Hétérophobie ?

Je peux comprendre. Mais comprendre n’implique pas d’accepter systématiquement. Oui, je peux comprendre. Comprendre qu’une personne qui a longtemps subi le résultat de centaines d’années d’oppression profite de cette période trouble où les esprits évoluent, pour tenter de retourner la situation. Mais je ne l’accepterai jamais.

Certes, c’est nouveau et même assez exceptionnel. Ça laisse entrevoir l’état d’esprit rebelle d’un être qui dit « STOP », qui décide que dorénavant, c’est à son tour d’oppresser. Et ça me rappelle un peu la dictature prolétarienne que prône Marx, où des exploités prendraient le taureau par les cornes et inverseraient les règles en clouant au pilori ceux-la mêmes qui les ont utilisés depuis que l’état et le travail existent. Mais je ne l’accepterai jamais.

Ça me rappelle aussi ce racisme pratiqué, peut-être d’une manière justifiée, par quelques individus de certaines communautés qui se sont faites longtemps oppresser et c’est un euphémisme. Je vois ça comme une vengeance conjugué à un ras le bol radical, ne voulant plus se taire face à un système qui les diabolise eux et leurs cultures, et qui de plus veut leur imposer la sienne sous couvert de frontières et d’intégration… Selon moi, ils ont choisi le mauvais combat. Et qu’on ne me dise pas que ce que je ne nomme pas n’existe pas, car ça existe, ça a beaucoup moins de poids que le résultat de 400 ans d’oppression, mais pour un individu qui n’a rien demandé et surtout pas de naître d’une certaine couleur, dans un certain quartier plutôt qu’un autre, c’est tout de même difficile. Et je comprends. Mais je ne l’accepterai jamais.

Ça me rappelle un peu ces ultra-féministes qui crachent sur tous les hommes juste parce que ce sont des hommes, car elles subissent depuis toujours le sexisme patriarcal, et ce, depuis des milliers d’années. Et c’est vrai que ce n’est pas la majorité, ce sont des phénomènes qui restent minoritaires. Alors je comprends. Et je ne l’accepterai jamais.

Je ne l’accepterai jamais, parce que ça balaye tout le travail de fond de toutes ces personnes qui, si elles ne font pas partie des groupes oppressés, se battent pour l’égalité sans distinction quelle qu’elle soit. L’hétérophobie, la blancophobie, le sexisme matriarcal, les personnes qui ont choisi de les pratiquer méritent le mépris. Certes, j’insiste sur le fait que je comprends les mécanismes psychologiques qui peuvent mener à ça, mais j’insiste aussi sur le fait que ce sont des freins sur la route de la tolérance, des cercles vicieux. Il existe heureusement des personnes solidaires et de bonne volonté qui font l’effort de se battre contre toutes les oppressions. Y en a pas assez, c’est vrai.

Si je parle de ça, c’est que j’ai été confronté directement à ce comportement, derrière un écran bien sûr, c’est plus facile et ça désinhibe… Alors, je fais peut-être des gaffes (je ne sais pas), en utilisant des mots que des individus ouvertement racistes ont prononcés avant moi, ça m’est arrivé et on a eu la gentillesse de me l’expliquer, mais étant donné que je ne fréquente pas ce type de personnages, que je ne regarde pas de vidéos où parlent des fachos, que je ne lis aucune littérature de ce type, ce serait accidentel. Et pour tout dire, c’est un risque que je prends, et je l’assume.

Image : Libre de droits – John Hain

Contre l’homophobie

Et oui, on parle bien de phobie ici, parce que c’est clairement de la peur, une peur qui tire ses origines dans de vieilles idées puritaines, là où les parents ne veulent surtout pas que leurs enfants soient eux-mêmes quitte à ce qu’ils soient malheureux. La France est profondément homophobe. Je vis dans un bled qui a refusé au moins un mariage homo. Dans ce bled, mêmes des personnes que je respecte et qui devraient avoir une vision un peu moins étriquée sur ce sujet, crachaient ouvertement sur ce couple qui a fini par se casser, sans doute fatigué par le regard dégoûté que leur lançaient les autres. L’enfer, c’est les autres (Huis clos, Sartre). La plupart des borgnes qui se croient rois parce qu’ils vivent au royaume des aveugles et qu’ils ont décidé de faire la différence, sont coupables. C’est de la discrimination claire et nette. À quand mon tour… ? S’il n’est pas déjà arrivé, et oui… Oui parce que ce genre de remontrances est toujours d’ordre hypocrite, jamais en face et toujours dans le dos, tandis qu’en face, c’est des sourires. Enfin… me concernant.

Votre monde propret, il sent la merde. Si j’ai un ou des enfants, un jour, jamais je ne me permettrais de décider quoi que ce soit à leur place concernant leur identité, leur genre. Rien n’est obligatoire, et on peut être tout ce qu’on veut, si on le veut, on peut croire à ce qu’on veut, quand bien même la morale ou les traditions voudraient le contraire. Encore une fois je prendrais l’exemple des frontières, qui n’existent que pour ceux et celles qui les considèrent comme existantes, ces frontières qui sont synonymes de guerre, de conquêtes, de colonisation, de violence et d’asservissement, de racisme. Et tout dans la vie, est une question d’acceptation de conventions préparées pour soumettre les uns et les autres à une certaine idée de la norme. Alors quoi ? Soyez ce que vous êtes, et surtout, mais alors putain surtout, laissez les autres être ce qu’ils veulent. Ça vous dérange ? Regardez ailleurs. Parce que là, c’est vous qui êtes les cons.

Image : Drapeau de la Pansexualité (Libre de droits)