Phrases froides

L’homme est tellement imbu de lui-même, tellement persuadé de sa grandeur et de sa supériorité, qu’il a inventé un dieu qui lui ressemble et qui aurait tout créé.

Certaines idées d’émancipation étatique entrent en contradiction avec la le désir d’autodétermination d’un peuple, et de l’alignement de ce peuple sur la « norme » mondiale.

Quand tout le monde va dans un sens, il est tellement tentant d’aller dans le sens inverse...

L’histoire ne peut plus être écrite correctement, on ne peut parler avec cohérence que des conséquences, mais les causes et les actes restent souvent voire toujours troubles.

On ne s’occupe pas assez de ce sur quoi on a un réel impact direct : nos vies, nos proches, le présent.

Et la mort se balade sur un air de classique ténébreux, jonglant avec des âmes glacées en forme de balles étincelantes, la regarder tue en un éclair.

Profite bien de ton existence, car la vie perd sous la mort sûre de son pouvoir (c’est nul, je sais).

Image : libre de droits – Barbara Bonanno

L’ennui est d’une violence

L’ennui errait dans le centre-ville, cherchant une victime en qui s’installer,
Volant, virevoltant, faisant des arabesques séduisantes, en vain car étant invisible,
Mais pour moi, il s’est matérialisé, prenant une forme irrésistible,
Je n’ai pas cherché à comprendre et je me suis approché, bien mal m’en a pris,
En une seconde montre en main, j’ai été contaminé, et ma vie a changé.
Avant, j’étais ignorant, et jamais je ne ressentais ses aléas, ça m’était étranger,
Maintenant, je suis conscient, mon éveil est atténué par la fatigue permanente,
Car l’ennui annihile tout, les joies et les passions, les frasques étonnantes,
Il envahit les corps et prend toute la place, on étouffe, on ne peut plus respirer,
C’est l’asphyxie méthodique, il nous laisse juste de quoi survivre et soupirer,
L’ennui donne l’envie, mais l’envie de rien, ou celle de finir de s’enterrer,
Sans oublier de reboucher le trou, planter une pancarte pour prévenir les cons,
Les fous et les mesquins, qui pourront se gausser, s’amuser du spectacle.
L’ennui, c’est le diable, le shétane, c’est un de ses nombreux noms,
L’ennui, c’est la solitude, l’inexistence de toute bonne motivation,
C’est un sosie de la mort, bien que ce ne soit pas elle, il n’en a pas l’envergure,
L’ennui, c’est moi.

Image : CC BY SA Eliza Mougel

Rencontre avec le diable

Le monde est une sphère en trois dimensions, parfaitement lisse, sur laquelle les plans de chacune de nos vies sont posés, et lui mettent du relief, des montagnes et des océans, des plaines et des rocheuses, ce sont tous les moments de nos existences conjuguées. Quelquefois ces plans parallèles à la sphère originelle, se croisent, se touchent, s’éloignent, se recroisent, mais certaines de nos vies sont tellement hautes, et d’autres sont tellement basses, que jamais, au grand jamais, elles ne seront en contact. Toutes nos émotions ajoutent des couleurs pâles et ponctuelles à la bulle, et nos sentiments, des couleurs vives et étendues. Et tout ça se mélange dans un grand silence, juste brisé de temps en temps par des cris, l’amour et la haine hurlent à la lune, éloignée, rarement visitée. La lune, par ailleurs, tourne autour de la sphère supportant toutes nos vies, nos émotions et nos sentiments. Elle abrite nos âmes qui regardent passivement ce spectacle, qui entendent parfois ces cris d’amour et de haine, et qui versent quelques larmes quand l’existence qui leur est attribuée souffre trop. Si on observe bien le tout de plus loin, on peut discerner des anges qui descendent et remontent, rarement, ils relèvent les plans de certaines existences qui sont descendus trop bas. Mais si on observe mieux encore, on peut apercevoir aussi des démons aux apparences diverses, eux tirent des existences vers le bas. Le spectacle de ce Tout est en soi d’une beauté indicible, et tous les adjectifs que je pourrais utiliser pour la qualifier seraient des euphémismes. Ce spectacle est inaccessible aux êtres concrets, mais pas à l’imaginaire. Essayer de le voir et réussir, c’est comme de rencontrer Dieu.

