Envolée de corbeaux

Si j’étais amoureux éperdu je serais perdu d’avance, et si j’en vois des signes avant-coureurs
Jamais je ne devrais sombrer à nouveau dans cette mare vaseuse et profonde, c’est mort pour l’heure
Rappelle-toi ces ombres et ces fantômes passés, qui ont suivi un panneau pour moutons de Panurge
Rappelle-toi ces punitions, qu’après la pluie vient encore la pluie, que l’apanage de masochistes se murge
Que la peine nage en vase clos, tantôt fluide et pernicieuse, tantôt triste et en panne, et que ça urge de l’ouvrir
Rappelle-toi que ton corps serait vite en phase d’être détruit, tout comme ton esprit qui déjà s’insurge
Pense aux autres, tous ces sourds aveugles et muets à la fois qui grattent le sol avant la purge
Ils griffent la terre de leurs ongles fragiles, entravés par des sangles agiles s’il eût pu, c’est un pur jeu pour elles
Ce nectar sirupeux empoisonné que tu as déchiré et qui t’a mis à la ramasse plusieurs fois, et dont tu ne seras jamais repu
Entre la passion mal placée et la haine innocente, la routine assassine l’espoir qui se brise et se tait
Rappelle-toi ces drogues variées mais qui font toutes le même effet, elles étaient belles mais la chute est longue

Solide comme du cristal

T’as rien compris, prie qu’on convainque les cons au prix d’un rien en solde, solide comme un roc, et encore. T’as tout perdu, au nom du père, du bout de ficelle qui va se rompre, et des seins dans l’esprit qui rampe, agonise et va se prendre une crampe et se pendre, pendant que tous pédants ils perdent leur temps à se montrer leurs dents en silence, s’enlisent dans leurs convictions en évitant d’élire des truands, en outre t’as foncé dedans et tu t’es foncedé, t’es défoncé ou quoi ? Oui, bien sûr. C’est évident, un junkie vit d’envies empli de frustrations, sa santé s’effrite comme un mauvais shit acheté trop cher, le réchaud allumé, mets-lui ta kéta dessus, cuisine ta vie et fume-la. T’as jamais voulu faire comme tout le monde, quitte à frôler les ombres et éviter l’Homme, bref même une louve aime à jamais, mais celles de ton espèce sont des tas de merde. À quoi bon s’enfiler des perles de cyprine du bout des lèvres, en levrette ou en missionnaire, leur mettre des claques sur les fesses à ces salopes, fuis vite avant l’heure et évite les leurres, leurs sourires faux seront pour d’autres avant que ta faim soit repue, avant la fin. Enfin, pousse les Icares qui écartent les bras au bord des falaises, sois l’enfer que tu subis, faire en soi des nœuds de pendu, en attendant l’heure, la bonne. Mieux vaut être seul qu’accompagné d’une conne.

Clivage interne

Derrière mes basses humeurs de clebs affamé, bien planqué
À l’intérieur d’mon cœur, subsiste un enfant prisonnier,
Né un matin d’hiver, et enfermé un soir d’été,
Sous un ciel découvert, sa liberté s’est arrêtée.

Un univers entier s’est évanoui en une seconde,
Nié sur un chantier à l’imagination féconde,
Mu par des sentiments et par des délires impossibles,
Obligé d’se lier au ciment comme un vulgaire fossile.

Naïf à l’innocence immense, au moins comme un gratte-ciel,
Détruite, de l’âme aux sens, tout aussi denses que démentiels,
Et piétinés par l’ego-trip d’un autre être en souffrance
Illusionné par des sophismes, ou des traîtres en sous-transe,

Natif d’un monde putride où l’amour est pointé du doigt,
Et où des ondes fétides sont dites « humour », et où tu dois
Railler la gentillesse et glorifier les apparences,
Tailler les gens en pièces et sacrifier tes différences.

