Survivant

Bribe de réflexion

Survivant. J’ai toujours dit « écorché vif » au lieu de ce terme plus ou moins nouveau dans cette acception. Je fais partie d’une catégorie de personnes qui aurait tendance à avoir une tendresse toute particulière envers ceux que j’appelle des « écorchés ». Si tant est que j’obtienne une écoute non pas d’une qualité irréprochable, mais qui permette au moins un échange réel. De toutes façons un écorché est souvent dans un besoin d’empathie, et j’ai appris récemment quelque chose qui peut paraître évident mais qui ne l’était pas pour moi jusque-là, c’est qu’une personne en besoin d’empathie ne pourra pas donner de l’empathie dans ce moment précis. Je ne suis pas dans un besoin perpétuel d’empathie. En fait, j’irais même dire qu’ils sont assez rares ces moments chez moi. Et donc, il y a beaucoup de moments où je suis dans la capacité à en donner. Mais ce n’est jamais gratuit. Même si je n’attends rien de matériel, d’émotionnel non plus, c’est entre moi et ma conscience que se joue cette attente. Ça me fait du bien, voilà tout. Lorsque je suis dans ce don, je me sens bien, utile. Ce qui n’implique pas directement que dans la plupart des autres moments, je me sente inutile ou mal, si quelque chose n’est pas vrai, l’inverse n’est pas forcément vrai aussi. Si quelque chose n’est pas vrai dans l’instant, ça ne veut pas dire que cette chose est fausse. La vie, c’est pas tout blanc ou tout noir. Souvent c’est un mélange d’autres couleurs. Je ne veux pas dire « gris », parce que le gris, c’est triste, fade. Alors que le vert, le rouge, le bleu, le jaune, le violet, et toutes ces couleurs qui forment le monde, c’est davantage intéressant.

Je donne une image faussée de ma personne, c’est volontaire. En fait, je ne sais pas si c’est si volontaire que ça, mais dans tous les cas, c’est habituel. Et il me semble que plus une habitude est ancrée dans un comportement, plus c’est difficile de s’en débarrasser. Tant que la prise de conscience n’a pas eu lieu, c’est strictement impossible, et l’habitude est mécanique. Lorsqu’il y a dissociation, qu’on peut s’observer de l’extérieur et qu’on voit une incohérence dans le comportement, alors déjà la moitié ou une partie du travail est fait. Certains ont besoin d’être frappés en pleine face pour se rendre compte de quelque chose, d’autres ont besoin que ça se passe plus en douceur. Le résultat est néanmoins le même. Et de là va naître un début de réflexion qui pourra mener, si ce travail sur soi n’est pas abandonné en cours de route, à une évolution. Positive, l’évolution. Sans quoi on pourrait parler de régression.

Je ne suis pas perpétuellement en colère, parce que je ne suis pas perpétuellement en train de penser à tous les dysfonctionnements du monde et des humains. Encore heureux. Qui pourrait vivre dans cette logique abrutissante en permanence ? Il y aura toujours, pour ceux qui le font, un moment de burnout. Et c’est là qu’intervient généralement la dissociation et la prise de conscience. Seulement j’ai remarqué que la même prise de conscience pouvait intervenir plusieurs fois au cours d’une vie, sans forcément changer quoi que ce soit. La complaisance dans certaines situations de répétitions annihile le moindre effort pour évoluer.

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