L’ébullition actuelle du net

Il y a quelques années, j’avais voulu me servir du système de commentaire de Youtube, et j’avais été relativement repoussé par la présence de nombreux trolls sur cette plate-forme, outre l’obligation de devoir créer un compte sur Google. Techniquement, pour pouvoir utiliser certains outils du moteur de recherche, il faut avoir un compte. Et depuis un certain temps déjà, Google a racheté Youtube, ce qui fait que le compte nécessaire pour commenter dessus dépend directement de celui de Google. Le monopole de ce dernier, sur le net, s’est étendu à cette plate-forme de streaming légal après le rachat. Il s’y est créé toute une communauté qui a progressivement pris le pas sur le trollage omniprésent sur place, bien que cette pratique y soit toujours de mise. Youtube a ses propres règles parfois arbitraires (dont la censure sur délation, comme facebook au demeurant), son propre jargon très américain, même pas anglais, mais bien américain, et sa façon de fonctionner non moins américaine. Mais quoi qu’on pense de tout ça, c’est là que se jouent beaucoup de choses, et pas ailleurs. Pourtant il existe d’autres plates formes de streaming (c’est comme ça que ça s’appelle), mais les œillères en la matière sont quasi obligatoire, et c’est là qu’il faut être si on veut avoir la chance de participer à certains débats que je trouve vraiment intéressants. Même le débat politique pour la présidentielle, de par la présence et l’interview des candidats dessus ! C’est quand même quelque chose… Car il n’y a plus guère que les personnes âgées, et ceux qui s’accrochent à leur vieux monde, qui s’intéressent à la télévision, bien qu’elle pèse tout de même dans la machine infernale électorale. Les rares extraits intéressants des émissions qui circulent sur la TV (il en reste mais par bribes) sont diffusés par des personnes lambda qui les ont enregistrées. Diffusés où ? Sur Youtube.

Mais c’est tout de même passionnant de voir, d’observer, voire de participer aux débats, et même ça donne envie de s’en servir autrement qu’en commentant, c’est à dire en faisant ses propres vidéos. Personnellement j’avais fait quelques petits montages, soyons honnêtes : nuls. J’avais aussi mis en ligne une vidéo filmée à Montreuil, que j’avais dénichée sur une liste anarchiste de diffusion par email, donc qui n’était pas de moi. C’était une personne qui habitait cette grande ville de banlieue voisine d’un squat qui avait été expulsé manu militari par une mafia hyper violente, et qui avait tout filmé de sa fenêtre à l’aide d’un téléphone portable. Je m’étais donc permis de mettre ça en ligne pour que ça sorte du cercle des anars qui s’envoient des informations alternatives en interne, car j’avais été choqué, ayant vécu moi-même en squat, m’étant fait expulser avec des copains et des copines par une horde de gendarmes, mais dans une certaine ambiance relativement calme malgré le fait qu’il avait fallu que nous déménagions avec nos chiens, que nous nous étions donc tous retrouvés de nouveau à la rue (que nous connaissions déjà assez bien), que cet endroit était resté inoccupé après notre départ, qu’on ne dérangeait personne excepté une vieille pie qui pouvait nous voir, en vis-à-vis, de sa fenêtre située à environ 50 mètres, et qui était scandalisée par notre présence. Faut dire qu’on était une bande de punks, et que dans un quartier résidentiel, ça fait tâche. Bref. Je m’étais senti concerné par cette vidéo également du fait que j’avais aussi vécu, toujours en squat, à Montreuil-même, et que les rapports avec les voisins étaient très difficiles malgré le fait encore une fois qu’on ennuyait concrètement personne. Nous étions obligés de passer par-dessus une herse avec nos chiens, car comme pour le squat dont je viens de parler, la grille n’était jamais ouverte, restant verrouillée non pas pour nous empêcher de passer parce qu’on passait quand même, des squatteurs n’ont jamais été réellement arrêtés par une grille fermée, mais bien pour nous mettre des bâtons dans les roues. Pour en revenir à la vidéo, je l’avais mise aussi parce que je m’étais senti solidaire des personnes qui s’étaient faites frapper par cette milice, que les flics avaient soutenue, jamais ils ne les ont empêchés d’agir malgré toute la violence qu’ils ont employée. Ça les arrangeait ces flics. Et donc, cette vidéo avait fait plus de 100’000 vues à mon grand étonnement. D’ailleurs pour la petite histoire, passé un certain nombre de vues, Youtube m’avait contacté en me proposant de mettre de la pub dessus, chose que j’avais refusée catégoriquement, car comme je l’ai dit plus haut, déjà la vidéo n’était pas de moi, et de plus, ça aurait été en totale contradiction avec mon positionnement et la motivation qui m’avait poussé à mettre cette vidéo en ligne. C’était il y a environ 5 ans. Ce compte est resté, et je m’en sers encore pour commenter notamment.

