De l’usage erroné du mot « anarchie »

Preuve d’un analphabétisme méprisant pour des idées dont ils ne connaissent manifestement pas l’Histoire, ou encore d’une incompétence crasse en matière de journalisme, ou bien d’une considération qui ne laisse pas de doute sur sa nature insultante, ou peut-être d’une complaisance conventionnelle avec les erreurs séculaires d’un dictionnaire qui est celui d’une élite, le mot « anarchie » est sans cesse utilisé de travers par les médias.

Oui, d’un dictionnaire, car vérification faite dans le Larousse, le mot est synonyme de désordre et de confusion, restes d’une époque coloniale où l’expression détestable « nègre » était allègrement utilisée pour désigner les populations Noires du monde. Nos académiciens qu’il faudrait remplacer pour beaucoup, car la plupart a dépassé la date de péremption et a du mal à tenir debout, semblent encore traumatisés par une petite période d’environ dix ans, datant des alentours de 1900, pendant laquelle cette idéologie émancipatrice de l’autorité est née, autorité qui toujours aujourd’hui protège surtout la même caste sociale, celle du haut de leur échelle que j’aimerais voir secouée d’abord, afin de faire tomber ceux qui s’y accrochent le moins, puis brûler avec tous ceux qui sont encore dessus, ce afin de remettre les situations des uns et des autres à l’horizontale sans devoir se battre avec quelques millionnaires, milliardaires, qui paieraient les bonnes personnes comme à leur habitude, afin qu’on ne leur abaisse pas leur petit confort démesuré au niveau de celui de tout le monde.

L’anarchie n’est pas le désordre, au contraire, cette politique car c’en est une, est très structurée et mérite qu’on s’y attarde avant de dire des conneries, juste histoire de savoir de quoi on parle. Car l’usage de ce mot tel qu’il est utilisé souvent dans la presse, dans les médias, est la preuve d’un extrémisme idéologique qui tend vers le capitalisme, le libéralisme, enfin tous ces « ismes » qui nous emmerdent tant, nous les petits.

Je ne souhaite pas offrir une définition personnelle de l’anarchie, d’autres l’ont fait bien mieux que je ne saurais le faire, avant moi, et j’invite celui ou celle qui veut comprendre plus en profondeur ce que propose ce mouvement, à aller se renseigner sur un des milliers de sites internet qui traite de ce sujet, mais qui n’en parle pas de façon détournée, destinée à décrédibiliser ce mouvement. Je dirais juste qu’il prend sa base sur le communisme, mais pas le communisme modéré qui ressemble de plus en plus au capitalisme comme d’ailleurs la plupart des mouvements politiques, je parle de l’origine du mouvement, dessiné par de grands penseurs comme Marx, Proudhon, Bakounine, et consorts.

Les médias sont vraiment désolants, à croire que dans les écoles de journalisme se trouvent uniquement des étudiants qui ont triché pour avoir leur BAC, des qui dormaient dans les cours de français, car lorsqu’on se penche un peu sur leur orthographe notamment, on tombe des nues. Il ne faut pas s’étonner d’observer un niveau très bas parmi les jeunes, les gens du peuple, si ceux qui les informent leur donne un exemple déplorable. Les politiciens aussi, qu’on voit s’exprimer sur twitter, et qui mélangent les « est » et les « ai » par exemple, alors que ça ne se prononce même pas de la même façon, montrent que c’est l’ensemble de la société qui dérive. Lorsqu’on grille un-e nationaliste, donc semble-t-il amoureux de son pays, de ses frontières et de sa langue, la massacrer lamentablement, on peut commencer à se poser des questions. C’est légitime. Et que ce soit un punk qui dise tout ça, ça laisse pensif…

Image : CC BY SA – Alexei Yakovlev

L’attaque, aveu de stupidité

L’attaque personnelle est le dernier degré avant la violence physique. L’une comme l’autre sont des preuves d’un manque global d’intelligence, de l’impossibilité d’argumenter, et d’une tendance à céder à des pulsions animales. Aboyer dans un combat de coqs, c’est (outre se tromper de cri) tenter d’intimider. Et mordre, c’est tenter de démontrer que sa force physique est supérieure à celle de son interlocuteur, à défaut de ses arguments, et donc pour démontrer qu’on est globalement supérieur à cet interlocuteur. Dans un débat surtout de nos jours, la plupart ne cherche pas à faire évoluer sa propre pensée mais celle de l’autre, cherche à convaincre en imposant la sienne, cherche à avoir raison et à prouver que l’autre a tort, quitte à le démontrer par tous les moyens (dont certains sont plus que douteux). On n’impose pas une idée par la violence, ça ne peut pas fonctionner, sauf sur de rares esprits trop faibles ; un genre de syndrome de Stockholm. Le résultat serait, d’une, rébarbatif pour l’interlocuteur qui aurait tendance à se braquer, souvent de manière définitive, et de deux, s’il y avait des témoins, décrédibiliserait la personne violente aux yeux de ces derniers sauf s’ils sont eux aussi, encore à un niveau de conscience animale (je sais de quoi je parle pour en avoir fait partie, et cette analyse se veut généraliste et ne prend pas en compte les cas indépendants).

