L’indifférence, une racine du mal ?

Avertissement : je le répéterai jamais assez, ce que je dis est spéculatif (d’où le classement de ces torchons dans la catégorie spéculations) et n’engage que moi. Bouddha a aussi dit :

Doutez de tout, et surtout de ce que je vais vous dire.

Petit aparté. J’en étais sûr. Alors que chez mes chers contemporains, ce comportement, l’indifférence, sert très souvent et est considéré comme une réaction normale, disons-le, j’en avais pourtant fait un cheval de bataille et m’étais depuis longtemps levé contre. Cette chose m’avait parue être une aberration. Il faut aussi savoir que depuis bien 25 ans, j’ai trouvé dans les philosophies orientales des clés que je n’ai jamais pu dénicher ailleurs, surtout pas à l’école – ce qui est fortement dommage – et encore moins dans les écritures religieuses. Et donc, lorsque un enseignement oriental, qui plus est sacré, car ici on parle du bouddhisme orthodoxe (celui de Siddhartha Gautama, le premier Bouddha), apporte un sens à quelque chose que j’avais toujours pressenti, ça me rassure.

Chez les occidentaux, l’indifférence est conseillée dans certaines situations. C’est une solution pour éviter d’être touché par quelque chose qui dérange l’intéressé. On peut l’associer à la fierté, au snobisme, au mépris.

Chez les bouddhistes, l’indifférence est une des trois racines du mal (appelées aussi trois poisons), avec la colère et l’avidité. Elle est associée à l’ignorance. On peut retrouver ce sens au sein de certains réseaux sociaux aujourd’hui, où justement l’indifférence est utilisée en tant qu’ignorance : ignorer quelqu’un, par exemple un troll, un individu mal intentionné ou qui a trop tiré sur la corde.

Il est intéressant de constater que ces trois racines du mal sont reliées, pour les bouddhistes, aux trois origines de la souffrance : la soif, l’envie, et le désir.

Le Dharma

RAB

Je me fous de votre putain d’modernité,
De vos codes de fous c’est de l’insanité,
Vos langages nouveaux, ma langue est le français,
Vos habitudes de veaux, tout ça est bien rance et,
Moi je vis dans un monde, très loin de tout cela,
Où coulent de bonnes ondes, et je suis bien mieux là,
Et votre indifférence n’importe que vos egos,
Retournez dans vos danses, jouer à vos legos,
Vous êtes des playmobiles, des stupides robots,
Je vous vois immobiles, des pauvr’êtres lobo-
-tomosisés dans l’jug’ment, balayez d’vant vos portes,
Restez entre déments, entre cons en cohortes
Il vaut mieux être seul que mal accompagné,
J’préfère pas voir vos gueules, je n’ai rien à gagner,
À vous donner mon coeur, il est d’jà éclaté,
Passé dans des broyeurs, il est déshydraté,
J’ai tell’ment de violence, je la retiens, c’est bête,
Elle pourrait en silence, vous péter à la tête,
Vous finiriez en sang, que je boirais avide,
En vampire frémissant, et vous péririez vides,
Alors restez au loin, et faites bien attention,
De vous j’ai pas besoin, ni de vos conventions,
Que j’assume tout c’que j’fais, et tout c’qu’on m’fait aussi,
Ça, ça vous fait bien chier, votre connerie grossit,
J’vous envoie vous faire foutre au fond de vos idées,
Surveillez votre poutre, ma paille a oxydé,
A infecté mon œil tant vous l’avez jaugée,
Restez dans vos fauteuils, avec vos préjugés,
Sucez-vous entre vous et moi je continue,
Mon chemin je l’avoue, sans qu’on me diminue…

Version hip-hop et la suite :
https://www.youtube.com/watch?v=OzcUIR5LnIQ

En regardant le plafond

Accepter la critique n’implique pas de dire amen à tout. Y a des manières de s’exprimer pour faire comprendre les choses. Alors quand je fais face à quelqu’un qui choisit sciemment de ne pas prendre de gants, qui juge qu’il est trop pressé pour étayer son propos, ou simplement qui pense qu’il faut enfoncer le couteau déjà planté pour que je me rende compte que ce couteau est là, au lieu de tenter de le retirer avec délicatesse, je me ferme. Je n’ai pas de leçon à donner et je n’en ai pas à recevoir. Cela dit je suis toujours disposé à discuter.

Parfois, donc, on doit faire face à quelqu’un qui pense avoir cerné un des freins qui nous empêche d’avancer, et qui décide de faire preuve de cynisme et de cruauté pour le faire remarquer. C’est toujours difficile de savoir réagir dans ce genre de cas. L’humilité fait son chemin, et chacun est à un niveau qui lui est propre en la matière. Reste à savoir qu’on devrait accepter chacun avec tous ses défauts, mais que dans ce cas il faut que ça aille dans les deux sens. Si ça ne va que dans un seul sens, y a un petit souci quelque part, une couille dans le potage comme disait feu une personne qui m’était chère, une coquille dans le scénario comme disait une autre qui ne m’est pas chère mais qui avait le mérite de savoir faire des analogies pertinentes.