Ce qui se passe en ce moment, et c’est dommage que ça se limite surtout à Youtube qui détient ainsi un monopole sur le streaming légal, bien que les autres plates formes vivent aussi, mais pas dans la même mentalité, est donc très intéressant. Je viens de passer quelques semaines à strier des vidéos des comptes (des chaînes) qui me paraissent les plus intéressants. La plupart sont des chaînes de personnes lambda, provenant pas du tout des médias officiels, mais y en a aussi qui proviennent de ces médias. Pendant ces semaines, j’ai pu voir des débats entre youtubeurs et c’est ça qui m’a le plus intéressé. Car il y a des personnes qui font l’effort de tenter de réunir des gens de tous bords idéologiques, et j’insiste car parmi les participants il y a aussi des ultra… Mais modérés dans leurs propos lors des débats, moins sur leurs chaînes. Car pour qu’un débat se passe bien, il faut un certain respect entre les participants. Une certaine tolérance aussi. Alors moi ça m’intéresse. Surtout parce que je suis dans une remise en question quant à ma propre tolérance. Être discriminatoire envers une personne raciste parce qu’elle l’est, c’est pratiquer une forme de racisme… Quoi que… Le racisme concerne la couleur ou l’origine des gens, et non leur idéologie, le mot est mal choisi. Mais je ne changerai rien à ce que je viens de dire. Dans mon dernier billet, j’ai évoqué mon avis concernant l’union des français, pour qu’on puisse tous converger sur un point qui nous oppresse, nous qui provenons des classes sociales relativement défavorisées. Qu’au lieu de se taper dessus entre petits, on devrait oublier au moins temporairement nos divergences d’opinion pour arriver tous ensemble, à faire cesser l’oppression du haut de la pyramide. Et la période actuelle s’y prête justement très bien, puisqu’on approche des présidentielles. Et malgré ça, je ne pense pas qu’on y arrivera, car la plupart croient en un certain leadership. Croient que c’est en comptant sur une seule et unique personne qui représenterait tous les français, que beaucoup de choses pourront s’arranger. Mais ce modèle a prouvé depuis longtemps son inefficacité. Que lorsqu’une personne est montée au créneau, elle se corrompt progressivement. Et donc je ne pense pas qu’on pourra y arriver tout simplement parce que les uns voudront élire un-e-tel-le, qu’ils pensent davantage les représenter, et les autres, un-e autre. Et qu’il n’existe que quelques très rares exceptions de personnes intègres qui pourront arriver à dépasser la barrière des 500 signatures et se présenter, et que ceux-là, celles-là, se feront laminer au premier tour, comme toujours.

