La plume dans la paie

Le lien suivant vous emmènera sur un billet de Serge Halimi et Pierre Rimbert. Il date de juillet 2016, et est extrait de l’excellent journal indépendant Le Monde Diplomatique. Le titre de ce billet est un clin d’œil accidentel à votre serviteur. En réalité, c’est un clin d’œil à Albert Londres, à qui j’ai emprunté avec respect l’expression « la plume dans la plaie ». J’en profite pour donner mon avis sur le sujet, avis que je rédige pendant la lecture de l’article de Serge que je vous invite à lire.

http://www.monde-diplomatique.fr/2016/07/HALIMI/55951

Dans le monde de la presse, ça s’autocongratule, ça tourne en cercle fermé, et seuls ceux et celles qui refusent d’ouvrir les yeux alors que c’est directement en face d’eux, diront le contraire. Le but est évident, ce sont les bénéfices, toujours plus de fric pour les mêmes truands. Et il y a quelques exceptions qui dénoncent, heureusement. Hélas, ces exceptions ne bénéficient pas des mêmes ressources, et manquent cruellement de visibilité, donc de lecteurs.

Je me souviens avoir lu il y a 3 ans, un article très intéressant, qui révélait déjà (une chose qu’on est censé savoir, ça n’a rien d’un secret) que les journaux et magazines en France reçoivent des subventions de l’État – aka. les contribuables – et ce, si on se penche un peu sur le sujet, sans vraiment prendre en compte leurs situations financières réelles. Soit. La culture est importante, et il serait légitime que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour que la diversité perdure, et que jamais un seul journal d’information ne meure quand bien même nous l’aimions ou pas. Mais là, c’était vraiment du foutage de gueule en beauté…

«  Plus édifiant, des titres aussi indispensables au débat public que Télécâble Satellite Hebdo (27e), Grazia (74e), Point de Vue (86e), Closer (91e), Le Journal de Mickey (93e), Gala (95e), Voici (113e), Prions en église (121e), Auto Moto (124e), Mieux vivre votre argent (131e), Détente Jardin (167e), Spirou (172e) se retrouvent devant Le Monde diplomatique…  » Source

Il y a quelque chose de choquant, surtout quand on s’aperçoit que Mickey reçoit plus d’argent que LMD. Et c’est ce type de gouvernements, qui continue ouvertement de se foutre de la gueule du monde (appelons un chat, un chat) en arrosant des entreprises qui font déjà des bénéfices monstres, tandis qu’ils jettent des miettes avec mépris à ceux qui en ont vraiment besoin, et tant pis si ces derniers coulent, que les Français vont élire l’année prochaine. Car que ça soit Truc ou Machin qui remplace le rigolo en place actuellement au pouvoir, ce sera toujours la même chanson qu’on nous rabâche depuis des lustres et des lustres.

Tout est politique. Je ne suis pas du tout adepte des théories du complot, mais je vois clairement que l’argent relie beaucoup de choses entre elles. Et le monde politique est composé de truands qui donnent l’impression au peuple (aidés par la presse) de tirer les ficelles de l’ensemble. Sauf qu’ils ont eux-même, accrochées à leurs bras, des ficelles que tirent les puissants, à qui appartiennent la plupart de ces titres de presse tellement aidants. Les journaux présentent les choses de telle manière que la partie aveugle du peuple (ainsi que quelques personnes résignées) va se ruer aux urnes l’année prochaine, afin que tout continue de fonctionner ainsi. Le piège, la chose la plus évidente qu’on peut se dire ici, c’est qu’on n’a pas le choix, et qu’il faut justement passer par là pour qu’un jour enfin, un réel changement s’opère. Mais c’est sans compter la possibilité toujours probable, qu’en agissant autrement, on puisse accélérer l’écroulement de ce système, et donc son remplacement d’office par un autre système, plus juste. Un système dans lequel il n’y aurait pas de leader professionnel. Dans lequel cette oligarchie n’aurait plus aucun poids. Dans lequel le PDG d’une banque serait (comme ça a été le cas en Islande) considéré comme n’importe quel citoyen. Dans lequel la justice n’aurait plus deux vitesses, mais une seule, la même pour tous. Dans lequel on ne pourrait plus faire fortune en se lançant dans la politique.

Je suis sans doute assez maladroit en faisant de tels raccourcis, mais je vous rappelle que moi, je ne suis personne, juste un petit, tout petit, un élément excité, un punk, un anarchiste, dans une société où le terme est encore synonyme (à tort) de désordre. Une société légèrement analphabète, qui diabolise ce qui la dérange. On ne se refait pas comme on dit, mais il me reste l’espoir, et la détermination. Et vous, il vous reste quoi ?

Image : Libre de droits – OpenClipart Vectors