Interlude

J’ai pas envie de vous parler d’amour.
Je sais pas si c’est pire de souffrir,
Ou de ne rien ressentir, au fond de soi,
Pire d’avoir vécu ça, doux comme un chiffon de soie,
Et de ne plus pouvoir le saisir entre ses doigts,
L’absence pèse, mes sens crèvent, ma violence rêve
De s’évanouir. Et ma tête veut la voir partir,
Être à l’aube d’un jour nouveau.
…Réatterrissage. Tous les instruments s’affolent.
…Crash, retour à la nage. Besoin d’une luciole.
Les étoiles s’étiolent mais semblent éternelles.
Univers magnifique, mais je suis vite ramené sur Terre.
Imaginaire prolifique, mais mes chaînes sont délétères.
Elles me maintiennent au sol, je me noie dans l’éther.
Ou c’est juste une impression, un auto-coup de pression.
Faut nager, même si t’es épuisé.
Des bateaux passent au loin, mais pas d’épuisette
Assez grande pour contenir ton grand coeur et ce corps gênant qui vit autour,
Que tu connais par coeur.
Lourd…
Un instant d’égarement et tu coules, tu bois la tasse et elle te saoule.

Suicide mental

J’ai quitté l’humanité un beau matin par lassitude,
J’ai arrêté mes études, misé sur un avenir incertain,
Tout envoyé bouler avec une téteille à la main,
Naturellement j’ai coulé, c’était pas demain la veille
Que j’allais dérouler l’tapis rouge pour les poulets,
J’les saque pas ces enculés et j’ai envie d’tous les rouler
Tu peux même pas t’imaginer, à quel point j’suis sans vie,
Et dans mes veines on peut trouver des traces d’une illicite survie.

Des produits diversifiés et j’compte plus après six verres,
On pourrait sans rêve s’y fier pour avancer à découvert,
Mais j’découvre un condensé d’amour depuis qu’j’suis plus en grève,
Juste depuis qu’j’ai décidé d’abandonner la mauvaise sève,
Qui s’écoule au fond d’mon coeur, cette rancoeur qui me saoule,
Bien plus qu’la pire des liqueurs, sous mes mots y a un pitbull,
Qui demande qu’à s’reveiller, alors pousse pas mémé
Dans le ravin d’son agonie, on est déjà tous condamnés.

J’ai quitté l’humanité une matinée sous amanite
Phalloïde, et j’ai décidé, d’m’en aller vers la poursuite,
D’un bonheur en celluloïd, c’était une mauvaise idée,
J’aurais mieux fait d’la suicider et d’adapter ma conduite,
Aux idéaux validés par mon esprit critique,
Mais j’ai choisi d’barricader toute cette problématique,
Et d’tirer à boulets rouges sur les moutons et leurs flics,
Mais aussi sur les bonnets rouges, sur les natios et leur clique.

J’ai choisi d’m’acoquiner avec les requins des cités,
Près d’eux j’me suis taquiné d’la coke, c’est la vérité,
J’ai pas oublié d’bouquiner, d’affiner mon acuité
Mentale, c’était pas inné, j’ai dû travailler mes talents,
Mais j’suis resté les bras ballants d’vant la cruauté régalant,
Dans un langage inégalé, les garces à qui j’ai accordé,
La garde aveuglée de mon âme, faire confiance a ces dames,
A été ma plus grande erreur, on m’a rendu mon coeur foncedé.

J’ai quitté l’humanité, j’ai épousé l’immortalité,
J’ai craché des insanités, j’ai court-circuité mes chakras,
J’ai balancé des crachats sur les cons et leur méchanceté,
J’ai sublimé la fragilité des écorchés qu’on décrocha
Des crochets d’boucher desquels ils étaient pendus,
Une fois qu’ils étaient descendus, je les voyais s’transcender,
S’transformer en anges déchus, sans haine et sans malentendu,
Et s’envoler, désarmés, aller cramer, détendus.

L’épouvantail qui cache la forêt

Putain de gueule de bois, l’enfer sculpté dans mon crâne,
Réveil en jeans avec un goût d’pastis dans la bouche,
Un paquet d’tabac pas à moi dans la poche,
J’ai dû louper l’coche, et me d’mande pas pourquoi,
J’me souviens d’où j’viens, gueule pas ! J’suis pas sourd, quoi !
Je tremble un peu, c’est des séquelles, quel est ce flow qui sort de moi ?
C’est sans doute une hallucination, comme un soupir sournois,
Toutes ces têtes qui trottent dans un souvenir en chien,
M’envoient juste un p’tit sourire en coin, c’est rien,
J’ai envie d’te dire « viens » mais j’peux pas,
Je m’enfonce avec conscience, mais conscience est malsaine,
Nous les schlags on marche ensemble, on passe sous des arches et nos démarches
Sont étranges, c’est d’l’amour béant qui fourche, qui sort de nos bouches,
Ça peut paraître louche,
Face A, le titre est biaisé, cherche pas, c’est une blague,
Face B, l’horreur est en dèche, au matin j’ai pas la pêche,
Qu’est-ce tu crois ?
J’suis pas un ange, ou alors déchu, mal-fichu, pas rasé,
Les dents défoncées, mémoire des buvards avalés,
La solitude pour compagne, même accompagné elle est mon ombre,
Même si j’me magne, si j’la castagne, y a qu’les montagnes,
Qui s’rencontrent pas, alors gare, j’hésiterai pas à fermer mon poing,
Et à casser le besoin, avant d’lui appliquer des soins,
Pas l’choix, c’est une fatalité, de la littérature alitée, et l’élite est à l’eau,
L’illusion ultime au fond des yeux défoncés par la nuit illuminée et son lot
De rêves détruits avant même d’être évoqués, l’équivalence d’un œuf brisé,
Je ne suis qu’un prolo atomisé et l’errance est de mise,
Mais mise, c’est loin, faut prendre le train…
Autant miser sur l’unité de l’univers, sur le vernissage d’une idée inhumaine,
Inouïe, et inaltérable, sans déblatérer d’ineptie,
Et pratiquer une ablation sur sa cohérence, avant l’autopsie.