Pour sortir de ce système oligarchique, ploutocrate (j’adore ces mots à la con), sans violence, on devra pourtant passer par là. Par l’élection d’un leader. Et je trouve ça lamentable. Pour ma part, je n’ai aucune envie de déléguer mon droit de parole à quelqu’un. Je n’ai pas du tout confiance en ce système républicain. Et je préconise toujours la violence, mais pas n’importe laquelle. Je suis non-violent, certes depuis peu. Je l’étais il y a trois ou quatre ans déjà, mais on m’avait fait remarquer très justement (et je ne l’avais pas accepté dans un premier temps) que verbalement, ce n’était pas le cas. D’ailleurs j’ai retrouvé des écrits à moi de l’époque, extrêmement virulents, et là, en les relisant, j’ai compris à quel point j’avais changé. Alors attention, je ne dis pas du tout que ça y est, je suis irréprochable. Non. J’ai encore pas mal de chemin à parcourir, j’en ai conscience. Mais le paradoxe entre y a 7 ans par exemple, et aujourd’hui, dans mon comportement verbal, lors de débats, lors de la rédaction de textes comme celui-ci, est énorme. Alors je suis relativement content d’observer ça. Car à cette période, lorsque je faisais face à quelqu’un qui m’insultait, je n’hésitais pas à lui en mettre plein la gueule. Aujourd’hui, j’agis différemment, même s’il est clair que je ne l’ignore toujours pas, car j’ai beaucoup de mal avec cette convention qui dit qu’il faut ignorer un interlocuteur lorsqu’il dépasse certaines limites, faire preuve d’indifférence, et d’ailleurs je la trouve hypocrite. Car la plupart des personnes qui agissent ainsi sont souvent touchées dans leur petit ego, et font semblant d’être indifférentes. Pas toutes, c’est clair, mais la plupart. Alors aujourd’hui, lorsque quelqu’un dépasse mes limites à moi, je reste calme, mais je tente de continuer de débattre, et je m’arrête si je juge que vraiment, ça ne sert à rien de continuer. Je pense que c’est la meilleure des solutions pour ne pas perdre la face, ni sa crédibilité.

Je suis toujours anarchiste, je pense que ça ne changera pas ça. Et je suis toujours punk, et ça non plus ça ne changera pas. Je suis toujours en colère contre ce système, contre certains raccourcis faciles que font des personnes avec qui ça ne me dérange pourtant pas de discuter, et qui les met (ils s’y mettent eux-mêmes) dans des cases. Celle de l’anarchie car c’en est une aussi de case, a pour particularité d’être déverrouillée, libre, de ne pas avoir de murs ou des murs pleins de trous assez grands pour pouvoir s’y glisser et partir ailleurs. Il n’y a aucune autorité que je reconnaisse en tant que telle, aucune loi sauf celle du bon sens, aucune légitimité dans le professionnalisme mais je respecte la culture qu’a acquise un professeur par exemple, autant que celle d’un SDF qui a acquis une certaine connaissance grâce à l’école de la rue. C’est mon positionnement, et malgré le mépris qu’on pourra me prodiguer à cause de celui-ci, ou à cause de certains points de mon vécu, que j’assume, je m’y sens bien. Ce mépris justement, est pourtant la principale barrière qui bouche la communication entre les gens. La notoriété de quelques personnes qui vont donc regarder de haut ceux et celles qui en ont moins, me fait penser à la lutte des classes. Et ça me rappelle encore qu’il ne faut surtout pas s’arrêter de lutter, garder la tête haute, ne pas tenir compte de ces comportements que j’estime stupides, qui sont la preuve de l’énorme problème sociétaire qui dure depuis trop longtemps, qui a commencé bien avant ma naissance, bien avant la révolution industrielle, bien avant le moyen-âge même, et que pour aider l’être humain à s’élever spirituellement afin qu’on puisse changer d’ère et je pèse mes mots, on se doit de commencer en soi, en son centre, et ça passe par là : la confrontation à ces comportements, par la mise en lumière de leur nuisance. Car j’entends des gens dire qu’ils ne faut pas juger les autres alors que j’ai tendance à penser qu’ils le font, mais sans forcément en avoir conscience, car on ne me retirera pas l’idée que pour cesser de juger lorsqu’on a eu une éducation occidentale, on doit faire un travail sur soi qui dure des années, et qu’on ne peut pas en sortir de par une simple décision : « j’arrête de juger à partir d’aujourd’hui ». J’en ai parlé longuement dans d’autres posts (cliquer sur jugement au bas de cet article dans les tags).

Maintenant je vais faire une petite synthèse de quelques commentaires que j’ai fait sous certaines vidéos, et qui risquent d’être noyés au milieu de tous les autres. Non pas qu’ils sont particulièrement mieux que ceux des autres, mais ce sont les miens, tout simplement, et ils traduisent ma façon de penser.