Et c’est en écoutant les conversations où se marre
Où s’étend, déroutant, le con vers l’action, on s’en carre,
Naturellement ou presque, que j’en finis plus de tirer
Sur ces humains zombiesques, ces dures finitions attisées,

Et si j’t’avais en face de moi toi l’facho expat,
Ce s’rait comme un séisme pour toi, j’userais ma batte,
On s’demande c’que tu fous, t’as l’air d’vouloir t’faire allumer,
Nique tes divagations insulaires et moi j’vais t’fumer,

Tu vas savoir c’que c’est qu’un punk fâché lâché sur toi,
Et ton bavoir va être rosé, tâché de rouge à pois,
Nique aussi les p’tits patriotes, et quand ça va péter,
T’inquiète, j’saurai r’connaître mes potes, et j’aurai pas d’pitié.

Et c’est comme ça tout l’temps, dans ma p’tite tête, deux dingos s’frittent,
Deux sous-hommes s’affrontant comme des bêtes dans un putain d’rite
Enflammé, faudrait éviter, d’se r’trouver sur leur route,
Sous leurs lames aiguisées, et j’peux t’retirer tous tes doutes,

Une fois pour toutes, une bonne, dans un clivage stoppé tout net,
Rails sabotés, détonne un son sur le rivage du net,
Valider des idées puantes au point d’devoir partir,
Irisées, même brodées sur les bords, j’vais les anéantir.

Voir ces images en permanence, a tendance à rendr’fou,
Ravaler sa rage, sa démence, c’est danser sur les g’noux,
Et finalement, autant boire une bière, vautré au soleil…

Laisse-moi seul

Le chemin est chaotique, dès l’matin j’suis K.O.
J’reste en vie au cas où, il s’passerait quelque chose,
J’vois des enfants partout et j’te fais l’pari
Que jamais j’en aurais, et après tout tant pis,
Comme ça j’pourrais rester, le cassos que j’suis
Aujourd’hui.

J’en peux plus d’parler d’moi, j’voudrais t’parler du ciel,
Des montagnes et des bois, d’la mer et du soleil,
Mais en moi y a qu’du fiel, et l’avenir est en deuil,
Moi en mai j’me vois pas, j’tourne autour d’un atome,
Le fantôme d’une p’tite conne, qu’j’aurais mieux fait d’saigner,
Avec son téléphone et d’lui faire avaler.

Si tu comprends que dalle, à tout c’que j’te raconte,
Rassure-toi, moi non plus, et tout ça c’est qu’des contes,
De fée, et j’aurais jamais honte, de faire, la guerre,
A c’te lie d’l’humanité qui s’prend pour l’élite,
J’les latte ces sales putes, et j’leur réserve ma batte,
Mes crises de nerf de boeuf, obligé d’me calmer,
En fumant un pétard de beu, sinon j’vais tout casser,
Et faudra qu’ils soient dix rien que pour m’arrêter,
Et soit dit en passant, j’préfère juste m’effondrer,
Déchiré par l’alcool, et m’endormir le soir, comme une masse,
Si la sobriété m’tient dans ses griffes, nique sa race,
Les pensées s’enchaînent, paye ta trace, faut qu’j’oublie,
Que j’suis là, au milieu d’un enfer, que j’suis vieux,
Et qu’on m’dit qu’la vie, faut en faire, quelque chose de mieux,
Vas-y mais ferme ta gueule. Et laisse-moi seul.

Discord

On est des oufs, et on s’fera jamais fébou,
Ni par les poufs, et encore moins par les tabous,
Et on s’en fout, de c’qu’est politiqu’ment correct,
On graille des clous, et on avale même les arêtes,
On représente la team de l’Ordre des Schlags,
Sans un centime en poche, ici c’est pas l’goulag,
On n’empêch’ra jamais personne de s’exprimer,
Quand on nous diffamait nous on l’a fait rimer

On a trimé à l’époque des dictateurs,
On a clamé contre quelques délateurs,
Quand se tramait une cabale sur nos gueules,
On se marrait, et en aval on trouve ça chel,
Mais on s’en branle, de la violence ascensionnelle,
Sous tous les angles du cinéma irrationnel,
De petits chefs, qui manipulent les bolosses,
Qui gèrent leurs fiefs en se prenant pour des molosses

Nous on est libres, et c’est p’t’êt’ bien ça qui les gêne,
Leur équilibre est aussi bancal que leurs gènes,
On est des Schlags, on l’répétera jamais assez !
On kiffe les blagues, les séries et se prélasser !
Si on dérange, on fera encore plus de bruit !
Que ça arrange ou pas ceux qui s’prennent pour des druides !
On est des clebs sans laisse, attention on peut mordre,
On fout la hess, si t’es comme nous rejoins notre Ordre !

