Le tox de base

Je suis un tox, et à toutes les personnes qui jugent les toxs juste sur ce détail qui me semble, à moi, insignifiant, je voulais vous dire : je vous emmerde profondément. L’ennui voyez-vous, c’est qu’en le revendiquant je prends un rôle solidaire avec toutes les personnes qui en sont, et qui sont ostracisées par des gens qui la plupart du temps ne comprennent rien à rien, et s’érigent en bien-pensants autoproclamés. Je me suis déjà fait insulter avec trois fautes par mots par certains, certaines, qui ne voient qu’un simple détail dans toute une vie qui comprend peut-être, peut-être pas, davantage d’expérience, d’observation, de désir d’amélioration, etc. Le fait que certains ou certaines s’arrêtent à ce détail insignifiant montre bien qu’ils sont à fond dans un système qui leur a désigné les personnes à détester (c’est la définition du mot ostraciser), et le fait que je l’assume les dérange. Et s’ils savaient à quel point je m’en bats les couilles, peut-être se remettraient-ils en question mais ça m’étonnerait puisqu’ils pensent malgré toutes leurs tares nuisibles pour ceux et celles qu’ils veulent discriminer, cédant ainsi aux affres de leur éducation tordue, cédant ainsi à ce qu’on veut qu’ils pensent, vous savez, l’état là, celui duquel on ne fait pas partie puisqu’il décrète aux soumis comment penser, comment se comporter, soumis qui ne prennent pas le temps de réfléchir sur l’idée qu’on leur a imposé ces façons de penser, et donc ils pensent comme on veut qu’ils pensent. Et ils sont nombreux à oublier volontairement par des dissonances cognitives que leur cerveau de crétins a adopté par facilité, qu’eux-mêmes, et qu’autour d’eux une énorme majorité de personnes, sont des toxicomanes, seulement ils s’en arrangent généralement car leurs drogues sont légales, acceptées par leur société pourrie. Alors oui, je suis un tox. Amateur de drogues en tous genre, surtout si elles sont illégales. Et ça ne m’empêche pas de penser, ça ne m’empêche pas de revendiquer et non pas d’en être fier, pour moi la fierté c’est une forme de narcissisme preuve d’ego démesuré, mais de l’assumer totalement tout comme j’assume certains de mes fonctionnements dont la plupart ont honte et n’oseront au grand jamais parler en public. Balayer devant sa porte, c’est une chose que peu de monde fait, et je le déplore. Car si ils le faisaient, le monde fonctionnerait certainement un peu mieux, au moins un peu, et nous vivrions dans une harmonie améliorée en comparaison avec la réalité des choses actuelles.

Vous voyez, je ne vais pas non plus parler ici de ce que j’ai observé durant toutes ces années, à savoir l’hypocrisie de certains consommateurs de certaines drogues communément mieux acceptées comme le cannabis, et qui crachent ouvertement sur les autres voies d’administrations d’autres drogues, en affublant ces usagers de noms insultants. Non, ceux-là sont des idiots, et je pense que jamais ils ne se remettront en question quant à leur façon de penser. Non, là j’attaque volontairement une catégorie de crétins qui se croient propres, et qui pourtant ne le sont pas. C’est tout ce que j’avais à dire. Mais c’est pas fini. Pour l’instant ça l’est, mais ça continuera. Vivre dans des sophismes, c’est le cas d’énormément de monde, et l’ennui c’est qu’ils n’en ont pas conscience d’une, et qu’ils participent allègrement au problème général de l’humanité en considérant de par leur vécu, de par des raccourcis faciles qu’ils ont pu faire sans chercher plus loin, qu’un gros souci dans la société est celui qu’on veut bien faire croire qu’il l’est : les drogues. Mais qui ne l’est pas réellement, et un des réels problèmes, c’est leur comportement inique.

Le chemin, la vague et l’océan

Qui suis-je exactement ? La question ne concerne pas mon identité, celle qui m’a été imposée, qui est écrite sur ma CNI, mais elle est plus profonde. Elle est en rapport avec les états mentaux dans lesquels je me trouve successivement, selon ce que j’ai dans le ventre. Les drogues, médicaments compris, modifient ces états. Ils les améliorent selon un degré de bien-être ressenti, ou les empirent, toujours selon la même mesure. Mais cette mesure est subjective. Alors maintenant que j’ai clarifié ce que j’entends par cette question, j’aimerais pouvoir y répondre. C’est une chose que, j’imagine, la plupart des humains se demandent un jour ou l’autre de leur vie, parfois plusieurs fois dans leur vie, lors de remises en question, lors de dépressions, lors de diverses et variées situations. Une question existentielle, souvent posée par de très jeunes gens, mais pas pour autant puérile. Est-ce que je suis cette personne nerveuse et effrayée par la réalité, qui lorsqu’elle y est confrontée se rend presque toujours compte qu’elle n’avait aucune raison d’avoir peur, ou bien suis-je l’autre… celle qui est apaisée par l’effet d’un produit contenant des molécules synthétisées donc chimiques ? Est-ce que je suis cette personne enthousiasmée par l’effet de la cocaïne ou du speed, ou encore celle qui est assommée par un quelconque opiacé ? Suis-je celle qui est calmée par les anxiolytiques ? Je n’élude pas, j’approfondis. Je pense que je suis tout ça à la fois, car systématiquement, quel que soit le produit qui circule dans mes veines, ces dernières sont entourées d’une certaine manière par mon corps. Mon cerveau est avant tout dirigé par ma conscience. Mes pensées et mes paroles reflètent mes idées, mon vécu, ma situation, mon tempérament, mon caractère. J’ai failli dire  » derrière  » au lieu de  » autour « , ce qui aurait signifié que ces produits sont au premier plan, et que mon être est lui, au second plan. Et je pense que ça aurait été faux. Je ne me définis pas par les substances qui effectivement modifient mon état général ou mental, mais par un ensemble de choses qui vont bien au-delà de tout ça.

