Dimension impersonnelle

Ça met tellement longtemps, c’est lent,
La ligne lumineuse s’étend, élastique insolent,
Les yeux fermés, elle apparaît, l’air statique,
Brillante comme de l’alu, illuminant l’être mystique,
Qui évolue, se dessine des ailes de cristal,
Fragiles, mais agiles, encore trop lourdes,
Au milieu d’une mélodie aux notes sourdes.
Si parfois il décolle, sa maladresse reste là,
Irrémédiable, alors il penche, se redresse,
Maintenant une direction incertaine, une adresse
Que son esprit connaît, mais sa conscience,
Ignore toutes ses limites, de sa patience
Soutenue par sa vigilance, il s’y lance,
Le jeu de l’horloge irréelle se livre au combat,
Dualité éliminant les efforts, pour qu’il tombe,
Funambule amateur, son filet est filé,
Et des lames effilées amplifient la douleur,
Tant pis, il se soignera tout à l’heure,
Pour le moment, il avance et suit les couleurs
D’un arc-en-ciel slalomant autour de son monde,
Que parfois, découragé, il trouve immonde,
Mais d’autres fois merveilleux, et il le sonde.
Si la beauté n’est pas là, il l’invente,
Et la sublime, elle devient fervente,
Omniprésente, et son visage chante
Des sourires communicatifs, des éclairs
Chaleureux, rayonnements invisibles.

Image : libre de droits (Monoar)

Un matin

Ce matin quand je me suis levé je ne pensais plus à toi.
Hier soir non plus d’ailleurs.
Je pensais au monde, à la Nature, aux animaux, à l’Amour.
Je pensais aux hommes, aux rivières, aux montagnes, au ciel.
Je pensais à la lune, à l’univers, à Dieu qui nous a oubliés.
Je pensais à ce politicien qui fait des déclarations à la télévision.
Je pensais à ce pauvre homme qui avait une bouteille dans la main.
Je pensais à mon ami, qui est mort trop tôt emporté par la maladie.
Je pensais à ce temps révolu où je dormais dans la rue.
Je pensais à mon père, à ma mère, à ma sœur.
Je pensais à ma vie qui m’échappe heure après heure.
Je pensais à cette forêt près de chez moi dans laquelle je ne vais pas.
Je pensais à ces chansons qui m’emplissent la tête en permanence.
Je pensais à ces amis que je ne vois que trop rarement.
Et aussi à tous ces nouveaux amis que je verrai un jour, c’est sûr.
Mais tu vois, je ne pensais pas à toi.
Pourtant j’aurais aimé penser à toi chaque seconde,
Mais la vie est étrange parfois, elle fait des détours imprévus…
J’ai déplacé mon lit, j’ai mis de l’huile sur les gonds de mes volets,
Et ce matin, quand je me suis levé, j’ai ouvert les yeux,
J’ai ouvert les yeux, non pas comme tous ces matins tristes,
Mais comme sur un jour nouveau, dans lequel une vérité vient d’éclore.
Et j’ai compris quelque chose, une chose importante,
Oh, pas une chose grandiose, une toute petite chose, un détail.
Un rien pour chacun, mais qui pour moi est un beaucoup,
Un beaucoup qui tournoie dans l’air autour de moi.
De ces petites choses de la vie qui s’égarent, qu’on oublie,
Puis desquelles on se souvient,
Un matin.

Pensées endormies

Je suis comme un genre d’épouvantail doté de parole qui hurle et gesticule, ça fait juste fuir quelque corbeaux, ça attire les vautours, mais ça donne pas envie.

Avant de changer le monde, il faut commencer par se remettre en question soi-même, en fait on est au coeur d’un changement d’ère, et si on ne va pas vers le spirituel, on ne va nulle part.

Personnellement ça fait assez longtemps que j’ai abandonné l’idée de convaincre qui que ce soit. Tout simplement parce que pour ma part, je n’ai pas cette faculté. Je ne suis clairement pas un leader, alors je fais mon truc dans mon coin. Par contre je veux bien être classé dans les « agitateurs », là oui…

Y a beaucoup de monde éveillé, mais faut évidemment pas essayer de comparer à la totalité des humains, parce que ça ferait un pourcentage très minime. Mais du fait qu’on est plusieurs milliards sur Terre, même si c’est qu’1 % ça fait quand même plusieurs millions de personnes…

La révolution se fera en Europe quand le paradigme européen changera réellement, et quand les gens sortiront de leur logique de consommation et de possession.

La drogue ça n’existe pas, c’est une expression inventée par la presse pour appuyer des discours politiques visant à l’interdire.

Il reste encore sur cette Terre des nostalgiques d’un sentiment de don absolu, sans domination, et sans dévolu.

La poésie s’interprète comme la peinture, différemment selon les gens, leur vécu, et tout ce qui fait leur personnalité.

Les paroles poétiques font naître des réflexions, ou nourrissent des réflexions déjà commencées, c’est agréable d’en discuter, ça n’empêche pas d’écouter [lire] profondément à d’autres moments que la communication.

La notion d’appartenance est incompatible avec un couple équilibré. La confiance en l’autre devrait suffire à rassurer quelqu’un de jaloux.

Les partis politiques sont à éliminer, tout comme le système actuellement en fonction depuis des centaines d’années.

J’ai trouvé des moments où jamais la tristesse n’intervient, où la vie est d’un bien-être intolérable !

Dans les moments heureux, on a peur de tout perdre, [mais] à un moment on commence à penser que les choses sont acquises, et ce moment là est dangereux, parce qu’on se repose sur ses lauriers, c’est dans ce type de moment que les choses échappent [au contrôle] généralement.

Le temps est comme une boite de vitesses, parfois la vie est au point mort, et le destin comme le hasard n’enclenche la première que quand il a décidé, et c’est souvent quand tu t’y attends le moins.

Il faut éviter de tourner en huit (décalé à 90°, le symbole de l’infini), autant tourner en carré, et si on retire un angle, on tourne en triangle, inversé ça fait un panneau Cédez le passage.

L’optimisme n’est pas évident pour des personnes hypersensibles, parce que les émotions sont plus fortes et perdurent plus longtemps, elles s’estompent avec le temps mais il suffit d’une simple pensée pour les réactiver.

À force aussi de se retrouver déçu on finit par ne plus faire de projets trop éloignés, ou trop inaccessibles, donc toujours un peu insipides.

L’enfer c’est pas les autres, l’enfer c’est de se retrouver seul face à soi-même quand on se déteste.

La chance ne sourit pas à tout le monde, y en a qui disent qu’elle ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule, mais quand elle sourit jamais, on finit par lui faire la gueule.

La beauté n’est pas ce que les média disent qu’elle est, c’est quelque chose de plus relatif à chacun, un subtil mélange de mental, physique, esprit et d’émotions.

Je rêve d’un monde métissé, où y aurait plus de blancs plus de noirs, ni plus personne considéré comme différent parce qu’il provient de je ne sais quel pays.

Nous sommes tous de vieux dragons…

Quand je suis en présence de quelqu’un qui souffre, j’essaye de me comporter avec comme j’aimerais qu’on se comporte avec moi si j’étais à sa place.

Peu de monde applique le dicton Le sage aime le reproche, et c’est bien dommage, si tout le monde avait pour but de s’améliorer, le monde n’en serait pas où il en est.

J’essaye d’être bienveillant, mais ça fonctionne pas toujours.

Comment voulais tu que je ne le susse pas ?

On dit toujours avant c’était mieux mais souvent on ne connaît pas vraiment cet avant duquel on parle.