L’Ordre des Schlags, c’est une assemblée de malades,
Ici on drague, tout c’qui bouge et c’est l’escalade
De liberté, le RSA Crew est ouvert
Avec perte et fracas on baise à découvert,
On est des srabs, alors frérot ramène ton fion !
Y aura du rab, et tout c’qui faut à profusion !
Des créateurs, des inventeurs de nouveauté,
De vrais acteurs, on est pas là pour chipoter !

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Interlude

J’ai pas envie de vous parler d’amour.
Je sais pas si c’est pire de souffrir,
Ou de ne rien ressentir, au fond de soi,
Pire d’avoir vécu ça, doux comme un chiffon de soie,
Et de ne plus pouvoir le saisir entre ses doigts,
L’absence pèse, mes sens crèvent, ma violence rêve
De s’évanouir. Et ma tête veut la voir partir,
Être à l’aube d’un jour nouveau.
…Réatterrissage. Tous les instruments s’affolent.
…Crash, retour à la nage. Besoin d’une luciole.
Les étoiles s’étiolent mais semblent éternelles.
Univers magnifique, mais je suis vite ramené sur Terre.
Imaginaire prolifique, mais mes chaînes sont délétères.
Elles me maintiennent au sol, je me noie dans l’éther.
Ou c’est juste une impression, un auto-coup de pression.
Faut nager, même si t’es épuisé.
Des bateaux passent au loin, mais pas d’épuisette
Assez grande pour contenir ton grand coeur et ce corps gênant qui vit autour,
Que tu connais par coeur.
Lourd…
Un instant d’égarement et tu coules, tu bois la tasse et elle te saoule.

Suicide mental

J’ai quitté l’humanité un beau matin par lassitude,
J’ai arrêté mes études, misé sur un avenir incertain,
Tout envoyé bouler avec une téteille à la main,
Naturellement j’ai coulé, c’était pas demain la veille
Que j’allais dérouler l’tapis rouge pour les poulets,
J’les saque pas ces enculés et j’ai envie d’tous les rouler
Tu peux même pas t’imaginer, à quel point j’suis sans vie,
Et dans mes veines on peut trouver des traces d’une illicite survie.

Des produits diversifiés et j’compte plus après six verres,
On pourrait sans rêve s’y fier pour avancer à découvert,
Mais j’découvre un condensé d’amour depuis qu’j’suis plus en grève,
Juste depuis qu’j’ai décidé d’abandonner la mauvaise sève,
Qui s’écoule au fond d’mon coeur, cette rancoeur qui me saoule,
Bien plus qu’la pire des liqueurs, sous mes mots y a un pitbull,
Qui demande qu’à s’reveiller, alors pousse pas mémé
Dans le ravin d’son agonie, on est déjà tous condamnés.

J’ai quitté l’humanité une matinée sous amanite
Phalloïde, et j’ai décidé, d’m’en aller vers la poursuite,
D’un bonheur en celluloïd, c’était une mauvaise idée,
J’aurais mieux fait d’la suicider et d’adapter ma conduite,
Aux idéaux validés par mon esprit critique,
Mais j’ai choisi d’barricader toute cette problématique,
Et d’tirer à boulets rouges sur les moutons et leurs flics,
Mais aussi sur les bonnets rouges, sur les natios et leur clique.

J’ai choisi d’m’acoquiner avec les requins des cités,
Près d’eux j’me suis taquiné d’la coke, c’est la vérité,
J’ai pas oublié d’bouquiner, d’affiner mon acuité
Mentale, c’était pas inné, j’ai dû travailler mes talents,
Mais j’suis resté les bras ballants d’vant la cruauté régalant,
Dans un langage inégalé, les garces à qui j’ai accordé,
La garde aveuglée de mon âme, faire confiance a ces dames,
A été ma plus grande erreur, on m’a rendu mon coeur foncedé.

