Guide d’autodéfense numérique No4

Étant donné ces temps de répression des luttes, que ce soit en manifestations ou simplement sur le net, étant donné les technologies policières qui sont de plus en plus autoritaires et intrusives dans nos vies, dans nos échanges, il peut être utile de connaître quelques trucs pour se protéger. C’est à cet effet que ce guide est sorti. Mais comme les choses évoluent, les technologies aussi, que les flics achètent des experts en leur offrant des salaires alléchants, et que donc ils deviennent davantage efficaces dans leurs entreprises, il est mis à jour régulièrement. En voici la 4e édition.

Bien entendu, si vous n’avez rien à cacher (et sur ce point il est assez ahurissant de constater à quel point certaines personnes sont laxistes et n’ont pas conscience de ce qu’on peut faire avec leurs échanges entre militants), ou si vous avez simplement décidé de tout faire dans la transparence, vous n’aurez pas besoin d’acquérir ces connaissances, de même que si vous êtes vous-mêmes calés sur le sujet, cet article et ce guide ne s’adressent pas à vous. Mais il est toujours bon de porter à la connaissance du grand public des choses qu’il ne sait pas, et de l’inciter à utiliser les outils gratuits qui sont à sa portée. Voilà pourquoi je partage ce lien.

https://expansive.info/Parution-de-la-quatrieme-edition-du-Guide-d-autodefense-numerique-270

Conneries existentielles ou blabla du mercredi

Il y a environ deux ans, je faisais passer mon ego avant les causes auxquelles je croyais. Je faisais passer ce que je pensais être mon bien-être, avant tout, mais est-ce que le bien-être dépend de l’ego ? Parce que je ne suis pas plus heureux depuis, je n’ai rien gagné ou presque niveau bien-être, j’ai juste changé de « société », que je mets entre guillemets puisque cette société a un aspect virtuel que je trouve assez pathétique. Celle d’avant était politique mais non moins virtuelle, celle d’aujourd’hui est poétique, juste deux lettres de différence, mais un précipice immense entre les deux quoique parfois il y a des passerelles qui peuvent lier l’une à l’autre. Une chose est vraie pourtant, c’est que ce que je fais aujourd’hui me semble mieux apprécié, ou du moins, j’en ai l’impression (il doit y avoir au moins une petite part d’hypocrisie là-dedans). Question appréciation, ce n’était pas le cas avant, ou alors par beaucoup moins de monde. Mais alors, ma vie est donc une course à la reconnaissance ? La conclusion ici pourrait être que je ne militais pas pour les bonnes raisons. Pourtant, je n’ai jamais demandé explicitement de reconnaissance, mais je me plaignais souvent que les actions que je faisais étaient ignorées, se noyaient dans la masse, ou passaient inaperçues (j’employais souvent le mot « boycotté »).

Je n’ai jamais regretté avoir arrêté mon engagement politique, au lieu d’être acteur aujourd’hui je ne suis plus que spectateur qui exprime de temps en temps et de manière explosive mais non moins froidement, son avis, car je n’ai jamais abandonné les idées qui m’étaient chères, je crois toujours à l’importance des causes que je défendais, mais il y a maintenant de la distance entre ces engagements et moi. J’ai envie de faire la même chose avec la poésie. Et je suppose que ce sentiment est banal, que beaucoup de pratiquants, de poètes – et certain(e)s par humilité refusent de se qualifier ainsi – ressentent cette espèce de lassitude, l’envie d’arrêter. Rien que pour ça, ça ne sera pas pour aujourd’hui, je n’aime pas faire des choses si je ressens que d’autres personnes veulent (ou ont voulu) aussi le faire, je n’aime pas la foule, je n’aime pas la conformité. La pratique de la poésie est anticonformiste, on est combien de pour cent à faire ça ? À mon avis, peu.

Image : libre de droits (Paravion)