Où est la partie vraiment spirituelle du monde ? Où sont les gens qui souhaitent faire avancer les choses non pas à coups de poings, mais par le dialogue dans le respect ? Où est la tolérance d’idées différentes des siennes ? On subit paradoxalement une évolution immense de la pensée d’une part, due au partage des idées qui sont accessibles à tout un chacun aujourd’hui grâce à cette infinie plate-forme d’expression, et l’inverse d’autre part, du fait d’une volonté d’une partie du monde qui me semble être la majorité, de faire régresser l’humanité intellectuellement. L’Homme sensé devrait chercher à comprendre autrui, au lieu de cultiver son amour narcissique qui se traduit par la vengeance quand il l’estime méritée (récompense, punition). Lorsqu’on entend une insulte par exemple, l’usage est de répondre par une insulte. Quelqu’un de humble voudrait au contraire garder son sang froid, aussi virulente que soit l’attaque, et comprendre automatiquement ce qui a motivé cette attaque. Comprendre, ce n’est pas se soumettre, ça c’est la façon la plus simpliste de voir les choses, c’est celle des coqs, de barbares qui vivaient à une époque révolue, mais finalement pas si révolue que ça quand on observe attentivement la plupart des interactions humaines. Réagir calmement, cesser tout débat si le dialogue n’est vraiment plus possible, sans entrer dans cette logique de violence systématique, que l’autre veut, ça, ça a de la gueule ! En fait, insulter ou frapper en retour quelqu’un qui est devenu un adversaire alors qu’il aurait dû n’être qu’un interlocuteur, c’est se faire manipuler. C’est céder à son bon vouloir, et démontrer sa faiblesse intellectuelle, émotionnelle, en quelques secondes. C’est aussi se décrédibiliser.

J’ai passé ma journée à écouter des personnes parler, s’énerver, réagir – et toute réaction est à l’inverse de l’action. Tout a commencé apparemment il y a quelques jours, mais l’actualité microscopique de quelques personnes qui se veulent des leaders, populaires, mais qui restent au bas de l’échelle, met parfois du temps à m’arriver, et tout à fait entre nous, les petites querelles de coqs (qu’ils prônent le bleu-blanc-rouge, ou juste le rouge, couleur du sang qu’ils aiment à faire couler), ne m’intéressent pas. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’un détail aussi insignifiant qu’un facho qui se prend une beigne par un autre facho fasse parler autant. J’ai surtout l’impression que puisqu’on peut moins facilement mettre son poing dans la figure de personnes qui le mériteraient le plus, à savoir l’oppresseur gouvernant, le millionnaire ou le milliardaire qui dirige le monde en criminel légal (et je ne préconise pas du tout ici de le faire, quoique ça ait pu m’arriver par le passé, mais ce n’est pas le cas) alors on va au plus facile : on se tape entre petits. Mais quelle grandeur d’esprit ! C’est impressionnant cette démonstration de force qu’elle soit une simple logorrhée ou un coup de latte. C’est surtout très intéressant… Ça apprend beaucoup de choses en un minimum de temps sur les habitudes de quelqu’un.

Dans le paragraphe suivant, je parle à la 1ère personne du singulier. Pourtant ce qui suit se veut objectif, et valable pour toute personne si elle le désire. Ce n’est qu’un exemple par l’expérience personnelle, je pourrais mettre tout à la 3e personne du singulier, mais étant donné que j’assume tout ce que je dis, à l’exception de quelquefois pendant lesquelles je ne suis plus moi-même (rares, lors de blacks-out d’alcool par exemple et je précise ça pour les quelques amis qui me connaissent histoire de leur couper l’herbe sous le pied s’ils me disaient hypocrite ou menteur par omission), j’estime que ce passage se doit d’être tel quel. Je tiens aussi à dire que dans mes mains, je ne prétend pas détenir la vérité absolue, que tout ce que je dis peut probablement être contredit.