Défouloir

J’ai des ailes invisibles, et elles sont prises pour cible,
J’ai des rêves indicibles, ils sont irracontables,
Je vous mets sur la table, mon passé, passé au crible,
Je suis pas invincible, et c’est indiscutable,

Et ma vie est une fable, histoire incompatible,
Avec mes buts, c’est pénible, je construis sur du sable,
J’tourne en rond, j’pète des cables, pour moi je suis nuisible,
Et c’est irréversible, violent et ineffable,

Pas tellement explicable, ça paraît pas crédible,
J’ai besoin d’combustible, sans je suis incapable
D’avancer, j’suis instable, flou et hypersensible,
Mais j’me blinde, impassible, stoïque et redoutable,

Pas du tout présentable, un être indescriptible,
Un genre d’incorruptible, bourré j’suis détestable,
Vulgaire et pas sortable, j’ai grillé mes fusibles,
Si c’était prévisible, c’est un peu lamentable.

Et j’suis capable d’écrire, que des textes barbares,
C’est loin d’être le hasard, j’ai détruit mon empire,
Et tu sais pas le pire, mais là faut qu’j’aille au bar,
Retrouver les clébards, les chiens sales qu’il faut fuir,

Et j’aime pas les ronds-de-cuir, en cravates et costars,
On peut voir des codes-barres, tatoués sur ces vampires,
Ces rats, ces peine-à-jouir, qui méritent des coups d’barres,
Qu’on les foute dans l’brouillard, qu’on les envoie croupir,

Dans la crasse, s’évanouir, sur l’bitume du trottoir,
Et qu’on détruise dare-dare, l’monopole de ces sbires,
Ouais j’pourrais pas mieux dire, sont complices du pouvoir,
Et j’en peux plus d’les voir, j’peux faire que les haïr.

C’est comme ces tristes sires, ces genres de chemises noires,
Ces espèces de clochards, qui savent même pas écrire,
Qui défendent leur empire aux relents franchouillards,
Leur culture de têtards, faudrait tous les r’froidir…

Bibliothèque

Money money money, no way…
Tout se paye et tout se vend,
L’air et l’eau, les gens, tout le monde est à vendre même s’il trouve ça immonde,
Et tous on en abuse, par l’échange, l’altruisme est à l’eau, et s’noie d’un air affligeant,
La norme, l’autodiscipline, la marginalité au ban dans l’espoir d’y satisfaire un ego centré sur un être qui a l’impression d’être au centre de l’univers, mais qui est au centre de son univers…
Et qui ne l’est pas ?
Money, vivre dans ce monde ou pas… A-t-on vraiment le choix ?
La construction intime d’un monde placé dans une bulle hermétique donne-t-elle un meilleur résultat ? Mais meilleur que quoi ?
Des conventions placées là pour que le plus grand nombre ne puisse pas voir l’origine des ombres de la caverne, qu’ils tournent tous dans le même sens sur la patinoire sociale, juste histoire de ne pas se rentrer dedans. D’accord. Mais avec du recul, ce sont ceux qui ne suivent pas la masse qui font les figures les plus originales et belles.
Question stupide : mon intérêt personnel doit-il passer au second plan ? J’y ai répondu depuis plus de 20 ans. Et pourtant…
C’est pas le cas, pas systématiquement. Preuve d’une adaptation bien humaine, robotisée au demeurant. Affleurant cette norme tant prisée, qu’on a accusé de lobotomiser, est-ce à tort ?
Un désir de transhumanisme fonctionnel réside au cœur d’une machine complexe, dont on ne saisit pas encore toutes les petites nuances, mais à laquelle on veut tout de même ajouter des possibles séquelles.
Des ponctions cérébrales indolores seront réalisées sur les crânes endormis, et l’atome griffe l’épiderme avant d’être remis au fond d’un tiroir, fermé à clé, on n’en parle plus, et la boucle est bouclée.
Alors, tout se paye l’ami, c’est vrai… Mais pas dans mon monde, et suis-je si étrange ?
On a l’obligation de s’y faire quand bien même on veut s’en foutre, c’est un peu comme un ordre, outre la possibilité d’y désobéir, l’avenir appartient à ceux qui s’en saisissent.
En face de milliers de paires d’yeux observateurs, s’en foutre. S’en foutre. Ça marche à peine, enfin ça peine.
Des milliers de cerveaux additionnés réfléchissent autour d’une pensée unique, sans aucune cohésion, rien n’en sortira de bon.
En tous cas, rien qui n’ait déjà été dit, formulé, écrit, théorisé, démontré, mesuré, publié, validé par la science et par des hommes d’autorité, et appris.
Et le doute. D’aucuns en ont fait un paradigme, tirant à vue sur tout ce qui est évident, en joutes pratiquées sans les mains et sans les dents.
Mais ce qui est flagrant pour un individu ne l’est pas toujours pour un autre, et finalement, j’en doute, l’entraide est en supplément…
L’inconscient collectif enclenché, la prise branchée à vif, c’est sur la vision manichéiste de ce qui se fait ou pas, de ce qui est communément accepté, ou pas. C’est aussi un fourre-tout qui contient des choses pour les uns, mais étonnamment pas forcément les mêmes pour les autres. Où sont les limites de début et de fin ?
Cette pensée est influencée par des stéréotypes aux formes avancées pour une partie séquencée du cerveau un peu cadencée, je suis un ours, un chien ou un serpent.
Sortir de sa zone de confort, certes. S’imposer des contraintes, c’est mieux. Étaler la couverture de son inconscience sur le lit de son âme, c’est louche…
Si tu comprends, grand bien t’en fasse, sinon… Creuse sous la surface. Enfonce tes ongles dans l’immensité de la diversité de sujets qui dépassent l’adversité commune de l’humanité, son infinité est telle qu’elle monte largement au-dessus des nuages, elle est illimitée.
À quand le grand soir ? Cette fable, où on se mettra tous minables !
Si on scrute profondément, on voit une transformation sociétale exponentielle, c’est en cours actuellement, mais c’est une adaptation ponctuelle aux mêmes règles qui régissent l’espace et le temps depuis longtemps, mais qui ont montré 1000 fois leurs limites, mais que toujours on imite.
Que prendre et que laisser ? Le choix est délaissé par l’ensemble de cette queue de laquelle il est déconseillé de sortir. La ligne blanche tracée, ça va les aider à ne pas quitter le chemin de brique jaunes et d’arriver au royaume visé, mais ose… Osons, osez, goûter ce ciel azuré, au lieu de ces dogmes aseptisés.
L’ensemble de l’humanité fait des arrangements avec la réalité, ne serait-ce que pour pouvoir se regarder en face, mais lorsqu’on a intégré des valeurs matérielles, ce n’est plus nécessaire, on s’adapte alors à n’importe quoi, individualiste dénué de scrupule, dans un paradigme où le bien et le mal sont définis et patentés, protégés par une société à responsabilité limitée. Qui va payer les pots cassés ?
Il n’y a pas ici de message caché. Mais le travail ne t’est pas mâché. La feuille n’est pas vraiment tachée, ses pattes d’oie dessinent une vision très personnelle, subjective. Et sans aucune invective, mais ascensionnelle.

