L’épouvantail qui cache la forêt

Putain de gueule de bois, l’enfer sculpté dans mon crâne,
Réveil en jeans avec un goût d’pastis dans la bouche,
Un paquet d’tabac pas à moi dans la poche,
J’ai dû louper l’coche, et me d’mande pas pourquoi,
J’me souviens d’où j’viens, gueule pas ! J’suis pas sourd, quoi !
Je tremble un peu, c’est des séquelles, quel est ce flow qui sort de moi ?
C’est sans doute une hallucination, comme un soupir sournois,
Toutes ces têtes qui trottent dans un souvenir en chien,
M’envoient juste un p’tit sourire en coin, c’est rien,
J’ai envie d’te dire « viens » mais j’peux pas,
Je m’enfonce avec conscience, mais conscience est malsaine,
Nous les schlags on marche ensemble, on passe sous des arches et nos démarches
Sont étranges, c’est d’l’amour béant qui fourche, qui sort de nos bouches,
Ça peut paraître louche,
Face A, le titre est biaisé, cherche pas, c’est une blague,
Face B, l’horreur est en dèche, au matin j’ai pas la pêche,
Qu’est-ce tu crois ?
J’suis pas un ange, ou alors déchu, mal-fichu, pas rasé,
Les dents défoncées, mémoire des buvards avalés,
La solitude pour compagne, même accompagné elle est mon ombre,
Même si j’me magne, si j’la castagne, y a qu’les montagnes,
Qui s’rencontrent pas, alors gare, j’hésiterai pas à fermer mon poing,
Et à casser le besoin, avant d’lui appliquer des soins,
Pas l’choix, c’est une fatalité, de la littérature alitée, et l’élite est à l’eau,
L’illusion ultime au fond des yeux défoncés par la nuit illuminée et son lot
De rêves détruits avant même d’être évoqués, l’équivalence d’un œuf brisé,
Je ne suis qu’un prolo atomisé et l’errance est de mise,
Mais mise, c’est loin, faut prendre le train…
Autant miser sur l’unité de l’univers, sur le vernissage d’une idée inhumaine,
Inouïe, et inaltérable, sans déblatérer d’ineptie,
Et pratiquer une ablation sur sa cohérence, avant l’autopsie.

Bienvenue en France !

Cinq milliards de litres de vin (environ) produits par la France en 2015… Bienvenue au pays des pochtrons, où le cannabis est diabolisé au profit des anxiolytiques dégueulasses, addictifs, aux multiples effets secondaires. Bienvenue chez les rétrogrades puritains, chrétiens orthodoxes et autres abrutis. Bienvenue au pays des ultra-fachos qui se font boxer par des fachos légèrement plus modérés, en direct sur youtube, sous la houlette d’un grand humoriste hélas passé dans le camp des vendus mais toujours aussi drôle. Bienvenue au pays des stars de la musique, du cinéma, de la télévision, du sport, de la politique, où tous (ou presque) sont des idiots analphabètes, mais ce sont des stars alors ils font rêver les trois quarts des moutons du pays dont les jeunes dans les campagnes, au lieu de s’intéresser à la Terre et au métier d’agriculteur, rêvent de devenir aussi notoires qu’eux, tandis qu’ils se la pètent avec leurs lunettes de soleil et leurs looks modernes dans leurs bagnoles de merde mais tunées, faut pas déconner, aux basses qui crachent et saturent des musiques ultra-commerciales aux relents de fausse révolte. Bienvenue chez moi.

Image : libre de droits – Louis Forest

Pinocchio (gueule de bois)

