, je me suis contenté de participer à ça de l’extérieur, bien isolé chez moi. Participer par l’analyse non-conventionnelle de tout ce qui se passait, par le soutien via ma voix (ma plume surtout), aux mouvements populaires.

Je n’ai jamais cru que le système électoral était la solution et qu’il pouvait mener à un changement de toutes ces choses. Déjà parce qu’il est local et qu’il faudrait un soulèvement mondial, une prise de conscience synchrone de tous les peuples des pays dits « démocratiques » pour ça. Et puis parce que localement, la plupart des gens ont accepté docilement les règles internationales que ce soit du libre échange des produits (du commerce), que ce soient des interventions militaires dans les pays qui sont considérés comme non démocratiques, car pour toutes ces personnes, le système occidental de la démocratie qui prend ses sources en Grèce il me semble, est le meilleur qui soit, et que cette raison est suffisante pour vouloir l’imposer à tous ceux qui ne l’ont pas encore intégré. Et je n’ai aucune certitude ni que nous ayons raison sur ce point, ni que nous ayons tort. Ce qui me dérange ici, c’est la façon dont on cherche à s’insérer un peu partout, souvent sous couvert de bonnes intentions, mais comme je l’ai dit, avec des accords internationaux qui visent surtout à s’approprier des matières premières, les peuples de ces Nations passant en second lieu, alors que selon l’information officielle, c’est pour eux que l’on se bat.

Nous avons créé nos ennemis. Aujourd’hui, c’est le terrorisme. Mais c’est nous qui l’avons créé, car il est, entre autres, une réponse à nos actions armées, et d’ailleurs il est bien connu que nous armons ces personnes qu’on craint par la suite. Il semble logique que des peuples qui sont sous le joug de nos armées – et celle de la France n’est pas la principale mais elle est tout de même sur place – se rebellent et agissent violemment chez nous – sporadiquement en comparaison avec ce qu’on leur fait sur place. Car nous ne combattons pas le bon ennemi, si seulement il y en a un bon.

Ceux qui organisent des opérations terroristes chez nous sont des groupes religieux très bien organisés, qui se servent de l’Islam en le dénaturant, ce qui facilite grandement notre extrémisme à nous : celui qui pousse à voter en masse, en France, pour la famille Le Pen ou pour Fillon et consorts. Celui qui pousse une grande partie des Américains à élire Trump, et tout à fait entre nous, Clinton n’était pas particulièrement mieux même si ça aurait tout de même été un joli pied de nez au paternalisme maladif des uns, au sexisme des autres, qu’une femme soit élue comme présidente de la plus grande puissance mondiale, au même titre que lorsque Obama avait été élu, il avait été le premier Noir président et que ça avait été un joli bras d’honneur au racisme omniprésent sur place comme chez nous par ailleurs. Et pour en revenir à chez nous, justement, ceux et celles qui sont obnubilé-e-s par des discours à la gloire du nationalisme n’hésiteront pas une seule seconde (comme ils le font à chaque présidentielle) à tenter de monter au pouvoir leurs leaders, qui selon moi vont empirer la situation s’ils y arrivent, car ils ne sont pas une solution, mais ils font partie du problème. Le terrorisme est un très bon client pour ces leaders qui se servent de la confusion instaurée par des situations qui ne cessent de changer de noms, d’endroits, pour accéder au pouvoir par des promesses qu’ils n’auront pas les capacités matérielles de tenir, et qui mèneront à une augmentation des attentats chez nous. Ça me semble logique.

Un autre problème, c’est que tout ce qui n’est pas le FN se sert de l’hypocrisie, alors que justement, cette partie de l’extrême droite a quelque chose qu’on ne peut pas lui enlever, c’est un discours certes haineux, mais qui a le mérite d’être franc ; quoique moins ces dernières années, la fille Le Pen ayant fait tout un travail de communication cherchant à dénier le côté raciste de la politique du FN, ce côté que son père ne cachait pas auparavant et qui fut très longtemps son fond de commerce, et ce afin de redorer le blason du principal parti d’extrême droite, ce qui l’a rendu carrément hypocrite – personne n’étant dupe exceptés peut-être les plus jeunes, ceux et celles qui en ignorent l’histoire – le rapprochant des autres grands partis français qui sont par essence, également hypocrites. Alors, c’est une tradition chez nous, tous les autres grands partis politiques le rejette, mais les sympathisants FN, malgré la méchanceté et la stupidité d’une grosse majorité d’entre eux, existent, et va falloir faire avec, ils font partie du peuple, et ça ne sert strictement à rien de les exclure. Il serait temps de commencer à considérer que ces personnes, quelles que soient leurs idées, quel que soit ce qu’on en pense, sont là, s’expriment, existent. Ils sont diabolisés, et d’ailleurs, des slogans se servent depuis toujours des prénoms de leurs leaders, slogans certainement douloureux pour les personnes lambda qui portent ces prénoms, mais qui ne font pas partie de ces mouvements. Il y a donc une haine pour les mouvements extrémistes, qui fait des victimes collatérales, je n’ai pris que l’exemple des slogans, mais il en existe d’autres. Et il y a aussi un aspect que je voudrais aborder, c’est que parmi les sympathisants de ces mouvements, il n’y a pas que des extrémistes, il y a aussi des personnes modérées qui n’ont pas trouvé d’autres solutions pour revendiquer leur colère envers un système politique corrompu de partout. Des personnes qui pourront changer d’idées le jour où elles s’apercevront qu’elles sont dans l’erreur, si tant est qu’elles fassent preuve d’humilité et qu’elles fassent marche arrière.

Nous sommes un ensemble, et dans tout ensemble, il y a énormément de différences. Le clivage qui existe en matière de politique divise, et empêche ainsi toute évolution en la matière. L’union est impossible quand une partie de la population a la haine contre une autre partie, et que l’autre partie a aussi la haine contre la première. Mais je reste non pas certain, mais soupçonneux, sur l’idée que cette division est voulue par les puissants. Et qu’en maintenant cette haine des uns contre les autres, parmi nous, car là je ne parle plus internationalement, donc en maintenant ce clivage, on annihile toute possibilité de changement, et de plus on a un ennemi tout trouvé à qui on peut imputer la responsabilité de bien des maux. Une solution éventuelle, c’est celle que prône une personne qui a hélas été classée nationaliste du fait qu’il cherche justement à unir les gens de quelque idéologie qu’ils proviennent en discutant avec tout le monde, et qui n’a pas les idées des personnes qu’il cherche à convaincre, je parle de ce petit professeur qui croit en une version de la démocratie plus originelle, au tirage au sort parmi la populace, Etienne Chouard. Il est l’exemple type de ce rejet radical de tous ceux qui approchent les personnes qui sont ostracisées comme l’ennemi, ce qu’il ne faut pas être. Et je suis relativement d’accord avec le point de vue qui dit que l’extrême droite est dangereuse, que quelques unes de leurs idées sont à rejeter en bloc. Mais je ne suis pas du tout d’accord avec le fait qu’il faille les rejeter eux, ces personnes, avec toutes celles qui s’en rapprochent. On rejette des idées, mais pas des personnes. Je l’ai dit souvent, on s’identifie à nos idées et c’est un comportement destructif. Car nous sommes beaucoup plus que ça. Et étant donné qu’on le fait pour nous-mêmes, nous identifions les autres selon leurs idées. Et c’est également un comportement destructif. Car une idée, on peut en changer, la faire évoluer par sa réflexion personnelle, chacun a une réflexion personnelle idéologique qui évolue en fonction de ce qu’il découvre. Alors que chacun est ce qu’il est à la fois physiquement, émotionnellement, intellectuellement et spirituellement, et ces quatre notions font un être humain. Elles évoluent également, mais représentent l’identité individuelle. Or, lorsqu’on rejette quelqu’un dans son intégralité pour ses idées, on s’arrête à l’intellect. Et on passe outre tout le reste du fait que cet intellect nous répugne. Si nous voulons changer les choses, il est impératif de le faire tous ensemble.