On cherche à s’entourer de personnes qui nous ressemblent, et même si on ne le cherche pas, c’est quelque chose qui a tendance à se faire tout seul. Mais lorsque personne ne nous ressemble, on peut se retrouver tout seul. Les gens trop atypiques sont donc des solitaires. Sauf qu’aujourd’hui, avec la possibilité d’élargir son cercle de fréquentations sans que les kilomètres soient une contrainte, grâce aux réseaux sociaux notamment, il se trouve qu’une personne trop atypique peut trouver des personnes qui lui ressemblent. Car vu la diversité du monde, on a forcément des alter ego même s’ils ne se trouvent pas parmi les voisins. Et donc, ceux et celles qui restent solitaires choisissent de le faire, de se fermer à ces réseaux sur lesquels ils trouveraient des personnes semblables.

Le mépris comme habitude

Beaucoup de personnes confondent indifférence et mépris. Pourtant, ce sont deux choses radicalement différentes. L’une n’empêche pas l’autre, mais bien souvent si on dit à quelqu’un qui semble faire preuve d’indifférence que son indifférence comporte une dose de mépris, il refusera l’idée. Alors que particulièrement de nos jours, où les ego sont de plus en plus démesurés, c’est souvent le cas. Une chose qui n’est pas nouvelle, mais qui selon moi empire, c’est que nous vivons dans un monde d’aveugles. Mais ce qui est énervant, c’est que la plupart des aveugles croient qu’ils voient clair, et même une énorme partie croient qu’ils voient plus clair que les autres. En croyant cela ils annihilent la possibilité de voir un jour plus clair. La vérité est à géométrie variable, selon les individus, et énormément de ces individus croient dur comme fer détenir la vérité, et que cette vérité est globale. Ils s’enferment donc tout seuls à l’intérieur d’un carcan, et tant qu’ils n’en sortiront pas, ils ne verront l’ensemble des choses que via un seul vecteur : le leur.

La vérité sur toute chose est toujours différente selon l’individu qui pense. Pour autant qu’il pense. On a tendance à ne voir les choses que de notre angle de vue, et se mettre à un autre angle de vue est bénéfique, puisque ça apporte un autre point de vue. C’est le principe de se mettre à la place de quelqu’un. Chercher à comprendre l’autre implique de faire cela. Mais il y a beaucoup de détails que l’on ne peut pas comprendre chez l’autre même si on veut se mettre à sa place, puisque cet autre vit, à vécu, des choses très différentes, et que tant qu’on n’a pas vécu ces mêmes choses, on ne peut que les envisager sous un point de vue théorique. Les expériences de la vie sont le résultat de situations plus ou moins longues, et des fois très longues, et sans ces expériences, on ne peut que s’imaginer ce que vivent les autres. Les conclusions qu’on peut tirer de ces tentatives de visions via son imagination, peuvent être, sont souvent erronées. On ne devrait donc pas tirer ces conclusions, conclure comme dit Krishnamurti, c’est cesser d’être intelligent, et cette affirmation est sans aucun doute brutale, peut choquer au point de se fermer, mais pourtant, elle est logique. Lorsqu’on conclue, on boucle une pensée. On la limite à cette conclusion et on arrête d’y réfléchir. Et on peut constamment faire avancer une pensée. C’est aliénant de tirer des conclusions définitives. À la limite on peut poser des hypothèses, plusieurs, et partir de ces hypothèses pour tenter de comprendre. Encore eut-il fallut vouloir le faire.

La cruauté, l’électrochoc

Être cruel lorsqu’on veut faire comprendre quelque chose à quelqu’un, à propos de lui, de sa vie, de ses freins, peut fonctionner. À condition que cette personne réfléchisse à ce qu’on lui dit. Sauf que la plupart du temps, cette méthode ne fonctionne pas car elle ferme l’autre. C’est rare que ça lui fasse comme un électrochoc, qu’il se retrouve face à lui-même bouche bée, qu’il vive l’éclair de lucidité qu’on a souhaité lui provoquer en faisant cela. Et quand ça arrive, c’est souvent involontaire, indirect. Par exemple, lorsque quelqu’un s’adresse à un public large en utilisant des formules choc, il peut y avoir dans le public une ou plusieurs (selon la largeur de ce public) petites exceptions qui vivront cela, et ce sera accidentel. Ça n’arrivera pas à tous les coups. Alors lorsqu’on souhaite convaincre il vaudrait mieux bien choisir ses mots, y réfléchir avant. Lorsqu’on parle pour soi, on peut s’en moquer, et là justement, on peut provoquer l’électrochoc chez l’autre, accidentellement.

Je précise que tout ce que je viens de dire reste encore une fois spéculatif.

Dangereux étranger

J’écris pas pour qu’on m’aime, ni même pour qu’on m’admire
Ni encore pour qu’on trouve des sous-sens à mes mots
J’écris pas pour décrire la beauté et les rires
Des enfants ou des beaufs qu’on entend déjà trop.