J’ai été au bord de la crise de nerf et ses paysages superbes,
Rien ne valait ça et j’ai bien failli en devenir imberbe,
Il y avait des couleurs, ça tendait surtout vers le rouge,
Et puis aussi des formes, j’ai tiré sur tout ce qui bouge,
Et à force de tirer j’ai déplacé le décor, ça m’a fait tout drôle,
Je me suis rendu compte que je n’étais pas dans le bon rôle,
Alors je me suis posé, reposé, assis par terre, et j’ai respiré,
J’ai senti l’odeur du soufre, et ça m’a vachement inspiré,
J’en ai écrit des tonnes et des tonnes de littérature étrange,
Et puis au détour de la soirée, j’ai aussi eu quelques échanges,
J’ai voulu choquer, mais il n’y a que moi qui l’ai été,
Quand je m’en suis rendu compte, j’ai senti des larmes monter,
Je les ai laissé couler, fallait que ça sorte de toute façon,
Et jusqu’à la fin de la soirée, elles se sont déversées à l’unisson,
Puis j’ai été me coucher, sans pouvoir finir ma dernière bière,
À ce moment là, franchement, je n’étais pas bien fier,
Je me suis endormi comme une masse, affalé telle une baleine,
Sans me demander quoi que ce soit, si j’avais mauvaise haleine,
Ou si j’avais déconné, si j’avais fait du mal à quelqu’un,
Cinq heures plus tard, un mal de bide relativement mesquin
M’a réveillé, et j’ai dû aller boire de l’eau pure, au robinet,
Je la voyais couler, comme une rivière que je m’imaginais,
Ma tête était un manège, moi qui ai horreur des manèges,
Je n’aurais pas été étonné si dehors il y avait eu de la neige,
Mais on était en juin, l’été approchait, enfin moi j’étais à l’envers,
Ce détail était aussi important que la couleur de mes vers,
Et mes vers sont transparents, vous voyez l’ironie de la chose ?
Il était sept heures du matin, et j’étais pas loin de l’overdose,
Je me suis dit que pour bien faire, je devrais arrêter de boire,
Puis rappelé que c’était le seul moyen d’oublier mes déboires,
Alors je me suis recouché, de toutes façons j’avais rien à faire,
J’étais crevé, et dans mon cœur était planté une barre de fer,
Je me suis rendormi très vite, malgré la douleur dans mon ventre,
Et quand je me suis de nouveau réveillé, elle était partie, diantre !
Je me suis habillé et je suis allé vite fait à la pharmacie,
Je titubais un peu, pas bien réveillé, je devais avoir l’air rassis,
On m’a regardé comme un extra-terrestre, j’avais du mal à parler,
J’ai payé, puis je suis retourné dans mon petit monde décalé,
J’ai préparé du café et je me suis soigné en silence,
En repensant à la veille, mon comportement, et mes défaillances,
En buvant mon kawa, j’ai vu les traces visibles que j’avais laissées,
C’était pas beau à voir, alors j’ai voulu tout nettoyer, dégraisser,
Pour le plus simple, un clic sur « supprimer » et le tour était joué,
Mais y avait un truc qui me titillait, j’étais pas vraiment enjoué,
Et là je me suis rappelé qu’il y a des choses qui ne s’effacent pas,
On peut toujours tenter de réparer, de retourner sur ses pas,
En soupirant, je l’ai fait, vaut mieux ça que regretter sans bouger,
J’ai taillé la route au couteau suisse, et j’ai un peu gambergé,
Que faire dans ces cas là ? Je vous l’demande entre mille… ?
S’excuser, c’est déjà ça, et oui, dans le mille Émile !

Histoire crue

Il y avait un fou qui tous les jours criait,
D’une manière naïve, un peu bête, il riait,
Il s’en allait pensif, ou bien il tournoyait,
Sur lui même, et son pif était rouge, il brillait.

Vous l’aviez deviné, c’était un alcoolique,
Tous le temps aviné, et pas très catholique,
Sa face ravinée vous donnait la colique,
Il était grave, innées étaient ses colériques

Petites crises affreuses, et aussi répétées,
Manières bagarreuses, firent que sociétés,
Même les plus scabreuses, lui étaient refusées,
Sa tête malheureuse, en était toute usée.

Et pourtant il restait dans la ville si dense,
Les gens le détestaient, certains mettaient des danses
À ce bougre, ou testaient sa si maigre patience,
Bien souvent l’insultaient, il en avait conscience.

C’est pourquoi il hurlait le soir seul dans la rue,
C’était plutôt burlesque, il était si bourru,
Il était si clownesque, il était bien couru
Qu’il finirait, ou presque, le nez droit dans le ru,

Ou dans le caniveau charriant de l’eau sale,
Chaque soir son niveau, de façon colossale,
Descendait, ce poivrot frôlait les abyssales
Profondeurs des nouveaux égouts des succursales.