Pensées endormies

Je suis comme un genre d’épouvantail doté de parole qui hurle et gesticule, ça fait juste fuir quelque corbeaux, ça attire les vautours, mais ça donne pas envie.

Avant de changer le monde, il faut commencer par se remettre en question soi-même, en fait on est au coeur d’un changement d’ère, et si on ne va pas vers le spirituel, on ne va nulle part.

Personnellement ça fait assez longtemps que j’ai abandonné l’idée de convaincre qui que ce soit. Tout simplement parce que pour ma part, je n’ai pas cette faculté. Je ne suis clairement pas un leader, alors je fais mon truc dans mon coin. Par contre je veux bien être classé dans les « agitateurs », là oui…

Y a beaucoup de monde éveillé, mais faut évidemment pas essayer de comparer à la totalité des humains, parce que ça ferait un pourcentage très minime. Mais du fait qu’on est plusieurs milliards sur Terre, même si c’est qu’1 % ça fait quand même plusieurs millions de personnes…

La révolution se fera en Europe quand le paradigme européen changera réellement, et quand les gens sortiront de leur logique de consommation et de possession.

La drogue ça n’existe pas, c’est une expression inventée par la presse pour appuyer des discours politiques visant à l’interdire.

Il reste encore sur cette Terre des nostalgiques d’un sentiment de don absolu, sans domination, et sans dévolu.

La poésie s’interprète comme la peinture, différemment selon les gens, leur vécu, et tout ce qui fait leur personnalité.

Les paroles poétiques font naître des réflexions, ou nourrissent des réflexions déjà commencées, c’est agréable d’en discuter, ça n’empêche pas d’écouter [lire] profondément à d’autres moments que la communication.

La notion d’appartenance est incompatible avec un couple équilibré. La confiance en l’autre devrait suffire à rassurer quelqu’un de jaloux.

Les partis politiques sont à éliminer, tout comme le système actuellement en fonction depuis des centaines d’années.

J’ai trouvé des moments où jamais la tristesse n’intervient, où la vie est d’un bien-être intolérable !

Dans les moments heureux, on a peur de tout perdre, [mais] à un moment on commence à penser que les choses sont acquises, et ce moment là est dangereux, parce qu’on se repose sur ses lauriers, c’est dans ce type de moment que les choses échappent [au contrôle] généralement.

Le temps est comme une boite de vitesses, parfois la vie est au point mort, et le destin comme le hasard n’enclenche la première que quand il a décidé, et c’est souvent quand tu t’y attends le moins.

Il faut éviter de tourner en huit (décalé à 90°, le symbole de l’infini), autant tourner en carré, et si on retire un angle, on tourne en triangle, inversé ça fait un panneau Cédez le passage.

L’optimisme n’est pas évident pour des personnes hypersensibles, parce que les émotions sont plus fortes et perdurent plus longtemps, elles s’estompent avec le temps mais il suffit d’une simple pensée pour les réactiver.

À force aussi de se retrouver déçu on finit par ne plus faire de projets trop éloignés, ou trop inaccessibles, donc toujours un peu insipides.

L’enfer c’est pas les autres, l’enfer c’est de se retrouver seul face à soi-même quand on se déteste.

La chance ne sourit pas à tout le monde, y en a qui disent qu’elle ne sourit pas à ceux qui lui font la gueule, mais quand elle sourit jamais, on finit par lui faire la gueule.

La beauté n’est pas ce que les média disent qu’elle est, c’est quelque chose de plus relatif à chacun, un subtil mélange de mental, physique, esprit et d’émotions.