Je suis donc un subtil mélange de plusieurs choses : mon corps, qui représente l’apparence physique que l’autre voit en tout premier lieu. Mon cerveau, que je remplis avec des idées que j’essaye de développer seul au lieu d’adopter celles d’autres bien que les avis et idées des autres me servent toujours dans l’évolution de ma pensée, de la culture, etc. Mon cœur, qui est lui, à l’origine de mes émotions, de mes sentiments (et ici, on parle de cœur par convention, car évidemment, le cœur fait concrètement partie du corps physique, c’est la pompe qui fait circuler le sang, et les émotions ainsi que les sentiments sont issus du cerveau, ils ne sont qu’une interprétation des sensations ressenties au cours de divers événements). Et dernière chose, plus subtile que les autres, mon esprit, souvent utilisé comme synonyme du mental, mais que je définis comme l’âme, et c’est une chose, la seule, que l’on ne peut pas contrôler car son existence est d’ordre métaphysique. Et tout ça mélangé, ça donne un être humain, moi.

C’est bien beau tout ça, mais à quoi ça rime ? Quel est l’intérêt de tout ça ? Tout le monde (ou presque), comme je l’ai dit un peu plus haut, souhaite savoir qui il est. Ça fait partie des questions existentielles et un peu mystérieuses de la vie. Ce n’est pas vital au pied de la lettre, mais essentiel. Essentiel du mot essence. Et si beaucoup pensent, je le sais, que c’est une perte de temps de se poser ce genre de questions, et de chercher à y répondre, je ne suis pas de cet avis. Je pense au contraire que c’est quelque chose de primordial. Savoir qui on est, comment on fonctionne, pourquoi on ressent des émotions, comment on les gère, les mécanismes qui interviennent lorsque ces émotions sont ressenties, comment fonctionne son ego, pourquoi nous avons un ego, alors qu’à la base l’enfant naît sans réellement avoir conscience de lui, donc sans ego, comment on le développe, pourquoi on se sent mieux avec certaines idéologies qu’avec d’autres, pourquoi on aime davantage tel style musical, tel style cinématographique, plus largement, pourquoi on préfère tel ou tel art, ou même pourquoi on aime l’art, ou pourquoi on ne l’aime pas, pourquoi on se sent mieux auprès de certaines personnes plutôt que d’autres, sorti de tout intérêt matériel évidemment… Pouvoir s’expliquer tout cela mène à la connaissance de soi. Car nous (nous, les humains) sommes des êtres complexes, d’ailleurs complexés parfois mais c’est une autre histoire. Comprendre comment on fonctionne dans le détail peut aider à accéder à son idée du bien-être. Accéder au bonheur tel qu’on le conçoit. Ce n’est qu’une des nombreuses marches qu’on peut parcourir, car une fois que ce mystère est résolu (et selon moi il n’est jamais résolu complètement, on peut toujours apprendre quelque chose de nouveau sur soi-même), si on peut mieux se sentir, l’escalier comporte encore beaucoup de marches.

Oui, j’aime les métaphores, ces images m’aident à mieux comprendre les choses. Pour expliquer quelque chose de compliqué, j’arrive mieux à y voir clair lorsque je compare ça à ces illustrations. Le chemin, les marches de l’escalier, les paliers. J’ai vu que dans les écrits d’un homme que j’ai toujours respecté énormément malgré le fait que je n’ai jamais eu la chance de le connaître, qu’il se servait très souvent du mot « chemin » et qu’il l’écrivait avec une majuscule. Ce dernier sage, parce que pour moi et d’ailleurs pour énormément de monde, c’est un sage, avait plusieurs autres images desquelles il se servait pour apporter en occident, tel Matthieu Ricard, la pensée spirituelle orientale. C’est Arnaud Desjardins, et la métaphore est la vague et l’océan. Il s’agit là d’expliquer dans quelle mesure nous sommes tous liés les uns aux autres, nous ne formons qu’une seule et même entité (ce qui peut rebuter lorsqu’on pense à certaines personnes détestables), imagée par l’océan. L’univers à la base n’était qu’une boule d’énergie qui s’est étendue, c’est l’expansion, en tournant à la manière d’une spirale. Donc en théorie, tout dans l’univers est issu de la même origine, et un jour, tout n’a été qu’un. Il s’agit donc ici de se rendre compte que même si la dualité, la division de toute chose, est apparue dès le Big Bang, il y a un lien commun qui unit et qui unira toujours tout ce qui réside dans l’univers. Lorsqu’on rejette cette idée, qu’on la trouve absurde ce qui peut paraître juste au premier abord, on peut aller beaucoup plus loin en disant que finalement, chaque être humain se divise en des centaines de milliards de cellules, d’atomes, de molécules, et que finalement, chacun n’existe pas en tant qu’entité propre. Mais si on adopte le point de vue de non-dualité, qu’on prend conscience qu’on est l’océan et non la vague, quand bien même chacun est une vague dans l’océan, on peut se donner une première raison d’arrêter de souffrir constamment, car si l’autre fait partie de la totalité des choses, tout comme soi-même, et qu’il n’y a plus de réelle séparation entre soi et l’autre, entre soi et la Terre, mais aussi les autre planètes, étoiles, galaxies, nébuleuses, etc. alors on peut commencer à comprendre comment se détacher de l’ego. Mon ego fait partie de moi, mais moi, je fais partie du tout, comme tous ceux et toutes celles qui sont des proches avec qui j’ai – ou pas – des liens du sang, mais aussi de parfaits inconnus. À ce moment-là, on a une raison (supplémentaire si on en avait déjà d’autres avant) pour considérer tout être humain, mais aussi tout être vivant, animal, végétal, minéral, avec ou sans conscience, mobile ou inerte, proche ou lointain, comme les pièces d’un immense puzzle, où chacune a son utilité.

