De la servitude moderne

Film documentaire de Victor León Fuentes, adaptation du livre du même nom de Jean-François Brient (éditions Épervier, 55 pages). Le film est disponible en version intégrale, gratuitement, en plusieurs langues.

Le film et le texte sont soi-disant diffusés hors des circuits traditionnels et ont pour vocation à rester gratuits. Les auteurs incitent donc à le copier et à le diffuser autant que faire se peut. On trouve pourtant le livre sur les sites de la Fnac, Amazon, Priceminister, LesLibraires.fr, Chapitre, Decitre, etc. avec une préface de Yannis Youlountas, au prix de 5€, alors que sur la dernière page du pdf disponible sur le site officiel, est indiqué : « Le livre et le DVD qu’il contient sont totalement gratuits, ils ne peuvent en aucun cas être vendus. Le texte peut être librement reproduit, partiellement ou en totalité. La lutte contre la propriété privée, intellectuelle ou autre est notre force de frappe contre la domination présente »

L’impression d’un livre n’étant pas gratuite et les personnes qui travaillent dans les circuits littéraires ne souhaitant certainement pas jouer le jeu, on peut comprendre que ce livre est en vente. La question que je me pose est :

Y a-t-il outre la préface de Youlountas, un autre texte que celui disponible sur le site officiel ?

Une autre question me vient naturellement :

Est-ce que ce site delaservitudemoderne.org présenté comme le site officiel du livre et du film sur wikipedia est bien le site officiel en question ?

Pour l’instant on le saura pas. Mais c’est tout de même des choses que je trouve importantes, lorsqu’on fait passer un message altruiste, indiqué clairement et explicitement, faire l’inverse est quelque peu déconcertant. Voici ce film, qui soudainement me laisse perplexe alors qu’il avait énormément de valeur pour moi avant que je ne fasse ce petit travail de recherche en profondeur. Il n’en reste pas moins grandiose et hurlant de vérité.

Tout est dit

« Nous critiquons le caractère illusoire et mensonger de la « démocratie parlementaire » qui masque le pouvoir du mode de production capitaliste sur la société. La possibilité de choisir les dirigeants de l’État et les législateurs ne peut être dissociée de la structure hiérarchisée de l’État, ni de sa fonction de gestion du capitalisme. Le système parlementaire fait du citoyen un électeur passif, qui délègue son pouvoir à des dirigeants qui ne pourront pas agir contre les intérêts essentiels des classes capitalistes. » Alternative Libertaire

Les élus ne représentent qu’eux-mêmes !

De l’usage erroné du mot « anarchie »

Preuve d’un analphabétisme méprisant pour des idées dont ils ne connaissent manifestement pas l’Histoire, ou encore d’une incompétence crasse en matière de journalisme, ou bien d’une considération qui ne laisse pas de doute sur sa nature insultante, ou peut-être d’une complaisance conventionnelle avec les erreurs séculaires d’un dictionnaire qui est celui d’une élite, le mot « anarchie » est sans cesse utilisé de travers par les médias.

Oui, d’un dictionnaire, car vérification faite dans le Larousse, le mot est synonyme de désordre et de confusion, restes d’une époque coloniale où l’expression détestable « nègre » était allègrement utilisée pour désigner les populations Noires du monde. Nos académiciens qu’il faudrait remplacer pour beaucoup, car la plupart a dépassé la date de péremption et a du mal à tenir debout, semblent encore traumatisés par une petite période d’environ dix ans, datant des alentours de 1900, pendant laquelle cette idéologie émancipatrice de l’autorité est née, autorité qui toujours aujourd’hui protège surtout la même caste sociale, celle du haut de leur échelle que j’aimerais voir secouée d’abord, afin de faire tomber ceux qui s’y accrochent le moins, puis brûler avec tous ceux qui sont encore dessus, ce afin de remettre les situations des uns et des autres à l’horizontale sans devoir se battre avec quelques millionnaires, milliardaires, qui paieraient les bonnes personnes comme à leur habitude, afin qu’on ne leur abaisse pas leur petit confort démesuré au niveau de celui de tout le monde.