État des lieux

Dans la chaleur des corps s’écorchant l’âme au fond d’un amas d’espoir éclaté,
Un qui n’a pas duré et qui s’est déchiré sans l’accord d’une conscience affalée,
Les matins se répètent, c’est un jour sans fin, les journées se ressemblent,
Les cigarettes se consument, détruisant les poumons qui n’ont pas d’autre utilité,
Que de maintenir en vie cet être qui n’en a pas envie, pars… je t’en prie.
Toi qui squatte ma tête, casse-toi, j’veux pas de toi. Prends tes cliques et tes claques,
T’as donc pas vu que c’était qu’un cloaque ? Un taudis qui un jour fut maudit ?
Un qui n’a pas trouvé la formule d’annulation du sortilège qui lui a été lancé ?
Un qui en a assez d’être balancé entre intérêts et déceptions ? Ma conception
De la vie, toi avide de voir les averses à venir, d’une verve aveugle qui veut voler,
Mais qui marche amèrement minutes après minutes, qui ne fait que ça.
Je pourrais, en quelques mots, retourner l’univers et le transformer en un monde imaginaire,
Oui, mais voilà. La motivation n’y est pas, et c’est plus un besoin de destruction qui perdure,
La verdure ? Je l’aime, mais encore, encore une fois, elle m’attire pas.
Entre elle et les ordures, dilemme, avril commence, et je veux finir une idée,
La tuer à petits feux, l’enfermer dans une cage et la séquestrer, sans scrupule,
Sans stress, sans émotions autres que celles générées par le plaisir de la voir souffrir,
J’en suis incapable, ressentir ces choses, ça me fout la trouille, c’est mon tabou,
Et je le mets sur la table pour qu’il crève lui aussi, je suis encore dans mon rêve,
Celui où j’ai pas d’armure, où je ne crains pas les flèches ennemies, car ma peau est tannée,
Je compte plus les années, mais depuis quelques-unes, j’ai perdu mon univers.
Et depuis, je cherche un moyen, coûte que coûte, de le retrouver. Enfin non.
D’en retrouver un, un autre, pas le même, mais un qui lui ressemble, au plus proche,
Parce que j’y tenais à ce tout, j’en avais fait mon idéal, quand bien même il ne fut pas parfait,
Loin de là. Que choisir ? La dualité implique que le côté négatif soit l’autre face du positif,
Prendre tout en même temps, c’est s’inspirer aussi, sans espérer, de toutes façon on le sait,
On le sait que ça se passera comme ça, on sait qu’on souffrira, alors autant l’accepter,
L’essentiel étant l’équilibre entre ces deux flux… Pourrait-on apprécier la lumière,
S’il n’y avait pas l’obscurité ? Pourrait-on apprécier autant la jouissance,
Si on n’avait pas connu la souffrance ?
Alors qu’on foute au feu les affres et les frasques affiliées aux faits futurs qu’on fomente,
On paiera les frais, et je m’apprête à filer mon coton qu’il soit mauvais ou non,
C’est mon chemin individuel, l’échafaud de mes sentiments et leurs duels vivants,
L’envolée dans le vide, les yeux vitreux ou grands ouverts, acuité visuelle ou regard dans le vague,
J’arrive… face au vent, aviné, malvenu, mal foutu, affolé et serein en même temps,
Je n’ai jamais rien contrôlé, cet afflux intérieur qui me brûle, et même si les mots n’ont aucun sens,
Ils vivent, en fait ils n’ont pas besoin de moi pour ça, ils se suffisent à eux-même,
Évolution subjective, hypersensible et émotive, j’assume ma partie féminine, je l’aime,
Les mots n’ont certes pas de sens, mais mes sens sont alertes, ils sont avertis,
Avilis parfois, me rapprochant de l’humanité lorsque je m’insensibilise.

Logorrhée allégorique

Dans un monde à part, probablement imaginaire,
Pourtant bien réel dans la p’tite tête d’un être inerte,
L’ami trentenaire vivait un dilemme bien cruel,
Et sa solitude, il l’avait rendue virtuelle,
S’était divisé, mais ne savait plus où était
Son identité, si seulement elle subsistait…

Dans son petit crâne, dansaient donc plusieurs personnages,
Des fous, des qui planent, de tous les sexes et tous les âges,
Et des très sérieux, des intellos des philosophes,
Puis des mystérieux… Le résultat : une catastrophe,
C’était le bordel, un grand chaos monumental
Et industriel, une sorte de séisme mental.