Je suis la vague, trop souvent, mais je suis aussi l’océan. D’ailleurs où est la limite entre la vague, la mienne, celle qui me représente, et la suivante ? Les particules d’eau circulent de vagues en vagues, elles ne savent pas et elles se fichent de leur emplacement. Je suis la vague quand je suis prisonnier de mon ego, mais je suis l’océan quand je me rends compte que l’union de tout ce qui existe est là, intemporelle, concrète. C’est aussi là que les religions quelles qu’elles soient ont un aspect erroné, car si dieu existe quel que soit son nom (ce n’est pas la question), mais que toute chose est unie à toute chose, alors je suis dieu… Or, dire ça est un blasphème selon les lois respectives aux religions. Ce qui ne veut pas dire que je ne pense pas qu’elles soient inutiles, elles sont utiles car énormément de monde n’est pas capable de distinguer ce qui se fait de ce qui ne se fait pas, de par son éducation, son vécu, son tempérament, et d’autres détails, et pour ces cas là, elles aiguillent ceux et celles qui sont perdus et qui ne verraient pas où est le problème lorsqu’ils se comportent de façon nuisible avec le vivant. Alors les religions, lorsqu’elles ne sont pas poussées à l’orthodoxie, aident les gens, ceux qui en ressentent le besoin. Par contre, mal interprétées, poussées aux extrêmes, elles deviennent dangereuses, au même titre que les sectes.

Je suis l’océan, et ma vie ne s’arrête pas lorsque la vague que je crois encore trop souvent être, s’échoue sur la plage et se dissous dans le sable.

Néant

Je m’étonne d’exister, d’être, car je suis, mais j’aimerais disparaître,
Quand l’acier brûle ma peau, qu’il me fait me dissocier du troupeau,
Ma dignité en prend un coup, et la moralité me met la corde au cou,
L’univers m’unit à mes vers, et des vers me bouffent, m’habitent à l’envers
Du décor, mes travers envahissent mes pensées, diverses et séquencées,
Les drogues font danser mon cœur, il vogue et vole un instant, vainqueur,
Mais ce n’est qu’éphémère, car il retombe pour aller se noyer dans la mer
De mes larmes déversées au passé, qui ne se sont toujours pas évaporées,
Qui n’ont pas rejoint les nuages, et dont les vagues m’ont jeté sur la plage,
D’une île déserte, où la solitude m’a fait perdre jusqu’à mon langage,
Où je suis redevenu sauvage, où mes mots ne sont plus que des babillages,
Je n’ai pas de haine, le vide m’emmène dans des plaines de morts vaines,
La lassitude a été dépassée depuis un bail, elle m’a projeté sur des rails,
J’attends qu’un train veuille bien m’achever, mais hélas, rien ne se passe.

La veuve noire

C’est l’histoire d’un soir qui avait commencé comme un cauchemar,
D’un garçon de la nuit qui trompait son ennui dans un vieux hangar,
Faisant l’amour sans crier gare, avec de l’héroïne, en bon fuyard
De la vie, il n’avait pas d’avis sur la question, assouvi et hagard.

C’est l’histoire d’un soir qui a continué comme un rêve, une trêve
Dans son existence, l’exception qui lui a donné une chance, une brève,
Sans lui dire qu’elle allait le détruire, qu’elle l’avait choisi cette Ève,
Car elle l’estimait fichu, ce ne serait pas une grosse perte qu’il crève.

C’est l’histoire d’un soir qui s’est fini en incendie dans un plumard,
Pendant plusieurs nuits, les amants y sont restés, ces flemmards,
Pour elle, il a tout arrêté, ses escapades qui devaient finir en corbillard,
Pour lui, elle n’a rien fait, et puis elle l’a mis au centre d’un long brouillard.

C’est l’histoire d’un soir qui aurait mieux fait de finir en overdose,
Sans poésie, de la prose, un peu d’amnésie, un petit quelque chose
De condamné d’avance, scénario rance, l’absence totale d’osmose,
De l’amour sous-dosé, quelques baisers déposés, des ecchymoses.

C’est l’histoire d’un soir qui s’est vraiment terminé des années plus tard,
Dans une toile d’araignée, le désespoir baigné, la rechute du bagnard,
Dans la saignée, à la potence accompagné, il avait fini par le voir,
Qu’elle ne l’aimait pas, une égoïste voulant régner, un étouffoir.

C’est l’histoire d’un soir qui avait inexorablement mené à l’abattoir,
Lui était son miroir, à elle, il ne cessait de boire son propre désespoir,
Il vivait dans un mouroir, son amour avait un cœur de pierre illusoire,
Et à force de manquer d’ailes, il a fini étalé sur le bord du trottoir.

Le cœur et le corps en morceaux, après une chute de plusieurs étages,
C’est dommage, mais bye-bye, l’amour est assassin, c’est un grillage
De fils barbelés, bien serré autour de la cage thoracique, la rage
Sans morsure, c’est un nuage noir, c’est un orage d’un autre âge.

Pleurer sous tise

L’agressivité et les pleurs sous alcool sont liés, ce sont des véritables pulsions humaines exacerbées, qui ne remontent pas en surface en temps normal. Quand « on » voit quelqu’un pleurer, on est plus facilement touché si ce quelqu’un n’est pas alcoolisé, pourtant lorsqu’il l’est, ses larmes sont réelles malgré les certitudes de beaucoup. « On » est moins touché parce qu’on sait que l’alcool a amplifié les émotions et a aidé ces larmes à sortir. Quand l’alcool n’est pas présent, « on » souhaite généralement agir d’une manière ou d’une autre, que ce soit en donnant des conseils, en tentant d’aider. Mais lorsque l’alcool est là, « on » a tendance à ne plus le faire car « on » sait qu’il y a de fortes chances que ces tentatives d’aide n’aboutissent pas (ou uniquement à très court terme) étant donné que l’alcool provoque l’oubli à moyen et à long terme. « On » cherche toujours à conseiller, à surenchérir, à moraliser, à consoler, à raconter des anecdotes pour faire dévier le sujet, à clore la question, à sympathiser ou à interroger (voir la CNV au quotidien, Marshall Rosenberg, p.74). « On » oublie souvent que tous ces actes ne valent pas une simple oreille empathique. Quand quelqu’un pleure, c’est qu’il a besoin de pleurer, et pleurer est naturel, tout comme rire. Nos conditionnements bien/mal nous font mettre l’acte de pleurer du côté négatif, et quand « on » est confronté à quelque chose de négatif « on » veut souvent le bloquer, le détourner, l’empêcher d’exister. Pourtant, nos natures sont telles qu’on pleure, qu’on rit. Alors pourquoi peut-on pleurer si ce n’est pas utile ? Les larmes sont utiles, elles sont là pour une raison particulière à chaque fois. Les émotions qui font couler les larmes doivent être vécues entièrement, bloquer une émotion la rend latente. Reste à savoir à quel degré « on » souhaite comprendre l’autre.

