Étoile

Une journée entière à recueillir à fleur de peau des oripeaux couleur de nuit d’automne argentée parsemée d’un voile de nuages transparents,
La douceur des larmes de rosée glissant sur la pierre d’une statue égarée dans la verdure du matin fuyant l’aube blanche,
La toile de soie en rosace parsemée de gouttelettes étincelantes de fraîcheur m’habille moi le mendiant d’amour,
La lune pendue à un fil se réveille et étire un sourire nacré à la senteur de cheveux bruns et longs s’étalant dans le lit d’un torrent,
Une âme se perd sur les routes interminables des vallées imprenables et lisses d’un corps de femme éclairé par un rai de lumière ensoleillée,
Le royaume des rêves est une autre vie aux contrées inconnues et dont les cartes restent à dessiner,
S’il te plaît, laisse-moi y rester.

Image : libre de droits (WikiImages)

Fatigué

J’oscille toujours entre haine et amour,
Ce n’est que ma vie, certains me pensent mort,
D’autres me voient sombre, les pieds dans la mare,
La vase pour compagne et la boue pour murs,
Mais moi je vous jure que c’est une mer,
Avec des marées dans lesquelles dormir
Est un grand exploit, l’insomnie demeure.

Ce n’est qu’une image, une ombre où l’humour
Est un vain refuge tout plein de remords,
Mon âme se remplit d’amers cauchemars,
Ma bouche ne susurre plus que des murmures,
Et ma tête n’entend que des bruits sommaires,
Ces bruits solitaires vous feraient frémir,
Mes yeux et mon cœur à petits feux meurent,
Ils sont grands ouverts, mais jamais l’amour
N’y entre avec fougue telle une claymore,
Au dessus de moi, cette épée menace,
Et je sais qu’un jour ce sera ma noce
Funèbre déserte, et tout en finesse,
Le monde m’oubliera dans ce terminus.

Je suis un poisson coincé dans la nasse,
Au milieu d’un lac où jamais ne naissent
Des histoires de rêve, et toujours un os
Gâche le pluriel, la paire où Vénus
Pourrait être reine, mais elle n’est hélas
Rien qu’une chimère, un songe qui me laisse
De glace au matin, quand sonne l’angélus,
Toujours trop rapide, toujours trop véloce,
Alors je me ferme, je sens les secousses
De la fin qui vient, ma faim me fracasse.

Image : libre de droits (Diego Torres)

Iris et chrysanthèmes

Plonger dedans est risqué, le vertige de la pente,
La noyade volontaire, couler au fond, y rester,
Ce sont deux améthystes brillantes et aspirantes,
En sens interdit suggérant de le frauder.

Deux grandes émeraudes, pas besoin d’artifice,
Un plaisir des yeux, le paradis comme si j’y étais,
Ou l’enfer car des flammes y dansent aux abysses,
Consumant les cœurs téméraires qui s’y lanceraient.

Les étoiles y naissent, y demeurent et y meurent,
Un avant-goût de l’infini dans deux diamants taillés,
Les mystères de l’univers résumés à l’intérieur,
L’origine de la folie démentielle à l’entrée.

Mais si vous les croisez, ne les regardez pas,
Car ils vous foudroieraient à coup sûr aussitôt,
Toute résistance est vaine, et au bout, le trépas,
La chute est agréable, hypnotique et sitôt

Les yeux plongés dedans, elle est inévitable,
Interminable et douce, elle est intemporelle,
L’instant et l’infini en sont indissociables,
L’Alpha et l’Oméga, avec leur passerelle.

Pensées endormies

Je suis comme un genre d’épouvantail doté de parole qui hurle et gesticule, ça fait juste fuir quelque corbeaux, ça attire les vautours, mais ça donne pas envie.

Avant de changer le monde, il faut commencer par se remettre en question soi-même, en fait on est au coeur d’un changement d’ère, et si on ne va pas vers le spirituel, on ne va nulle part.