J’ai quitté l’humanité, j’ai épousé l’immortalité,
J’ai craché des insanités, j’ai court-circuité mes chakras,
J’ai balancé des crachats sur les cons et leur méchanceté,
J’ai sublimé la fragilité des écorchés qu’on décrocha
Des crochets d’boucher desquels ils étaient pendus,
Une fois qu’ils étaient descendus, je les voyais s’transcender,
S’transformer en anges déchus, sans haine et sans malentendu,
Et s’envoler, désarmés, aller cramer, détendus.

L’épouvantail qui cache la forêt

Putain de gueule de bois, l’enfer sculpté dans mon crâne,
Réveil en jeans avec un goût d’pastis dans la bouche,
Un paquet d’tabac pas à moi dans la poche,
J’ai dû louper l’coche, et me d’mande pas pourquoi,
J’me souviens d’où j’viens, gueule pas ! J’suis pas sourd, quoi !
Je tremble un peu, c’est des séquelles, quel est ce flow qui sort de moi ?
C’est sans doute une hallucination, comme un soupir sournois,
Toutes ces têtes qui trottent dans un souvenir en chien,
M’envoient juste un p’tit sourire en coin, c’est rien,
J’ai envie d’te dire « viens » mais j’peux pas,
Je m’enfonce avec conscience, mais conscience est malsaine,
Nous les schlags on marche ensemble, on passe sous des arches et nos démarches
Sont étranges, c’est d’l’amour béant qui fourche, qui sort de nos bouches,
Ça peut paraître louche,
Face A, le titre est biaisé, cherche pas, c’est une blague,
Face B, l’horreur est en dèche, au matin j’ai pas la pêche,
Qu’est-ce tu crois ?
J’suis pas un ange, ou alors déchu, mal-fichu, pas rasé,
Les dents défoncées, mémoire des buvards avalés,
La solitude pour compagne, même accompagné elle est mon ombre,
Même si j’me magne, si j’la castagne, y a qu’les montagnes,
Qui s’rencontrent pas, alors gare, j’hésiterai pas à fermer mon poing,
Et à casser le besoin, avant d’lui appliquer des soins,
Pas l’choix, c’est une fatalité, de la littérature alitée, et l’élite est à l’eau,
L’illusion ultime au fond des yeux défoncés par la nuit illuminée et son lot
De rêves détruits avant même d’être évoqués, l’équivalence d’un œuf brisé,
Je ne suis qu’un prolo atomisé et l’errance est de mise,
Mais mise, c’est loin, faut prendre le train…
Autant miser sur l’unité de l’univers, sur le vernissage d’une idée inhumaine,
Inouïe, et inaltérable, sans déblatérer d’ineptie,
Et pratiquer une ablation sur sa cohérence, avant l’autopsie.

Défouloir

J’ai des ailes invisibles, et elles sont prises pour cible,
J’ai des rêves indicibles, ils sont irracontables,
Je vous mets sur la table, mon passé, passé au crible,
Je suis pas invincible, et c’est indiscutable,

Et ma vie est une fable, histoire incompatible,
Avec mes buts, c’est pénible, je construis sur du sable,
J’tourne en rond, j’pète des cables, pour moi je suis nuisible,
Et c’est irréversible, violent et ineffable,

Pas tellement explicable, ça paraît pas crédible,
J’ai besoin d’combustible, sans je suis incapable
D’avancer, j’suis instable, flou et hypersensible,
Mais j’me blinde, impassible, stoïque et redoutable,

Pas du tout présentable, un être indescriptible,
Un genre d’incorruptible, bourré j’suis détestable,
Vulgaire et pas sortable, j’ai grillé mes fusibles,
Si c’était prévisible, c’est un peu lamentable.

Et j’suis capable d’écrire, que des textes barbares,
C’est loin d’être le hasard, j’ai détruit mon empire,
Et tu sais pas le pire, mais là faut qu’j’aille au bar,
Retrouver les clébards, les chiens sales qu’il faut fuir,

Et j’aime pas les ronds-de-cuir, en cravates et costars,
On peut voir des codes-barres, tatoués sur ces vampires,
Ces rats, ces peine-à-jouir, qui méritent des coups d’barres,
Qu’on les foute dans l’brouillard, qu’on les envoie croupir,

Dans la crasse, s’évanouir, sur l’bitume du trottoir,
Et qu’on détruise dare-dare, l’monopole de ces sbires,
Ouais j’pourrais pas mieux dire, sont complices du pouvoir,
Et j’en peux plus d’les voir, j’peux faire que les haïr.