Comprenez-moi bien, ma verve est parfois extrêmement virulente. Mais j’essaye au maximum que ce soient des idées qui soient démontées par elle, et surtout pas des personnes directement, ad hominem. Derrière ça, j’insiste encore sur l’idée que ce n’est pas de ma faute si les gens s’identifient tellement à leurs idées, qu’ils se sentent menacés, agressés, lorsqu’on les touche. Lorsque je débats avec quelqu’un (ça n’a pas toujours été le cas, j’ai aussi été adepte de cette stupidité crasse qu’on appelle la joute verbale, mais ça fait longtemps que c’est terminé), c’est dorénavant et toujours dans le respect de l’autre. Qu’on attaque mes idées, ça ne me pose pas de problème, j’ai des arguments pour contrer ces attaques, et je ne m’identifie certainement pas à ces idées, encore moins à ces arguments, je ne cherche qu’à comprendre le monde, et mes idées ne deviennent que très rarement des convictions, déjà, et d’autre part toute conviction que j’ai peut évoluer, s’endurcir, s’amoindrir même jusqu’à disparaître… Qu’on attaque mes convictions, j’aurais d’autant plus d’arguments pour démonter l’attaque, mais toujours dans le calme et le respect. Ce que je crois ne me représente pas. Je suis bien plus que ça. Et par extension, je peux dire que ce que tu crois ne te représente pas, et que tu es bien plus que ça.

Au lieu d’attaquer – ce qui est souvent le résultat d’idées pas assez développées, démontées par une personne en face, démontage qui a généré un énervement dû très souvent à une impuissance rhétorique, à l’incapacité de répondre par des mots construits en phrases sensées – pourquoi ne pas expliquer calmement son point de vue ? L’attaque survient aussi lorsque des idées sont devenues des convictions tellement endurcies qu’elles en deviennent immobiles, et qu’un individu en face en démontre l’absurdité en exprimant un point de vue différent. Et dans ce cas, l’un et l’autre ont raison, tous les deux, mais le fait d’avoir cassé une croyance dure comme de la roche en quelques mots, peut faire sortir le croyant de ses gonds (littéralement : s’énerver, sortir de soi, sortir de son corps, et ne plus le maîtriser). J’utilise le terme de croyance, croyant, juste pour ne pas faire trop de répétitions, ce n’est qu’un synonyme et je ne parle pas particulièrement de religion ici.

J’ai bien peur qu’on soit minoritaires à se faire ce type de réflexion, ce qui m’amène encore une fois à me dire que l’humanité est vraiment mal barrée, et qu’il risque de se passer encore beaucoup de temps avant qu’un début de changement réel de paradigme s’opère, et ce, mondialement. La plupart des meilleures solutions, meilleures pour le plus grand nombre j’entends, sont clairement des utopies. J’ai pas envie de citer encore une fois Schopenhauer, donc je ne le ferai pas, mais j’imagine qu’une utopie sérieuse n’est impossible que dans une époque donnée. Par exemple, à l’époque la plus dure de l’esclavage, ou quand les femmes n’avaient pas le droit de voter, les personnes prônant l’abolition de ces pratiques politiques obscurantistes, étaient des utopistes. À l’école, si ma mémoire est bonne, on nous apprend généralement et sommairement qu’une utopie est un modèle de société très improbable, voire impossible. Oui, mais impossible dans l’état des choses à ce moment précis, quand elles sont enracinées en profondeur. Donc, les utopies sérieuses n’ont rien d’idées définitivement impossibles, mais elles sont souvent avant-gardistes et il est nécessaire à chaque fois que plusieurs étapes précises interviennent avant que ces choses soient établies et définitives, ce qui peut se dérouler en plusieurs années, voire plusieurs dizaines (centaines ?) d’années.

À développer.