Et ses avatars, parfois se combattaient entre eux,
Se traitant d’bâtard, avec de la rage dans les yeux,
Autodestruction, dualité entre amour et haine,
Faites bien attention, cette guerre était loin d’être saine,
Certains eurent déjà l’occasion d’en payer les frais,
Ont voulu l’aider, mais sur lui ont tiré un trait.

Croyez pas qu’il ait toujours été ainsi, son coeur
Filait sans filet, mais sa folie et sa rancoeur
Étaient nées un jour, bien après celui d’sa naissance,
Mais il était sourd à tout ce qui avait du sens
Pour le plus grand nombre, qu’il appelait « la masse informe »,
Conglomérat sombre de crétins dont les esprits dorment.

Et il était mort, à l’intérieur, au fond d’son âme,
Au premier abord, on le voyait pas, mais sa came,
C’était cette haine, qui mal canalisée détruit,
Jusqu’à ce qu’on prenne acte et qu’on mette fin à la nuit,
Il le savait pas, et il n’avait conscience de rien,
Sauf de son état, qui l’faisait vivre comme un chien.

Il fallait creuser, pour bien comprendre un tel mystère,
Personne n’a osé, aller jusque-là, trop austère,
C’est compréhensible, mettre les pieds dans ce gros bordel,
C’est pas impossible, mais c’est limite sacrificiel…
Et le sacrifice, c’est pas que’qu’chose d’inné à l’Homme,
Si c’est pas son fils, il finit par s’en foutre en somme.

Il faut qu’je conclue, j’ai pas envie d’m’étendre sur lui,
Ce genre de reclus, est un effet pervers d’la vie,
Dans cette société, qui crée des pervers narcissiques,
Pour mieux les fouetter, les considérer comme toxiques,
Pour se dédouaner, d’être des monstres imbus d’eux-mêmes,
Et les condamner, en oubliant qu’ils sont les mêmes.

Ne prends pas pour toi, ce que je dis au fond d’mes vers,
Je suis pas courtois, et je suis pas dénué d’travers,
J’suis humain comme toi, aussi petit, aussi immense,
Sur ma tête un toit, dans mon esprit des rêves qui dansent,
Mais réfléchis bien, c’est tout c’que j’ai à t’conseiller,
Le mal et le bien, sont des notions ensommeillées.

 

L’escalier en colimaçon

Pour mes derniers vers, j’ai ressorti mon vieux stylo,
Comme faisait mon père, il en a usé des kilos,
Et l’inspiration arrive un peu différemment,
Transfiguration des mots qui volent au firmament,
L’horizon du monde illimité qui dans ma tête,
Dessiné en ondes s’entrechoquant dans la tempête,
A été percé par une évasion prolifique,
En train de verser ses larmes, émotions magnifiques,
Dans cet univers qu’on appelle la réalité,
Été comme hiver, sans trop d’originalité,
Où espace et temps se superposent en strates ouvertes,
Qui m’agaçaient tant, ma super prose les a couvertes,
Arrosé d’alcool, et mon mental a découché,
Saisi par le col, je l’ai collé sur un bûcher,
Avant de finir par lui laisser une seconde chance,
Et de l’assainir afin qu’il puisse entrer en transe,
Sublimer l’enfer, et voir la vie sous un autre angle,
Au final en faire, un paradis, mais je m’étrangle,
En m’apercevant que tout ceci n’est rien qu’un rêve,
C’est bien décevant, l’illusion aura été brève,
Et je dois remettre mes oripeaux et mon fardeau,
J’ai voulu renaître, mais je suis Rafi Sionado,
C’est qu’un avatar, mais il ne laisse personne dupe,
J’suis comme au mitard, sur moi on a trouvé des stups,
Dans une vie étrange, j’dois avoir un karma bien lourd,
J’voudrais donner l’change, que mes habits soient du velours,
Mais faut pas s’attendre à autre chose que la pénombre,
Quand tu ne peux tendre que vers le gris et vers le sombre,
Quand la lumière joue avec ton corps d’homme écorché,
Tends la deuxième joue, t’façon tu finiras torché,
Tu peux essayer toutes les méthodes que tu trouveras,
Et te dire « Ça y est ! » mais l’avenir te le prouvera,
Qu’encore et encore, tu r’viendras aux mêmes conclusions,
Habituelles, hardcores, la poisse et toi c’est la fusion,
Si un jour tu peux te résigner à cet état,
Sans aucune stupeur, et oublie pas d’prendre ta métha,
Comme un bon esclave aux vils labos pharmaceutiques,
Sors pas d’ton enclave, car tout le monde verra ce tic,
Qui est inhérent à ta vie flasque et inutile,
T’es persévérant, mais tes actions sont bien futiles,
Et tu ferais mieux de rester assis sans rien faire,
De fermer les yeux et d’entretenir ton ulcère,
D’attendre la mort, bien sagement sur ton fauteuil,
Seul, triste, et amorphe, elle te réserve un bel accueil,
À quoi bon penser à un av’nir déjà foutu ?
Laisse les donc danser, oublie tes désirs dévêtus,
Redescends sur terre, remémore-toi ces lois iniques,
Tout est monétaire dans cet hôpital psychiatrique,
Qu’est le monde réel, et dans lequel on doit quand même
À l’industrielle, faire semblant dans ce requiem
Jeu d’rôle dont les dés, ont étés pipés au départ,
Rongé dans l’idée, que le bonheur est là, épars,
Un p’tit peu partout, et qu’il faut savoir l’attraper,
Et y croire surtout, et qu’on peut pas y échapper,
Mais la vérité, c’est que quoi qu’on fasse on finit
Amer, irrité, aigri dans cette ignominie,
Et qu’il faut s’y faire, qu’on a pas l’choix de toutes façons,
Tout est à refaire, et on n’a pas besoin d’maçons,
Il est infini c’t’escalier en colimaçon.

