Clivage interne

Derrière mes basses humeurs de clebs affamé, bien planqué
À l’intérieur d’mon cœur, subsiste un enfant prisonnier,
Né un matin d’hiver, et enfermé un soir d’été,
Sous un ciel découvert, sa liberté s’est arrêtée.

Un univers entier s’est évanoui en une seconde,
Nié sur un chantier à l’imagination féconde,
Mu par des sentiments et par des délires impossibles,
Obligé d’se lier au ciment comme un vulgaire fossile.

Naïf à l’innocence immense, au moins comme un gratte-ciel,
Détruite, de l’âme aux sens, tout aussi denses que démentiels,
Et piétinés par l’ego-trip d’un autre être en souffrance
Illusionné par des sophismes, ou des traîtres en sous-transe,

Natif d’un monde putride où l’amour est pointé du doigt,
Et où des ondes fétides sont dites « humour », et où tu dois
Railler la gentillesse et glorifier les apparences,
Tailler les gens en pièces et sacrifier tes différences.

Et c’est en écoutant les conversations où se marre
Où s’étend, déroutant, le con vers l’action, on s’en carre,
Naturellement ou presque, que j’en finis plus de tirer
Sur ces humains zombiesques, ces dures finitions attisées,

Et si j’t’avais en face de moi toi l’facho expat,
Ce s’rait comme un séisme pour toi, j’userais ma batte,
On s’demande c’que tu fous, t’as l’air d’vouloir t’faire allumer,
Nique tes divagations insulaires et moi j’vais t’fumer,

Tu vas savoir c’que c’est qu’un punk fâché lâché sur toi,
Et ton bavoir va être rosé, tâché de rouge à pois,
Nique aussi les p’tits patriotes, et quand ça va péter,
T’inquiète, j’saurai r’connaître mes potes, et j’aurai pas d’pitié.

Et c’est comme ça tout l’temps, dans ma p’tite tête, deux dingos s’frittent,
Deux sous-hommes s’affrontant comme des bêtes dans un putain d’rite
Enflammé, faudrait éviter, d’se r’trouver sur leur route,
Sous leurs lames aiguisées, et j’peux t’retirer tous tes doutes,

Une fois pour toutes, une bonne, dans un clivage stoppé tout net,
Rails sabotés, détonne un son sur le rivage du net,
Valider des idées puantes au point d’devoir partir,
Irisées, même brodées sur les bords, j’vais les anéantir.

Voir ces images en permanence, a tendance à rendr’fou,
Ravaler sa rage, sa démence, c’est danser sur les g’noux,
Et finalement, autant boire une bière, vautré au soleil…

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