Je n’écris que pour moi, parfois pour te parler
J’écris pour m’exprimer, pour gueuler mes souffrances
Parfois pour raconter des histoires torturées
Que tu n’veux pas entendre, dans ton indifférence.

Je ne force personne à lire, à m’écouter
Je ne me force pas, à écrire des horreurs
Ça sort ou ça sort pas, ça sort comme ça, entier
Ce ne sont que mes heures, que mes pleurs, que mes peurs.

Alors si ça t’emmerde je t’invite à partir
Je t’invite à me fuir, car tu vas déchanter
Tu risques de pâlir, de trembler, devenir
Très cynique et c’est moi qui viendrais te hanter.

Réfléchis à deux fois avant de continuer
Passer au vers suivant, il risque d’insinuer
Que tu n’es pas ici pour les bonnes raisons
Que tu pourrais tomber, ou changer de saison.

Je me fiche de l’effet que je fais, c’est te dire
Si tu m’importes peu toi le public ignare
Le public n’est pas, chacun comprend mon art
Avec ses propres maux, son âme de triste sire.

Si tu te sens vraiment différent de la masse
Alors tu m’intéresses, c’est à toi que je parle
Tu es un être unique en son genre, et tu passes
Par ici dans tes buts que j’ignore, une escale.

Si tu te sens vraiment ou touché ou frappé
En plein visage, alors j’ai réussi mon coup
Car dans ma nuit interminable j’ai visé
Tout juste et à distance, et je visais ton cou.

N’y vois aucune violence, ce put être un baiser
Chuchotement intense ou un simple mot doux
Ce put être une caresse, une morsure douce que mes
Yeux t’ont lancé comme ça, ils sont perdus partout.

Ce sont ces yeux de braise qui crament mon intérieur
Ces yeux noirs de chaleur qui fument à toute heure
Mais fais donc attention, ils peuvent de leur noirceur
Se transformer en loup, un masque de rêveur.

Ils peuvent être assassins, acteurs itinérants
Et devenir ta peur, ton chagrin, et le vent
Se lever doucement par delà l’océan
Et venir te bercer à toutes les heures du temps.

Alors je te conseille de rester sur tes gardes
Je ne suis pas de ceux qu’on aime par mégarde
Je suis de ceux qu’on pleure, de ceux qu’on ne comprend
Un éternel maudit, qui ne s’aime pas vraiment.

Non, j’aime la Nature morte, la pluie, le froid, le noir
La nuit, les rues désertes, et marcher tard le soir
Je fuis les lumières jaunes et oranges de la ville
J’aime la forêt, les arbres, la mer, ses vagues idylles.

J’aime les odeurs d’humus, j’aime la terre fertile
J’aime mes rêves étranges, où je vois mes fantômes
Rencontrés au hasard, les soirs au creux du fil
Du rasoir émoussé de mes songes sans arôme.

Et au gré des humeurs, parfois je n’aime rien
Je m’enfonce profond dans la tristesse étrange
Étrangère à tes connaissances, comme un chien
Tu ne comprendras pas qu’au fond je suis un ange.

Image : libre de droits (GDJ)

Fade up

La stupidité crasse est l’essence de ce monde,
elle fait avancer les imbéciles qui abondent,
et les ignares traitent d’ignares d’autres ignares,
la pauvreté d’esprit est le moteur de ces barbares,
et la haine est devenue le mien, à force de m’y coller,
car toute qualité se cache, rare et apeurée,
les imbéciles glorifient la médiocrité
tout en étant applaudis par des tarés,
qui forment à eux seuls la majorité…
Situation ubuesque, mais tellement présente,
les créatifs inconnus travaillent en silence, dans l’attente
de considération mais on leur impose
l’anonymat et l’ignorance à haute dose,
et le reste du monde, dénué lui d’imagination,
s’approprie leurs œuvres et se donne raison
afin de toujours mieux se mettre en valeur :
rares sont ceux ou celles qui citent les auteurs.
Ce nouveau monde égoïste ne fait que dupliquer
et fait passer ça pour du partage légitimé,
et quand on ose faire remarquer cette ingérence
on est ignoré, on essuie l’indifférence,
mais à force d’essuyer l’indifférence des snobs,
cette lourde indifférence et leur jugement qui l’enrobe,
à force d’essuyer leurs silences
on finit par s’épuiser
et cesser d’exister
et la haine,
même vaine,
vient tout remplacer, elle se substitue à tout.
Il est également facile de passer pour ce qu’on est pas
sous les jugements des rats,
les esprits mal tournés pensent qu’ici bas
tous ceux qu’ils croisent sont aussi miteux
que leurs putains de mentalités à eux.
Alors après tout pourquoi je reste là ?
Pourquoi continuer à marcher dans ces pas ?
Bonne question… Il me faudrait un peu de courage
pour arriver enfin à partir, quitter ma cage,
fermer la page,
quitter la fausse beauté et ainsi ne plus entendre
l’avis d’ignorants que j’aimerais voir en cendres.

Image : libre de droits (thephilippena)