Image : libre de droits – John Hain

Psychologie désinversée

Toute l’énergie, je l’utilise à la détruire,
Dans la synergie, que pour vous tous il vaut mieux fuir,
Car cela génère, une puissance insoupçonnable,
Et je ne vénère, rien d’autre que le nom du diable,
Si vous y croyez, je vais tout faire pour vous convaincre,
Pour vous dévoyer, et votre dieu je vais le vaincre,
Je ne lui mettrais, au grand jamais de Majuscule,
Et je n’admettrais, d’entrer dans aucun groupuscule,
Vous n’aviez pas vu, à quel point je suis démoniaque,
Que je tire à vue, sur tous les fous et les maniaques,
De dogmes obscurs, de religions et de croyances,
Et je n’en ai cure, debout j’affirme ma défiance,
Devant tous les groupes, petits ou grands ce sont des sectes,
Vendent de la soupe, qu’avalent tout rond les insectes,
Les fiers amateurs, de ces médiocres réunions,
Et leurs armateurs, qui sont en transe dans l’union,
Qui tombent par terre, et qui se roulent dans la fange,
Et que l’on enterre, après la mort c’est si étrange,
Que l’on s’y attache, à l’enveloppe corporelle,
Cela est la tache, de notre époque intemporelle,
La finalité, de toutes choses est de nourrir,
La fatalité, la Terre et d’aller y pourrir,
Que les vers avalent, les petits bouts de chair inerte,
Qui après ne valent, plus rien et qu’on protège à perte,
Je ne savais pas, que j’allais parler du sujet,
Du final trépas, je n’en avais aucun projet,
Mais finalement, que ce soit ça ou autre chose,
Tous mes râlements, en poésie ou bien en prose,
Ne sont que détails, du rien du tout mais qui hélas,
Paraissent de taille, à quelques uns voire salaces,
Alors j’ai visé, au centre parfait de ma cible,
Et je n’ai rusé, pas une seconde admissible,
Car c’est le hasard, ou le destin c’est identique,
Ce n’est pas bizarre, ce n’est qu’une donnée antique,
Qui pourrait sonner, ou fausse ou juste pour les hommes,
Même résonner, jusqu’aux chemins qui vont à Rome,
C’est mon habitude, l’enfer de mes nuits ennuyeuses,
La sollicitude, est devenue si périlleuse,
Qu’il faudrait penser, aux conséquences avant d’en faire,
Un dessein sensé, un but et sans en avoir l’air,
Regarder au ciel, et autour de soi bien avant,
Que la démentielle, intention ne guide aggravant,
Les rapports humains, au cœur desquels nous nous trouvons,
Agir en sous-main, est préférable et nous savons,
Que tous les calculs, trouvent un jour une solution,
Prendre du recul, c’est s’offrir une absolution.

Image : libre de droits – Geralt

Inversion des pôles

J’ai envie de discuter avec toi, mais j’ai peur,
J’ai peur de toi, de me retrouver face à un mur,
Car quand j’en regarde la façade, putain j’en pleure,
Pourtant tu m’interpelles, tu m’intrigues, c’est sûr.
Alors qui es-tu donc ? Comment puis-je le savoir ?
Qu’est-ce qui te plais dans mes mots ?
C’est parce que je joue avec mes maux ?
Que je remue ma plume dans ma plaie ?
Me voir souffrir, agoniser, c’est ça qui te plaît ?
Mes mots, ils n’expriment que mes valeurs,
Tu sais, celles qui sont chères à mon cœur,
Certes, le sentiment y est omniprésent,
Dans la contradiction, le paradoxe comme un présent,
Je ne te comprends pas, et je ne sais pas pourquoi,
Mais ma curiosité m’incite à tenter de te heurter,
Est-ce que tu crois vraiment à ces valeurs du sang ?
Pourquoi vois-tu comme des voleurs mes amis les partisans ?
Je te sens embrumée dans des mille et des cent,
Des milliers de souffrances, que la douceur apaiserait,
Mille fois j’ai voulu t’envoyer un billet,
Mais je n’ai pas osé, car moi aussi j’a priorise,
Priorisé par des idées qui ne sont pas compatibles,
Avec certaines qui me font horreur, mes cibles,
Pourtant tu es comme moi, une humaine,
Aux lèvres gercées par des glaciations de haine,
Si tu savais ma vie, alors tu grimacerais,
Et j’ai peur que tu te trompes, aveuglée par l’erreur,
Adoucis-toi, ouvre ton cœur, change, évolue,
Ne laisse pas le froid glacer ton cœur,
Ne laisse pas ton cœur durcir encore
Une viande tendre, chaque battement est preuve
Qu’il est vivant, chaud, sous ta poitrine
Qui se lève à chacune de tes respirations.
Ne laisse pas le cynisme le corrompre,
Tu étais spectatrice, et les rôles s’inversent,
Car je te regarde depuis le ciel, je te vois,
Je soupçonne que parfois tu entends ma voix,
Si c’est le cas, écoute-là, elle est triste,
Qu’as-tu vécu pour en arriver là ?
Est-ce que tu es heureuse au fond de toi ?
Dis-moi…