Récemment j’ai visionné avec plaisir quelques vidéos faites par une personne dont la capacité d’analyse m’a beaucoup plu, m’a beaucoup fait réfléchir. C’est Usul, plus besoin de le présenter, ses vidéos ont touché énormément de monde et il est déjà suffisamment connu. J’avais envie d’aborder plusieurs choses non pas à son sujet, mais au sujet de la série de petits documentaires qu’il a réalisé, et qui s’appelle « Mes chers contemporains ». J’avais d’ailleurs posté ici-même une de ses vidéos, c’était au sujet du salaire à vie, ce qu’on appelle plus communément le revenu universel, il s’était servi de l’argumentaire de Bernard Friot (que je ne connaissais pas) en y ajoutant ses commentaires personnels. Mais il y a une autre vidéo de la même série, que j’avais regardé, elle concernait justement Étienne Chouard. Il semble que dans un premier temps, Usul ait réalisé son documentaire – que j’ai trouvé au demeurant fort juste et intéressant dans la plupart des points abordés, quoique légèrement timide (comme s’il avait fait très attention et qu’il ne voulait surtout pas dire certaines choses qu’il pensait pourtant) – puis qu’il ait eu une conversation d’abord avec sa compagne, ensuite avec des personnes violemment hostiles à Chouard, et pour finir, avec Étienne lui-même, et qu’il ait après coup et réflexion, ajouté un encart sur la vidéo en question (encart qui couvre toute la vidéo, le genre qu’il faut fermer avec la souris, et qu’on voit dès le lancement), expliquant faire marche arrière et reniant la plupart de ses propos. J’avais d’ailleurs failli la mettre ici, mais après visionnage je suis allé lire le texte sur lequel renvoyait l’encart, et ce retournement de situation m’avait refroidi, j’ai donc renoncé à partager ladite vidéo. Dans le texte, il expliquait entre autre choses, que selon lui, lorsqu’on est un personnage public, on a certaines responsabilités qu’on n’aurait pas quand on ne l’est pas. En gros, l’aspect « Chouard qui va discuter avec des fachos » c’était des portes laissées ouvertes aux possibles idéologies nauséabondes, et qu’il ne fallait surtout pas faire ça. Et je ne suis vraiment pas d’accord avec ça. Je ne vois pas pourquoi, dans quelle mesure, Chouard devrait se comporter autrement que comme il a l’habitude de le faire, c’est à dire avec tolérance, cherchant à convaincre surtout des personnes qui ne sont pas d’accord avec lui (sans quoi ce serait prêcher des convertis et ça n’aurait plus aucun intérêt, non ?), qui ont des idées différentes et peut-être extrémistes… Et je dirais que ces personnes là sont celles qui auraient le plus besoin d’être convaincues ! Et donc, je trouve assez incohérente l’idée qu’il ne devrait pas faire cela parce qu’il est davantage connu aujourd’hui. L’argument de laisser des portes ouvertes n’est pas suffisant. Pour la petite histoire, Étienne Chouard, à son grand étonnement, suite aux discussions qu’il avait eues avec des personnes comme Soral, s’était fait mettre dans le sac de la « fachosphère ». Mais c’était allé plus loin, il s’était fait menacer par des copains antifas (je dis copains, mais je ne les connais pas) et aurait eu peur pour son intégrité physique. Et ces personnes qui sont – à juste titre – contre le fascisme omniprésent chez nous et ailleurs, en se comportant ainsi, en ne cherchant pas à comprendre la motivation du geste de Chouard lorsqu’il va parler avec des fachos, en le menaçant parce qu’il se permet de le faire, en le collant dans le même sac que des Philippot, des Le Pen, des Ayoub et j’en passe, sont aussi extrémistes que ceux qu’ils combattent. Je l’ai dit plus haut et je le répète, je pense qu’il ne faudrait pas (et remarquez que j’utilise le conditionnel, c’est pour bien marquer le côté spéculatif de mes propos) combattre des personnes, mais des idées, et qu’il ne faudrait pas amalgamer les deux. Quand bien même des personnes s’identifient volontiers, eux, à leurs idées. Et que plus ces idées sont puantes, selon mon point de vue, plus ils s’enfoncent dans l’identification. Chouard est depuis boycotté par une partie de ce que j’appelle les « contestataires », et je continue à trouver cela injuste, car ce qu’il a fait en débattant avec des personnes un peu trop à droite, n’enlève rien à ses discours professoraux, à sa culture, à sa démonstration qu’en changeant le système électoral pour quelque chose de plus démocratique, voire de vraiment démocratique (l’adverbe insinue que nous ne serions pas dans une démocratie, idée que j’ai souvent abordée ici et qui me tient à cœur), en formant des assemblées constituantes pour discuter entre citoyens, en ayant la possibilité de faire nos propres lois, au lieu que ce soit l’oligarchie gouvernante qui s’en charge, on avancerait beaucoup, et le système dans sa globalité serait bien plus égalitaire. En faisant cela, on réconcilierait énormément de monde avec la politique, politique que ces gens estiment corrompue, et qu’ils ont fait sortir de leurs vies, se condamnant à la subir encore longtemps sans jamais avoir une chance de la changer. Et pourtant, je comprends tout à fait que nombre des citoyens soient tellement dégoûtés par elle, qu’ils ne veuillent plus en entendre parler.

Concernant Usul, j’avais été étonné de ne pas trouver sur sa chaîne, une vidéo de la même série, qu’il avait faite sur Besancenot, et qui portait ce nom : « le révolutionnaire ». Alors peut-être qu’il explique quelque part la raison de cette absence, et maintenant que j’y pense, il se peut que Youtube l’ait ennuyé à cause de certains passages issus d’émissions de télévision qu’elle contenait, du fait du problème qui se pose souvent sur ce média, celui des droits d’auteur. J’en avais été d’autant plus troublé qu’il avait posté une autre vidéo (comme pour chacune de cette série, apparemment) dite « commentaire audio » du révolutionnaire, et que je souhaitais d’abord voir le film concerné avant d’écouter le commentaire audio. Toujours est-il qu’après une recherche succincte, j’ai pu finalement la voir, sur Dailymotion, sur une autre chaîne qui semble-t-il n’appartient pas à Usul (car ce dernier possède aussi une chaîne sur Dailymotion, mais la vidéo en question était également absente de ce miroir).

Le jour où j’ai découvert les analyses sociétaires d’Usul, j’ai passé la journée à les regarder, et j’ai pris un pied d’enfer. Je me souviens que j’avais enchaîné sur Pierre Carles, un réalisateur que j’affectionne particulièrement, qui a fait plusieurs documentaires anti-système s’attaquant surtout au monde des médias, monde qui l’avait d’ailleurs malmené car Pierre était (et est sensiblement toujours) quelqu’un d’intègre, qui refuse de se plier aux exigences et aux contraintes imposées par ses chefs, un vrai journaliste quoi… contrairement à la plupart de ses collègues. Et je trouve que malgré la différence d’âge entre Usul et Pierre Carles, leurs films se valent largement.

Je n’ai pas envie de conclure, j’ai envie au contraire de pousser encore plus loin cette réflexion, cet écrit. Mais il va bien falloir que j’y mette un terme à un moment ou à un autre. Donc je me réserve le droit de poursuivre, et pour le moment, voici le point final pas forcément définitif : « . »

Pas dupe, mais désireux

Je me fous des usages conventionnels quels qu’ils soient, même si j’en utilise encore, sans m’en rendre compte. Ainsi, la nouvelle année fait partie de ces choses dont je me moque. Lorsqu’on me la souhaite bonne, par gentillesse et/ou respect pour mon interlocuteur, je vais dans son sens, mais ça s’arrête là, et c’est rare que je le fasse en premier. Je n’ai pas été plus heureux, ni moins heureux, que d’habitude, cette nuit, de la même façon qu’à Noël d’ailleurs. Lorsque je m’imagine la plupart des gens faisant la fête comme ils savent si bien le faire par chez nous, je ne vois que des moutons qui suivent tous le même chemin et qui ont besoin d’une raison pour tous converger sur un point précis. Quand je m’imagine ceux et celles qui, seul-e-s comme je l’étais hier, dépriment plus que d’ordinaire, je vois aussi des moutons (c’est grave docteur ?), mais eux, tristes de ne pas avoir pu satisfaire leur désir conventionnel. Et attention… y a aucun mépris là-dedans, c’est global et je ne vise personne. On décide d’aller dans le courant ou pas. On est tous comme on a décidé d’être, et j’insiste sur ce point : je pense que mettre sur le dos du hasard une partie de sa personnalité est un déni de responsabilité, on choisit toujours chaque chose qu’on fait et qui mène à des changements imperceptibles sur nous-mêmes. Imperceptibles car ces changements sont infimes et on ne s’en aperçoit que lorsqu’on se remet en question (ou qu’on nous le fait remarquer si tant est qu’on accepte les remarques), qu’on fait le point, si on le fait. Beaucoup de monde ne jugent pas utile de le faire. C’est aussi leur choix, et grand bien leur en fasse.