Leur monde

Leur monde est tellement étrange, et moi j’comprends plus rien
Y a des tonnes de galériens, ici et ça dérange
A peine l’bataillon des anges, c’en devient kafkaïen
Ca gave les concitoyens, mais jamais ils s’mélangent
Avec c’qu’ils appellent des barges, ils gueulent et lachent leurs chiens
Ca suffit pas d’être terrien, dans leurs mesquins petits villages,
Ils dénonceraient même des Sages, s’ils étaient prolétariens,
Et chacun protège les siens, mais surtout pas l’voisinage,
Ils échangent mais ils partagent-raient même pas un bout d’pain,
Donne moi un sac de riz, et j’te filerais ma fille,
Un éléphant dans un jeu d’quilles, aurait l’bon gabarit,
C’qu’ils préfèrent c’est l’mépris, qu’ils s’transmettent en famille,
Ca gueule pour des cédilles, mais laissent agir la barbarie,
Si l’PSG est qatari, alors là ça dégoupille,
Mais des humains en guenilles, qui vivent dans les rues d’Paris,
Ils voient ça comme des bactéries, c’est à peine s’ils sourcillent,
Moi ça m’fait partir en vrille, j’évite comme j’peux l’hystérie,
Mais des fois j’peux pas m’retenir, ça part comme des missiles,
Dirigés sur leurs villes, où ils s’entassent ces tristes sires,
Où ils dessinent leurs avenirs, ils m’font marrer ces débiles,
Ces races de pantins malhabiles, qui savent à peine écrire,
Mais attends, attends, y a pire… ces robots, ces playmobiles,
Ces espèces de singes virils, esclaves d’un système vampire,
Ils voudraient bien m’voir croupir, dans une de leurs entreprises,
Parce qu’ils mettent les doigts dans la prise, jusqu’à s’en évanouir,
Tu vas les entendre dire, qu’il faudrait qu’tout l’monde s’électrise,
« Qu’est-ce’ tu veux mon gars c’est la crise », qu’ils t’disent dans un sourire,
« Faut bosser pour t’épanouir, même si ça fait fondre la banquise,
Nous c’est pas notre problème, nous on entretient notre empire,
Et les étrangers on les vire, nous on est antisystème,
Et nous on va voter FN, alors faut nous obéir,
Nous on va emmener Marine, A l’élysée sur la scène,
On fera d’elle notre reine, tant pis si elle est consanguine… »
Moi j’trouve qu’ça pue un peu l’urine, et mon crâne est pas serein,
J’pourrais m’en battre les reins, laisser ça dans les latrines,
M’envoyer un peu d’héroïne, avec une paille dans l’tarin,
Mais j’préfère envoyer c’refrain, j’suis pas d’humeur caline,
J’suis d’humeur assassine, j’appuierai pas sur le frein,
Je f’rai accélerer l’train, et éclater les turbines,
J’m’enferm’rai dans la cabine, avec le manche dans les mains,
Demain est un autre jour, où des flots d’hémoglobine,
A la place de la bibine, couleront sur les faubourgs,
Il est lancé l’compte à r’bours, et moi j’retrousse les babines,
J’montre les crocs et j’suis à cran, et j’arrête les beaux discours,
Je n’étais qu’un troubadour, maint’nant j’deviens conquérant,
J’rentrerais pas dans leurs rangs, j’pass’rai aucun d’leurs concours,
J’les décapiterai sans détour, j’oublierai pas leurs parents,
Ceux qu’on été coopérants, avec leurs idées d’vautours,
Je leur tournerai pas autour, j’leur rentrerai juste dedans,
Ils s’en prendront plein les dents, et toutes leurs putains de tours,
Qu’elles soient d’ivoire ou d’acier, elles crameront sans précédent,
Ce s’ra pas un accident, leurs bases auront été sciées,
Si j’suis pas artificier, j’saurais allumer la mèche,
J’saurais stopper la dèche, désolé si j’suis outrancier,
J’ai un sourire émacié, et mon âme est un peu rêche,
Mais j’ouvrirai une brèche, pour tous les y balancer,
Et j’peux toujours nuancer, préparer des antisèches,
J’vais plutôt les cramer, et allumer l’brasier…

RAB

Je me fous de votre putain d’modernité,
De vos codes de fous c’est de l’insanité,
Vos langages nouveaux, ma langue est le français,
Vos habitudes de veaux, tout ça est bien rance et,
Moi je vis dans un monde, très loin de tout cela,
Où coulent de bonnes ondes, et je suis bien mieux là,
Et votre indifférence n’importe que vos egos,
Retournez dans vos danses, jouer à vos legos,
Vous êtes des playmobiles, des stupides robots,
Je vous vois immobiles, des pauvr’êtres lobo-
-tomosisés dans l’jug’ment, balayez d’vant vos portes,
Restez entre déments, entre cons en cohortes
Il vaut mieux être seul que mal accompagné,
J’préfère pas voir vos gueules, je n’ai rien à gagner,
À vous donner mon coeur, il est d’jà éclaté,
Passé dans des broyeurs, il est déshydraté,
J’ai tell’ment de violence, je la retiens, c’est bête,
Elle pourrait en silence, vous péter à la tête,
Vous finiriez en sang, que je boirais avide,
En vampire frémissant, et vous péririez vides,
Alors restez au loin, et faites bien attention,
De vous j’ai pas besoin, ni de vos conventions,
Que j’assume tout c’que j’fais, et tout c’qu’on m’fait aussi,
Ça, ça vous fait bien chier, votre connerie grossit,
J’vous envoie vous faire foutre au fond de vos idées,
Surveillez votre poutre, ma paille a oxydé,
A infecté mon œil tant vous l’avez jaugée,
Restez dans vos fauteuils, avec vos préjugés,
Sucez-vous entre vous et moi je continue,
Mon chemin je l’avoue, sans qu’on me diminue…