Personnellement ça fait assez longtemps que j’ai abandonné l’idée de convaincre qui que ce soit. Tout simplement parce que pour ma part, je n’ai pas cette faculté. Je ne suis clairement pas un leader, alors je fais mon truc dans mon coin. Par contre je veux bien être classé dans les « agitateurs », là oui…

Y a beaucoup de monde éveillé, mais faut évidemment pas essayer de comparer à la totalité des humains, parce que ça ferait un pourcentage très minime. Mais du fait qu’on est plusieurs milliards sur Terre, même si c’est qu’1 % ça fait quand même plusieurs millions de personnes…

La révolution se fera en Europe quand le paradigme européen changera réellement, et quand les gens sortiront de leur logique de consommation et de possession.

La drogue ça n’existe pas, c’est une expression inventée par la presse pour appuyer des discours politiques visant à l’interdire.

Il reste encore sur cette Terre des nostalgiques d’un sentiment de don absolu, sans domination, et sans dévolu.

La poésie s’interprète comme la peinture, différemment selon les gens, leur vécu, et tout ce qui fait leur personnalité.

Les paroles poétiques font naître des réflexions, ou nourrissent des réflexions déjà commencées, c’est agréable d’en discuter, ça n’empêche pas d’écouter [lire] profondément à d’autres moments que la communication.

La notion d’appartenance est incompatible avec un couple équilibré. La confiance en l’autre devrait suffire à rassurer quelqu’un de jaloux.

Les partis politiques sont à éliminer, tout comme le système actuellement en fonction depuis des centaines d’années.

J’ai trouvé des moments où jamais la tristesse n’intervient, où la vie est d’un bien-être intolérable !

Dans les moments heureux, on a peur de tout perdre, [mais] à un moment on commence à penser que les choses sont acquises, et ce moment là est dangereux, parce qu’on se repose sur ses lauriers, c’est dans ce type de moment que les choses échappent [au contrôle] généralement.

Le temps est comme une boite de vitesses, parfois la vie est au point mort, et le destin comme le hasard n’enclenche la première que quand il a décidé, et c’est souvent quand tu t’y attends le moins.

Il faut éviter de tourner en huit (décalé à 90°, le symbole de l’infini), autant tourner en carré, et si on retire un angle, on tourne en triangle, inversé ça fait un panneau Cédez le passage.

L’optimisme n’est pas évident pour des personnes hypersensibles, parce que les émotions sont plus fortes et perdurent plus longtemps, elles s’estompent avec le temps mais il suffit d’une simple pensée pour les réactiver.

À force aussi de se retrouver déçu on finit par ne plus faire de projets trop éloignés, ou trop inaccessibles, donc toujours un peu insipides.

L’enfer c’est pas les autres, l’enfer c’est de se retrouver seul face à soi-même quand on se déteste.

La chance ne sourit pas à tout le monde, y en a qui disent qu’elle ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule, mais quand elle sourit jamais, on finit par lui faire la gueule.

La beauté n’est pas ce que les média disent qu’elle est, c’est quelque chose de plus relatif à chacun, un subtil mélange de mental, physique, esprit et d’émotions.

Je rêve d’un monde métissé, où y aurait plus de blancs plus de noirs, ni plus personne considéré comme différent parce qu’il provient de je ne sais quel pays.

Nous sommes tous de vieux dragons…

Quand je suis en présence de quelqu’un qui souffre, j’essaye de me comporter avec comme j’aimerais qu’on se comporte avec moi si j’étais à sa place.

Peu de monde applique le dicton Le sage aime le reproche, et c’est bien dommage, si tout le monde avait pour but de s’améliorer, le monde n’en serait pas où il en est.

J’essaye d’être bienveillant, mais ça fonctionne pas toujours.

Comment voulais tu que je ne le susse pas ?

On dit toujours avant c’était mieux mais souvent on ne connaît pas vraiment cet avant duquel on parle.