Encore une fois, je précise que je ne suis pas mieux que quiconque, je fais aussi ces choses parfois (dénier ma responsabilité et attribuer au hasard des changements sur ma vie), davantage dans certaines périodes, moins dans d’autres. J’ai l’air de pointer du doigt des personnes, ce n’est pas le cas. Et si d’aucun se sent concerné, c’est son problème, pas le mien. Pour en revenir aux fêtes, ça m’arrive de vouloir plaire à quelqu’un de particulier, et de faire semblant d’être moins bourru qu’en réalité. Je pense notamment à des moments où j’ai des poussées d’ouverture à ces modèles sociétaires conventionnels que sont les fêtes, je l’ai fait y a deux ans par exemple. Mais soyons honnêtes, quand c’est le cas, c’est clairement feint.

Je suis souvent de mauvaise humeur depuis quelques années, voire depuis toujours, surtout au lever du lit. Le réveil est un combat, j’ai entendu ça dans une chanson, je ne sais plus laquelle, qu’importe, mais c’est une image à laquelle je peux m’identifier. Qui me voit de l’extérieur pourrait dire que je fais tout le temps la gueule. Moi, j’en ai pas l’impression, j’ai l’habitude. J’explique ça par les conclusions (aujourd’hui plus du tout définitives, alors qu’avant, elles l’étaient souvent – dans une certaine limite) que je tire au sujet de tout ce qui fait cette société, et surtout la complaisance de mes chers compatriotes Terriens dans tout ce qui est tordu. Oui, car je n’ai toujours pas de drapeau, et ma carte d’identité ne me sert toujours qu’aux usages institutionnels, et à éviter de passer quelques heures en garde à vue bien que je n’aie pas été contrôlé par les flics depuis plusieurs années (soit ils me connaissent suffisamment, soit c’est parce que j’ai quitté Paris et sa banlieue depuis longtemps).

Ces derniers temps, j’ai eu des discussions (toujours surtout via un moyen virtuel, mais pas que) politiques qui m’ont fait un peu espérer, je me laisse facilement avoir, mais pas tant que ça, car je garde toujours une lueur de lucidité : rien ne changera et surtout pas grâce aux élections prochaines. Mais je me suis permis de me dire (et de dire tout court), qu’il pourrait y avoir une embardée politique chez nous. J’ai eu cette sensation que pour une fois, moins de personnes s’abstiendraient aux prochaines élections présidentielles, et qu’il serait possible qu’on puisse apercevoir un début de lumière, le bout du tunnel, et j’ai eu envie de prendre le train en marche. Alors attention hein ! Non seulement on n’y est pas, mais en plus je n’y crois pas concrètement. Mais j’ai eu cette petite sensation. Je n’ai jamais voté, et si je le faisais cette année, ce serait une grande première. Et j’ai presque 40 ans. J’ai cette impression, mais alors légère hein… qu’on est nombreux à se dire la même chose, tout en étant dans le même cas. Ayant compris que le système électoral chez nous était très stratégique, reste à savoir comment s’y prendre pour aider à ce que ça arrive. Il y a tellement de candidats (mais qui proviennent tous d’une oligarchie ploutocrate) que si tout le monde continue à fonctionner de la même manière que d’habitude, à s’éparpiller, ce sera forcément les mêmes truands provenant des mêmes partis capitalistes (qui ne portent que le nom de grands courants politiques précis, dont les représentants et/ou candidats promettent des choses qu’ils « oublient » une fois au pouvoir, et ces derniers sont tous malhonnêtes et capitalistes, voire libéraux) qui se retrouveront au second tour, et c’est ce qui va probablement arriver. Mais c’est là que ce serait intéressant de continuer à parler avec un maximum de personnes possible, histoire de se mettre plus ou moins d’accord sur la manière la plus efficace de foutre un coup de pied au cul de ce système hermétique à tout réel changement.

J’ai donc, au dernier moment, été me faire faire ma carte d’électeur. Non pas parce que j’estime que c’est un droit, car si c’était un vrai droit, on n’aurait pas à se faire recenser pour ça et on pourrait voter sans, après tout nous sommes tous ici, et le simple fait de l’être devrait être une raison suffisante pour avoir possibilité de voter sans devoir montrer patte blanche (quitte à faire une liste des votants au fur et à mesure, dans une base de donnée intranet, pour que personne ne puisse le faire plusieurs fois – autant je suis contre le vote électronique à cause des possibles fraudes, autant ici je préconise d’utiliser une technologie à la fois moderne et simple pour éviter les abus). Mais parce que pour une fois, j’ai envie de faire autrement. D’agir autrement. Non pas que j’estime que je n’agissais pas jusqu’à maintenant, ces dernières années j’ai énormément écrit, et j’ai énormément discuté aussi. Mais de le faire autrement que d’ordinaire. Alors on verra ce que ça donnera, et il reste suffisamment de temps pour choisir une stratégie, qui se résumera hélas à terme à choisir le moins pire (selon nos conceptions personnelles), comme je l’ai toujours dit. Mais après tout, la certitude est un poison, et c’est en changeant de méthodes qu’on peut espérer. Espérer quoi ? Espérer tout court.

Image : libre de droits (NeuPaddy)

Jugement et ordre de priorité

Considérer que quelqu’un juge les autres, c’est aussi juger. Lorsqu’on souhaite sortir de cette logique de jugement, d’évaluation de tout ce qui nous entoure – et de tous ceux qui nous entourent – il est nécessaire d’y réfléchir suffisamment pour réussir à le faire convenablement. L’éducation occidentale impose le jugement partout, on nous apprend à le faire dès l’école primaire par le système de notation et le classement des élèves selon leurs notes. Certains et certaines d’entre nous ont compris que ce comportement était destructif. J’ai souvent entendu dans le discours de personnes qui souhaitaient sortir de cette logique comportementale, dire « je ne juge pas ». Alors qu’ils le faisaient malgré eux, ils continuaient à le faire, sans s’en rendre compte. Le simple fait de dire que des personnes jugent est un jugement (duquel je ne m’apercevais pas auparavant).

Lors de ce travail sur moi qui vise à abandonner le jugement, travail dans lequel je suis toujours actuellement, j’ai commencé par le déni. Tout en étant conscient que juger n’est pas constructif, je disais que c’était naturel. Je suis occidental, et j’ai eu cette éducation dont je parle plus haut, qui invite, oblige même, à tout juger. Et je contredisais les personnes qui m’expliquaient qu’il ne fallait pas juger en leur disant qu’elles avaient juste un problème d’interprétation. Je leur disais : « On peut juger, car c’est naturel, c’est condamner qu’il faut éviter de faire. » et je me trompais – le déni. Car c’est bien le jugement en général, qu’on peut aussi appeler « évaluation », qu’il est intéressant d’abandonner au profit d’autres comportements plus ouverts. Il m’a fallu du temps pour comprendre ça.

Quand on prend conscience que le fait de juger tout ce qui nous entoure est destructif, on commence à se rendre compte qu’on le fait tout le temps, et il se peut qu’une forme de culpabilisation apparaisse lorsqu’on se surprend à le faire, mais généralement, la culpabilisation intervient uniquement quand ce jugement est négatif, et on s’autorise toujours à le faire de manière positive, on peut même aller jusqu’à se dire qu’un jugement positif n’en est pas un… Considérer que quelqu’un est « quelqu’un de bien » a beau être positif, ça n’en est pas moins un jugement. Il est tout à fait possible de désapprendre ce comportement. On n’a pas à culpabiliser de juger, mais pour arriver à cesser de le faire, on doit dans un premier temps repérer les moments où on le fait. Par la suite, plus on s’en rend compte, plus on est capable d’éviter de l’exprimer. Sauf qu’on continue à le penser. Par la suite, le repérage se fera de plus en plus en amont alors qu’au départ il se faisait en aval, autrement dit après l’avoir exprimé. C’est de la vigilance cognitive. Et cesser de juger n’est ni plus ni moins qu’une prise d’habitude. La plupart de nos comportements, qui sont tellement incrustés dans notre manière d’être qu’ils sont inconscients, sont des habitudes toutes simples. Et l’être humain est tout à fait capable de perdre une habitude, même inconsciente, en étant vigilant.