C’est comme ces tristes sires, ces genres de chemises noires,
Ces espèces de clochards, qui savent même pas écrire,
Qui défendent leur empire aux relents franchouillards,
Leur culture de têtards, faudrait tous les r’froidir…

Bibliothèque

Money money money, no way…
Tout se paye et tout se vend,
L’air et l’eau, les gens, tout le monde est à vendre même s’il trouve ça immonde,
Et tous on en abuse, par l’échange, l’altruisme est à l’eau, et s’noie d’un air affligeant,
La norme, l’autodiscipline, la marginalité au ban dans l’espoir d’y satisfaire un ego centré sur un être qui a l’impression d’être au centre de l’univers, mais qui est au centre de son univers…
Et qui ne l’est pas ?
Money, vivre dans ce monde ou pas… A-t-on vraiment le choix ?
La construction intime d’un monde placé dans une bulle hermétique donne-t-elle un meilleur résultat ? Mais meilleur que quoi ?
Des conventions placées là pour que le plus grand nombre ne puisse pas voir l’origine des ombres de la caverne, qu’ils tournent tous dans le même sens sur la patinoire sociale, juste histoire de ne pas se rentrer dedans. D’accord. Mais avec du recul, ce sont ceux qui ne suivent pas la masse qui font les figures les plus originales et belles.
Question stupide : mon intérêt personnel doit-il passer au second plan ? J’y ai répondu depuis plus de 20 ans. Et pourtant…
C’est pas le cas, pas systématiquement. Preuve d’une adaptation bien humaine, robotisée au demeurant. Affleurant cette norme tant prisée, qu’on a accusé de lobotomiser, est-ce à tort ?
Un désir de transhumanisme fonctionnel réside au cœur d’une machine complexe, dont on ne saisit pas encore toutes les petites nuances, mais à laquelle on veut tout de même ajouter des possibles séquelles.
Des ponctions cérébrales indolores seront réalisées sur les crânes endormis, et l’atome griffe l’épiderme avant d’être remis au fond d’un tiroir, fermé à clé, on n’en parle plus, et la boucle est bouclée.
Alors, tout se paye l’ami, c’est vrai… Mais pas dans mon monde, et suis-je si étrange ?
On a l’obligation de s’y faire quand bien même on veut s’en foutre, c’est un peu comme un ordre, outre la possibilité d’y désobéir, l’avenir appartient à ceux qui s’en saisissent.
En face de milliers de paires d’yeux observateurs, s’en foutre. S’en foutre. Ça marche à peine, enfin ça peine.
Des milliers de cerveaux additionnés réfléchissent autour d’une pensée unique, sans aucune cohésion, rien n’en sortira de bon.
En tous cas, rien qui n’ait déjà été dit, formulé, écrit, théorisé, démontré, mesuré, publié, validé par la science et par des hommes d’autorité, et appris.
Et le doute. D’aucuns en ont fait un paradigme, tirant à vue sur tout ce qui est évident, en joutes pratiquées sans les mains et sans les dents.
Mais ce qui est flagrant pour un individu ne l’est pas toujours pour un autre, et finalement, j’en doute, l’entraide est en supplément…
L’inconscient collectif enclenché, la prise branchée à vif, c’est sur la vision manichéiste de ce qui se fait ou pas, de ce qui est communément accepté, ou pas. C’est aussi un fourre-tout qui contient des choses pour les uns, mais étonnamment pas forcément les mêmes pour les autres. Où sont les limites de début et de fin ?
Cette pensée est influencée par des stéréotypes aux formes avancées pour une partie séquencée du cerveau un peu cadencée, je suis un ours, un chien ou un serpent.
Sortir de sa zone de confort, certes. S’imposer des contraintes, c’est mieux. Étaler la couverture de son inconscience sur le lit de son âme, c’est louche…
Si tu comprends, grand bien t’en fasse, sinon… Creuse sous la surface. Enfonce tes ongles dans l’immensité de la diversité de sujets qui dépassent l’adversité commune de l’humanité, son infinité est telle qu’elle monte largement au-dessus des nuages, elle est illimitée.
À quand le grand soir ? Cette fable, où on se mettra tous minables !
Si on scrute profondément, on voit une transformation sociétale exponentielle, c’est en cours actuellement, mais c’est une adaptation ponctuelle aux mêmes règles qui régissent l’espace et le temps depuis longtemps, mais qui ont montré 1000 fois leurs limites, mais que toujours on imite.
Que prendre et que laisser ? Le choix est délaissé par l’ensemble de cette queue de laquelle il est déconseillé de sortir. La ligne blanche tracée, ça va les aider à ne pas quitter le chemin de brique jaunes et d’arriver au royaume visé, mais ose… Osons, osez, goûter ce ciel azuré, au lieu de ces dogmes aseptisés.
L’ensemble de l’humanité fait des arrangements avec la réalité, ne serait-ce que pour pouvoir se regarder en face, mais lorsqu’on a intégré des valeurs matérielles, ce n’est plus nécessaire, on s’adapte alors à n’importe quoi, individualiste dénué de scrupule, dans un paradigme où le bien et le mal sont définis et patentés, protégés par une société à responsabilité limitée. Qui va payer les pots cassés ?
Il n’y a pas ici de message caché. Mais le travail ne t’est pas mâché. La feuille n’est pas vraiment tachée, ses pattes d’oie dessinent une vision très personnelle, subjective. Et sans aucune invective, mais ascensionnelle.

