Les crèches dans les mairies

Comme tous les ans, c’est la même chose. Noël approche, et beaucoup de mairies souhaitent mettre des crèches. Fait banal. Mais nous vivons dans une société bizarre. Ainsi, pour ne pas risquer de se mettre en bisbille avec certaines communautés, et ainsi draguer un certain électorat – ça c’est ce qui ne se dit pas, ou du bout des lèvres – on voit une partie du panel des stars politiques qui s’affrontent, les uns crient au scandale en brandissant la laïcité, et les autres se marrent et arguent leurs traditions.

Mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Franchement, c’est encore une raison pour attiser la haine raciste, diviser, enfin qui ne voit pas ici des stratégies politiques devrait se frotter les yeux ou aller chez l’ophtalmo. Au nom de la laïcité, au nom de la tradition, au nom de qui, au nom de quoi ? Laissons les gens faire ce qu’ils veulent, et je dis ça au même titre que lorsque je parle des foulards, je ne vois pas où est le problème si quelqu’un porte un habit à connotation religieuse, c’est son choix personnel. Que ce soit dans une école ou partout ailleurs, c’est pareil, et les interdits brident la liberté, en tous cas ceux-là sont totalement inutiles sauf pour le spectacle.

Si des mairies souhaitent monter des crèches de Noël, qu’elles le fassent. Mais non, y en a qui gueulent… Le monde de la politique est encore très puissant, alors que le parti des abstentionnistes est majoritaire. Nous, puisque j’en fais partie, ne voulons plus de ces truands pour diriger le pays. Ils utiliseront toujours des arguments à la con pour exciter les foules et tenter de grappiller un peu de votes. Et lorsque ils utilisent telle ou telle raison, on voit des milliers de personnes qui n’avaient aucune opinion en avoir une soudain, comme par magie. C’est du consumérisme des idées, chaque année on voit des gens qui s’achètent des convictions qu’ils abandonneront après les fêtes, laissez-moi rire.

On devrait pourtant tenter de vivre tous ensemble en acceptant les coutumes des uns et des autres, mais non… ça c’est trop dur. L’harmonie, on ne l’aura jamais avec des stupidités pareilles. Et là je ne peux pas faire autrement que de penser à mon père, qui chaque année prend un plaisir non dissimulé à faire sa petite crèche. Et ceci n’explique pas cela, je ne pratique pas ce type d’activité, je me situerais plutôt, spirituellement parlant, du côté oriental, mais très oriental. Et puis, mes convictions à moi, c’est mon problème. Ici je parle au nom de la liberté et de la tolérance. Et je ne comprends pas pourquoi ça gène des personnes, la religion des autres, enfin j’émets un début de réflexion sur le sujet, toujours discutable. Cependant, il est clair que si ma mairie monte une crèche géante (ou une petite), je la regarderais avec le sourire, quand bien même je prendrais des distances avec tout ce qu’elle pourrait refléter comme croyances.

Liturgies Noëlistes 2

Mézalors était un Espagnol. Un homme grand, châtain foncé, à fière allure.

Ses parents l’avaient d’abord appelé Noël, avant de se rétracter et de finalement  choisir le prénom de l’arrière-grand-père maternel – un Espagnol. Les parents avaient tout de même gardé le prénom « Noël » qu’ils avaient mis à la suite du premier.

Noël avait grandit, et c’était devenu un grand homme, à fière allure. Quand il arrivait dans le lointain, habillé de sa cape de soie rouge et coiffé de son chapeau claque noir satiné, tous les regards étaient captivés. De très loin, on pouvait voir briller sa ceinture en cuir à étui, elle pendait un peu à droite en suivant ses hanches.

Noël avançait doucement, il faisait de grandes et lentes enjambées. Derrière lui, le désert épousait l’horizon, et un soleil s’étiolait semblant se noyer dans le ciel gris d’hiver. Devant lui, le désert évaporait sa poussière beige en volutes transparentes, accueillant ses pas.

Noël emplissait l’espace de toute sa prestance. Un halo provenant de la lumière tardive du soleil rouge l’entourait. Le ciel devenait sombre à cette heure de la journée. Une étoile apparut, d’abord imperceptible puis de plus en plus brillante. Mais à peine quelques instants plus tard, elle s’éteignit, et le soleil disparut derrière l’horizon. Et avec lui, le décor.

