Source de mort

J’ai tellement de haine en moi que j’en suis venu à me haïr moi-même, à un point si grand qu’il est perdu dans l’infini, entre deux étoiles inconnues et condamnées qui tournent l’une autour de l’autre, et qui mourront bien avant qu’on les découvre tout comme ma foi. Mais cette violence infernale qui habite mon âme et qui durcit mon cœur, restera vivante longtemps après ma propre mort, car l’écho de mes hurlements se répand et continuera. C’est de cette colère que je me nourris et qui paradoxalement m’empêche de respirer, c’est elle qui me donne de l’énergie et qui m’étouffe lentement, c’est elle qui me fait saigner et qui brise mes os quand elle me revient dans la gueule chaque matin. C’est elle qui noircit mon regard, qui blanchit mes cheveux, qui tanne ma peau et qui lui laisse des cicatrices. C’est elle qui me fait vivre et c’est elle qui me tuera.

Wanted : ma santé mentale

Des déclarations de haine, faites par des moutons qui se planquent sous des meubles, qui beuglent quand leurs banques leur piquent leurs boutons, et qui se marrent devant, ou ignorent, les essais infructueux mais non moins nucléaires d’autres poussières balayées par la rage résultant d’une morsure assurant la mort en faisant signer des assurances vie.

Des déclarations d’amour, faites par des nuages aux formes de visages éphémères, qui planent pendant que l’État leur pompe le peu qu’ils ont, qui croient faire le bien sur une planète où l’idée même du mal est hypocritement ostracisée, tandis qu’il est pratiqué sous toutes ses singularités, qu’elles soient cinglées ou aux apparences saines, mais éperdues.

J’ai perdu mon bon sens un jour où j’étais saoul, j’ai mis des annonces un peu partout, la plupart se sont affadies à cause des intempéries, on ne peut plus lire le message initial qui était inscrit dessus, et signé de mes initiales, et tel un cracker qui cherche des petits bouts blancs toute la journée la tête baissée en parlant seul, l’air totalement timbré mais sensiblement pas assez pour arriver au destinataire, je le cherche depuis.

Y a pas d’amour

Y a pas d’amour dans les coeurs, y a que du sang et des pulsations bidons qui peuvent s’arrêter sur un coup de tête, de revolver ou de fusil, suivi parfois d’un coup de pute. Le crime passionnel n’est pas le fait uniquement de psychopathes, mais aussi d’amoureux pleins d’amertume qui n’eurent été que des amants achetés et usés tels des jouets ou des fringues prêtes à porter, et faut pas se plaindre si certains deviennent des pierres prêtes à lancer, alors qu’avant ils étaient une viande tellement attendrie que leurs yeux brillaient en une seconde à la remontée d’un sentiment provenant des profondeurs de leur âme, une fois un temps passé il n’y a plus que la haine qui les fait osciller. Mes armes d’apparences vaines ce sont mes textes, et soyez pas si circonspects et condescendants avec cette affirmation, des textes peuvent marquer à vie et laisser des cicatrices indélébiles, tout comme la répétition de situations, car si tu tapes plusieurs fois sur un doigt, attends toi à avoir de plus en plus mal…

Haine ô paix

Vas-y danse, danse, pendant qu’on refait le monde en lançant des pavés, avale tes sensations égocentrées, pendant qu’on tire un trait sur des connards en costars cintrés, amuse la galerie avec tes frasques centrées sur tes seins, pendant qu’on pose nos basques sous des ponts portant des noms de saints, joue la futile petite salope délurée dans tes fringues bariolées, pendant qu’on soigne des innocentes qui se sont fait violer, envoie-toi tout ce qui bouge et même les trains, pendant qu’on est contraints de lutter pour vivre, qu’on lit des livres d’Histoire pour comprendre comment faire naître le grand soir, vas-y danse, ferme les yeux, pendant qu’on panse des plaies infectées, pense à toi et rien qu’à toi, entretiens des sentiments médiocres, après avoir tué ceux qui étaient vrais, et pleure, tu trouveras toujours un intéressé pour venir te consoler avant de te baiser…