Guerre des genres

Le mâle sentimental est une espèce suspecte,
S’il est doublé d’un anarchiste, estime n’avoir rien à prouver,
Il sera soupçonné machiste, mais contre lui on ne pourra rien trouver,
Pourtant, la rareté de ce taxon en fait une race en voie de disparition,
Et moi j’ai bien l’impression qu’on veut qu’elle meure, même si ses pleurs,
Remplissent lentement l’océan… Non ce n’est pas la fonte des pôles,
Qui fait la montée des eaux, mais bien ce mépris qui brise des os,
Ceux des cous des pendus, lorsqu’à force d’être perdus, ils se tuent,
À force d’être sentimentaux, ils récoltent des soucis mentaux,
Et finissent par s’étouffer une bouteille à la main, plus de lendemains,
Car les femmes croient avoir le monopole des sentiments,
L’oppression qu’elles subissent leur donnerait l’autorisation
De mettre la pression, voire de se venger, sur les éléments mâles étrangers
Les plus vulnérables, ceux qu’elles considèrent comme des misérables,
Et je sais que mes paroles peuvent révolter quelques connasses survoltées,
Car je fais comme elles : j’entretiens une guerre toujours actuelle,
Alors… Il n’y aurait qu’elles qui en auraient le droit ?
Ce comportement animal, celui qui me broie, il leur appartiendrait ?
Et les personnes comme moi devraient fermer leurs gueules,
Et subir en silence, s’écraser et ne rien dire, même si ça lance,
Même si la douleur revient systématiquement ?
Je ne suis pas un martyr, et je peux devenir un salaud,
Jeter toutes mes convictions à l’eau, avouez que ce serait ballot,
Après tout, un connard de plus ou de moins, de près ou de loin,
Ce n’est qu’une larme dans l’océan…

Image : libre de droits (staand)

Cis-pensée

Comme la pomme en somme contient quelques pépins,
Outre le ver qui dort en son for intérieur,
Mu par la faim, le sort ne l’a pas fait rieur,
Mais très stoïque, enfin, tel que je le dépeins.

Unité autrement, du moment divisé,
N’est qu’un choix si subit qu’il pourrait s’imposer,
Iniquement abstraite, ma phrase s’est posée,
Comme une pomme au cœur d’une coupe irisée.

Alors conventionnelle, ma pensée ne réside,
Toute conditionnelle, pas dans un mélodrame,
Il se pourrait bien sûr qu’ell’ soit fausse Madame,
Ou même encore pire, elle pourrait faire un bide.

N’empêche qu’elle existe, et qu’elle restera…