Noël marchait dans la nuit noire. Il ne voyait rien. Une feuille volante, qui se faisait appeler Blanche Page, vint à sa rencontre. Il la prit en plein visage, et laissa échapper un juron.

« Mierda ! »

Noël frotta une allumette contre sa botte, et il vit la feuille volante. Blanche Page était vierge de tout et n’importe quoi. Sauf d’encre violette et de lettres mystérieuses. L’homme ne savait pas lire…

Noël s’assit un instant, tenant fermement Blanche Page, et l’allumette mourut tristement. L’homme fouilla dans sa poche et sortit la boite, il remit la morte dedans, la boite devint cercueil, un cercueil que Noël referma dans un geste las. Il était maintenant dans le noir complet.

Assis sur le sol de poussière, Noël se tenait la tête entre les mains. Et l’étoile du Nord se ralluma, éclairant tout ce qui existait autour. Blanche Page brillait sous l’étoile, révélant les magnifiques arabesques des lettres mystérieuses sous les yeux émerveillés du bel homme. Et la lune apparut. Majestueuse. Grandiose. Belle. Imposante.

Blanche Page voulait être lue. Mais le seul lecteur potentiel des environs ignorait les rudiments de la lecture. Lui aussi voulait que Blanche Page soit lue. Et les lettres trépignaient d’impatience fébrilement dans l’espoir qu’un oeil les comprennent. Elles, ne voulaient qu’être saisies. Si possible à point, servies chaudes et accompagnées d’un verre de bière fraîche et d’un bon repas.

Noël connaissait un génie, le génie de la lampe. Il voulut lui rendre visite car il lui restait un voeu, mais l’étoile et la lune étaient capricieuses ce soir là. Elles disparurent à nouveau et tout fut plongé dans l’obscurité derechef. Alors l’homme décida de suivre son instinct à l’aveuglette, et son instinct avait déjà pris un peu d’avance, l’homme courut pour le rattraper. A l’aveuglette et sans filet.

L’instinct de Noël fuyait à la vitesse d’un ange. Il commença à laisser derrière lui un fil de lumière dorée. Et la lumière brillait quelques instants avant de s’estomper en de petits points lumineux. L’homme les repéra de très loin. Rien d’autre ne se voyait dans tout le désert et à ce moment précis. Et il se rapprocha suffisamment près de son instinct pour pouvoir le filer.

Noël filait son instinct, qui lui, poursuivait sa route vers la demeure du génie de la lampe. A l’aveuglette et sans filet. La discrétion était de Mise, une ville du Sud. Elle assistait l’homme fier, dans toute sa splendeur invisible tant la nuit était noire. Et l’étoile du Nord réapparut. La lune comme pour narguer son homme, vint révéler la présence de Noël à son instinct qui redoubla de vitesse. La discrétion retourna à Mise, grillée.

Noël courut deux fois plus vite après son instinct dans la lumière de la lune et de l’étoile réunies, et très vite il reconnut les lieux. Tout le monde, sauf la discrétion qui était partie, était arrivé à Bon Port, un village en bord de mer. C’est là que résidait le génie de la lampe, en colocation avec dieu.

Le génie de la lampe et dieu vivaient dans les bas fonds de Bon Port. Un quartier dangereux, coupe-gorge des familles. Noël se tenait sur ses gardes. Des ruelles sombres partaient latéralement avant de revenir sans prévenir, de front, menaçantes. Et le génie vivait dans l’une d’entre elles. Mais la ruelle du génie de la lampe était partie latéralement, Noël dut consulter les horaires de passage des rues pour ne pas louper celle du génie. Elle revint de front par l’ascenseur de 22h43.

Noël se tenait prêt à sauter. La ruelle se faisait attendre. En retard, à un moment de relâchement, elle survint finalement, à toute allure. Alors le grand homme se mit en position et s’élança dans un bond gigantesque à l’assaut de la ruelle qui déboulait. Non sans mal, il réussit à l’atteindre et finit son chemin jusqu’à la porte de l’appartement du génie de la lampe.

