Une lettre à personne

Résumé :
Exactement dans la même idée qu’une autre nouvelle (Sévices sociaux en Marne) celle-ci est pourtant un peu différente, rédigée sous la forme d’une lettre (donc à la première personne du singulier), légèrement plus longue et explicative, le personnage est toujours broyé par un système qui lui a mis un boulet au pied, à savoir le RSA dans une société où les bénéficiaires vivent environ deux fois sous le seuil de la pauvreté, mais sont tout de même considérés par beaucoup de monde, comme des parasites.

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Anticyclone

Et n’étant rien qu’un homme dont l’esprit s’évanouit,
Mon âme s’abandonne à regarder la pluie,
Tomber d’un ciel si sombre qu’on se croirait la nuit,
Sur mon être qui flâne à ne rien faire, assis.

Elle fut d’abord douce, fine, éparse, hésitante,
Et me mouillait à peine, puis elle devint battante,
Aujourd’hui torrentielle, elle s’écroule et elle vente,
Je n’aurais jamais cru qu’elle serait si violente.

Mais depuis un instant j’ai décidé d’agir,
De me couvrir de frusques, d’ouvrir un parapluie,
Juste pour m’abriter, afin de m’en sortir.

Car depuis tant d’années l’angine puis la grippe,
Ont su envenimer ma vie, mon existence,
Tellement que souvent, j’en suis saisi aux tripes.

Image : libre de droits – Adrianna Calvo

Remonter

Qu’est-ce qui se passe dans ma vie ces derniers temps ?
Je ne comprends pas grand chose. Voire rien du tout.
Quelques bons événements m’arrivent récemment,
Mais j’ai cette sensation de couler au fond d’un trou.
Je m’y enfonce irrémédiablement, c’est stupide,
Car simultanément je m’envole, il m’a poussé des ailes,
Alors je vole mais je descends aussi dans le vide.
Que se passe-t-il ? Est-ce qu’un jour je toucherai le ciel ?
J’ai toujours cette envie d’écourter ma vie.
Je ne sens plus le positif me submerger,
J’ai aussi envie de donner, et pas par dépit,
Mais ça devient vraiment très très compliqué.
Je tremble, c’est sans doute un peu à cause du café,
Celle-là je l’ai déjà faite. Et la feinte est grillée.
C’est pas à cause du café, c’est juste que ça va pas.
Et je sais pertinemment que tout le monde ne s’en fout pas.
Autour de moi, y a des gens qui m’aiment pour moi.
Mais j’ai envie de rien faire, rester chez moi dans le noir,
Rester au fond de mon lit, et jeter les miroirs.
Je coule, et y a pas de fond, si ce n’est la mort tous les soirs.
Et j’aimerais le trouver, car la pression s’accroît.
Le pousser pour pouvoir remonter une bonne fois,
Là, la profondeur est telle que ma tête va imploser.
Ce n’est qu’un moment de perdition… ça va passer.