L’anarchie n’est pas le désordre, au contraire, cette politique car c’en est une, est très structurée et mérite qu’on s’y attarde avant de dire des conneries, juste histoire de savoir de quoi on parle. Car l’usage de ce mot tel qu’il est utilisé souvent dans la presse, dans les médias, est la preuve d’un extrémisme idéologique qui tend vers le capitalisme, le libéralisme, enfin tous ces « ismes » qui nous emmerdent tant, nous les petits.

Je ne souhaite pas offrir une définition personnelle de l’anarchie, d’autres l’ont fait bien mieux que je ne saurais le faire, avant moi, et j’invite celui ou celle qui veut comprendre plus en profondeur ce que propose ce mouvement, à aller se renseigner sur un des milliers de sites internet qui traite de ce sujet, mais qui n’en parle pas de façon détournée, destinée à décrédibiliser ce mouvement. Je dirais juste qu’il prend sa base sur le communisme, mais pas le communisme modéré qui ressemble de plus en plus au capitalisme comme d’ailleurs la plupart des mouvements politiques, je parle de l’origine du mouvement, dessiné par de grands penseurs comme Marx, Proudhon, Bakounine, et consorts.

Les médias sont vraiment désolants, à croire que dans les écoles de journalisme se trouvent uniquement des étudiants qui ont triché pour avoir leur BAC, des qui dormaient dans les cours de français, car lorsqu’on se penche un peu sur leur orthographe notamment, on tombe des nues. Il ne faut pas s’étonner d’observer un niveau très bas parmi les jeunes, les gens du peuple, si ceux qui les informent leur donne un exemple déplorable. Les politiciens aussi, qu’on voit s’exprimer sur twitter, et qui mélangent les « est » et les « ai » par exemple, alors que ça ne se prononce même pas de la même façon, montrent que c’est l’ensemble de la société qui dérive. Lorsqu’on grille un-e nationaliste, donc semble-t-il amoureux de son pays, de ses frontières et de sa langue, la massacrer lamentablement, on peut commencer à se poser des questions. C’est légitime. Et que ce soit un punk qui dise tout ça, ça laisse pensif…

Image : CC BY SA – Alexei Yakovlev

Le nationalisme

Le Larousse en ligne : 

Mouvement politique d’individus qui prennent conscience de former une communauté nationale en raison des liens (langue, culture) qui les unissent et qui peuvent vouloir se doter d’un État souverain. Le nationalisme a incité les peuples à former des États souverains ou à revendiquer leur indépendance.

Wikipedia (au 28/09/2014) :

Le nationalisme est un principe politique, né à la fin du XVIIIe siècle, tendant à légitimer l’existence d’un État-nation pour chaque peuple (initialement par opposition à la royauté, régime politique qui en France sera ensuite nommé Ancien Régime). Ce principe politique s’est progressivement imposé en Europe au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les historiens ne présentent pas ce nationalisme, en général, comme une idéologie, car il est peu et mal argumenté ou justifié par des intellectuels. Depuis son avènement il est en revanche facilement présenté comme une évidence dans la vie politique et sociale.

Ce terme désigne aussi des mouvements politiques déclarant vouloir exalter une nation sous toutes ses formes (État, culture, religion, traditions, préférence nationale pour l’emploi…), par opposition aux autres nations et populations. Cette deuxième variante du mouvement s’est développée à partir de la fin du XIXe siècle, vers 1870 : chauvine et xénophobe, elle trouvait alors ses militants principalement dans la petite bourgeoisie.
Le nationalisme apparaît aussi, à partir du milieu du XIXe siècle, comme un sentiment national plus ou moins répandu et exalté au sein de la population d’un pays, et s’invitant (surtout au XXe siècle) au sein de multiples doctrines ou idéologies politiques, allant du communisme (par exemple le concept de Patriotisme anti-impérialiste de Mao Zedong) et du fascisme (concept de Totalitarisme anticapitaliste de Benito Mussolini) jusqu’aux démocraties parlementaires, en passant par la Troisième Internationale léniniste. Ainsi il a souvent servi de justification aux épurations ethniques du XXe siècle, peut-être parce que le sentiment national est devenu « puissamment mobilisateur », comme l’avaient compris dès le printemps des peuples de 1848 certains conseillers de dynasties européennes et ottomanes.