Image : libre de droits (Giuliamar)

Souffrance

Vous êtes-vous déjà retrouvé à crever,
Comme si vous étiez éventré,
Sans vous avouer en être l’avènement même,
En avoir la responsabilité avérée,
Tandis que dans votre dos, d’autres disaient :
« Il l’a pas volée ! » ?

Vous êtes-vous déjà retrouvé à vouloir crever,
Aussi vite que possible,
Avant de n’en avoir plus envie,
Cette envie qui revenait ponctuelle,
Telles les ivresses d’un poivrot,
Telles les saisons d’une révolution,
Telle l’aurore voilée du jour suivant ?

Vous êtes-vous déjà retrouvé le ventre labouré
De violentes envolées vers la douleur,
Tandis que vous aviez l’épiderme enflammé,
L’esprit confus, la viande tannée,
À rêver d’évoluer sans en avoir la volonté,
À vouloir que le temps passe en accéléré,
Quitte à vieillir, c’est pas grave…

Je ne vous dirais pas que c’est mon cas,
Car ça me regarde, et uniquement moi,
Et je ne veux aller dans le sens qu’on attend,
Le pathétisme m’a trop souvent violé.

Overdose

Qui es-tu ? Pourquoi viens-tu à moi ? Je n’ai aucun besoin de toi.
Voir quelqu’un mourir est-il si fascinant que ça ?
Pas pour moi, moi je le vis, alors ta curiosité morbide, garde-la.
C’est tellement imbécile d’en arriver là,
Mais faut me foutre la paix maintenant, j’euthanasie ma vie,
Que ce soit légal ou pas, je m’en moque, j’en ai le droit.
Je n’ai plus la force de me mettre en colère,
Ni même de me foutre en l’air,
Ça fait bien longtemps déjà.
Alors si c’est ça, va, t’inquiète pas.
Ma façon à moi de faire ça, elle est plus progressive,
Mais tout aussi efficace et active.
J’ai le pouvoir d’atteindre l’extase avant le noir,
Ce noir total et définitif que j’ai vu parfois,
En descente dans les catacombes de Paris,
Lorsque déjà, malade et incompris,
Je me laissais distancer par les autres,
Et j’éteignais ma lampe, mauvais apôtre,
M’asseyais sur une pierre de calcaire,
Et en silence, je terminais ma bière,
Les yeux ouverts.
Le cœur écorché, tellement saigné,
Que ça m’en rendait mauvais.

Image : CC BY SA Hugo Clément

Choc anaphylactique

J’ai fait une poussière, j’ai poussé hier la porte de la mort,
Allongé, tremblant, suant et pleurant, j’ai fait une prière,
J’ai demandé à la Terre de me reprendre, redevenir poussière,
Encore une fois, elle est restée impassible devant moi,
Et tout d’un coup…
Elle s’est marrée, m’a fait comprendre qu’elle ne voulait pas de moi.
Pointant du doigt ce chemin que j’avais fait pour arriver devant elle,
Alors j’ai baissé la tête et j’ai fait demi-tour,
Je suis reparti dans mes cauchemars,
Ceux où je vois une période de mon passé.
C’est paradoxal, car dans ces moments j’étais heureux, souriant,
À mes côtés, un être vivant que je croyais sincère, aimant,
Aidant, empathique, mais j’ai trop tiré sur le fil électrique,
Je l’ai débranché, et le décor s’est éteint soudainement,
Je me suis retrouvé dans le noir, avec juste le souvenir,
Douloureux, de cette connexion perdue.

Image : libre de droits – Sam Metsfan

Transfusion de désespoir

Vidé par le néant, l’absolu m’apparaît si insignifiant,
Incomplet, je perds le goût de tout ce qui me plaît,
En secret, j’espère qu’il y aura un décret qui me sera fatal,
Mais les bulles d’air, on s’y habitue, elles ne tuent que les pétales,
Le cœur de la fleur reste, l’ensemble est fané et c’est laid.
Autour de moi, je ne vois que des fleurs fanées,
Mais certaines se prennent carrément pour des bouquets,
Sauf qu’elles sont rien de plus que ce qu’elles sont, elles ont
L’énergie vidée, tout comme la mienne,
Elles ont l’incapacité temporaire
De se régénérer.

Le sacrifice m’étonne, n’intéresse personne, il sonne faux,
Mes dents qui traînent sur le plancher laissent des traces,
Usent ma patience, je repense à toutes ces fleurs fanées et rances,
J’ai plus l’envie, et il est tard, trop tard, beaucoup trop tard,
J’avais une chance, je l’ai perdue un soir, et certains autres soirs,
Je passe en revue toutes les substitutions que j’ai eues,
Je déteste vraiment ces périodes, ces moments de vide,
Mais vite, il faut que je trouve une putain d’alternative,
Un trip suffisamment puissant, un shoot déchirant,
Qui me transforme tellement qu’il me fera oublier tout,
Définitivement.
À moins de cesser de vivre, ma petite vie est ivre d’inconsistance,
Je me suis insuffisant, je me sens mourir lentement,
C’est trop lent.

Ode à la solitude

Par le nez par les veines entrent les molécules,
Et la vaine montée perdure à chaque jour,
Quand le sang mélangé envoie les particules,
Dans ma douce plongée sans bouée de secours.

Je me fous bien des autres, le partage est si loin
Me vautre comme un fou, mon amour est la came,
Que tu existes ou pas, que tu sois dans un coin,
Dans tes pas les plus tristes, où sans moi tu te pâmes.

