Couple hasbeen

Tu sais l’bouffon, fais gaffe à pas rendre, tu vas t’prendre une bourrasque,
Toi qu’est anorexique, l’accident arrive vite, tu d’vrais mettre un casque,
Y a vite fait d’passer par une fenêtre, ou d’se prendre du gravier dans l’fion,
La vie t’a fait passer des épreuves et t’rendre, ton clavier sent l’troufion,
Gaffe Jean-Amédée, ta bite va pas s’allonger, même si t’y crois,
Ton niveau d’popularité va pas s’transformer en p’tits ronds et en p’tites croixs,
Eh non ! T’es pas dans une partie d’morpions, malgré ton laideron et ton désarroi,
Ton renom, c’est celui d’un espion, dessus tu peux faire une belle croix.

Tu sais la pouf, t’as beau faire ta ouf, on sait qu’tu portes un masque,
T’barrer au Mexique, oxyder un autre site, y transporter tes basques,
Serait une solution, pour soigner tes pulsions, de grande paranoïaque,
Avide d’absolution, y’aurait la religion, qui t’irait, pauv’ maniaque,
Vas-y prie et espère qu’on y aille, locataire de ton mythomaniaque,
Vil esprit, tes fesses perdent, elles piaillent, sans victoire et sans niaque,
Parti pris, ton stress perdure et bataille, toi la bonne poire cardiaque

Image : libre de droits – OpenClipart vectors

Cyber-pourrito et la délation

La sécurité informatique est une manne pleine d’arnaqueurs, des autoentreprises qui utilisent ce créneau fleurissent, montant des opérations de crowdfunding (système de don par internet) pour s’autofinancer, créer leurs petits commerces. Beaucoup se font passer pour des justiciers du net, sans hésiter à monter des scénarios bidons pour se faire valoir et faire leur pub.

Prenons une entreprise lambda que je nommerais Cyber-Pourrito, un geek qui repère une faille du système : des milliers de gens sont sous windows, et leurs ordinateurs ne sont pas protégés et vérolés de partout. Pour monter sa boîte, il ouvre une page et un groupe sur facebook, car c’est un endroit très prisé par le phishing (vol de comptes) qui réunit autant de vrais criminels que d’utilisateurs innocents, l’endroit rêvé pour se faire passer pour Zorro et récolter un max de dons en créant une campagne sur leetchi. Mais Cyber-Pourrito a peu de connaissances, il va à la recherche de travail facile pour démarrer : fb est un lieu basé sur la délation, l’anonymat est interdit – stupide puisqu’il y a par ex. des victimes qui ont besoin de le garder – Cyber-Pourrito voit là la facilité pour se faire valoir : faire justice en dénonçant ces comptes.

Exemple (histoire vraie) : Une artiste médiocre non anonyme, aux milliers de fans sans goût (comme dit Baudelaire dans « le chien et le flacon », le public aime la merde, toujours bon à rappeler) écrit un texte égocentré, un poème plat. Une artiste talentueuse mais anonyme répond par un autre poème acerbe. L’artiste médiocre ne pouvant pas lutter par la rhétorique, fait un caca nerveux, appelle ses fans à l’aide pour la soutenir, et ils commencent à harceler l’autre lourdement au point qu’elle hésite à porter plainte. Ce scénario arrive au nez de Cyber-Pourrito qui flaire tout de suite le bon plan, cherchant des coups pour justifier sa campagne de dons… Voilà une occasion de montrer sa compétence de spécialiste es sécurité du net ! Sans chercher à savoir qui harcèle qui, il s’unit à l’artiste médiocre, et pratique la délation. Le compte (auquel est rattaché une page aux mille publications, elles, excellentes) est fermé. Bataille gagnée ! Mais il ne s’arrête pas là. Infiltrant jusque ses amis, il fait fermer le 2e profil qu’elle rouvre. Du travail de sécurité informatique haut de gamme avec léchage du cul de fb en prime ! Non content du résultat et comme l’artiste talentueuse ouvre un 3e compte que fb refuse cette fois de fermer, il fait un appel public pour renouveler sa délation et l’avoir à l’usure. Martelage d’ailleurs réussi car l’autre choisit de quitter fb.

Cyber-Pourrito est un véritable renifleur de fiente professionnel. Non seulement il a trouvé un créneau pour faire son beurre en se faisant passer pour le défenseur de la veuve et de l’orphelin, mais aussi un moyen de faire sa pub pas cher, quitte à appauvrir le réseau en faisant partir des gens de valeur… Quel exploit !

Image : libre de droits – Typographyimages

Au fil des maximes

J’aime pas les proverbes, car bien souvent le verbe
Est menteur ou sophisme, bon que pour les imberbes
Adolescents, les jeunes, les fillettes en herbe,
Qui croient tout rond ces phrases en perdent leur superbe.

Se relever plus fort lorsqu’on s’est écroulé ?
Arrêtez ! Car la mort ne peut qu’une fois rouler,
Quand on s’enfonce le sort ne fait que dérouler
La bobine et les corps sont au fond enterrés.

Tu peux sauter mon gars, tenter de t’en sortir,
Si t’escalade pas, tu ne fais que pâtir,
Et à chaque gamelle, tu ne fais que partir,
Plus profond, tes semelles, s’embourbent à loisir.

Alors ne venez pas me dire qu’après les chutes,
On devient plus puissant, non, la pente est abrupte,
Davantage à chaque fois, à mesure des minutes,
On se relève pas plus fort dans cette lutte.

Moi à chacun des coups de massue que me donne
La vie dessus mon cou, ça le brise, ça me sonne,
Et c’est plus difficile, il doit y avoir maldonne,
De redresser mon dos, tant la blessure est bonne.

Moi chaque fois plus bas je me vois m’enfoncer,
Dans l’autodestruction, et puis me défoncer,
Et je n’attends personne pour courir, pour foncer,
Tête baissée, ça résonne, dans le mur engoncé.

Et quand je vais crever, ce sera résultat,
De ces lièvres levés, ces légions de soldats,
Ces batailles qui devaient, me mener au delta,
De ma force élevée, qui rendirent mes mandats.

Donc une dernière fois, venez pas me faire chier,
Avec vos valeurs froides, vos phrases rechiées,
Qui ont perdues leurs mots, tout au cours de leurs routes,
Et qui font des grumeaux, qui ne sèment que le doute.

Image : libre de droits – Félix Valloton (Le mensonge intimités I – 1897)