Débat critique autour de l’idéologie de Bernard Friot

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Je précise : je n’ai pas lu Bernard Friot (économiste et sociologue), je n’ai vu aucune de ses conférences, interviews ou je ne sais quoi, j’ai juste pu l’entendre parler à l’intérieur d’une vidéo d’Usul disponible sur sa chaîne (1). Ce serait d’ailleurs une belle occasion pour me cultiver à son sujet…

Pour vulgariser, selon le premier intervenant de l’émission (Matt d’AL et de Tantqu’il), Friot propose un changement dans les valeurs salariales (le « salaire à vie »), mais aussi concernant les retraites. Qu’on travaille ou qu’on ne travaille pas, on aurait un salaire, variable selon les qualifications qu’on a. Variable, point intéressant pour mieux comprendre : quatre niveaux du moins qualifié au plus qualifié, et les médecins (j’utilise le même exemple que l’intervenant) seraient au niveau de qualification le plus élevé, donc toucheraient le salaire le plus élevé.

Et maintenant, j’ai envie de donner mon avis. En quel honneur un médecin toucherait plus que les autres ? Je ne sais pas, pour moi un médecin ne rend pas particulièrement davantage service à la société qu’un balayeur, et je ne minimise pas l’utilité d’un médecin, je maximise l’utilité d’un balayeur, nuance ! Si le toubib devait effectuer son métier dans un endroit dégueulasse, situé dans une ville dégueulasse, il ne pourrait pas le faire dans de bonnes conditions.

On voudrait qu’un médecin soit plus méritant que les autres du fait des années sacrifiées en études, mais comme pour n’importe quel métier, je ne suis absolument pas d’accord avec ce point. Il est vrai qu’un balayeur n’a pas besoin de faire d’études pour être capable d’exercer son métier avec efficacité et compétence, et qu’un médecin doit apprendre énormément de choses avant d’être en mesure de soigner les gens, je ne disconviens pas à cette réalité. Cependant les motivations pour sacrifier ces années en études pour être médecin sont souvent de l’ordre du confort futur, donc vénales, bien avant d’être altruistes. Quoi que l’un n’empêche pas l’autre, mais la société dans laquelle on vit pousse à faire passer les motivations vénales avant l’altruisme. Lorsque des parents rêvent de belles carrières pour leurs enfants, ce n’est pas en priorité dans l’idée de l’utilité future de leurs enfants, mais bien dans celle de leur confort. Et puis c’est un choix personnel, le sens du vrai sacrifice c’est quelque chose que beaucoup de monde ignore, ou ne souhaite pas adopter parce que ça ne rapporte rien. L’altruisme aussi. Et puis, je sais pertinemment que je dois être une des rares personnes à penser ainsi, et que nombre d’entre vous considéreront ce point de vue comme stupide. Et ce n’est pas grave, chacun pense ce qu’il veut, et les autres ne peuvent pas forcément comprendre comment on en est venu à penser comme ceci ou comme cela. Et puis de toutes manières, d’une le fait que je voie les choses comme ça ne changera strictement rien dans le fonctionnement sociétaire, et de deux, je respecte les visions différentes des miennes et je ne considérerais jamais que je détiens LA vérité absolue, manquerait plus que ça tiens !

Les intervenants mettent également le doigt sur quelque chose d’intéressant : l’égalité des chances. Le système de Friot ne modifierait pas cet état de fait, qui veut qu’une personne provenant d’un milieu social au bas de l’échelle (même si cette échelle n’a plus que quatre échelons) ait beaucoup moins de chances d’arriver à un niveau d’études supérieur.

Quoi qu’il en soit, avant de me faire un avis sur le concept de société que propose Bernard Friot, je vais devoir m’intéresser à ce concept, et le décortiquer – dans la mesure du possible car je ne dispose pas de moyens qui m’autorisent à m’acheter un livre, sauf s’il est arrivé à un niveau où il est disponible d’occasion (c’est à dire, généralement longtemps après avoir été publié, et dans l’éventualité où il se serait suffisamment vendu). Et je n’aime pas lire un livre au format numérique, il est hors de question que je commence aujourd’hui, surtout à mon âge, je tiens à mes yeux qui sont encore heureusement en bon état, et je tiens à ce qu’ils le restent. Je lis déjà suffisamment de choses en ligne comme des articles, etc.

Et Re-quoi qu’il en soit, cette émission apporte un regard libertaire sur la pensée de Bernard Friot, et est donc intéressante à écouter.

http://sortirducapitalisme.fr/187-les-propositions-de-bernard-friot-en-debat

(1) – https://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw

Image : CC BY jsymmetry

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