Va donc, bien maquillée, séduire un autre rat,
T’enquiller un quelconque individu moins saoul,
Ton jeu aussi habile, ne m’intéressera,
Débile, je le trouve, il ne vaut pas six sous.

Allez, passe ta route, tes valeurs je m’en carre,
Ta déroute et tes passes, moi je ne les vois pas,
Va t’envoyer en l’air, ou sur un quai de gare,
Ton air de dévoyée flotte au-dessus de moi.

Envolée

Un soir, que j’étais à moitié endormi à cuver mes amphets,
À croire que le monde entier m’avait jeté hors de la fête,
Allongé sur un lit, l’été, j’avais laissé la fenêtre ouverte,
J’ai entendu comme un bruit, alors j’ai lentement tourné la tête,
Et j’ai vu quelque chose.

Je me suis frotté les yeux, je me suis dit que j’hallucinais,
Ou que je dormais vraiment, c’était un rêve où se dessinait
Un être étrange, qui d’une douce lumière bleue illuminait,
L’ensemble de la pièce vide, espace que la noirceur dominait,
Il m’a tendu la main.

Puis il s’est exprimé, il a juste prononcé un mot : « Viens. »
Restant là sans bouger, et moi pétrifié, je ne faisais rien,
Je n’osais ni me lever ni respirer, et répondre, encore moins,
J’en étais à me demander si je devenais pas un peu zinzin,
Mais finalement, j’ai accepté.

On est partis par la fenêtre, on s’est comme qui dirait envolés,
Fonçant vers la lune, toute pleine, et dans un ciel voilé
Par des nuages cachant ce tableau normalement étoilé,
Qu’on a dépassé, on se rapprochait de l’astre illuminé,
Et on y est arrivé.

Elle était plus petite que je me l’imaginais, la lune,
Loin des images que j’avais déjà vues, pleine de dunes,
La lumière blanche provenait de pierres précieuses, chacune
Brillait intensément, il y en avait pour une fortune,
J’en ai ramassé une.

Mais à peine je l’ai tenue qu’elle est tombée en poussière,
Comme si sa place n’était que sur cette espèce de Terre,
Et qu’ailleurs, elle perdait toute forme et toute matière,
C’est alors que mon hôte me montra du doigt une rivière,
Qui coulait au loin.

Ce n’était pas de l’eau, mais c’était des émotions,
Elles dévalaient le lit de ce fleuve de passions,
Pleines de couleurs, allant dans toutes les directions,
Se heurtant parfois, dans de mystérieuses explosions,
Ça giclait de partout.

Mon esprit était si absorbé par ce spectacle, que je n’ai
Pas vu que l’ange de lumière qui m’accompagnait détenait
Le pouvoir d’attraper au vol les sentiments qui venaient
Du torrent, éclaboussant le vent et les spectateurs étonnés,
Autrement dit, nous.

Oui le vent, car sur ma lune, il y avait des bourrasques,
Et des habitants, dont la plupart portaient des masques,
Ils étaient habillés de bien étranges manières, fantasques,
De la musique arrivait, ainsi qu’une ambiance orgiaque,
Trop soudaine pour être honnête.

La lune était habitée, et j’en suis resté bouche bée,
Les yeux ronds, hagards, un peu perplexe j’ai enjambé
La rivière qui s’agitait, et je me suis désinhibé,
Cherchant mon ange des yeux, mais il s’était déguisé,
Et je ne le retrouvais plus.

Les notes sonnaient à mes oreilles, une mélodie extraterrestre,
Impossible de décrire cette merveille, qui se jouait sans un orchestre,
Je ne voyais pas d’instrument, ni mur de son, et le registre
Incidemment semblait sortir de l’avenir, inexplicablement,
Comme tout le reste.

Et je me suis éloigné seul, je voulais voir la face cachée,
De cette lune fascinante, sur laquelle j’avais flashé
Tellement de fois alors encore les pieds sur Terre et harnaché
À mon ego d’humain, mon corps, et ma tête et mon coeur haché,
Et là, l’impensable fut pensé.

Nulle glace, nul froid non plus, mais une cité gigantesque,
Avec des habitations sur plusieurs niveaux, des rues en arabesques,
Qui grouillaient de vie à outrance, et de scènes si romanesques,
J’eus envie de la visiter, d’entrer partout, enfin presque,
C’était le temps qui me manquait.

Ce déroulement irrémédiable, vieux résultat de l’expansion
De l’univers, de dieu, du diable aussi chez qui j’étais en pension,
Plusieurs années auparavant, il m’avait mis l’appréhension
Au fond de l’âme, un paravent dans les entrailles, et sa mission,
Un cercle vicieux incassable.

Je devenais vieux, je voyais des rides s’accumuler sur mes mains,
Je touchais mon visage, j’avais maigri, tout ça en un tournemain,
Je devais retourner à mon espace, quand bien même si commun,
Sans quoi j’allais mourir sur place, c’était en marche, et demain,
N’arriverait jamais.

Je me suis rendu compte, là, que je tenais à la vie, ma vie,
Comment revenir ? la panique s’inséra en moi, sans mon avis,
Avant de m’en aller d’en bas, mon âge était en vis-à-vis
Avec ce temps parfois lassant, mais qui passait à l’envi,
Lentement, il m’en restait.

J’ai passé quelques heures à errer, éclairé par le sol phosphorescent,
Et puis finalement, finalement je me suis réveillé. En sueur et convalescent,
J’étais en manque, malade comme un chien, avec le front incandescent,
Si quelqu’un m’avait vu, il m’aurait certainement trouvé indécent,
Je me suis soigné à ma façon.

Mais à partir de ce jour là, je n’ai plus vécu de la même manière,
C’est comme si s’était déroulée une histoire bien particulière,
Qui m’avait marquée, les conclusions grimpaient comme du lierre,
Gagnant lentement sur mon esprit, le transformant en poudrière,
La mèche et l’allumette en mains.