Les commerçants d’ici voulaient qu’il disparaisse,
De la superficie de l’espace, leurs adresses,
Car l’aristocratie, jeunesses et vieillesses,
Donzelles aux châssis superbes, belles fesses,

Fuyaient tout le quartier, depuis que l’homme obscur
Qu’il fallait châtier, en tenait tous les murs,
Pour lui, pas de pitié, c’est dans le vide-ordure,
Qu’ils le mettraient entier, scalperaient sa tonsure.

Et un jour, un dimanche, ils s’unirent à douze,
Des bâtons et des manches de pioche, ces barbouzes,
C’est entre quatre planches, et puis sous la pelouse,
Qu’ils le mettraient en tranches, cette foutue tarlouze.

Ils ne mirent longtemps à le trouver, l’ivrogne,
Allongé, végétant dans le ruisseau, sa trogne
Cuvait, son palpitant accéléra, la rogne
Des Bourgeois s’abattant sur lui, cette charogne.

C’était là leurs propos, moi j’étais spectateur,
Il n’a pas eu de pot face à ces prédateurs,
Face à ce beau troupeau de cons, ces exploiteurs,
Qui lui firent la peau, dans la suie, la moiteur,

De l’été suffoquant, le mirent en valise,
Tandis que les croquants, eux, sortaient de l’église,
Et les preux commerçants, lançant des vocalises,
Menèrent ce manant, au fond de la Tamise.

Moralité, mon gars, si tu veux t’enivrer,
De vin, de pastaga, mieux vaut aller cuver,
Comme un vieux béluga, au chaud dans ta carrée,
Sinon les fellagas viendront te dégivrer.

Mieux encore, éviter les effluves odorants,
De l’alcool, te cuiter, prends un truc différent,
Un pétard, ta nuitée sera comme un torrent
De calme à satiété, et c’est bien plus marrant.

Image : libre de droits (Holgi)

Pleurer sous tise

L’agressivité et les pleurs sous alcool sont liés, ce sont des véritables pulsions humaines exacerbées, qui ne remontent pas en surface en temps normal. Quand « on » voit quelqu’un pleurer, on est plus facilement touché si ce quelqu’un n’est pas alcoolisé, pourtant lorsqu’il l’est, ses larmes sont réelles malgré les certitudes de beaucoup. « On » est moins touché parce qu’on sait que l’alcool a amplifié les émotions et a aidé ces larmes à sortir. Quand l’alcool n’est pas présent, « on » souhaite généralement agir d’une manière ou d’une autre, que ce soit en donnant des conseils, en tentant d’aider. Mais lorsque l’alcool est là, « on » a tendance à ne plus le faire car « on » sait qu’il y a de fortes chances que ces tentatives d’aide n’aboutissent pas (ou uniquement à très court terme) étant donné que l’alcool provoque l’oubli à moyen et à long terme. « On » cherche toujours à conseiller, à surenchérir, à moraliser, à consoler, à raconter des anecdotes pour faire dévier le sujet, à clore la question, à sympathiser ou à interroger (voir la CNV au quotidien, Marshall Rosenberg, p.74). « On » oublie souvent que tous ces actes ne valent pas une simple oreille empathique. Quand quelqu’un pleure, c’est qu’il a besoin de pleurer, et pleurer est naturel, tout comme rire. Nos conditionnements bien/mal nous font mettre l’acte de pleurer du côté négatif, et quand « on » est confronté à quelque chose de négatif « on » veut souvent le bloquer, le détourner, l’empêcher d’exister. Pourtant, nos natures sont telles qu’on pleure, qu’on rit. Alors pourquoi peut-on pleurer si ce n’est pas utile ? Les larmes sont utiles, elles sont là pour une raison particulière à chaque fois. Les émotions qui font couler les larmes doivent être vécues entièrement, bloquer une émotion la rend latente. Reste à savoir à quel degré « on » souhaite comprendre l’autre.

Image : libre de droits (Giuliamar)

Hors service

Observé par un satellite placé là par l’élite,
Un homme indécis est assis sur une marche.
Son visage est crispé.
Ses yeux sont fermés, sa bouteille est ouverte,
Bien serrée dans sa main.
Le temps et les humains passent en accéléré.
Tout comme les voitures et les transports en commun.
Cette ville d’abondance et néfaste a tendance à rendre sa vie rance.
Elle qui est si vaste, où chaque caste a une place, un rôle,
Ses pôles sont posément opposés,
Sans une épaule pour se poser.
Inutile de prétendre à vouloir prendre la tangente,
La police de la pensée rétablit bien vite la pente,
Ses agents arpentant le pavé qu’il pleuve ou qu’il vente.