Cette notion va clairement contre toute valeur d’expansion révolutionnaire. Et il y a maintenant que j’y ai réfléchis, des détails qui me dérangent fortement, qui me questionnent, c’est ce nationalisme « positif » (indépendantisme) qu’on peut trouver en Bretagne, en Corse, et dans d’autres régions ou départements où le chauvinisme est de mise. Je pense à la chanson de Brassens, « La ballade des gens qui sont nés quelque part ». Je coupe Thiéfaine et me la passe, pour bien comprendre ce que j’entends. Car Brassens parle bien des « imbéciles heureux qui sont nés quelque part ». Seul avec sa guitare, à une époque où l’on vivait les balbutiements de ce nationalisme qui est aujourd’hui bien incrusté dans les moeurs, on le voit dans les grandes et les petites villes, ce sectarisme et cette préférence territoriale qui s’y sont installés, ou qui ne les ont jamais quittées.

Et le nationalisme, d’où qu’il vienne, est clairement anti-révolutionnaire. C’est un désir d’isolement. Pro-frontières, il souhaite soit les poser, soit les fortifier et empêcher « ces étrangers tous plus ou moins barbares » de les franchir, sauf à avoir montré patte blanche (et ce n’est pas un mauvais jeu de mot).

Les pays se battent depuis toujours pour leurs frontières. On insère une disquette dans le cerveau de chacun, à la naissance. Sur ce support, quelques informations : lieu de naissance, date de naissance, nom, prénom. Dès la naissance, on est déjà pré-programmés pour revendiquer notre territoire, c’est limite reptilien, et quand bien même ce territoire subisse l’ingérence politique, on est pas censé avoir les connaissances pour le savoir, pour savoir que le territoire est en fait géré par des multinationales et par la formidable puissance du pognon, et non par ses habitants. Donc on nous colle une disquette et on grandit dans leurs écoles patriotiques en se laissant suggérer des valeurs moisies, qui entretiennent et maintiennent la situation mondiale telle qu’elle se trouve depuis longtemps : catastrophique. On nous explique qu’il faut qu’on ait un métier qui nous rapporte de l’argent, c’est du survivalisme en quelques sortes, et que sinon on finira balayeur. On nous monte sur des piédestal des métiers prestigieux auxquels on ne pourra jamais sauf exception, accéder : médecin, avocat, ministre. Si on a des parents qui ont les moyens de payer les années d’études, alors peut-être qu’on pourra faire partie de l’élite, mais sinon non. La reproduction sociale est là et rares sont ceux qui la dépassent, d’ailleurs ceux-là, la presse s’en empare et nous les montre pour faire croire au rêve…

Je continue de rêver, moi, de mon côté, tout seul sans guitare, d’un monde uni et dans lequel tout serait accessible librement, parce qu’il y a suffisamment de matières premières pour tout le monde sur cette Terre, qu’il est totalement inutile voire assassin d’avoir monté ce cirque d’échanges commerciaux, d’avoir fabriqué puis attisé la frénésie de consommation, d’avoir créé des besoins facticeset des désirs impérieux afin de vendre toujours plus. Inutile, mais c’est un système qui roule et qui roule même très bien, hélas. On dit de partout que ce système est en train de s’effondrer sur lui-même, et qu’il finira par s’autoterminer. Ne serait-ce pas là simples rumeurs qui servent de freins aux motivations révolutionnaires des plus las ? Mea culpa. La passivité est un piège dans lequel il est facile de tomber, se vautrer dans la fainéantise est tentant, tant le monde écrase, se noyer dans les drogues peut être séduisant, ça ne déplait pas aux grands de nous voir maintenus dans un état légumineux, tout comme par la télévision. Alors que faire ? Prendre son petit drapeau noir et partir dans les rues de sa ville pour commencer le travail ? Aberrant. Mais c’est quand même intéressant de se poser la question. Jusqu’où on est prêt à aller pour enclencher définitivement la révolution ? Car je vois trop de personnes trahir l’idée même de liberté en revendiquant des valeurs nationalistes, qu’ils trouvent justifiées parce qu’elles sont plus locales. L’union ne les intéresse pas hors de leur union locale, ils veulent s’isoler du reste du pays. Chez eux c’est bien, ailleurs c’est de la merde. C’est un combat individuel, et même identitaire. Car c’est bien de l’identité qu’il s’agit. Et on se trouve bien hors des sentiers d’amélioration globale que d’autres valeurs prônent.

Vive l’anarchie !

Image : libre de droits (Jaymantri)