Explosion

Dedans mes traits tirés, ma détresse étirée, je rêve de me tirer,
C’est folie de penser que je pourrais danser dans ses nuits éthérées,
Et je suis atterré d’être ainsi attiré, altéré par ses yeux,
Ils sont deux et dedans, se cache l’univers, et dans les miens l’averse,
Et au fond de son cœur, dans ce géant qui cogne, se marie l’océan,
La lueur minuscule, mon aliment vital, et ma faim se rapproche,
L’angoisse et l’apogée, le danger du métal, que mon âme se raccroche,
Rien ne sera compris, rien ne se racontera, et je le garderai,
Égoïste, rien qu’à moi, rien qu’à moi, moi, moi, Moi, MOI.
Rien qu’à moi, juste à moi, que pour moi, putain j’ai si froid,
Je fais abstraction des autres, leur bonheur me répugne,
Il est comme un larsen, dans mes oreilles sature, sale comme une rature,
Ça rouvre mes sutures, ça suinte et ça suppure, j’aspire à autre chose,
De plus grand, de plus fort, d’infini, plus encore que l’osmose,
Moi je veux étouffer, dans des bras enserré, et ne plus respirer,
Mon esprit torturé, tourne autour de la Terre, et par elle aspiré,
S’engouffre dans son cœur, et fonce en son noyau, s’insère et l’insémine,
En toute sincérité, l’extase est à son point, culminant, l’étamine,
S’envole et va toucher, le ciel et se lover, dans un soleil trop seul,
Qui l’attendait sans bruit, pour briller dans la nuit, pour tomber sur le sol.

Psychologie inversée

C’était un monde immonde, où la psychologie inversée était déversée sur tout un chacun.
Un monde où chacun n’aimait que celui ou celle qui ne l’aimait pas.
Lorsque quelqu’un aimait quelqu’un, l’autre appliquait la règle :
Ne pas aimer en retour.
La plupart comprenaient comment fonctionnait ce monde immonde.
La plupart se comportaient tels les salauds qu’ils étaient, ils absorbaient l’amour des autres, et ne le rendaient jamais.

Dans ce monde, vivait un petit être qui lui, n’avait pas compris.
Il n’était pas vraiment unique, mais ceux qui lui étaient identiques, étaient isolés, tout comme lui.
Il n’avait pas compris la règle, cette règle un peu espiègle, qui disait que pour être aimé, il fallait se comporter tel un salaud.
Et que seuls les salauds recevaient de l’amour, sans jamais devoir le rendre.
Mais lui, il aimait, il aimait à en mourir.
Mais jamais personne ne lui rendait son amour, après tout, c’était la règle, appliquée depuis toujours.
Et ce petit être continuait d’aimer, continuait de ne pas comprendre la règle espiègle que tous suivaient et pratiquaient.
Et un jour, tandis qu’il aima pour la cent millième fois, il aima tant qu’il finit par vraiment en mourir.
Alors on l’enterra un jour de grisaille, et personne ne vint à ses funérailles.

Mon histoire se finit là.
Il est étrange ce monde immonde, et il ne viendrait à l’idée de personne de penser que c’est le nôtre.
Pourtant…

Opinions

Aujourd’hui j’ai envie d’attaquer l’égoïsme,
Et de pointer du doigt l’individualisme,
J’ai envie de laisser se disperser ma rage,
Envie qu’encore une fois menace l’orage,
Sur ce collaborateur de l’hiver du monde,
Sur ce tricheur et son état d’esprit immonde,
Sur ce complice des maladies de la Terre,
Sa facilité en train de pourrir mes frères,
Cette ordure qui tue les amitiés naissantes,
En introduisant des censures avilissantes.
Je ne te parle pas de celui, matériel,
Qui rend les gens si prompts à surveiller leur fiel,
Des fois qu’un effronté n’en carotte une goutte,
Ils iraient porter plainte aux gendarmes sans doute,
C’est un peu plus subtil, je parle du penchant
Qu’ont la plupart des gens dont le cœur desséchant
A appris à se clore dès qu’on sort du seuil
De leurs limites dont ils devraient faire deuil.
Je te parle de ces jugements abusifs,
L’arbitrage qui rend les esprits exclusifs,
Qui sans raison excluent ceux qui sortent du lot
De la morale amère et de ses clous vieillots.
Les procès se font donc dans le dos des coupables,
Qu’on isole sans mot comme des incapables,
Tout en étant certain d’être dans sa raison,
Afin que plus jamais n’entrent dans sa maison
Ces marauds qui osèrent parler de sujets
Qui dérangent ceux-là que Brassens appelait
Croquantes et croquants, les gens bien ficelés.
Sortez donc de vos aires fermées aux discours
Que vous ne comprenez, vous les êtres si sourds,
Vous les êtres sectaires, vous qui êtes parfaits,
Car vos jugements fiers ne sont rien que forfaits,
Responsables ou complices du plongeon profond
Que le monde accomplit ou dans lequel il fond.