Je rêve d’un monde métissé, où y aurait plus de blancs plus de noirs, ni plus personne considéré comme différent parce qu’il provient de je ne sais quel pays.

Nous sommes tous de vieux dragons…

Quand je suis en présence de quelqu’un qui souffre, j’essaye de me comporter avec comme j’aimerais qu’on se comporte avec moi si j’étais à sa place.

Peu de monde applique le dicton Le sage aime le reproche, et c’est bien dommage, si tout le monde avait pour but de s’améliorer, le monde n’en serait pas où il en est.

J’essaye d’être bienveillant, mais ça fonctionne pas toujours.

Comment voulais tu que je ne le susse pas ?

On dit toujours avant c’était mieux mais souvent on ne connaît pas vraiment cet avant duquel on parle.

Histoire perdue

Et l’amour, comme toujours, tarde à montrer son nez…
Et la peur, à toutes heures, lui fait des bras d’honneur…
— Salut l’amour, pourquoi te caches-tu ?
— Mais je ne me cache pas. J’ai peur.
— Ah bon. Et… De quoi as-tu donc peur ?
— J’ai peur du bonheur.
— Mais pourquoi as-tu peur du bonheur ?
— Le bonheur m’a toujours effrayé, depuis une belle nuit d’été.
— Mais l’amour, le bonheur, c’est beau, et ça ne fait pas mal.
— Si. Ça fait mal quand ça s’en va.
— Explique-moi pourquoi tu penses cela.
J’ai rencontré le bonheur un jour, il y a longtemps,
Il était tout petit, perdu, il avait froid et il était souffrant,
Alors je l’ai ramassé, et je l’ai pris sur mon ventre,
Je m’en suis occupé, l’ai soigné, l’ai gardé dans mon antre,
Et puis il a grandi, il a pris de plus en plus de place,
Il allait mieux, me faisait oublier le temps qui passe
Tous les deux nous avancions, oui, c’était la passion,
Mais une nuit, il s’est envolé, je n’avais pas fait attention,
Il n’est jamais revenu. Je ne l’ai jamais revu.
Pourtant depuis ce temps, je l’ai toujours attendu.
Cette nuit-là, j’avais laissé la fenêtre ouverte,
Elle était belle cette nuit, mauve et noire et verte,
Et j’avais chaud, c’était une de ces nuits brûlantes,
Une de ces nuits où la chaleur est écrasante,
Je n’avais pas vu ces ailes qui lui avaient poussées,
Elles étaient pourtant belles, ces longues ailes de papier,
Et les saisons ont passé, et je n’ai jamais refermé,
La fenêtre ouverte par laquelle il s’était envolé,
Je suis tombé malade, l’hiver a commencé,
Il s’est installé, et il ne s’est jamais terminé.
La fièvre me tient maintenant, et j’ai peur de mourir
J’ai perdu le bonheur, et j’ai perdu mon sourire,
Je crois que je suis un oiseau, parfois je m’envole moi aussi
Je m’éloigne de la Terre, et je pars dans la nuit,
Et je le cherche depuis, mais j’ai oublié son visage,
J’ai tout oublié, le temps, la joie, mes pages
Sont vides maintenant, il me manque tellement,
Et je suis si seul, si triste, à chaque moment
Je voudrais qu’il revienne, qu’il me raconte son voyage,
J’aimerais qu’il m’emmène voir tous ces paysages,
Toutes ces contrées qu’il a visitées, tous ces horizons,
Je suis perdu et j’ai peur, je me sens en prison,
La fenêtre reste ouverte, je m’évade de temps en temps,
Mais je suis attaché par un fil invisible qui se tend,
Quand j’arrive au bout, je tombe irrémédiablement,
La chute est tellement longue que je crois m’évanouir,
Et je me réveille là, au même endroit, dans un soupir.

Image : libre de droits (DeeDee51)