Le jugement est le résultat d’associations d’idées. La pensée fonctionne ainsi, c’est une suite d’associations d’idées qui va très vite. Pour cesser de juger il faut vraiment prendre le temps de s’écouter penser, de réaliser lorsqu’on associe une idée à une autre et qu’on aboutit à une évaluation. Il y a un ordre de priorité, des étapes à passer une par une, afin de réussir à mener à bien cette entreprise. J’entreprends de cesser de juger, et je commence par m’écouter parler. Lorsque je me prends à exprimer un jugement, je prends conscience de mes paroles. Une fois que j’ai l’habitude de me rendre compte de ces paroles, je peux commencer à surveiller mes pensées et à repérer les moments où elles aboutissent à un jugement. Et petit à petit, j’en viens d’abord à ne plus l’exprimer. À ce stade, je continue à le penser, mais je ne le dis plus. Une fois que cette habitude est prise, alors je peux passer à la suite : par la vigilance sur mes associations d’idées, je comprends comment j’en viens à penser cela, et je finis par ne plus le faire. Ainsi, je peux bien mieux écouter les autres, et me concentrer sur l’empathie et la compassion.

Toutes les choses de la vie correspondent à des ordres. Il y a seulement deux types d’ordres : l’ordre de grandeur, et l’ordre de priorité. Ça, c’est quelque chose qu’on n’apprend pas à l’école. Et c’est bien dommage d’ailleurs, mais ce n’est pas le sujet. Une fois qu’on a compris ce fonctionnement humain, on peut savoir à quel type d’ordre correspond telle ou telle chose. C’est une réflexion très utile, car elle va aider à bien mieux comprendre toutes ces choses qui nous entourent. Et à beaucoup mieux nous comprendre, que ce soit les uns les autres, ou nous-même.

Je terminerais par l’extrait de ce livre :

« Réfléchissez aux différents sens qu’on peut donner à ce mot « ordre » : ordre de priorité, ordre de grandeur. « Ordre » est une traduction du mot « dharma ». C’est un terme très riche, avec ses nuances et ses sens dépendant plus ou moins les uns des autres.

Il faut que vous ayez le sens de l’ordre ; c’est impératif. Il ne s’agit pas seulement de savoir dans quel dossier vous avez mis tel papier et dans quel tiroir vous avez mis le dossier en question mais d’un ordre mental. Quel est l’ordre de priorité ? Quel est l’ordre de grandeur ? De cette manière-là seulement, vous pourrez arriver à progresser. Mais cela concerne aussi l’ordre au sens le plus concret et le plus matériel du mot et une discipline indispensable doit vous guider.  »

Arnaud Desjardins, Un grain de sagesse, chapitre « Pas d’excuse »

Les violences faites aux femmes

Suite à l’écoute, enfin pendant l’écoute, d’une émission de radio qui se penche pour sa première partie, sur certains textes et les procès qu’il a eu par la suite, du chanteur Orelsan, et ayant parlé cette nuit de certaines de mes expériences amoureuses et de leurs résultats, j’ai eu envie d’évoquer ma vision des choses.

Les violences faites aux femmes me répugnent, ça c’est dit. Mais c’est tellement banal de dire ça… car en définitive, seules les personnes les plus vicieuses ne penseraient pas ça. Elles me répugnent davantage que celles faites aux hommes par des femmes, car l’oppression de la femme est presque aussi vieux que le premier être humain sur Terre, mais encore et toujours d’actualité partout dans le monde, et les cas des femmes violentées par des hommes sont beaucoup plus nombreux que ceux des hommes violentés par des femmes. Cela dit, mon expérience personnelle m’a montré que parfois, une fille aux apparences fragiles et douces peut profiter du fait qu’un homme – qui accessoirement est son compagnon – ne soit pas violent, pour se permettre d’être elle-même violente avec lui, sachant qu’elle n’aura pas de retour de flamme.

La seconde partie de l’émission (Les combattantes, sortir des violences faites aux femmes) contient un témoignage émouvant d’une femme qui a subit des « viols politiques » dans les années 90 à Kinshasa alors qu’elle était prisonnière politique. On lui a conditionné toute sortes de choses qui sont normalement des droits humains, à des actes sexuels forcés, des viols. Apparemment le conseiller de Mobutu (et sans doutes d’autres hommes) lui a dit : « Tout ce que tu demanderas maintenant, tu l’obtiendras avec ton corps  ». L’émotion qui l’habite tandis qu’elle témoigne est tout simplement horrible. Même plus de 20 ans après, elle en souffre encore, ce qui semble logique, car un trauma pareil ne part jamais, au mieux on apprend à vivre avec et ça peut donner des armes pour militer.

Que ce soient des viols, que ce soient des agressions, que ce soient des violences exceptionnelles ou habituelles, tout porte des conséquences sur la suite de la vie. Et en parler n’est pas chose facile pour la plupart des gens, car on fait souvent face à l’incompréhension, à l’incrédulité, on se fait traiter de menteur, de menteuse. D’un statut de victime, on peut se retrouver à porter le statut de coupable, pour énormément de monde il y a forcément des raisons dont on porte la responsabilité, qui ont menées à ce résultat. Et alors on a honte. Lorsqu’un acte nuisible est perpétré, en temps normal ce n’est pas à la victime d’avoir honte, mais au responsable. Lorsque par exemple, on se fait vandaliser sa voiture, on n’a pas honte, on est en colère. Mais ça, ce n’est apparemment pas valable dans le cas de crimes sexuels, pas dans le cas de viols. À qui la faute ? Pourquoi cet état de fait ? Qu’est-ce qui s’est passé dans le monde pour que cette aberration existe ? Pourquoi les gens sont-ils aussi cons au point de, souvent sans s’en rendre compte, accuser une victime ? Ça me fait penser à ce sondage réalisé cette année en Europe, et dont les résultats affirment que pour 27 % des sondés, le viol est parfois justifié. Ce qui signifie que pour ces personnes, un être humain aurait le droit de violer un autre être humain, dans certaines circonstances. Je me demande ce qui arriverait si ces personnes croisaient dans la rue une pauvre fille nue, déboussolée par des choses terribles qu’elle vient de subir, et qui aurait réussi à s’échapper, qui aurait besoin de soins urgents. Profiteraient-ils de la situation pour l’empirer à cause de leurs pulsions animales ? Ça me révolte. Les droits que s’octroient certains hommes sous prétexte qu’ils sont plus forts physiquement, psychologiquement, devraient être une raison pour les mettre à mort. Mais ce serait perpétrer encore plus de violence, et ce ne serait pas forcément judicieux, ce serait en quelques sortes se mettre au niveau de ces personnes qui agissent parfois tels des monstres.

Il y a aussi ce qu’on appelle le « viol ordinaire  ». Ce sont des viols qui sont considérés comme « normaux », par exemple au sein d’un couple. Le terme complètement stupide et d’une autre époque « devoir conjugal  » peut devenir un prétexte pour qu’un mari viole sa femme, sans qu’il ne culpabilise jamais, sans qu’il ne considère jamais les traumas engendrés dans la tête de sa femme. Les violences patriarcales, c’est aussi ça.

Malgré tout ce que je viens de dire, je ne reviendrais pas sur ce que j’ai dit parfois, et je vais même le répéter : les filles sont destructives sur des personnes telles que moi. Elles savent qu’elles ne risquent rien, et la plupart de celles que j’ai connues se permettent ainsi de me faire payer ce que d’autres leur ont fait subir. Et encore une fois, j’insiste sur le fait que je ne me plains pas, je constate, j’analyse. Je sais que chacun met plus ou moins d’importance dans les vraies valeurs, alors il se peut que je ne sois tombé que sur des personnes sournoises. Et puis je dramatise un peu car j’ai aussi connu des filles qui n’étaient pas comme ça. C’était plutôt rare, mais c’est arrivé. On pense tous avec nos bagages qu’on se traîne toute la vie, et si j’ose dire de telles choses, j’ai des raisons de les dire. Je sais aussi que je me trompe souvent, surtout lorsque j’affirme dur comme fer quelque chose. Alors je me permets de préciser ceci : lorsque j’affirme des choses, il y a toujours possibilité que je sois dans l’erreur, et je saurais toujours faire marche arrière.