J’ai parlé hier par exemple, du nationalisme. C’était sous la vidéo d’une jeune fille Belge qui tentait de comprendre le point de vue de français adeptes de cette idée, et qui comparait avec l’Afrique, avec son pays d’origine : le Rwanda. Elle se demandait si elle n’aurait pas été nationaliste dans une situation similaire (c’est à dire, si dans son pays vivait une population hétéroclite), si elle avait eu la possibilité de rester dans ce pays, qu’elle a quitté si j’ai bien compris, avec sa famille quand elle était très jeune, pour éviter de se faire tuer tout simplement. M’est avis qu’elle a dû partir de là-bas à l’époque du génocide des Tutsis, bien que je n’en ai aucune certitude. Mais ça me semble logique. Mon positionnement à ce sujet, c’est que je pourrais davantage comprendre un nationalisme Rwandais, de la même manière que je pourrais aussi le comprendre pour plusieurs pays d’Afrique qui ont été pillés et colonisés, oppressés, par les Européens. Que je le comprendrais et l’accepterais plus que celui des Français qui ne veulent pas que des étrangers viennent chez eux. Car eux, dans leur positionnement, ils ignorent (ou font abstraction volontairement ou non, pour des raisons qui leur appartiennent) certaines parties de l’Histoire, et la raison qui fait que des personnes étrangères viennent chez nous. Je ne dis pas qu’ils sont incultes, certainement pas, qu’ils ne connaissent pas cette Histoire, mais qu’ils ne la prennent pas en compte pour leur explication de la situation qui les dérange. Donc pour conclure, le nationalisme en Afrique, d’Africains, n’est pas comparable avec celui des Français.

J’ai parlé aussi du racisme anti-blanc, sous une autre vidéo de la même jeune fille, c’était pour répondre à quelqu’un qui disait que le terme ne devrait pas exister. Alors que ce phénomène existe pourtant, bien qu’il soit très isolé et qu’il ne porte pas des centaines d’années d’oppression, qu’il peut être une réponse ou une vengeance par rapport à d’autres racismes. Le racisme d’où qu’il vienne, quel qu’il soit, est une forme d’intolérance sur une couleur de peau, sur une origine. Sur la différence donc. Il n’y a pas réellement besoin d’expliquer pourquoi, comment, le racisme est quelque chose de nuisible. C’est un fait, c’est évident. Mais concernant ce phénomène précis, celui envers les Blancs, il est bon de préciser certaines choses. Alors si on compare, ce que je n’aime pas tellement faire, avec celui envers les Noirs, envers les Maghrébins, envers les Juifs aussi bien qu’il s’agisse d’une religion et non d’une origine ethnique, les Juifs provenant de partout dans le monde (mais il existe et c’est certainement un des plus virulents et injuste), envers les Portugais, envers les Hispaniques, les Asiatiques, bref envers tous ceux qui ne sont pas Blancs, le racisme anti-blanc est ridicule. Mais j’insiste sur le fait qu’il existe, et de plus en plus, car les personnes aux faciès différents du mien (car je suis Blanc) se réveillent, et font la même chose en retour ce qu’ils ont toujours vécu. Et sur ce point, bien que je le comprenne, je ne l’accepte pas. Car tous les racismes sont nuisibles pour la communication, pour l’union dont j’ai parlé plus haut et qui est souhaitable pour qu’on puisse sortir de cette société de classes.

« J’adhérerai à SOS Racisme quand ils mettront un s à racisme. » Pierre Desproges

Image : Il semblerait que cette image soit libre de partage et d’utilisation, me le faire savoir si ce n’est pas le cas.

Les élections sont stratégiques et antidémocratiques

Alors je vais commencer par dire que je ne suis pas pour le Front de gauche, ni pour le Parti socialiste, Les républicains, les centristes, encore moins pour le FN, ni d’ailleurs pour aucun parti qui respecterait le système électoral traditionnel, quand bien même il promette des changements. Sur ce point on sait bien en prenant du recul et en observant toutes les dernières élections, que les promesses sont des appâts afin de draguer l’électorat, et qu’elles ne sont jamais tenues.