Version hip-hop et la suite :
https://www.youtube.com/watch?v=OzcUIR5LnIQ

Spiritualité, ego, alter-ego, mental & altruisme

La spiritualité, étymologiquement, si on remonte les locutions latines, signifie d’abord « immatérialité », puis « souffle » (esprit, âme). C’est le domaine de l’absolu (qui se suffit à lui-même et qui peut donner du sens à la vie, qui ne dépend de rien d’autre que de lui-même). Pour certains, ce sont des religions, pour d’autres, la nature, l’univers, etc. C’est ce qui relie tous les hommes et toutes les femmes, ainsi que tous les êtres vivants et même les minéraux. L’esprit, ou l’âme, mais aussi le karma pour d’autres individus, en dépendent. Ce qu’il y a au-delà de la mort est mystérieux, a toujours fasciné, et tenter de comprendre d’une manière la plus cohérente possible est légitime, sans toutefois accepter des explications toutes faites, arbitraires ou farfelues, dans lesquelles la réponse à la question « pourquoi, comment » ne sera pas « parce que c’est comme ça ». Ça peut donner du sens à sa vie et répondre à beaucoup de questions qu’un être humain se pose. Mais chacun est différent, et les différentes explications auront du sens pour certains, et pas pour d’autres qui en donneront par d’autres explications, et c’est pourquoi on ne devrait pas se permettre de considérer un pratiquant d’une religion qui n’a aucun sens pour nous, comme quelqu’un qui est dans l’erreur, car c’est sa vérité, et si pour lui elle donne plus de sens à sa conception de l’absolu que pour nous, grand bien lui en fasse.

L’ego, c’est le Moi, c’est la partie de soi qui revendique qu’elle existe depuis l’instant de la naissance jusqu’au dernier souffle. L’ego se nourrit des émotions, qui peuvent ou le caresser dans le sens du poil, ou le blesser. L’oeil (ou les autres sens) voit des faits. Avant d’aller au mental, les images de ces faits passent par l’ego qui avale l’émotion ressentie à la vision de ces faits. Ils atteignent ensuite le mental qui interprète ces faits en les agrémentant naturellement de l’émotion ou des émotions qui les accompagnent, ainsi le mental juge les faits et leur attribue une valeur de bien à mal en passant par toutes les nuances qu’il peut y avoir entre les deux. Seulement, les faits sont dénués d’émotions, quels qu’ils soient ils sont neutres. L’ego place donc un voile semi-transparent (et parfois complètement opaque) sur l’interprétation des faits, et le mental ne les voit pas tels qu’ils sont, mais modifiés par les émotions dont l’ego s’est nourri.

L’alter-ego est un personnage factice que l’on se fabrique tout au long de sa vie, au moins jusqu’au moment où on en prend conscience et qu’on essaye (ou pas) de s’en débarrasser. Petit à petit lorsqu’on quitte l’enfance, à partir de 6 ans, on s’éloigne de sa vraie Nature, le Moi profond, l’ego dans toute sa splendeur. L’enfant avant 6 ans s’il découvre l’extérieur, n’a d’intérêt que lui-même. Tout ce qui fait qu’il est ce qu’il est représente sa vraie nature. L’Homme devrait se souvenir toute sa vie de ce qu’il était avant ses 6 ans, or il l’oublie progressivement, et cette nature s’efface pour laisser la place à un individu postiche qu’on appelle l’alter-ego.

La spiritualité a pour effet de maintenir l’Homme dans un cadre de fonctionnement bien défini par certaines limites. Lorsqu’on s’y intéresse, si l’enseignement vise à ça alors le but deviendra de s’améliorer et de faire du bien autour de soi, selon sa propre conception du bien (cadrée par l’enseignement spirituel). Un jour ou l’autre, il se rend alors compte qu’en faisant cela, du bien autour de lui, c’est à lui-même qu’il en fait à travers ses actions. Le bien que l’on se fait à travers le bien qu’on fait aux autres est presque accidentel, involontaire, au départ puisque lorsqu’on s’en aperçoit, on peut finir par décider de le faire pour ça, pour se faire soi-même du bien grâce à celui qu’on fait aux autres, et trouver un équilibre dans tout ça.

On peut être altruiste toute sa vie sans en avoir conscience. J’ai déjà théorisé de manière utopique et même sans grande conviction, que grâce à l’altruisme, l’humanité pourrait sortir de sa condition individualiste, se débarrasser de ses habitudes d’échange via une monnaie, ne plus attribuer des valeurs souvent arbitraires (comme celles attribuées aux métaux soi-disant précieux, l’exemple extrême) aux choses lors de la demande, de l’offre, de ces choses. L’offre et la demande constituent des situations qui peuvent mener à des conflits, et en admettant que tout le monde soit altruiste (le côté utopique de cette théorie), il n’y aurait plus aucun problème et les échanges deviendraient des dons sans attente en retour. En France, nous avons des expressions qui maintiennent une situation de prêts et dettes même concernant les services qu’on peut se rendre les uns aux autres : les expressions « à charge de revanche » ou « renvoyer l’ascenseur » même si elles partent d’une bonne intention, sont significatives sur ce sujet. Elles signifient normalement à quelqu’un que son service lui sera rendu en retour un jour ou l’autre, par un autre service de valeur équivalente, toujours selon une échelle de valeur définit par soi-même et sans le consentement de l’autre. Mais pour beaucoup, ces expressions signifient aussi que sans retour de la part de l’autre, ils ne feront rien. Conclusion, ces expressions vont à l’opposé de l’altruisme.