« Ce n’est pas le doute, c’est la certitude qui rend fou.  »
Friedrich Nietzsche

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Le chemin, la vague et l’océan

Qui suis-je exactement ? La question ne concerne pas mon identité, celle qui m’a été imposée, qui est écrite sur ma CNI, mais elle est plus profonde. Elle est en rapport avec les états mentaux dans lesquels je me trouve successivement, selon ce que j’ai dans le ventre. Les drogues, médicaments compris, modifient ces états. Ils les améliorent selon un degré de bien-être ressenti, ou les empirent, toujours selon la même mesure. Mais cette mesure est subjective. Alors maintenant que j’ai clarifié ce que j’entends par cette question, j’aimerais pouvoir y répondre. C’est une chose que, j’imagine, la plupart des humains se demandent un jour ou l’autre de leur vie, parfois plusieurs fois dans leur vie, lors de remises en question, lors de dépressions, lors de diverses et variées situations. Une question existentielle, souvent posée par de très jeunes gens, mais pas pour autant puérile. Est-ce que je suis cette personne nerveuse et effrayée par la réalité, qui lorsqu’elle y est confrontée se rend presque toujours compte qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peur, ou bien suis-je l’autre… celle qui est apaisée par l’effet d’un produit contenant des molécules synthétisées donc chimiques ? Est-ce que je suis cette personne enthousiasmée par l’effet de la cocaïne ou du speed, ou encore celle qui est assommée par un quelconque opiacé ? Suis-je celle qui est calmée par les anxiolytiques ? Je n’élude pas, j’approfondis. Je pense que je suis tout ça à la fois, car systématiquement, quel que soit le produit qui circule dans mes veines, ces dernières sont entourées d’une certaine manière par mon corps. Mon cerveau est avant tout dirigé par ma conscience. Mes pensées et mes paroles reflètent mes idées, mon vécu, ma situation, mon tempérament, mon caractère. J’ai failli dire  » derrière  » au lieu de  » autour « , ce qui aurait signifié que ces produits sont au premier plan, et que mon être est lui, au second plan. Et je pense que ça aurait été faux. Je ne me définis pas par les substances qui effectivement modifient mon état général ou mental, mais par un ensemble de choses qui vont bien au-delà de tout ça.

Je suis donc un subtil mélange de plusieurs choses : mon corps, qui représente l’apparence physique que l’autre voit en tout premier lieu. Mon cerveau, que je remplis avec des idées que j’essaye de développer seul au lieu d’adopter celles d’autres bien que les avis et idées des autres me servent toujours dans l’évolution de ma pensée, de la culture, etc. Mon cœur, qui est lui, à l’origine de mes émotions, de mes sentiments (et ici, on parle de cœur par convention, car évidemment, le cœur fait concrètement partie du corps physique, c’est la pompe qui fait circuler le sang, et les émotions ainsi que les sentiments sont issus du cerveau, ils ne sont qu’une interprétation des sensations ressenties au cours de divers événements). Et dernière chose, plus subtile que les autres, mon esprit, souvent utilisé comme synonyme du mental, mais que je définis comme l’âme, et c’est une chose, la seule, que l’on ne peut pas contrôler car son existence est d’ordre métaphysique. Et tout ça mélangé, ça donne un être humain, moi.

C’est bien beau tout ça, mais à quoi ça rime ? Quel est l’intérêt de tout ça ? Tout le monde (ou presque), comme je l’ai dit un peu plus haut, souhaite savoir qui il est. Ça fait partie des questions existentielles et un peu mystérieuses de la vie. Ce n’est pas vital au pied de la lettre, mais essentiel. Essentiel du mot essence. Et si beaucoup pensent, je le sais, que c’est une perte de temps de se poser ce genre de questions, et de chercher à y répondre, je ne suis pas de cet avis. Je pense au contraire que c’est quelque chose de primordial. Savoir qui on est, comment on fonctionne, pourquoi on ressent des émotions, comment on les gère, les mécanismes qui interviennent lorsque ces émotions sont ressenties, comment fonctionne son ego, pourquoi nous avons un ego, alors qu’à la base l’enfant naît sans réellement avoir conscience de lui, donc sans ego, comment on le développe, pourquoi on se sent mieux avec certaines idéologies qu’avec d’autres, pourquoi on aime davantage tel style musical, tel style cinématographique, plus largement, pourquoi on préfère tel ou tel art, ou même pourquoi on aime l’art, ou pourquoi on ne l’aime pas, pourquoi on se sent mieux auprès de certaines personnes plutôt que d’autres, sorti de tout intérêt matériel évidemment… Pouvoir s’expliquer tout cela mène à la connaissance de soi. Car nous (nous, les humains) sommes des êtres complexes, d’ailleurs complexés parfois mais c’est une autre histoire. Comprendre comment on fonctionne dans le détail peut aider à accéder à son idée du bien-être. Accéder au bonheur tel qu’on le conçoit. Ce n’est qu’une des nombreuses marches qu’on peut parcourir, car une fois que ce mystère est résolu (et selon moi il n’est jamais résolu complètement, on peut toujours apprendre quelque chose de nouveau sur soi-même), si on peut mieux se sentir, l’escalier comporte encore beaucoup de marches.

Oui, j’aime les métaphores, ces images m’aident à mieux comprendre les choses. Pour expliquer quelque chose de compliqué, j’arrive mieux à y voir clair lorsque je compare ça à ces illustrations. Le chemin, les marches de l’escalier, les paliers. J’ai vu que dans les écrits d’un homme que j’ai toujours respecté énormément malgré le fait que je n’ai jamais eu la chance de le connaître, qu’il se servait très souvent du mot « chemin » et qu’il l’écrivait avec une majuscule. Ce dernier sage, parce que pour moi et d’ailleurs pour énormément de monde, c’est un sage, avait plusieurs autres images desquelles il se servait pour apporter en occident, tel Matthieu Ricard, la pensée spirituelle orientale. C’est Arnaud Desjardins, et la métaphore est la vague et l’océan. Il s’agit là d’expliquer dans quelle mesure nous sommes tous liés les uns aux autres, nous ne formons qu’une seule et même entité (ce qui peut rebuter lorsqu’on pense à certaines personnes détestables), imagée par l’océan. L’univers à la base n’était qu’une boule d’énergie qui s’est étendue, c’est l’expansion, en tournant à la manière d’une spirale. Donc en théorie, tout dans l’univers est issu de la même origine, et un jour, tout n’a été qu’un. Il s’agit donc ici de se rendre compte que même si la dualité, la division de toute chose, est apparue dès le Big Bang, il y a un lien commun qui unit et qui unira toujours tout ce qui réside dans l’univers. Lorsqu’on rejette cette idée, qu’on la trouve absurde ce qui peut paraître juste au premier abord, on peut aller beaucoup plus loin en disant que finalement, chaque être humain se divise en des centaines de milliards de cellules, d’atomes, de molécules, et que finalement, chacun n’existe pas en tant qu’entité propre. Mais si on adopte le point de vue de non-dualité, qu’on prend conscience qu’on est l’océan et non la vague, quand bien même chacun est une vague dans l’océan, on peut se donner une première raison d’arrêter de souffrir constamment, car si l’autre fait partie de la totalité des choses, tout comme soi-même, et qu’il n’y a plus de réelle séparation entre soi et l’autre, entre soi et la Terre, mais aussi les autre planètes, étoiles, galaxies, nébuleuses, etc. alors on peut commencer à comprendre comment se détacher de l’ego. Mon ego fait partie de moi, mais moi, je fais partie du tout, comme tous ceux et toutes celles qui sont des proches avec qui j’ai – ou pas – des liens du sang, mais aussi de parfaits inconnus. À ce moment-là, on a une raison (supplémentaire si on en avait déjà d’autres avant) pour considérer tout être humain, mais aussi tout être vivant, animal, végétal, minéral, avec ou sans conscience, mobile ou inerte, proche ou lointain, comme les pièces d’un immense puzzle, où chacune a son utilité.