« Toc ! Toc ! Toc !
Qui est-ce ?
C’est Noël ! »

Le génie de la lampe ouvrit la porte et fit entrer Noël. Il le reçu très chaleureusement. L’hôte était au milieu d’une partie d’échecs endiablée avec lui-même. Dieu n’était pas là ce soir, il était sorti en boite de nuit pour boire jusqu’à plus soif. Car dieu avait soif, très soif, il avait tout le temps soif. Dieu ne pouvait plus compter sur l’aide du génie de la lampe car il avait déjà dépensé ses trois souhaits dans de l’alcool, alors il passait souvent ses soirées dans des bars, dans des discothèques, et parfois dans des bals-musette pour boire. Dieu était alcoolique.

Le génie de la lampe proposa de manger à Noël qui accepta avec grand plaisir. Les deux amis s’installèrent donc et dégustèrent un bon repas arrosé de bonne bière brassée par des chérubins. Le repas se déroula dans une quiétude sans égale.

« Je veux utiliser mon dernier vœu, génie.
D’accord, dis moi donc ton vœu mon ami.
Je veux savoir lire.
Rien de plus facile ! »

Le génie de la lampe ferma les yeux une seconde, les rouvrit, et dit tout haut :

« Ça y est mon ami ! Tu sais lire ! »

Noël se saisit alors sans hésitation de Blanche Page qui dormait, et les lettres se remirent à frémir d’excitation. Et l’homme les comprit. Le mystère n’était plus un mystère, Blanche Page respirait le bonheur et les lettres furent en extase quand l’homme châtain foncé aux allures de pistolero prononça les deux mots dont les lettres d’or illuminaient la pièce :

« JOYEUX NOËL »

Image : jacinta lluch valero (sous CC)

Liturgies Noëlistes

Bon c’est Noël.
Quoi ? On est que le 23 ? Et donc c’est pas encore Noël ?
Mais qu’est-ce que j’en ai à fout’ moi ! 23 – 25 – 33 c’est pareil, c’est juste une période à la con où l’union fait la connerie.
A walpé toute l’année ! ouais ouais… (merci les Fils de Teuhpu)
Bon c’est Noël (ta gueule).
Alors c’est quoi ? c’est comme dans la chanson : «  la grande bouffe et les p’tits cadeaux » ? Ou comme Renaud le nez dans le pastaga tout flagada raplapla il faut é-li-mi-ner ! Celle là seuls les plus de 30 ans peuvent la comprendre, et encore. Cherche pas…
Bon c’est Noël.
Enfin y paraîtrait.
Quoi j’me répète ? Mais c’est rien c’est juste de la redondance. Ça donne un rythme à ce texte pourri…
Bon c’est Noël.
Ça veut dire que c’est encore la fin de l’année et que tout le monde va se péter la ruche dans l’insouciance d’orgies pas trop romanesques mais quasi-romaines…  Entre les deux, une semaine pour récupérer…
Eh ! Va y avoir des doses de ghb qui vont tourner… M’est avis que… Surveillez vos verres les amis… Surveillez vos verres. Non pas toi. Toi bois-le jusqu’à la lie, j’ai dit : les amis.
Ah putain cette période me file le spleen.
Si j’étais près de Paris, j’irai montrer mon cul aux touristes qui ne sont pas tristes, sur les bateaux-mouches. Sur les quais de Seine une bière à la mano, ah ouais ÇA c’est un bon programme ! !
Bon c’est Noël…
Ouais ouais ! Si tu m’crois pas regarde ton calendrier !
Bon c’est Noël…
Le petit papa Noël y va descendre du ciel pour boire un coup avec nous ? Ben même pas ! ! Il va juste venir s’occuper des enfants sages, uniquement les sages. Les autres c’est ceinture !
J’aimerai qu’il se fasse prendre en otage par des Djihadistes. Ça lui ferait les pieds à ce travelo même pas sexy.
Eeeeeeh mais en fait on pourrait justement le prendre pour un djihadiste vu la taille de sa barbe… Son traîneau pourrait se faire exploser la gueule par des missiles de protection ! OVNI DETECTED ! FIRE !
Non mais je déconne c’est juste que je suis de mauvaise humeur…
D’ailleurs je retire tout c’que j’ai dit ! Allez !

Joyeux Noël ! Ho ! Ho ! Ho !

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Images : Luca Rossato et Elaine Walker – Sous CC