Tu es si belle

Dans tes yeux si profonds je plonge et je me noie,
J’y vois des horizons, j’y vois ton cœur qui bat,
Ta douceur qui me berce par tes mots délicats,
Ta pudeur qui me perce, sans douleur sans émoi,
J’y vois toutes les forêts, chaque cime de chaque arbre
L’océan où des raies glissent de leurs ailes glabres,
Où des vagues immenses se dessinent et s’estompent,
Laissent des écumes denses que des baleines rompent,
J’y vois tous les rivages des mers bleues aux teints calmes,
Des plus lointains des âges, jusqu’aux futurs des âmes,
Où le temps est instant, où la vie est seconde,
Où les rêves sont constants, et l’existence une onde,
Je vois tout l’univers, je vois tous les atomes,
Des soleils éphémères aux particules fantômes,
Des comètes filantes aux étoiles immobiles,
Des galaxies béantes aux nuages délébiles
J’y vois tous les mystères, des trous noirs insatiables,
Des centaines de Terres, des créatures affables,
Des langages incompris, des couleurs impossibles,
Des lumières infinies, des paroles indicibles,
Et quand je t’imagine, quand mes yeux sont fermés,
Ta chaleur m’illumine, elle me fait m’oublier,
Elle fait trembler mon souffle, elle fait vibrer mon cœur,
Elle fait pâlir ma peau, elle allonge mes heures,
Je voudrais arrêter le temps sur cet instant,
Pour toujours faire durer ces puissants sentiments,
Les ressentir à vie, traverser les années,
Avec pour seule envie ne jamais t’oublier.

Tas d’ailes

Non ! Je ne parlerai pas d’ailes !
Les ailes c’est fait pour les piafs…
Et moi, j’aime pas les piafs !
Sauf peut-être Edith… Piaf.
J’aime pas les piafs, je suis jaloux
Ils peuvent voler ces saletés,
Et moi je suis carrément scotché,
Obligé de m’inventer une seconde réalité
Pour espérer un jour décoller de la Terre
Cette vieille planète où les pays sont en guerre,
Où les maisons sont des prisons,
Cette boule bleue où le plus con est applaudi,
Cette sphère verte imparfaite
Qui sans l’humain serait si belle.
J’ai pas envie de raconter la beauté,
J’ai jamais eu envie de travailler,
J’ai toujours eu envie de trouver l’extase
Dans tout, et rien, partout, ici, ailleurs.
Et le temps passe le bougre ! Il est espiègle…
Il nous ride tous, blanchit nos cheveux,
Certains le cachent via la teinture
Certains n’ont pas besoin de ça
Et puis y a ceux qui trouvent pas
Un peu victimes de leurs passés,
Ils cherchent, encore, et putain ! Ça fait chier !
Ils tournent en rond, en huit, en carré…
Mais ils tournent, emmenés par leurs pieds.
Les réponses affluent et se mélangent,
Devenant incompréhensibles, inaudibles,
À la fin c’est un charabia de syllabes
Comme un puzzle de dix-mille pièces
Une espèce de paysage de désert plat,
Impossible à faire, une vie ne suffit pas.
Et plus le temps passe, plus les pièces manquent,
Moins la chance de finir en beauté est là.
Et comme toute beauté est relative,
Ils cherchent mais ils ne trouvent pas.
Les jugements sont impassibles, froids,
Croient, croient, les corbeaux sont là…
« Balaye devant ta porte ! » a dit le chat.
« Mets tout chez le voisin ! » a-t-il ajouté.
Et pour finir, il est parti la queue en l’air
Déchiqueter les piafs sur les toits.
On peut, on peut pas, on se dit que… c’est comme ça.
Ou on ne se dit rien, rien du tout et voilà.
Quand on voit un copain déjanter, on se demande,
On ne lui demande pas. On croit, croit, croit.
Ou on s’en fout, après tout c’est pas nous.
Chienne de vie, heureusement que l’humour est là…
Allez bisou… Je me casse de là.
J’ai des choses à faire, par ci par là.