Je suis la vague, trop souvent, mais je suis aussi l’océan. D’ailleurs où est la limite entre la vague, la mienne, celle qui me représente, et la suivante ? Les particules d’eau circulent de vagues en vagues, elles ne savent pas et elles se fichent de leur emplacement. Je suis la vague quand je suis prisonnier de mon ego, mais je suis l’océan quand je me rends compte que l’union de tout ce qui existe est là, intemporelle, concrète. C’est aussi là que les religions quelles qu’elles soient ont un aspect erroné, car si dieu existe quel que soit son nom (ce n’est pas la question), mais que toute chose est unie à toute chose, alors je suis dieu… Or, dire ça est un blasphème selon les lois respectives aux religions. Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas qu’elles soient inutiles, elles sont utiles car énormément de monde n’est pas capable de distinguer ce qui se fait de ce qui ne se fait pas, de par son éducation, son vécu, son tempérament, et d’autres détails, et pour ces cas là, elles aiguillent ceux et celles qui sont perdus et qui ne verraient pas où est le problème lorsqu’ils se comportent de façon nuisible avec le vivant. Alors les religions, lorsqu’elles ne sont pas poussées à l’orthodoxie, aident les gens, ceux qui en ressentent le besoin. Par contre, mal interprétées, poussées aux extrêmes, elles deviennent dangereuses, au même titre que les sectes.

Je suis l’océan, et ma vie ne s’arrête pas lorsque la vague que je crois encore trop souvent être, s’échoue sur la plage et se dissous dans le sable.

Les élections sont stratégiques et antidémocratiques

Alors je vais commencer par dire que je ne suis pas pour le Front de gauche, ni pour le Parti socialiste, Les républicains, les centristes, encore moins pour le FN, ni d’ailleurs pour aucun parti qui respecterait le système électoral traditionnel, quand bien même il promette des changements. Sur ce point on sait bien en prenant du recul et en observant toutes les dernières élections, que les promesses sont des appâts afin de draguer l’électorat, et qu’elles ne sont jamais tenues.

J’aimerais voir un second tour où on retrouverait un candidat communiste (de type Jean-Luc Mélenchon) en face d’un candidat raciste (de type Marine Le Pen). Cet état de fait provoquerait à tous les coups un sursaut tel qu’on l’a vu lorsque Le Pen est arrivé en face de Chirac, en 2002. Je suppose que ça ferait en sorte que Jean-Luc Mélenchon soit élu. Je ne lui fais pas confiance, il provient comme tous les candidats mainstream d’un milieu privilégié, c’est un Bourgeois. Mais il me semble qu’il y aurait du mieux, même si le mieux est l’ennemi du bien.

Je ne dois pas être le seul à penser ainsi, stratégiquement, il ne nous reste que ça, puisque le système politique en place est radicalement hypocrite. Que les élections sont des pièges à con hermétiques*. Je reste plus ou moins persuadé que Mélenchon ne va pas changer vraiment les choses, il maintiendra le système de la finance aussi puissant qu’il l’est déjà, le capitalisme aussi, mais ça ferait un gros pied de nez à énormément de personnes profondément intolérantes.

C’est tout ce que j’avais à dire.

Image : CC BY – Denis Bocquet (Paris, rue Denoyer – 2014)

* La preuve en est la tentative d’un jeune citoyen, d’obtenir les 500 signatures avec un programme pourtant tout à fait intéressant, et qui a abandonné, dégoûté de ne recevoir que 30 réponses sur les 32012 mairies contactées, où seuls 4 maires ont daignés ne serait-ce que discuter avec lui, et où sur les 30 réponses, il a reçu 30 refus. Lien vers le rapport.

Le jugement et l’esprit

J’ai des périodes de boulimie créatrices pendant lesquelles je ne me contente pas de pratiquer, mais je projette. L’ennui est que la plupart de ce que je fais n’est pas vraiment politiquement correct. La façon dont je vois la vie, ma façon de l’appréhender, de la considérer, et cette forme d’exhibitionnisme par l’écriture, c’est destructif. L’erreur serait ici de me dire « Qui ça intéresse ? », parce que ça intéressera toujours quelqu’un, mais pas dans le bon sens. Il y a une formule de Jiddu Krishnamurti qui circule un peu partout, très mal traduite. On peut ainsi lire çà-et-là « Observer sans évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine. » alors que la vraie traduction, basée sur sa déclaration en anglais, c’est « S’observer [soi-même] sans s’évaluer est la plus haute forme d’intelligence humaine. » et pour un esprit trop peu renseigné sur la philosophie orientale, ce n’est rien, presque identique. Or, ces deux traductions (dont la première est donc erronée) sont très différentes. La première parle d’une personne qui juge l’extérieur, les autres. L’autre parle d’une personne qui se juge elle-même. Même si les deux sont importantes en soi, ce sont deux notions très différentes, et quelqu’un qui en est à un niveau de conscience où il ne juge plus les autres, peut tout à fait continuer à s’auto-évaluer, et à s’auto-flageller. Celui ou celle qui en est à ne plus se juger peut se moquer totalement, faire abstraction du jugement des autres envers lui ou elle. Je pense qu’il est beaucoup plus difficile, pour quelqu’un qui a reçu une éducation occidentale, de ne plus se juger, de ne plus porter importance au jugement que les autres ont de lui, que de ne plus juger les autres. Il est alors logique de considérer que l’ordre de priorité pour arriver à cet état de conscience dans lequel les évaluations extérieures dirigées sur soi n’ont plus d’importance, et dans lequel il n’y a plus d’auto-évaluation de sa personne, commence par l’élimination par la vigilance de chaque instant quant aux associations d’idées, de l’habitude de juger les autres. Je suppose qu’on ne peut pas commencer par cesser de se juger soi-même. Mais j’ai un doute, il est tout à fait possible que l’ordre soit l’inverse ou que tout intervienne en même temps via un changement radical de la façon de penser, de voir les choses.

Ce qui fait souffrir, c’est l’ego. L’ego est blessé lorsqu’on se rend compte qu’une personne importante pour soi est dans le jugement, dans la condamnation. L’éducation occidentale oblige presque à passer par là. Sans jugement, plus rien n’a de sens. Or, il se trouve que sans jugement, on peut écouter l’autre sans l’interrompre, sans avoir de désir soit de l’aider soit de l’enfoncer (tout dépend du degré de conscience de l’individu, mais s’il en est là c’est qu’il est dans le positif). Écouter l’autre permet d’entrer en empathie avec lui. Ne pas juger ce n’est pas s’en foutre, c’est faire abstraction de son ego.

Donc, inversement, ce qui rend heureux, ou plutôt ce qui fait cesser de souffrir, c’est la non personnalisation, l’absence d’ego, ou pour dire ça autrement, l’absence de prise au sérieux de son ego. L’abandon de l’ego. Et comme le dit plus ou moins Krishnamurti, c’est effectivement une des choses les plus difficiles à faire, et réussir, c’est atteindre un niveau d’intelligence qui n’a pas de valeur supérieure.

La question que je pourrais alors poser serait « Comment arriver à un niveau de conscience où l’ego est secondaire, voire oublié ? ». C’est un travail de chaque instant, révolutionnaire au sens propre du mot, on fait le tour de soi, et lorsqu’on arrive au bout, on est radicalement changé. On peut goûter alors à la tranquillité de la conscience. Et encore une fois, c’est un travail très long et difficile. Une erreur serait d’abandonner, ce serait une erreur car ce serait retourner en arrière, à un niveau de conscience auquel est la plupart des humains, un niveau de conscience animal.

