CNV, la relation de couple

Conférence enregistrée à Neuchâtel, avec Marshall Rosenberg et la participation d’une traductrice.

Pour les novices, la CNV (communication non-violente) est un processus de communication non-conventionnel, qui implique de s’interroger sur les besoins et les émotions de ses interlocuteurs. Il sort complètement du principe manichéiste (du bien et du mal) et cherche à éliminer le principe de récompense/punition. C’est un concept qui continue à se développer et qui a inspiré beaucoup de personnes qui ont créé d’autres branches où ils l’ont intégrée en complément d’autres enseignements, parfois ésotériques, parfois religieux, et la CNV a fait ses preuves et mérite qu’on s’y attarde et qu’on tente de l’assimiler à sa manière de communiquer. Si ça fait partie du domaine du « développement personnel », Marshall se contente de transmettre son savoir (en évolution perpétuelle) et ne se met jamais en avant comme le font énormément de soi-disant experts en développement personnel, coachs de vie, etc. Il est un vecteur, alors il fait certes payer l’accès à ses conférences (la location des salles n’est pas gratuite), mais lorsqu’elles sont filmées, il les laisse en accès libre sur internet afin qu’elles puissent être découverte par des novices, inspirer des gens, en plus de se transmettre par ce biais.

Concernant les coachs, pour ma part, et comme toujours ce que je dis reste spéculatif, subjectif, et est un avis que je n’impose pas aux autres (qui reste très personnel), j’ai tendance à penser que ce métier profite d’un problème d’ordre mondial, l’incapacité de beaucoup de personnes à faire des choses censées être « normales » au quotidien, essentiellement pour faire de l’argent. Pour faire fonctionner un commerce sur une base libérale, il ne faut surtout pas que les clients n’aient plus besoin du produit qu’on leur vend. Donc je me méfie énormément de tous ceux qui s’autoproclament « coachs ». Je ne me permettrais jamais de dire que tous les coachs sont vénaux, ni qu’ils ne sont pas efficaces dans leur activité, et même il y en a qui sont altruistes, qui s’autorisent à travailler bénévolement dans certains cas, et qui rendent service à des personnes perdues. Mais je vois nettement un paradoxe négatif dans ce métier. Et si on va sur le terrain des « coachs en séduction » par exemple, on atteint le summum de l’horreur, car étymologiquement, le terme de séduction est de la manipulation (du latin seductio : corruption). J’arrêterais là mon pamphlet sur les coachs.

Les professionnels du développement personnel ne devraient pas oublier l’aspect spirituel de leur spécialité. S’il faut bien que tout le monde vive, le fait de conditionner un savoir à l’échange monétaire va à l’encontre du don de soi, de l’altruisme. Et ceux, celles, qui se spécialisent dans un courant bien spécifique oublient souvent volontairement qu’ils ont le pouvoir d’apprendre à leurs clients (qui ne devraient pas être des clients, mais des élèves) à se développer au détriment d’autrui. Selon moi ils devraient prendre en compte ce point et chercher à ouvrir les yeux à ceux à qui ils enseignent, sur ces choses. Que le développement personnel serve à vivre mieux individuellement, c’est une très bonne chose. Mais si cette progression vers le bonheur individuel doit se faire sur le dos de la souffrance d’autres personnes, ça devient clairement nuisible.