Ici, il n’y a plus de ciel.
Les saisons sont devenues artificielles.
C’était maintenant officiel, la télé l’a annoncé,
Elle passe son temps à le matraquer :
Le climat est détraqué, plus la peine de se braquer,
Il faut se faire une raison, accepter l’information…
Et la cité peut entrer en comparaison avec une prison,
Les matons la strient, surveillent les maisons,
Sous couvert de la protéger, ils maintiennent l’oppression.

L’homme indécis pleure, buvant quelques gorgées,
Puis grimaçant, l’alcool brûlant son palais,
Au sens propre comme au figuré,
Car il l’a rendu inadapté à cette société,
Hébété par l’ébriété.
L’anxiété habite ses moments de sobriété.
Et il boit, tant et tellement que sa propriété,
Son foyer, sa place dans la bulle éthérée de la municipalité,
Lui échappe de manière exponentielle,
Son potentiel s’amenuise, devenant insignifiant.

L’homme ne sait que faire, déchiré entre deux possibilités.
La première, s’achever, mourir définitivement.
La seconde, s’évader, partir fugitivement.
Pas question de se reprendre, pas question
De récupérer sa place dans cet espace inhospitalier.
Cette option, il ne l’a pas envisagée.
Il avale une nouvelle rasade, qui enflamme derechef
Sa trachée, et qui s’écoule au fond de son estomac,
Ouvre les yeux quelques instants, revivant son trauma,
Prend une grande respiration, qui lui fait monter une sensation
De frissons submergeant son corps au-delà de son horizon,
Les larmes tracent des lignes irrégulières sur ses joues,
Contournant sa bouche, comme fuyant son haleine avinée,
Terminant leur course sur l’asphalte ravinée de l’escalier,
Incapables d’aller nourrir la Terre qui n’existe plus ici,
Elles s’étalent sur ce bitume, lui ajoutant leur amertume.
Et l’homme confus s’allonge, regarde la voûte céleste, il plonge,
Se déleste de ses dernières attaches à ce monde,
Perd pied doucement avec sa réalité moribonde,
Envahi par ses pensées qui abondent, seconde après seconde.
Son costume se teinte des couleurs sombres
Des chagrins qui l’encombrent en nombre,
Les questions ne se formulent qu’à moitié,
Incapable qu’il est à se rassembler, se recentrer,
Le sommeil viendra, mais là, c’est la folie qui le drague,
Elle tente de le séduire, de lui passer la bague
Au doigt, il résiste, mais elle insiste, venant par vagues.
Il lutte, sa tête s’agite, se balance de gauche à droite, puis éclate…
« Que vais-je devenir ? » réussi-t-il à se formuler avant de sombrer.

Image : libre de droits (erge)

La dernière heure

Il est alité, les litres avalés descendent lentement dans son estomac,
Son cœur bat et lutte, mais la survie est difficile ici-bas, agrippé au mât
D’une vie fadasse, vide de sens, sans scénario, u sorte de coma
Éthylique, est-il une loque ou un simple drogué à l’amour en trauma ?
S’il suffit d’un miracle, il a consulté l’oracle et constaté la futilité du film
De son existence, tout ce qu’il a trouvé c’est la transe en tranches effilées,
Des moments mémorables soumis à un souvenir trop vague qui a filé.
Sur un fil de soie le funambule aveugle titube, il se trouve débile, il est
Un peu étonné de ne pas tomber, mais c’était sans compter la rupture,
Inévitable, il a tout mis sur la table, et a vu sa ligne vitale s’estomper
Petit à petit, une ombre dans un désert la nuit qui rétrécit, il s’est trompé,
Sous une pluie battante, acide, l’éclair qui déchire sa chair, il est trempé,
Trucidé, c’est étrange, de sa propre vie il se fait l’effet d’être un étranger.