Où en suis-je personnellement ? Même pas à mi-chemin. Et trop souvent, j’oublie l’essentiel, mais une chose est certaine et plutôt encourageante, c’est que systématiquement, j’en reviens toujours à reprendre ce travail où je l’avais laissé. On dit souvent que plus on en chie, plus on apprend. Plus les épreuves sont difficiles, plus on en sort fort et plus on progresse sur la voie de la sagesse. Je pense qu’on ne devrait jamais se dire « Ça y est, j’y suis arrivé ! », car ce serait arrêter de progresser. Tant qu’on est vivant on peut encore monter, de plus en plus haut, autant qu’on peut toujours descendre plus bas. Le niveau le plus bas, c’est la mort. Le niveau le plus haut, c’est la mort. Mais, le dernier niveau, et ce que je vais affirmer ne peut pas se vérifier, ça ne sera donc qu’une simple spéculation, c’est la mort définitive. Alors que le niveau le plus bas, c’est la mort, suivi de la renaissance. Car plus on progresse que ce soit dans cette vie, dans la dernière, dans la prochaine, plus on fait progresser ce que j’appelle l’esprit, que les chrétiens appellent l’âme. Là, il est clair que j’ai dépassé la pensée philosophique pour entrer dans le domaine métaphysique, la pseudo-science. Même si je m’intéresse à l’ésotérisme, enfin à certains aspects, certains enseignements, pas n’importe lesquels car dès qu’on entre dans ces eaux là, ça peut être particulièrement dangereux, et un esprit crédule peut se faire mener en bateau, au naufrage, facilement, donc même si je m’intéresse à ce type d’enseignement qui nécessite une initiation extérieure, je m’y intéresse de manière autodidacte, ce qui me permet de toujours garder mon libre arbitre et mon esprit critique. Je pense que c’est très important, car les aspects métaphysiques de la vie ne peuvent pas se prouver. Il y a certains de ces aspects qui semblent avoir plus de sens que d’autres complètement farfelus, comme de croire à un homme qui serait le fils de dieu né d’une vierge, magicien pour ne pas dire faiseur de miracles, et qui aurait avalé toutes les fautes de tous les hommes passés, présents, et futurs, dans une coupe alors qu’il était cloué sur une croix, et que pour lui rendre hommage et ainsi entrer dans son paradis qui se situerait dans le ciel, on devrait manger son corps et boire son sang tous les dimanches… Bref… Mais surtout, il y a des enseignements plus sensés qui accélèrent le véhicule qui mène à la sagesse. Et ce sont ceux-là qui méritent qu’on s’y attarde. Quand ça a du sens, quand ça semble presque logique, alors oui. Si ça semble stupide, sans substance, alors non… Ça paraît simple dit comme ça, mais en définitive, l’esprit humain n’est souvent pas au niveau pour déceler ce qui est probable de ce qui ne l’est pas, en tous cas sur ces plans.

Image : libre de droits (teetasse)

L’attaque, aveu de stupidité

L’attaque personnelle est le dernier degré avant la violence physique. L’une comme l’autre sont des preuves d’un manque global d’intelligence, de l’impossibilité d’argumenter, et d’une tendance à céder à des pulsions animales. Aboyer dans un combat de coqs, c’est (outre se tromper de cri) tenter d’intimider. Et mordre, c’est tenter de démontrer que sa force physique est supérieure à celle de son interlocuteur, à défaut de ses arguments, et donc pour démontrer qu’on est globalement supérieur à cet interlocuteur. Dans un débat surtout de nos jours, la plupart ne cherche pas à faire évoluer sa propre pensée mais celle de l’autre, cherche à convaincre en imposant la sienne, cherche à avoir raison et à prouver que l’autre a tort, quitte à le démontrer par tous les moyens (dont certains sont plus que douteux). On n’impose pas une idée par la violence, ça ne peut pas fonctionner, sauf sur de rares esprits trop faibles ; un genre de syndrome de Stockholm. Le résultat serait, d’une, rébarbatif pour l’interlocuteur qui aurait tendance à se braquer, souvent de manière définitive, et de deux, s’il y avait des témoins, décrédibiliserait la personne violente aux yeux de ces derniers sauf s’ils sont eux aussi, encore à un niveau de conscience animale (je sais de quoi je parle pour en avoir fait partie, et cette analyse se veut généraliste et ne prend pas en compte les cas indépendants).

Où est la partie vraiment spirituelle du monde ? Où sont les gens qui souhaitent faire avancer les choses non pas à coups de poings, mais par le dialogue dans le respect ? Où est la tolérance d’idées différentes des siennes ? On subit paradoxalement une évolution immense de la pensée d’une part, due au partage des idées qui sont accessibles à tout un chacun aujourd’hui grâce à cette infinie plate-forme d’expression, et l’inverse d’autre part, du fait d’une volonté d’une partie du monde qui me semble être la majorité, de faire régresser l’humanité intellectuellement. L’Homme sensé devrait chercher à comprendre autrui, au lieu de cultiver son amour narcissique qui se traduit par la vengeance quand il l’estime méritée (récompense, punition). Lorsqu’on entend une insulte par exemple, l’usage est de répondre par une insulte. Quelqu’un de humble voudrait au contraire garder son sang froid, aussi virulente que soit l’attaque, et comprendre automatiquement ce qui a motivé cette attaque. Comprendre, ce n’est pas se soumettre, ça c’est la façon la plus simpliste de voir les choses, c’est celle des coqs, de barbares qui vivaient à une époque révolue, mais finalement pas si révolue que ça quand on observe attentivement la plupart des interactions humaines. Réagir calmement, cesser tout débat si le dialogue n’est vraiment plus possible, sans entrer dans cette logique de violence systématique, que l’autre veut, ça, ça a de la gueule ! En fait, insulter ou frapper en retour quelqu’un qui est devenu un adversaire alors qu’il aurait dû n’être qu’un interlocuteur, c’est se faire manipuler. C’est céder à son bon vouloir, et démontrer sa faiblesse intellectuelle, émotionnelle, en quelques secondes. C’est aussi se décrédibiliser.

J’ai passé ma journée à écouter des personnes parler, s’énerver, réagir – et toute réaction est à l’inverse de l’action. Tout a commencé apparemment il y a quelques jours, mais l’actualité microscopique de quelques personnes qui se veulent des leaders, populaires, mais qui restent au bas de l’échelle, met parfois du temps à m’arriver, et tout à fait entre nous, les petites querelles de coqs (qu’ils prônent le bleu-blanc-rouge, ou juste le rouge, couleur du sang qu’ils aiment à faire couler), ne m’intéressent pas. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un détail aussi insignifiant qu’un facho qui se prend une beigne par un autre facho fasse parler autant. J’ai surtout l’impression que puisqu’on peut moins facilement mettre son poing dans la figure de personnes qui le mériteraient le plus, à savoir l’oppresseur gouvernant, le millionnaire ou le milliardaire qui dirige le monde en criminel légal (et je ne préconise pas du tout ici de le faire, quoique ça ait pu m’arriver par le passé, mais ce n’est pas le cas) alors on va au plus facile : on se tape entre petits. Mais quelle grandeur d’esprit ! C’est impressionnant cette démonstration de force qu’elle soit une simple logorrhée ou un coup de latte. C’est surtout très intéressant… Ça apprend beaucoup de choses en un minimum de temps sur les habitudes de quelqu’un.

Dans le paragraphe suivant, je parle à la 1ère personne du singulier. Pourtant ce qui suit se veut objectif, et valable pour toute personne si elle le désire. Ce n’est qu’un exemple par l’expérience personnelle, je pourrais mettre tout à la 3e personne du singulier, mais étant donné que j’assume tout ce que je dis, à l’exception de quelquefois pendant lesquelles je ne suis plus moi-même (rares, lors de blacks-out d’alcool par exemple et je précise ça pour les quelques amis qui me connaissent histoire de leur couper l’herbe sous le pied s’ils me disaient hypocrite ou menteur par omission), j’estime que ce passage se doit d’être tel quel. Je tiens aussi à dire que dans mes mains, je ne prétend pas détenir la vérité absolue, que tout ce que je dis peut probablement être contredit.

Comprenez-moi bien, ma verve est parfois extrêmement virulente. Mais j’essaye au maximum que ce soient des idées qui soient démontées par elle, et surtout pas des personnes directement, ad hominem. Derrière ça, j’insiste encore sur l’idée que ce n’est pas de ma faute si les gens s’identifient tellement à leurs idées, qu’ils se sentent menacés, agressés, lorsqu’on les touche. Lorsque je débats avec quelqu’un (ça n’a pas toujours été le cas, j’ai aussi été adepte de cette stupidité crasse qu’on appelle la joute verbale, mais ça fait longtemps que c’est terminé), c’est dorénavant et toujours dans le respect de l’autre. Qu’on attaque mes idées, ça ne me pose pas de problème, j’ai des arguments pour contrer ces attaques, et je ne m’identifie certainement pas à ces idées, encore moins à ces arguments, je ne cherche qu’à comprendre le monde, et mes idées ne deviennent que très rarement des convictions, déjà, et d’autre part toute conviction que j’ai peut évoluer, s’endurcir, s’amoindrir même jusqu’à disparaître… Qu’on attaque mes convictions, j’aurais d’autant plus d’arguments pour démonter l’attaque, mais toujours dans le calme et le respect. Ce que je crois ne me représente pas. Je suis bien plus que ça. Et par extension, je peux dire que ce que tu crois ne te représente pas, et que tu es bien plus que ça.