Survie

Après quelques rêves tellement beaux qu’ils dépassent la conscience qui au réveil les a tous oubliés, l’esprit s’envole loin du corps pour aller visiter le ciel semblant vide mais en réalité rempli de formes inconsistantes ressemblant à des paysages sans horizon, laissant le corps dans ses questionnements arides. La sécheresse se précise, s’installe, prend toute la place. Ce n’est pas le matin, mais la journée commence avec son lot de négativité, amorçant une escalade de pensées se bousculant les unes les autres, tant qu’en saisir une seule aurait été le résultat d’un effort intense. L’esprit s’arrête suspendant son vol, regarde un moment en arrière, d’en haut, voit ce corps auquel il est rattaché comme dans une prison, et s’échappe plus haut encore, pour atteindre l’espace et sa noirceur paradoxalement si magnifique. Il voyage. Le corps, lui, se traîne, déjà las à peine passé de la position horizontale à la verticale. Le repos n’aura pas été reposant, juste fatigant, encore un paradoxe, le monde en est rempli…

La lumière artificielle de l’écran d’ordinateur allumé 24 heures sur 24, se reflète sur le visage mort de l’être, révélant des traits de plus en plus ridés jour après jour, offrant un portrait déformé tels ceux de Jérôme Bosch sur ses triptyques cataclysmiques. Les volets de l’habitation n’ont pas été touchés depuis des mois semble-t-il, la pénombre a pris place et se vautre dans cet appartement dont le désordre fait partie intégrante. Les cycles diurnes-nocturnes ressemblent à un hiver interminable, n’ont plus aucune cohérence et on aurait pu douter qu’il en a toujours été ainsi. Le temps file pourtant, entassant la poussière et accroissant la morosité visible sur la face de l’homme, dont la blancheur est trahie par le voile grisâtre omniprésent sur ses joues, son menton, et sa lèvre supérieure, accentuant l’aspect lugubre de ce qui est devenu une chose à mesure que se perdait son caractère vivant.

Il aurait voulu dormir en permanence, si seulement son cerveau le lui permettait. Faire comme Alexandre le bienheureux, et passer son temps dans son lit, qu’il fut sale ou pas, sans se laver, sans se raser, sans devoir systématiquement se lever, se coucher, qu’il l’eût voulu ou non. Et il ne le voulait pas, c’était toujours au prix d’efforts ultimes qu’il se résignait à quitter cet espace dans lequel il rêvait, et c’était là ses seules joies. L’illusion de maintenir un quelconque lien social avec des inconnus via cette machine technologique moderne et son réseau mondial, ses salons de discussions virtuelles, le maintenait dans une léthargie constante, dans un cynisme continuel, et si l’enfer existait, il aurait certainement ressemblé à ça.

Mais il se complaisait dans cette vie sans goût, il se nourrissait par défaut, sans jamais apprécier la saveur factice des aliments industriels qu’il avalait par obligation, pour s’éviter la faim. Il était loin de se douter que la plupart des personnes avec lesquelles il communiquait, étaient comme lui, mortes. Lorsqu’il riait, c’était sans enthousiasme, il n’était jamais plus surpris, jamais extasié, jamais serein ni optimiste, même le désespoir et la tristesse ne l’atteignaient plus, il avait abandonné toute émotion et telle une larve destinée à se dessécher, il survivait.

Si on la laisse faire

Fidèle au vent et en quête de sens, la transe d’avant revient tête la première sur le terrain miné de l’inconscient, faisant crisser ses pneus crevés mais toujours vivants, un coup de frein n’empêche pas d’écraser une entité déjà morte la gueule éclatée sur le bitume, son sang répandu en giclées. Pas loin de là, un être en démence sourit en regardant le spectacle, se retourne et s’en va tomber dans le ravin de ses idéaux abstraits, et l’ego, toujours ce putain d’ego de merde, se met en avant et hurle qu’il existe, dans ce scénario absurde.

«  Tu t’es vue connasse ? Tu penses savoir tellement de choses, mais dans le fond ton ignorance remplit des hectares de connerie. Il est tel un chien perdu dans une savane où des hyènes le menacent. Ta vie ne tient qu’à un fil et ma haine peut le couper d’un battement de cil brûlé. Alors ferme-la, retourne-toi, et casse-toi.  »

Hébétée, l’entité se retourne finalement, et voit en face l’horizon de sa stupidité, touche le fond de sa méchanceté, disparaît dans son brouillard de vide. L’ego est content, il a réussi son coup. Mais dans la lignée de ses pensées, il pleure sa solitude qui se glace instantanément et frontalement. L’usure d’une peau devenue trop fine mais qui fut tannée, est telle que maintenant elle laisse apparaître des traces suintantes. Et la haine gagne encore.

Résultat du procès de m. contre l’État

Email reçu via la mailing liste du site de soutien à m., artiste militante violentée par la police et placée arbitrairement en garde-à-vue lors d’une manifestation le 19 mars 2009 à Bordeaux. Pour l’anecdote, c’est la chanteuse d’un groupe engagé, l’Orchestre Poétique d’Avant-Guerre (OPA).

Bordeaux, le 11 février 2016

« Nous ne sommes plus dans un état de droit mais ce sont les policiers qui se font droit. » Maître Ophélie Berrier, avocate de m., extrait de sa plaidoirie.

Le jeudi 9 février 2017, m. a assigné l’État au Tribunal de Grande Instance de Bordeaux pour faute lourde dans le cadre des violences policières qu’elle avait subies le 19 mars 2009.
Lire ici :
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/jeudi-9-fevrier-2017-bordeaux-violences-policieres-l-etat-en-proces.html

Dans l’œuf fragile du tribunal, la parole est d’abord donnée à Maître Charlotte Panighel, défenseure de l’État. Elle tente vainement de faire valoir l’incompétence du tribunal mais la juge la recadre vertement, lui rappelant que cette requête arrive trop tard et que le procès va se poursuivre.

Il ne reste plus à Maître Panighel qu’à plaider et que peut-elle dire pour défendre l’indéfendable ? La même litanie qu’avait fait sienne à l’époque la Direction Départementale de la Sécurité Publique, à savoir que « certains [manifestants] avaient revêtu des foulards et des écharpes pour se dissimuler le visage dans un mouvement de progression paraissant vindicatif vers les effectifs de Police ». A l’entendre, m. et ses camarades avaient clairement l’intention de s’opposer physiquement à l’expulsion.

Selon elle, ce soir-là, face à cette situation de tension, les CRS ont fait leur boulot.

Quand l’avocate de m. prend la parole, c’est pour rappeler qu’ici, ce ne sont pas les CRS qui sont mis en cause. Quatre d’entre eux, susceptibles d’avoir porté les coups, ont bénéficié de non-lieu depuis longtemps.