J’aimerais voir un second tour où on retrouverait un candidat communiste (de type Jean-Luc Mélenchon) en face d’un candidat raciste (de type Marine Le Pen). Cet état de fait provoquerait à tous les coups un sursaut tel qu’on l’a vu lorsque Le Pen est arrivé en face de Chirac, en 2002. Je suppose que ça ferait en sorte que Jean-Luc Mélenchon soit élu. Je ne lui fais pas confiance, il provient comme tous les candidats mainstream d’un milieu privilégié, c’est un Bourgeois. Mais il me semble qu’il y aurait du mieux, même si le mieux est l’ennemi du bien.

Je ne dois pas être le seul à penser ainsi, stratégiquement, il ne nous reste que ça, puisque le système politique en place est radicalement hypocrite. Que les élections sont des pièges à con hermétiques*. Je reste plus ou moins persuadé que Mélenchon ne va pas changer vraiment les choses, il maintiendra le système de la finance aussi puissant qu’il l’est déjà, le capitalisme aussi, mais ça ferait un gros pied de nez à énormément de personnes profondément intolérantes.

C’est tout ce que j’avais à dire.

Image : CC BY – Denis Bocquet (Paris, rue Denoyer – 2014)

* La preuve en est la tentative d’un jeune citoyen, d’obtenir les 500 signatures avec un programme pourtant tout à fait intéressant, et qui a abandonné, dégoûté de ne recevoir que 30 réponses sur les 32012 mairies contactées, où seuls 4 maires ont daignés ne serait-ce que discuter avec lui, et où sur les 30 réponses, il a reçu 30 refus. Lien vers le rapport.

Hétérophobie ?

Je peux comprendre. Mais comprendre n’implique pas d’accepter systématiquement. Oui, je peux comprendre. Comprendre qu’une personne qui a longtemps subi le résultat de centaines d’années d’oppression profite de cette période trouble où les esprits évoluent, pour tenter de retourner la situation. Mais je ne l’accepterai jamais.

Certes, c’est nouveau et même assez exceptionnel. Ça laisse entrevoir l’état d’esprit rebelle d’un être qui dit « STOP », qui décide que dorénavant, c’est à son tour d’oppresser. Et ça me rappelle un peu la dictature prolétarienne que prône Marx, où des exploités prendraient le taureau par les cornes et inverseraient les règles en clouant au pilori ceux-la mêmes qui les ont utilisés depuis que l’état et le travail existent. Mais je ne l’accepterai jamais.

Ça me rappelle aussi ce racisme pratiqué, peut-être d’une manière justifiée, par quelques individus de certaines communautés qui se sont faites longtemps oppresser et c’est un euphémisme. Je vois ça comme une vengeance conjugué à un ras le bol radical, ne voulant plus se taire face à un système qui les diabolise eux et leurs cultures, et qui de plus veut leur imposer la sienne sous couvert de frontières et d’intégration… Selon moi, ils ont choisi le mauvais combat. Et qu’on ne me dise pas que ce que je ne nomme pas n’existe pas, car ça existe, ça a beaucoup moins de poids que le résultat de 400 ans d’oppression, mais pour un individu qui n’a rien demandé et surtout pas de naître d’une certaine couleur, dans un certain quartier plutôt qu’un autre, c’est tout de même difficile. Et je comprends. Mais je ne l’accepterai jamais.

Ça me rappelle un peu ces ultra-féministes qui crachent sur tous les hommes juste parce que ce sont des hommes, car elles subissent depuis toujours le sexisme patriarcal, et ce, depuis des milliers d’années. Et c’est vrai que ce n’est pas la majorité, ce sont des phénomènes qui restent minoritaires. Alors je comprends. Et je ne l’accepterai jamais.