Image : libre de droits (josecab)

Des choix

L’être humain est un véhicule. Depuis toujours il cherche à voyager dans sa tête comme physiquement, et à comprendre toute chose, en se concentrant sur son nombril. Que ce soit ses possessions, ses humeurs, ses idées, tout tourne autour d’un seul individu, et vu sous un angle plus général, c’est un chaos confus, car tout tourne autour de chaque vie, et toutes ces vies, ces actions, ces réactions, ont tendance à se heurter les unes les autres.

L’être humain s’est créé un monde inhumain dans lequel il doit évoluer cruellement, sans aucune possibilité de prendre une pause, alors il cherche encore, non plus à comprendre, mais à renouer avec des racines qui sont sous ses pieds et qu’il a abandonné la première fois qu’il s’est habillé, ou la première fois qu’il a ressenti la conscience d’exister. D’abord, l’innocence, puis la prise de conscience : Je. Mais au lieu d’être, il veut avoir. Il cherche à s’approprier de plus en plus de choses, et de la valeur financière de ce qu’il possédera dépendra sa place dans sa société.

Et voici qu’un jour, il se rend compte de l’étendue des dégâts, il pleure devant ce spectacle insoutenable et il veut changer les choses. Il veut que ça change, que tout change, mais il continue de tourner autour de lui-même. Jusqu’à ce qu’à nouveau il se rende compte – souvent il faut du chemin aux réflexions pour qu’elles prennent place – qu’il s’est trompé quelque part, Qu’il faudrait qu’il évolue au lieu de tenter de forger les choses à l’image qu’il souhaite leur donner.

L’Homme a créé dieu à son image, afin qu’un garde fou puisse l’empêcher de prendre des voies nuisibles, et s’est ensuite rendu compte que ce qui était censé l’aider entraînait plus de problèmes qu’il n’en solutionnait. Alors il tourne en rond, et il réfléchit. En permanence il réfléchit. Mais toujours en continuant de tourner autour de son nombril. Certes, il a compris qu’il y a « les autres  », et que c’est difficile de faire sans, mais ce qui lui importe, c’est Je. Toujours Je. Et Je s’écroule sous la pression du monde qu’il soutient, comme Atlas. Alors Je a besoin de s’évader, c’est légitime. Il a besoin d’oublier son état d’être humain perdu au milieu de centaines de milliers d’autres êtres humains qu’il croit insignifiants. Ce qui lui est proposé à ce moment-là, ce sont différents moyens, et les plus faciles font totalement déconnecter de la réalité, mais n’était-ce pas ce qu’il voulait ? Déjà perdu depuis longtemps, il s’enfonce encore, plus profondément, dans les méandres chaotiques des possibilités de son monde, sans voir plus loin que ce que ses yeux lui permettent de voir.

Et tout se passe bien jusqu’à ce qu’autour de lui, les autres êtres humains voient qu’il se passe quelque chose, mais ils sont déjà embourbés dans les aléas de leurs propres existences égotiques, alors par facilité, ils prennent pour acquis ce qu’on leur a toujours expliqué via une propagande mensongère, et l’interprètent comme leur réalité, la seule qu’ils voient. Le seul angle par lequel il est admit officiellement de regarder. Et l’isolement commence. L’ostracisme aussi, mais pas un ostracisme constructif et nécessaire, comme celui des Grecs, un ostracisme qui a une forme de jugement populaire, sans juge, sans avocat, une forme de discrimination. On ne lui laisse aucune autre chance que de suivre des chemins de sacrifices, or on ne sacrifie une chose que pour quelque chose de mieux. La médecine moderne est là avec toute sa panoplie de psychiatres, psychologues, et autres addictologues, armés de leurs ordonnances, passes-droit pour accéder à leurs médicaments, leurs drogues, qui aliènent l’esprit, le cœur, la tête et le corps. Alors chacun sa place… Nous choisissons d’enfermer allègrement ceux qu’il faut punir, dans des centres de redressement fermés, aux portes verrouillées, aux fenêtres pleines de barreaux. On ne veut pas les voir, ils sont bien là où ils sont. Et nous les assommons à coup de molécules chimiques sédatives. Nous les attachons à des lits pour mieux les empêcher de se faire du mal. Qui « nous » ? Eh bien moi, toi, tout le monde.

« Rester neutre face à l’injustice, c’est avoir choisi son camp, soutenir le statu quo. » Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix

Mais qui fait le mal ici, et qui fait le bien ? Est-ce que c’est celui qui s’évade parce qu’il n’en peut plus de subir ? Ou bien celui qui juge et qui pointe du doigt du fait de son besoin de toujours tout contrôler ? Est-ce que c’est celui qui s’enivre ou celui qui isole ? Je me demande parfois, ma société a tendance à être très sévère avec les personnes qui consomment des substances illicites souvent  moins dangereuses que celles autorisées, et à accuser de beaucoup de choses, de dangerosité par exemple, d’irresponsabilité, les usagers, et toujours sans procès, juste parce que la morale a décidé que… Et ça, cet état de fait, condamne beaucoup de monde à l’isolement, au jugement facile, ou à devoir cacher leurs habitudes. Ils ne leur sera jamais accordé la possibilité d’assumer.