État des lieux

Dans la chaleur des corps s’écorchant l’âme au fond d’un amas d’espoir éclaté,
Un qui n’a pas duré et qui s’est déchiré sans l’accord d’une conscience affalée,
Les matins se répètent, c’est un jour sans fin, les journées se ressemblent,
Les cigarettes se consument, détruisant les poumons qui n’ont pas d’autre utilité,
Que de maintenir en vie cet être qui n’en a pas envie, pars… je t’en prie.
Toi qui squatte ma tête, casse-toi, j’veux pas de toi. Prends tes cliques et tes claques,
T’as donc pas vu que c’était qu’un cloaque ? Un taudis qui un jour fut maudit ?
Un qui n’a pas trouvé la formule d’annulation du sortilège qui lui a été lancé ?
Un qui en a assez d’être balancé entre intérêts et déceptions ? Ma conception
De la vie, toi avide de voir les averses à venir, d’une verve aveugle qui veut voler,
Mais qui marche amèrement minutes après minutes, qui ne fait que ça.
Je pourrais, en quelques mots, retourner l’univers et le transformer en un monde imaginaire,
Oui, mais voilà. La motivation n’y est pas, et c’est plus un besoin de destruction qui perdure,
La verdure ? Je l’aime, mais encore, encore une fois, elle m’attire pas.
Entre elle et les ordures, dilemme, avril commence, et je veux finir une idée,
La tuer à petits feux, l’enfermer dans une cage et la séquestrer, sans scrupule,
Sans stress, sans émotions autres que celles générées par le plaisir de la voir souffrir,
J’en suis incapable, ressentir ces choses, ça me fout la trouille, c’est mon tabou,
Et je le mets sur la table pour qu’il crève lui aussi, je suis encore dans mon rêve,
Celui où j’ai pas d’armure, où je ne crains pas les flèches ennemies, car ma peau est tannée,
Je compte plus les années, mais depuis quelques-unes, j’ai perdu mon univers.
Et depuis, je cherche un moyen, coûte que coûte, de le retrouver. Enfin non.
D’en retrouver un, un autre, pas le même, mais un qui lui ressemble, au plus proche,
Parce que j’y tenais à ce tout, j’en avais fait mon idéal, quand bien même il ne fut pas parfait,
Loin de là. Que choisir ? La dualité implique que le côté négatif soit l’autre face du positif,
Prendre tout en même temps, c’est s’inspirer aussi, sans espérer, de toutes façon on le sait,
On le sait que ça se passera comme ça, on sait qu’on souffrira, alors autant l’accepter,
L’essentiel étant l’équilibre entre ces deux flux… Pourrait-on apprécier la lumière,
S’il n’y avait pas l’obscurité ? Pourrait-on apprécier autant la jouissance,
Si on n’avait pas connu la souffrance ?
Alors qu’on foute au feu les affres et les frasques affiliées aux faits futurs qu’on fomente,
On paiera les frais, et je m’apprête à filer mon coton qu’il soit mauvais ou non,
C’est mon chemin individuel, l’échafaud de mes sentiments et leurs duels vivants,
L’envolée dans le vide, les yeux vitreux ou grands ouverts, acuité visuelle ou regard dans le vague,
J’arrive… face au vent, aviné, malvenu, mal foutu, affolé et serein en même temps,
Je n’ai jamais rien contrôlé, cet afflux intérieur qui me brûle, et même si les mots n’ont aucun sens,
Ils vivent, en fait ils n’ont pas besoin de moi pour ça, ils se suffisent à eux-même,
Évolution subjective, hypersensible et émotive, j’assume ma partie féminine, je l’aime,
Les mots n’ont certes pas de sens, mais mes sens sont alertes, ils sont avertis,
Avilis parfois, me rapprochant de l’humanité lorsque je m’insensibilise.