Je ne l’accepterai jamais, parce que ça balaye tout le travail de fond de toutes ces personnes qui, si elles ne font pas partie des groupes oppressés, se battent pour l’égalité sans distinction quelle qu’elle soit. L’hétérophobie, la blancophobie, le sexisme matriarcal, les personnes qui ont choisi de les pratiquer méritent le mépris. Certes, j’insiste sur le fait que je comprends les mécanismes psychologiques qui peuvent mener à ça, mais j’insiste aussi sur le fait que ce sont des freins sur la route de la tolérance, des cercles vicieux. Il existe heureusement des personnes solidaires et de bonne volonté qui font l’effort de se battre contre toutes les oppressions. Y en a pas assez, c’est vrai.

Si je parle de ça, c’est que j’ai été confronté directement à ce comportement, derrière un écran bien sûr, c’est plus facile et ça désinhibe… Alors, je fais peut-être des gaffes (je ne sais pas), en utilisant des mots que des individus ouvertement racistes ont prononcés avant moi, ça m’est arrivé et on a eu la gentillesse de me l’expliquer, mais étant donné que je ne fréquente pas ce type de personnages, que je ne regarde pas de vidéos où parlent des fachos, que je ne lis aucune littérature de ce type, ce serait accidentel. Et pour tout dire, c’est un risque que je prends, et je l’assume.

Image : Libre de droits – John Hain

Pensées endormies

Je suis comme un genre d’épouvantail doté de parole qui hurle et gesticule, ça fait juste fuir quelque corbeaux, ça attire les vautours, mais ça donne pas envie.

Avant de changer le monde, il faut commencer par se remettre en question soi-même, en fait on est au coeur d’un changement d’ère, et si on ne va pas vers le spirituel, on ne va nulle part.

Personnellement ça fait assez longtemps que j’ai abandonné l’idée de convaincre qui que ce soit. Tout simplement parce que pour ma part, je n’ai pas cette faculté. Je ne suis clairement pas un leader, alors je fais mon truc dans mon coin. Par contre je veux bien être classé dans les « agitateurs », là oui…

Y a beaucoup de monde éveillé, mais faut évidemment pas essayer de comparer à la totalité des humains, parce que ça ferait un pourcentage très minime. Mais du fait qu’on est plusieurs milliards sur Terre, même si c’est qu’1 % ça fait quand même plusieurs millions de personnes…

La révolution se fera en Europe quand le paradigme européen changera réellement, et quand les gens sortiront de leur logique de consommation et de possession.

La drogue ça n’existe pas, c’est une expression inventée par la presse pour appuyer des discours politiques visant à l’interdire.

Il reste encore sur cette Terre des nostalgiques d’un sentiment de don absolu, sans domination, et sans dévolu.

La poésie s’interprète comme la peinture, différemment selon les gens, leur vécu, et tout ce qui fait leur personnalité.

Les paroles poétiques font naître des réflexions, ou nourrissent des réflexions déjà commencées, c’est agréable d’en discuter, ça n’empêche pas d’écouter [lire] profondément à d’autres moments que la communication.

La notion d’appartenance est incompatible avec un couple équilibré. La confiance en l’autre devrait suffire à rassurer quelqu’un de jaloux.

Les partis politiques sont à éliminer, tout comme le système actuellement en fonction depuis des centaines d’années.

J’ai trouvé des moments où jamais la tristesse n’intervient, où la vie est d’un bien-être intolérable !

Dans les moments heureux, on a peur de tout perdre, [mais] à un moment on commence à penser que les choses sont acquises, et ce moment là est dangereux, parce qu’on se repose sur ses lauriers, c’est dans ce type de moment que les choses échappent [au contrôle] généralement.

Le temps est comme une boite de vitesses, parfois la vie est au point mort, et le destin comme le hasard n’enclenche la première que quand il a décidé, et c’est souvent quand tu t’y attends le moins.

Il faut éviter de tourner en huit (décalé à 90°, le symbole de l’infini), autant tourner en carré, et si on retire un angle, on tourne en triangle, inversé ça fait un panneau Cédez le passage.

L’optimisme n’est pas évident pour des personnes hypersensibles, parce que les émotions sont plus fortes et perdurent plus longtemps, elles s’estompent avec le temps mais il suffit d’une simple pensée pour les réactiver.