Image : CC BY Jeff Djevdet

L-3421

Les plus gros des dealers sont chez nous, en occident
Ce sont les labos, les pharmaciens bien complaisants,
Car ceux des rues, tu les remercies pas, ça se fait pas.
Ils savent qu’ils vendent la mort, sauf toutefois
Pour le cannabis, aux mille propriétés thérapeutiques,
Comme la protection des neurones, ou l’effet antalgique…
Mais les pharmaciens, vendeurs de mort aussi
On les quitte en leur souriant, en leur disant merci,
Ils sont bien planqués derrière les lois du système,
Ils font faire du profit aux labos, qui n’aiment
Qu’un usager puisse se soigner tout seul
En faisant pousser autre chose que du tilleul.
Les lobbyistes qui n’ont pas pour mission la santé,
Ce qu’on aurait pu croire, mais les soins sont patentés
Par des chimistes qui synthétisent toutes les plantes,
Et les transforment en produits industriels de vente,
Car une plante, tu ne peux pas la breveter,
C’est interdit, alors mieux vaut la diaboliser,
Payer l’état pour qu’il maintienne les interdits,
Que les cultivateurs soient traités comme des bandits,
Et qu’on les menace de les envoyer en prison
Juste parce qu’ils refusent d’obéir à des aberrations !
Voilà la vérité de notre société formidable,
On dénigre par la loi, on rend indéfendables
Des personnes lambda qui ne font aucun mal,
On se sert des enfants pour justifier l’anormal,
Et on empêche de s’exprimer en édictant des lois
Ceux qui veulent le faire savoir, les gens comme moi…
Car ce poème, aussi révélateur qu’il puisse être,
Est interdit car il viole une règle, et c’est traître :
Présentation sous un jour favorable d’une substance,
Listée au même titre que d’autres, accusée de malfaisance,
Listée comme l’héroïne, mais pas comme l’alcool…
Car l’alcool est dans nos mœurs, présent dans les écoles,
À la cantine et dans les tiroirs des professeurs
Dont certains, imbibés, parfois passent une heure
À chercher la serrure de leurs salles de classes,
Et c’est du vécu, car si je dis ça avec audace,
Je sais ce que je dis, et rien ne me fera taire,
Ce n’est pas une vieille loi, ni des flics sectaires
Qui pourront m’empêcher de l’ouvrir, et même en prison
Je continuerai d’informer, d’expliquer aux populations
Les petites incohérences présentes dans la société
Qui, lorsqu’on change d’angle, apparaissent en variété,
Alors je suggère à celui, à celle qui lira ceci
De tenter de se déplacer pour voir les choses plus éclaircies
De ne plus croire tout rond des atroces stupidités
Simplement pour l’unique raison qu’elles ont été
Transmises via des moyens connus de propagande,
Publicités ou campagnes de sensibilisation marchandes,
Destinées à désinformer et à empêcher que ne puisse
Circuler la vérité en favorisant le mensonge et le vice…

Image : CC BY SA Avriette

 

Encore l’ostracisme

Les « dealers » existeront,
Et tiendront le pavé devant les maisons
Tant que l’état maintiendra la prohibition…
Tant que l’état continuera à jouer son jeu,
À revendiquer un monde aseptisé, utopique enjeu,
Et les Bourgeois, à croire leurs campagnes,
Publicités destinées à faire croire qu’ils accompagnent
Les enfants sur des chemins blancs comme neige,
Tout en s’en remplissant le nez, c’est là leur manège…
Depuis la nuit des temps l’Homme ressent le besoin
De s’enivrer tant l’état maintient la pression et prend bien soin
D’enfoncer les clous dans les dos des prolétaires,
De prioriser des erreurs séculaires, de pourrir la Terre,
Et on vivra comme ça, ça va durer encore et encore,
Alors soit, je comprends que beaucoup n’aiment pas ça,
Que beaucoup veulent trouver coupable et jettent le tort
Sur ceux qui utilisent les failles du système,
Et sur ces autres qui en sont victimes et qui aiment
S’oublier au point de se détruire jusqu’à la mort.
Mais bon sang, faut réfléchir davantage
Au lieu de systématiquement répéter à tous les âges
Que les méchants sont ces victimes collatérales,
Retirer ses œillères, retirer ce vieux voile
Qui empêche d’y voir clair dans ce dédale,
Au mot « ostracisme », ouvrir son dictionnaire
Et son esprit à des logiques moins autoritaires
Que celles qui ne fonctionnent pas depuis…
Depuis plus de cinquante ans.
Einstein, ce savant philosophe, disait judicieusement :
« La folie, c’est répéter les mêmes erreurs
Et espérer des résultats différents.
 »

Image : CC BY Kurt Löwenstein Educational Center International Team

War on drugs

Les bonnes gens gueulent quand ils constatent la corruption
De leurs élus, qu’ils ont eux-mêmes montés sur des podiums
Relèvent toujours tout ce qui va dans la mauvaise direction,
Se basant sur la parole de médias qu’ils adulent au maximum,
Mais il y a un sujet sur lequel ils sont généralement tous aux anges,
Pour lequel la morale est finalement utile et a lieu d’exister,
Cette morale à laquelle ils font le dos rond quand ça les arrange,
Un sujet qui pourtant comme les autres a aussi été tronqué.
Sans trop réfléchir ils croient aux conneries qu’on leur raconte,
Et aux explications qu’on leur brandit comme des évidences,
Souvent touchés de près car un proche ou eux-mêmes – quelle honte !
Est directement concerné et s’enfonce au péril de tous ses sens.
Alors intervient l’alchimie étrange responsable de l’erreur,
Quand on se base sur un mensonge pour trouver des solutions,
Ils saisissent la perche qu’on leur avait tendue tout à l’heure,
Et identifient les groupes soi disant responsables de ces subversions,
L’ennui c’est qu’ils se trompent comme à chaque fois,
Et qu’ils empruntent des chemins avec toute leur bonne foi,
Que d’autres ont détournés pour eux il y a nombre d’années,
Aidés de Nixon et d’organisations aux intentions falsifiées,
Car depuis un demi-siècle les mythomanes rabâchent
Les mêmes inepties que tous croient sans relâche,
Emplissent les prisons ou les centres de désintoxication
De personnes qu’ils ont casés comme dans des camps de concentration,
Ayant fait croire aux uns qu’ils sont atteints de tous les maux,
Ayant poussé les autres à l’extrême comme des animaux,
Ayant persuadé les plus innocents qu’ils faisaient le mal,
Toujours ce manichéisme occidental, c’est tellement banal…
Mais quand on regarde un peu les poubelles de l’histoire,
Celle qu’on ne raconte pas dans les espèces d’abattoirs –
Je parle des écoles républicaines, dans lesquelles les professeurs
S’évertuent à tailler les élèves à grands coups d’asservisseurs,
En utilisant la comparaison, en glorifiant la compétition,
Pour les préparer à vivre dans un monde où le pognon
Est un fin en soi, sauf que le fric, ben ça se mange pas –
Et donc, lorsqu’on regarde en arrière, derrière soi,
Qu’on s’informe au sujet de détails que l’obscurantisme,
A caché afin de ne pas trop affiner le sens critique,
Comme les guerres de l’opium ou encore l’arrivisme
De l’ancêtre de la DEA, de l’origine des coups de trique
Sur les mains des consommateurs de certaines substances,
De l’origine de lois exportées partout et dont l’influence
A créé une des plus grandes guerres de tous les temps,
Celle qu’on fait aux drogués, celle qui ne dit pas son nom,
Qu’on pourrait croire baignée de bon sens mais pour autant,
Elle est responsable de tant de méfaits, mais toi tu dis : « Non ! »
Tu dis qu’il faut qu’elle existe, que les drogues sont dangereuses,
Et moi je te dis que c’est la prohibition qui est malheureuse,
Sans elle, tous les problèmes soi disant créés par les drogues
En moins de 80 jours dans le monde, et je suis pas Phileas Fogg,
S’arrêteraient net ! Comme si on avait mis un coup de baguette,
Alors tes associations, tes organisations, et tout ton bric-à-brac
Tu sais, tu peux te les garder, car j’ai décidé y a bien belle lurette
De tenter d’y voir clair et d’éclairer mes pairs dans tout ce micmac…

