Voyage intérieur

Elle rêve,
Assise sur un rocher, les yeux ouverts,
Les yeux au fond de l’horizon azur,
Noyés dans un lever de soleil,
L’étoile s’efface lentement derrière des nuages parsemés.

Elle s’envole,
Une petite musique au fond de son esprit,
Juste une mélodie, quelques notes,
Qui deviennent un concert joué rien que pour elle,
Portée par la musique, elle devient la partition.

Elle danse,
Sans bouger pourtant, elle danse au rythme du temps,
Les bras écartés, elle plane doucement, elle chevauche le vent,
Elle s’évade de son monde un instant, tournoyant,
Quelques secondes, dans les bras d’un partenaire sans visage.

Elle file,
Elle file au loin, elle vole par-delà l’océan,
Épouse l’horizon azur, puis monte haut dans le ciel,
Au-dessus de l’air, au-dessus des nuages, au-dessus,
Elle atteint la lune, elle ne brille que pour elle.

Elle se pose,
Les pas qu’elle fait lui semblent légers, tellement légers,
Elle respire la liberté, ses pieds font monter la poussière,
Lentement, et puis elle s’envole à nouveau,
Libre au fond de ses rêves, ils se dessinent autour d’elle.

Elle rêve,
Assise sur un cheval blanc, elle sent sa douce chevelure,
Son odeur, sa chaleur, son mouvement qui bat la mesure,
Elle sent son propre sourire, elle le sent sur son visage,
Déesse d’une heure, d’un royaume où elle retourne souvent,
Elle sent le souffle léger du vent.

Voyage interdit

J’ai touché avec mon corps entier l’extase effrayante que l’Homme désapprouve
Jusqu’au soleil j’ai volé et de mon doigt corné j’ai fusionné et me suis retrouvé entièrement brûlé
J’ai vu le ciel s’ouvrir et derrière découvrir un univers infini d’une beauté inouïe
Je l’ai contemplée malgré l’interdit et le risque de me retrouver pétrifié comme Loth
J’ai épousé cette beauté interminable pendant que mes semblables souffraient et m’observaient
Je lui ai fait l’amour pendant des jours et des nuits oubliant tout le reste
Et puis je suis redescendu un jour, amaigri et réduit, et j’ai tenté de raconter mais personne ne m’a écouté
Je vis depuis avec le souvenir de cet instant hors du temps, sa nostalgie et le désir d’en revoir un jour ne serait-ce qu’une minime parcelle
Et je suis dès lors désespérément accroché au sol que mes amis ont adoptés, auquel ils se sont adaptés, mais je sais qu’un jour, oui un jour, j’y retournerai, et alors j’y resterai
Rien ne pourra m’en empêcher.

Tas d’ailes

Non ! Je ne parlerai pas d’ailes !
Les ailes c’est fait pour les piafs…
Et moi, j’aime pas les piafs !
Sauf peut-être Edith… Piaf.
J’aime pas les piafs, je suis jaloux
Ils peuvent voler ces saletés,
Et moi je suis carrément scotché,
Obligé de m’inventer une seconde réalité
Pour espérer un jour décoller de la Terre
Cette vieille planète où les pays sont en guerre,
Où les maisons sont des prisons,
Cette boule bleue où le plus con est applaudi,
Cette sphère verte imparfaite
Qui sans l’humain serait si belle.
J’ai pas envie de raconter la beauté,
J’ai jamais eu envie de travailler,
J’ai toujours eu envie de trouver l’extase
Dans tout, et rien, partout, ici, ailleurs.
Et le temps passe le bougre ! Il est espiègle…
Il nous ride tous, blanchit nos cheveux,
Certains le cachent via la teinture
Certains n’ont pas besoin de ça
Et puis y a ceux qui trouvent pas
Un peu victimes de leurs passés,
Ils cherchent, encore, et putain ! Ça fait chier !
Ils tournent en rond, en huit, en carré…
Mais ils tournent, emmenés par leurs pieds.
Les réponses affluent et se mélangent,
Devenant incompréhensibles, inaudibles,
À la fin c’est un charabia de syllabes
Comme un puzzle de dix-mille pièces
Une espèce de paysage de désert plat,
Impossible à faire, une vie ne suffit pas.
Et plus le temps passe, plus les pièces manquent,
Moins la chance de finir en beauté est là.
Et comme toute beauté est relative,
Ils cherchent mais ils ne trouvent pas.
Les jugements sont impassibles, froids,
Croient, croient, les corbeaux sont là…
« Balaye devant ta porte ! » a dit le chat.
« Mets tout chez le voisin ! » a-t-il ajouté.
Et pour finir, il est parti la queue en l’air
Déchiqueter les piafs sur les toits.
On peut, on peut pas, on se dit que… c’est comme ça.
Ou on ne se dit rien, rien du tout et voilà.
Quand on voit un copain déjanter, on se demande,
On ne lui demande pas. On croit, croit, croit.
Ou on s’en fout, après tout c’est pas nous.
Chienne de vie, heureusement que l’humour est là…
Allez bisou… Je me casse de là.
J’ai des choses à faire, par ci par là.

Voyage intérieur

Résumé :
Invitation à s’envoler au-delà de l’atmosphère, pour visiter par l’imagination, l’univers. Très courte et humble nouvelle où débutent quelques idées à éventuellement développer.

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