Vieux rêve chimérique

Nous les humains, nous humons l’air le cœur ouvert,
Des lendemains, qui chanteront sous la poussière,
Avec nos mains, nous déconstruiront les barrières,
Et nos chemins, s’enrichiront de nouvelles ères.

Mais nos censures sont des obstacles inavoués,
Certains et sûrs, nous souffrons tous d’être touchés,
Par des morsures que nous prenons très au sérieux,
Et les blessures, nous les gardons au fond des yeux.

Alors pourquoi s’encombrer de ces délétères
Vieilles valeurs, comment peut-on tuer la Terre ?
Eh oui pourquoi insistons-nous ? Le millénaire
Est dépassé, tous dans le monde nous sommes frères.

Des frères et sœurs, cessons de vivre dans la peur,
Unissons-nous, par volonté sans contrecœur,
Depuis toujours, c’est par les guerres que nous vivons,
Tantôt mondiales, individuelles, semblables elles sont.

Et la plupart, de nos amis, de nos parents,
Vivent la souffrance, et dans leurs mœurs le jugement
Perdure et grimpe, sur les valeurs les plus fidèles,
L’éducation ne nous a pas donné des ailes.

Et il suffit de faire un choix, tout simplement,
Pour évoluer, vers l’unité, vers un courant
Alternatif, la direction que l’on consent,
Est décisive, et on peut tous être conscients.

Et la violence n’est jamais la vraie solution,
Pourtant on pense que quelquefois c’est nos missions,
Ça en devient si inhérent à nos pulsions,
Des animaux feraient bien mieux, donc attention.

Car c’est d’ici, avec distance qu’on voit les choses,
Qu’on les distingue, si nous nagions tous en osmose,
Nos énergies seraient ensemble si profondes,
Qu’au bout du compte, les utopies seraient fécondes.

Réaction épidermique

Envahir… Les mots sont parfois tranchants comme des lames,
Économie… En rapport avec quelques notions qui frôlent le drame.
Valeurs… Les miennes ne sont que l’amour et la solidarité.
Frontières… Dessinées par des barbares montés sur leur popularité.
Vagues… J’aurais préféré le rester, mais je ne saurais la fermer.
Migrants… Tiens ! Le mot a changé, la boîte de Pandore refermée,
Orage… À été rouverte rapidement, par les médias, il le fallait…
Orient… Paysages fantastiques et misère aux portes des palais,
Souffrance… Provoquée par l’occident, et ses valeurs cupides !
Peur… Que les responsables paient le prix de leurs stupides,
Idées… Parce qu’on envoie partout des graines de capital,
Français… On me l’a imposé, mais on m’accuse d’être l’hôpital
Nation… Qui se fout de la charité, mais de quelle charité ?
Possessions… Parlez-vous des miettes qu’on me jette volontiers,
Être… Comme à une volaille qui n’en est pas moins vivante
Avoir… Que ma propre personne ? Et comme la cigale je chante…

Valeurs factices

Il y a des choses ici que je ne piffre pas,
Les snobisme et mépris, quand on ne répond pas,
Car tout ce que je donne est bien libre d’accès,
Je prends temps d’échanger, sans pour autant m’axer
Sur origine, couleur, ou personnalité,
Ne manque de respect, et sans vénalité
N’attends rien en retour, sauf réciprocité
De cet égard que j’offre, mais le droit de cité
Est retiré à qui manque à ces essentiels,
Qu’il s’en moque ou s’en branle ne changera mon ciel
De couleur, mais en face il goûterait mon fiel,
Et toute ma verve acide, sur ses superficielles
Valeurs que j’exècre, lui, sur ses grands chevaux
Ses yeux jaugeant de haut, et sa classe qui ne vaut
Rien de rien dans mon monde, ce ne sont que broutilles,
Sa fortune est bien vaine, ses rois, de pacotille
N’aboutiront jamais au bas de la cheville
De l’estime que je porte à l’amitié civile,
À la grandeur de l’âme, à la richesse du pauvre,
Ou à l’humilité, je peux devenir fauve
Face à ces moins que rien, qui mettent toutes leurs pièces
Pour s’acheter faveurs, celles de la foule en liesse
À qui l’on jetterait quelques menus billets
Dans l’euphorie des fêtes, où d’or ils s’habillaient,
Se pavanant montés sur des podiums tirés
Par quelques vils crétins par l’argent attirés,
Tout ceci n’est que faux, leurs prix sont pas les miens
J’ai bien plus de respect, oui pour un Bohémien
Que pour ces tristes sires, en costumes et cravates
Qui jugent sur la tirelire, mais les coups de savate,
Ils les méritent bien, moi c’est les prolétaires
Qui sont mes références, pas les mêmes critères,
Alors vous qui pensez mieux valoir que les Sages
Retenez bien ma voix, elle n’est que de passage
Vous n’aurez que celle-ci, sur fond de grincements
De dents et de crachats, je le dis calmement :
Vous n’êtes pas bienvenus, vous pouvez repartir,
Je peux vous y aider, j’en ai tout le loisir,
C’est pour mes camarades, c’est pour tous les rebuts,
Que vous pointez du doigt en riant fort, vos buts
N’importent que les gens qui comme vous n’ont pas d’âme
Corrompus jusqu’au fond de leurs durs cœurs infâmes.

Image : CC BY SA Beatrice Murch