À force aussi de se retrouver déçu on finit par ne plus faire de projets trop éloignés, ou trop inaccessibles, donc toujours un peu insipides.

L’enfer c’est pas les autres, l’enfer c’est de se retrouver seul face à soi-même quand on se déteste.

La chance ne sourit pas à tout le monde, y en a qui disent qu’elle ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule, mais quand elle sourit jamais, on finit par lui faire la gueule.

La beauté n’est pas ce que les média disent qu’elle est, c’est quelque chose de plus relatif à chacun, un subtil mélange de mental, physique, esprit et d’émotions.

Je rêve d’un monde métissé, où y aurait plus de blancs plus de noirs, ni plus personne considéré comme différent parce qu’il provient de je ne sais quel pays.

Nous sommes tous de vieux dragons…

Quand je suis en présence de quelqu’un qui souffre, j’essaye de me comporter avec comme j’aimerais qu’on se comporte avec moi si j’étais à sa place.

Peu de monde applique le dicton Le sage aime le reproche, et c’est bien dommage, si tout le monde avait pour but de s’améliorer, le monde n’en serait pas où il en est.

J’essaye d’être bienveillant, mais ça fonctionne pas toujours.

Comment voulais tu que je ne le susse pas ?

On dit toujours avant c’était mieux mais souvent on ne connaît pas vraiment cet avant duquel on parle.

Époque vaine

Cette époque est la nôtre, on se vautre dans l’incohérence
Enfants de l’inconnu, de soleils déchus, de la lune cachée ou pleine
Les réseaux complexes de nos veines courent en nous,
Les raisons incomprises de nos pensées fusent à travers l’univers
Et nos cœurs se croisent dans la nuit interminable de nos rêves
La sensibilité fragile et la violence insensible s’affrontent
Comme la foudre frappe la Terre et la zèbre en cicatrices indélébiles
L’amour et la haine s’installent face à face et jouent à la roulette russe,
Une seule balle pour six chambres dans un barillet cynique,
La partie est lancée depuis le début de l’existence,
La haine gagne toujours, mais l’amour renaît de ses cendres
Tel le Phénix après s’être consumé par ses propres flammes,
Dans une danse interminable, comédie éternelle, bien au-delà de nos vies
Éphémères, sucrées ou amères.

Cette époque est la nôtre, elle se vautre dans le sang et la bière
Elle attise les feux violents des guerres et les enfants se meurent
Dans l’indifférence des dirigeants, trompée par le paraître,
Trompée par leurs besoins de compétition les uns avec les autres,
Leurs populismes et leurs feintes… Celles d’être opiniâtres,
Celles d’être touchés, celles de faire quelque chose contre,
Les feintes politiques des dictateurs qui n’en portent pas le nom,
Imposant un système sournois et menteur ou le fric est roi.
Où la frime est de mise, populaire et sans gêne,
Où l’Homme est un singe se prenant pour un ange
Où l’animal est servant, dans ce cirque géant
Un esclave sacrifié dans des fêtes quotidiennes
Où la Nature est détruite au profit d’entreprises
Le commerce est le but de cette lente agonie.

Cette époque est la nôtre, les ères changent dans le temps,
Les mœurs évoluent doucement, les valeurs se remplacent,
La compétition est enseignée aux écoles de la médiocrité,
La nation se ferme aux cultures étrangères, hermétique,
Les frontières grandissent avec la stupidité de leurs gardes,
Les contrôles des pensées et des papiers d’identité
Se propagent et remplissent les heures sombres d’une Histoire
Qui ne fait que se répéter, inlassablement, inerte,
Dans un cercle qui n’a rien de vertueux, cynique et froid,
Où les esprits simples croient ce qu’ils préfèrent croire,
Hypocrites, le mensonge prend une forme d’évidence,
Sa violence glaciale souffle sur ce monde triste,
Et les êtres avancent, la tête baissée, les yeux rivés
Sur leurs passés, sur leurs propres pas.

Image : libre de droits (Mabelamber)