Au lieu d’attaquer – ce qui est souvent le résultat d’idées pas assez développées, démontées par une personne en face, démontage qui a généré un énervement dû très souvent à une impuissance rhétorique, à l’incapacité de répondre par des mots construits en phrases sensées – pourquoi ne pas expliquer calmement son point de vue ? L’attaque survient aussi lorsque des idées sont devenues des convictions tellement endurcies qu’elles en deviennent immobiles, et qu’un individu en face en démontre l’absurdité en exprimant un point de vue différent. Et dans ce cas, l’un et l’autre ont raison, tous les deux, mais le fait d’avoir cassé une croyance dure comme de la roche en quelques mots, peut faire sortir le croyant de ses gonds (littéralement : s’énerver, sortir de soi, sortir de son corps, et ne plus le maîtriser). J’utilise le terme de croyance, croyant, juste pour ne pas faire trop de répétitions, ce n’est qu’un synonyme et je ne parle pas particulièrement de religion ici.

J’ai bien peur qu’on soit minoritaires à se faire ce type de réflexion, ce qui m’amène encore une fois à me dire que l’humanité est vraiment mal barrée, et qu’il risque de se passer encore beaucoup de temps avant qu’un début de changement réel de paradigme s’opère, et ce, mondialement. La plupart des meilleures solutions, meilleures pour le plus grand nombre j’entends, sont clairement des utopies. J’ai pas envie de citer encore une fois Schopenhauer, donc je ne le ferai pas, mais j’imagine qu’une utopie sérieuse n’est impossible que dans une époque donnée. Par exemple, à l’époque la plus dure de l’esclavage, ou quand les femmes n’avaient pas le droit de voter, les personnes prônant l’abolition de ces pratiques politiques obscurantistes, étaient des utopistes. À l’école, si ma mémoire est bonne, on nous apprend généralement et sommairement qu’une utopie est un modèle de société très improbable, voire impossible. Oui, mais impossible dans l’état des choses à ce moment précis, quand elles sont enracinées en profondeur. Donc, les utopies sérieuses n’ont rien d’idées définitivement impossibles, mais elles sont souvent avant-gardistes et il est nécessaire à chaque fois que plusieurs étapes précises interviennent avant que ces choses soient établies et définitives, ce qui peut se dérouler en plusieurs années, voire plusieurs dizaines (centaines ?) d’années.

À développer.

Image : libre de droits – John Hain

Hétérophobie ?

Je peux comprendre. Mais comprendre n’implique pas d’accepter systématiquement. Oui, je peux comprendre. Comprendre qu’une personne qui a longtemps subi le résultat de centaines d’années d’oppression profite de cette période trouble où les esprits évoluent, pour tenter de retourner la situation. Mais je ne l’accepterai jamais.

Certes, c’est nouveau et même assez exceptionnel. Ça laisse entrevoir l’état d’esprit rebelle d’un être qui dit « STOP », qui décide que dorénavant, c’est à son tour d’oppresser. Et ça me rappelle un peu la dictature prolétarienne que prône Marx, où des exploités prendraient le taureau par les cornes et inverseraient les règles en clouant au pilori ceux-la mêmes qui les ont utilisés depuis que l’état et le travail existent. Mais je ne l’accepterai jamais.

Ça me rappelle aussi ce racisme pratiqué, peut-être d’une manière justifiée, par quelques individus de certaines communautés qui se sont faites longtemps oppresser et c’est un euphémisme. Je vois ça comme une vengeance conjugué à un ras le bol radical, ne voulant plus se taire face à un système qui les diabolise eux et leurs cultures, et qui de plus veut leur imposer la sienne sous couvert de frontières et d’intégration… Selon moi, ils ont choisi le mauvais combat. Et qu’on ne me dise pas que ce que je ne nomme pas n’existe pas, car ça existe, ça a beaucoup moins de poids que le résultat de 400 ans d’oppression, mais pour un individu qui n’a rien demandé et surtout pas de naître d’une certaine couleur, dans un certain quartier plutôt qu’un autre, c’est tout de même difficile. Et je comprends. Mais je ne l’accepterai jamais.

Ça me rappelle un peu ces ultra-féministes qui crachent sur tous les hommes juste parce que ce sont des hommes, car elles subissent depuis toujours le sexisme patriarcal, et ce, depuis des milliers d’années. Et c’est vrai que ce n’est pas la majorité, ce sont des phénomènes qui restent minoritaires. Alors je comprends. Et je ne l’accepterai jamais.

Je ne l’accepterai jamais, parce que ça balaye tout le travail de fond de toutes ces personnes qui, si elles ne font pas partie des groupes oppressés, se battent pour l’égalité sans distinction quelle qu’elle soit. L’hétérophobie, la blancophobie, le sexisme matriarcal, les personnes qui ont choisi de les pratiquer méritent le mépris. Certes, j’insiste sur le fait que je comprends les mécanismes psychologiques qui peuvent mener à ça, mais j’insiste aussi sur le fait que ce sont des freins sur la route de la tolérance, des cercles vicieux. Il existe heureusement des personnes solidaires et de bonne volonté qui font l’effort de se battre contre toutes les oppressions. Y en a pas assez, c’est vrai.

Si je parle de ça, c’est que j’ai été confronté directement à ce comportement, derrière un écran bien sûr, c’est plus facile et ça désinhibe… Alors, je fais peut-être des gaffes (je ne sais pas), en utilisant des mots que des individus ouvertement racistes ont prononcés avant moi, ça m’est arrivé et on a eu la gentillesse de me l’expliquer, mais étant donné que je ne fréquente pas ce type de personnages, que je ne regarde pas de vidéos où parlent des fachos, que je ne lis aucune littérature de ce type, ce serait accidentel. Et pour tout dire, c’est un risque que je prends, et je l’assume.

Image : Libre de droits – John Hain

En Europe, 27 % seraient de potentiels violeurs

Les sondages, c’est clairement un outil politique et médiatique utilisé pour insérer dans le débat public des sujets inutiles et souvent nuisibles, aussi pour maintenir des situations de peur globale. Ce qui est dangereux, c’est qu’une grande partie de la population se range volontiers du côté de la majorité alors que la plupart n’avaient aucun avis sur le sujet avant qu’on l’amène sur le tapis. Ça divise encore davantage les gens, ça crée des conflits là où il n’y en avait pas. Pour en revenir à la politique, ça donne des raisons supplémentaires aux dirigeants pour justifier des réformes, des actes, enfin pour faire leur taff de star, et faire les malins devant les caméras.

Généralement, je ne porte aucune importance à ces choses, elles sont les armes des hautes sphères, et je trouve même mesquin qu’une personne située tout en bas de l’échelle sociale légitime ces armes en les considérant. Seulement parfois je fais des exceptions, comme tout un chacun. Les exceptions confirment les règles comme on dit. Et là, je me dois de réagir, parce que quand même faut pas pousser mémé dans les orties ! Merde quoi ! !

Plus d’un quart des crétins interrogés dans toute l’Europe, pensent que violer une fille, une femme, est justifié dans certaines situations. Donc les hommes (puisque 90 % des violeurs sont des hommes), enfin pour plus de 25 % des interrogés – c’est la partie que j’appellerais « les sombres connards-asses » – les hommes peuvent dans certains cas, céder à leurs pulsions dominatrices, voire patriarcales, et outrepasser le consentement d’une personne du sexe opposé. C’est tout simplement violent.

Ça provient certes d’un sondage, et comme je le disais, les sondages puent. En plus, ne suis pas certain que l’échantillon interrogé soit réellement représentatif de l’ensemble. Mais ça fout les jetons quand même faut avouer. Il reste du pain sur la planche pour faire évoluer les esprits, il semble qu’une bonne partie de l’humanité pense encore vivre à l’âge de pierre, où certains êtres humains sont considérées comme des objets, des choses, et que quand une chose fait envie, y a qu’à se servir et si elle veut pas, on la force. Bouga bouga…

En regardant à nouveau l’article en question, je m’aperçois que le titre, comme d’habitude dans la presse, minimise carrément le sujet, au lieu de dire « justifient le viol » ou même soyons honnêtes, « violeraient dans certaines circonstances », ils disent « ne condamnent pas fermement tous les viols »… Tous les viols ? Non mais un viol c’est un viol, y a pas de « tous les viols », merde quoi. Nous vivons vraiment dans une société de merde, il se passe pas une journée sans que je m’en fasse la réflexion.

Image : Libre de droits – Isabella Quintana