Johnny Speedball

Résumé :
Un jeune homme au bout du rouleau entreprend de se suicider, mais ce qu’il va vivre dépasse de loin tout ce qu’il peut imaginer. Suivez l’aventure étrange de Johnny, un ancien usager de drogues dures, qui entre désespoir et science-fiction, se retrouve dans une situation qui frôle allègrement la folie.

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Pensées endormies

Je suis comme un genre d’épouvantail doté de parole qui hurle et gesticule, ça fait juste fuir quelque corbeaux, ça attire les vautours, mais ça donne pas envie.

Avant de changer le monde, il faut commencer par se remettre en question soi-même, en fait on est au coeur d’un changement d’ère, et si on ne va pas vers le spirituel, on ne va nulle part.

Personnellement ça fait assez longtemps que j’ai abandonné l’idée de convaincre qui que ce soit. Tout simplement parce que pour ma part, je n’ai pas cette faculté. Je ne suis clairement pas un leader, alors je fais mon truc dans mon coin. Par contre je veux bien être classé dans les « agitateurs », là oui…

Y a beaucoup de monde éveillé, mais faut évidemment pas essayer de comparer à la totalité des humains, parce que ça ferait un pourcentage très minime. Mais du fait qu’on est plusieurs milliards sur Terre, même si c’est qu’1 % ça fait quand même plusieurs millions de personnes…

La révolution se fera en Europe quand le paradigme européen changera réellement, et quand les gens sortiront de leur logique de consommation et de possession.

La drogue ça n’existe pas, c’est une expression inventée par la presse pour appuyer des discours politiques visant à l’interdire.

Il reste encore sur cette Terre des nostalgiques d’un sentiment de don absolu, sans domination, et sans dévolu.

La poésie s’interprète comme la peinture, différemment selon les gens, leur vécu, et tout ce qui fait leur personnalité.

Les paroles poétiques font naître des réflexions, ou nourrissent des réflexions déjà commencées, c’est agréable d’en discuter, ça n’empêche pas d’écouter [lire] profondément à d’autres moments que la communication.

La notion d’appartenance est incompatible avec un couple équilibré. La confiance en l’autre devrait suffire à rassurer quelqu’un de jaloux.

Les partis politiques sont à éliminer, tout comme le système actuellement en fonction depuis des centaines d’années.

J’ai trouvé des moments où jamais la tristesse n’intervient, où la vie est d’un bien-être intolérable !

Dans les moments heureux, on a peur de tout perdre, [mais] à un moment on commence à penser que les choses sont acquises, et ce moment là est dangereux, parce qu’on se repose sur ses lauriers, c’est dans ce type de moment que les choses échappent [au contrôle] généralement.

Le temps est comme une boite de vitesses, parfois la vie est au point mort, et le destin comme le hasard n’enclenche la première que quand il a décidé, et c’est souvent quand tu t’y attends le moins.

Il faut éviter de tourner en huit (décalé à 90°, le symbole de l’infini), autant tourner en carré, et si on retire un angle, on tourne en triangle, inversé ça fait un panneau Cédez le passage.

L’optimisme n’est pas évident pour des personnes hypersensibles, parce que les émotions sont plus fortes et perdurent plus longtemps, elles s’estompent avec le temps mais il suffit d’une simple pensée pour les réactiver.

À force aussi de se retrouver déçu on finit par ne plus faire de projets trop éloignés, ou trop inaccessibles, donc toujours un peu insipides.

L’enfer c’est pas les autres, l’enfer c’est de se retrouver seul face à soi-même quand on se déteste.

La chance ne sourit pas à tout le monde, y en a qui disent qu’elle ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule, mais quand elle sourit jamais, on finit par lui faire la gueule.

La beauté n’est pas ce que les média disent qu’elle est, c’est quelque chose de plus relatif à chacun, un subtil mélange de mental, physique, esprit et d’émotions.

Je rêve d’un monde métissé, où y aurait plus de blancs plus de noirs, ni plus personne considéré comme différent parce qu’il provient de je ne sais quel pays.

Nous sommes tous de vieux dragons…

Quand je suis en présence de quelqu’un qui souffre, j’essaye de me comporter avec comme j’aimerais qu’on se comporte avec moi si j’étais à sa place.

Peu de monde applique le dicton Le sage aime le reproche, et c’est bien dommage, si tout le monde avait pour but de s’améliorer, le monde n’en serait pas où il en est.

J’essaye d’être bienveillant, mais ça fonctionne pas toujours.

Comment voulais tu que je ne le susse pas ?

On dit toujours avant c’était mieux mais souvent on ne connaît pas vraiment cet avant duquel on parle.