Image : CC BY SA Jeanne Menjoulet & Cie

L-3421

Les plus gros des dealers sont chez nous, en occident
Ce sont les labos, les pharmaciens bien complaisants,
Car ceux des rues, tu les remercies pas, ça se fait pas.
Ils savent qu’ils vendent la mort, sauf toutefois
Pour le cannabis, aux mille propriétés thérapeutiques,
Comme la protection des neurones, ou l’effet antalgique…
Mais les pharmaciens, vendeurs de mort aussi
On les quitte en leur souriant, en leur disant merci,
Ils sont bien planqués derrière les lois du système,
Ils font faire du profit aux labos, qui n’aiment
Qu’un usager puisse se soigner tout seul
En faisant pousser autre chose que du tilleul.
Les lobbyistes qui n’ont pas pour mission la santé,
Ce qu’on aurait pu croire, mais les soins sont patentés
Par des chimistes qui synthétisent toutes les plantes,
Et les transforment en produits industriels de vente,
Car une plante, tu ne peux pas la breveter,
C’est interdit, alors mieux vaut la diaboliser,
Payer l’état pour qu’il maintienne les interdits,
Que les cultivateurs soient traités comme des bandits,
Et qu’on les menace de les envoyer en prison
Juste parce qu’ils refusent d’obéir à des aberrations !
Voilà la vérité de notre société formidable,
On dénigre par la loi, on rend indéfendables
Des personnes lambda qui ne font aucun mal,
On se sert des enfants pour justifier l’anormal,
Et on empêche de s’exprimer en édictant des lois
Ceux qui veulent le faire savoir, les gens comme moi…
Car ce poème, aussi révélateur qu’il puisse être,
Est interdit car il viole une règle, et c’est traître :
Présentation sous un jour favorable d’une substance,
Listée au même titre que d’autres, accusée de malfaisance,
Listée comme l’héroïne, mais pas comme l’alcool…
Car l’alcool est dans nos mœurs, présent dans les écoles,
À la cantine et dans les tiroirs des professeurs
Dont certains, imbibés, parfois passent une heure
À chercher la serrure de leurs salles de classes,
Et c’est du vécu, car si je dis ça avec audace,
Je sais ce que je dis, et rien ne me fera taire,
Ce n’est pas une vieille loi, ni des flics sectaires
Qui pourront m’empêcher de l’ouvrir, et même en prison
Je continuerai d’informer, d’expliquer aux populations
Les petites incohérences présentes dans la société
Qui, lorsqu’on change d’angle, apparaissent en variété,
Alors je suggère à celui, à celle qui lira ceci
De tenter de se déplacer pour voir les choses plus éclaircies
De ne plus croire tout rond des atroces stupidités
Simplement pour l’unique raison qu’elles ont été
Transmises via des moyens connus de propagande,
Publicités ou campagnes de sensibilisation marchandes,
Destinées à désinformer et à empêcher que ne puisse
Circuler la vérité en favorisant le mensonge et le vice…

Image : CC BY SA Avriette

 

Damoclès

Sans chercher à tout fuir,
Sans même chercher la bête,
Sans provoquer personne,
Sans haranguer les foules,
L’espace semble quand même,
Lentement rétrécir.
Et les murs m’étouffer,
Car les espèces s’espacent.

Mes peurs refont surface,
Ma folie, ses démons,
Le vil désir profond
D’une déchéance crasse
Dans sa danse me menace,
Quand pour l’heure je m’enivre,
De volutes clémentes,
Fumerolles tournoyantes
Mes minutes sont des livres.

Mais d’un lourd voile trop sombre,
Sans même chercher mon âme,
Qui, tapissée dans l’ombre,
Se faisait oublier,
L’idée d’une potion,
Un flasque nauséabond,
Un raccourcis trop long,
Revient pour me tenter.

Ce bon vieux Mister Hide,
Me braque au demeurant,
D’une arme de jet qu’il
Me lance dans le dos.
Pour l’heure je flippe et sue,
Je tente de rêvasser,
De ne pas y penser
De feinter, de siffler.

Je m’autorise la bulle.
Ces secondes prélassent,
Sans arrêter le temps,
Le train qui passe pourtant
Quand bien même les rails
Par moi, furent sabotés
Avec un pic à glace…
Damoclès me les casse.

Image : libre de droits (Richard Westall – L’épée de Damoclès – 1812)