C’est L’État qui est désigné comme responsable des manquements graves et de la désorganisation de ses services. Blessures, arrestation, menottage, garde-à-vue, absence de soins… Rapport du Défenseur des Droits en main, Me Berrier déroule l’évidence de la bavure.

L’évidence aussi d’une impunité qui n’est plus acceptable.

Car dans l’œuf fragile du tribunal planaient les fantômes de Lamine, D’Ali, de Babakar, d’Adama, d’Amine, d’Hakim, de Mamadou, de Rémi et de tant de morts sans justice, les présences diffuses de Geoffrey, de Joachim, de Maxen, de Théo et de tant de blessé-e-s sans justice…

Et c’est en pensant à toutes ces victimes d’une guerre qui ne dit pas son nom que m., son avocate et les soutiens quittèrent le tribunal.

Le délibéré sera rendu le jeudi 13 avril 20017.

D’ici là et au-delà, « ne rien lâcher, ne pas rechigner à la tâche ».

Le collectif Contre Les Abus Policiers
http://clap33.over-blog.com/

L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre – O.P.A
http://www.opa33.org/


Revue de presse du procès

[Vidéos]

m. & Maître Berrier à la sortie du tribunal
https://youtu.be/YOdOJldRRkM

m. témoigne lors du rassemblement de soutien à Théo
9  février
https://youtu.be/qLQyyNlCz90

[Articles]

Elle assigne l’État
Sud-Ouest – 9 février
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/elle-assigne-l-etat.html

« Ils me frappaient alors que j’étais au sol et évanouie »
Rue89 – 9 février 2017
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/proces-de-violences-policieres-ils-me-frappaient-alors-que-j-etais-au-sol-et-evanouie.html

m. à Bordeaux engage la responsabilité de l’État devant la justice
France Bleue Gironde – 9 février 2017
http://soutien-m.over-blog.com/2017/02/violences-policieres-myriam-a-bordeaux-engage-la-responsabilite-de-l-etat-devant-la-justice.html


collectif Contre Les Abus Policiers – Bordeaux [Fr]
http://clap33.over-blog.com/

Pour nous écrire, pour témoigner :
collectif.clap33@gmail.com

Notre manifeste :
http://clap33.over-blog.com/pages/Le_manifeste-1768283.html

Le tox de base

Je suis un tox, et à toutes les personnes qui jugent les toxs juste sur ce détail qui me semble, à moi, insignifiant, je voulais vous dire : je vous emmerde profondément. L’ennui voyez-vous, c’est qu’en le revendiquant je prends un rôle solidaire avec toutes les personnes qui en sont, et qui sont ostracisées par des gens qui la plupart du temps ne comprennent rien à rien, et s’érigent en bien-pensants autoproclamés. Je me suis déjà fait insulter avec trois fautes par mots par certains, certaines, qui ne voient qu’un simple détail dans toute une vie qui comprend peut-être, peut-être pas, davantage d’expérience, d’observation, de désir d’amélioration, etc. Le fait que certains ou certaines s’arrêtent à ce détail insignifiant montre bien qu’ils sont à fond dans un système qui leur a désigné les personnes à détester (c’est la définition du mot ostraciser), et le fait que je l’assume les dérange. Et s’ils savaient à quel point je m’en bats les couilles, peut-être se remettraient-ils en question mais ça m’étonnerait puisqu’ils pensent malgré toutes leurs tares nuisibles pour ceux et celles qu’ils veulent discriminer, cédant ainsi aux affres de leur éducation tordue, cédant ainsi à ce qu’on veut qu’ils pensent, vous savez, l’état là, celui duquel on ne fait pas partie puisqu’il décrète aux soumis comment penser, comment se comporter, soumis qui ne prennent pas le temps de réfléchir sur l’idée qu’on leur a imposé ces façons de penser, et donc ils pensent comme on veut qu’ils pensent. Et ils sont nombreux à oublier volontairement par des dissonances cognitives que leur cerveau de crétins a adopté par facilité, qu’eux-mêmes, et qu’autour d’eux une énorme majorité de personnes, sont des toxicomanes, seulement ils s’en arrangent généralement car leurs drogues sont légales, acceptées par leur société pourrie. Alors oui, je suis un tox. Amateur de drogues en tous genre, surtout si elles sont illégales. Et ça ne m’empêche pas de penser, ça ne m’empêche pas de revendiquer et non pas d’en être fier, pour moi la fierté c’est une forme de narcissisme preuve d’ego démesuré, mais de l’assumer totalement tout comme j’assume certains de mes fonctionnements dont la plupart ont honte et n’oseront au grand jamais parler en public. Balayer devant sa porte, c’est une chose que peu de monde fait, et je le déplore. Car si ils le faisaient, le monde fonctionnerait certainement un peu mieux, au moins un peu, et nous vivrions dans une harmonie améliorée en comparaison avec la réalité des choses actuelles.

Vous voyez, je ne vais pas non plus parler ici de ce que j’ai observé durant toutes ces années, à savoir l’hypocrisie de certains consommateurs de certaines drogues communément mieux acceptées comme le cannabis, et qui crachent ouvertement sur les autres voies d’administrations d’autres drogues, en affublant ces usagers de noms insultants. Non, ceux-là sont des idiots, et je pense que jamais ils ne se remettront en question quant à leur façon de penser. Non, là j’attaque volontairement une catégorie de crétins qui se croient propres, et qui pourtant ne le sont pas. C’est tout ce que j’avais à dire. Mais c’est pas fini. Pour l’instant ça l’est, mais ça continuera. Vivre dans des sophismes, c’est le cas d’énormément de monde, et l’ennui c’est qu’ils n’en ont pas conscience d’une, et qu’ils participent allègrement au problème général de l’humanité en considérant de par leur vécu, de par des raccourcis faciles qu’ils ont pu faire sans chercher plus loin, qu’un gros souci dans la société est celui qu’on veut bien faire croire qu’il l’est : les drogues. Mais qui ne l’est pas réellement, et un des réels problèmes, c’est leur comportement inique.