Discord

On est des oufs, et on s’fera jamais fébou,
Ni par les poufs, et encore moins par les tabous,
Et on s’en fout, de c’qu’est politiqu’ment correct,
On graille des clous, et on avale même les arêtes,
On représente la team de l’Ordre des Schlags,
Sans un centime en poche, ici c’est pas l’goulag,
On n’empêch’ra jamais personne de s’exprimer,
Quand on nous diffamait nous on l’a fait rimer

On a trimé à l’époque des dictateurs,
On a clamé contre quelques délateurs,
Quand se tramait une cabale sur nos gueules,
On se marrait, et en aval on trouve ça chel,
Mais on s’en branle, de la violence ascensionnelle,
Sous tous les angles du cinéma irrationnel,
De petits chefs, qui manipulent les bolosses,
Qui gèrent leurs fiefs en se prenant pour des molosses

Nous on est libres, et c’est p’t’êt’ bien ça qui les gêne,
Leur équilibre est aussi bancal que leurs gènes,
On est des Schlags, on l’répétera jamais assez !
On kiffe les blagues, les séries et se prélasser !
Si on dérange, on fera encore plus de bruit !
Que ça arrange ou pas ceux qui s’prennent pour des druides !
On est des clebs sans laisse, attention on peut mordre,
On fout la hess, si t’es comme nous rejoins notre Ordre !

L’Ordre des Schlags, c’est une assemblée de malades,
Ici on drague, tout c’qui bouge et c’est l’escalade
De liberté, le RSA Crew est ouvert
Avec perte et fracas on baise à découvert,
On est des srabs, alors frérot ramène ton fion !
Y aura du rab, et tout c’qui faut à profusion !
Des créateurs, des inventeurs de nouveauté,
De vrais acteurs, on est pas là pour chipoter !

https://discord.gg/ZRGsDY4

Entre temps

Mon vieux Mano, j’ai l’impression de te connaître,
Mon vieux Solo, cette sensation qu’tu m’as vu naître
Au beau milieu de cette batterie d’usurpateurs,
Toi tu hurlais ta vérité en sol mineur.
Quand tes collègues, faisaient semblant d’chanter l’amour,
Dans leurs grandes salles, ben toi tu restais au Tourtour,
Et tu chantais Allô Paris, il est si tard…
Et c’est ton cœur qui faisait sonner ta guitare…
Ton cœur aussi restait assis sur le trottoir,
Et le public tout à coup d’venait accessoire,
Moi toute ma vie, de loin tu l’as accompagnée,
Le temps passant, je repassais ta voix cassée,
Dans mes délires, sans le vouloir tu m’as figé,
Car c’est toi seul qui par tes mots m’faisait pleurer,
En un instant, il suffisait qu’j’mette une chanson
Pour qu’ta musique m’emporte au-delà d’l’horizon,
Tu m’transportait dans tout Paris, et sans bouger,
Tu m’as touché directement, toutes ces années,
T’es pas v’nu m’voir le jour d’avant quand t’es parti,
Mais j’t’en veux pas, car t’es vivant, j’entends tes cris…
J’entends tes notes, j’entends tes mots, j’entends ta voix !
J’entends ton cœur, et ton amour, pour moi t’es là !
J’vois ton visage et ton chapeau ouais t’es vivant !
C’monde à la con, a des frissons en t’écoutant…
C’monde à la con, t’en souviens-tu mon vieux Mano ?
C’monde est tout froid, un peu perdu, tout ramollo…
Ce sont tes mots qui manquent ici, et tes coups d’gueule !
Ouais tes coups d’sang y a plus personne qui nous engueule !
Pourtant c’monde là aurait besoin d’coup d’pieds au cul !
Y a internet, et pi facebook qui m’préoccupent…
Qui nous bouffent tous, qui nous empêchent de réagir,
On se voit plus, on reste chez nous, des vieux délires,
Moi ça m’travaille mon vieux Mano, j’ai un peu peur,
Y a ta marmaille qui se fait vieille bien avant l’heure,
Y a tes enfants qui dans le temps montraient les dents,
Et aujourd’hui on est tous là d’vant nos écrans,
À dépérir, à s’lamenter, du mauvais temps…
Y a la planète qu’est toute pourrie, les marées noires
Les pétroliers, et les traders m’foutent le cafard,
Les partisans n’chantent plus du tout, c’est désolant !
Moi ça m’déprime j’ai bien envie l’leur rentrer d’dans !
Mais chui comme eux, chui tout cassé, j’ai plus la pêche…
Allez Mano, r’descends un peu, car c’est la dèche !
Y en a pas un qui rattrape l’autre faut qu’tu t’ramènes !
Faut qu’tu nous dises qu’on n’est pas là just’ pour la haine.
Ouais des comme toi ben y en a plus, et c’est la merde…
C’est la misère, c’est le désert, faut plus qu’on s’perde…
Qu’on bouge nos culs, faut qu’on s’remue, mon vieux Mano,
Sur cette planète y a d’plus en plus de rigolos,
Y a d’plus en plus de gros crétins qui branlent rien
Qui savent vraiment plus trop quoi foutre de leurs deux mains,
Un jour viendra où tu r’viendra et j’srais content,
Mon vieux Mano j’srais plus Solo j’irai droit d’vant !
Si toutefois j’t’ai pas rejoint… entre temps

Image : CC BY SA Smdl