Logorrhée allégorique

Dans un monde à part, probablement imaginaire,
Pourtant bien réel dans la p’tite tête d’un être inerte,
L’ami trentenaire vivait un dilemme bien cruel,
Et sa solitude, il l’avait rendue virtuelle,
S’était divisé, mais ne savait plus où était
Son identité, si seulement elle subsistait…

Dans son petit crâne, dansaient donc plusieurs personnages,
Des fous, des qui planent, de tous les sexes et tous les âges,
Et des très sérieux, des intellos des philosophes,
Puis des mystérieux… Le résultat : une catastrophe,
C’était le bordel, un grand chaos monumental
Et industriel, une sorte de séisme mental.

Et ses avatars, parfois se combattaient entre eux,
Se traitant d’bâtard, avec de la rage dans les yeux,
Autodestruction, dualité entre amour et haine,
Faites bien attention, cette guerre était loin d’être saine,
Certains eurent déjà l’occasion d’en payer les frais,
Ont voulu l’aider, mais sur lui ont tiré un trait.

Croyez pas qu’il ait toujours été ainsi, son coeur
Filait sans filet, mais sa folie et sa rancoeur
Étaient nées un jour, bien après celui d’sa naissance,
Mais il était sourd à tout ce qui avait du sens
Pour le plus grand nombre, qu’il appelait « la masse informe »,
Conglomérat sombre de crétins dont les esprits dorment.

Et il était mort, à l’intérieur, au fond d’son âme,
Au premier abord, on le voyait pas, mais sa came,
C’était cette haine, qui mal canalisée détruit,
Jusqu’à ce qu’on prenne acte et qu’on mette fin à la nuit,
Il le savait pas, et il n’avait conscience de rien,
Sauf de son état, qui l’faisait vivre comme un chien.

Il fallait creuser, pour bien comprendre un tel mystère,
Personne n’a osé, aller jusque-là, trop austère,
C’est compréhensible, mettre les pieds dans ce gros bordel,
C’est pas impossible, mais c’est limite sacrificiel…
Et le sacrifice, c’est pas que’qu’chose d’inné à l’Homme,
Si c’est pas son fils, il finit par s’en foutre en somme.

Il faut qu’je conclue, j’ai pas envie d’m’étendre sur lui,
Ce genre de reclus, est un effet pervers d’la vie,
Dans cette société, qui crée des pervers narcissiques,
Pour mieux les fouetter, les considérer comme toxiques,
Pour se dédouaner, d’être des monstres imbus d’eux-mêmes,
Et les condamner, en oubliant qu’ils sont les mêmes.

Ne prends pas pour toi, ce que je dis au fond d’mes vers,
Je suis pas courtois, et je suis pas dénué d’travers,
J’suis humain comme toi, aussi petit, aussi immense,
Sur ma tête un toit, dans mon esprit des rêves qui dansent,
Mais réfléchis bien, c’est tout c’que j’ai à t’conseiller,
Le mal et le bien, sont des notions ensommeillées.

 

L’escalier en colimaçon

Pour mes derniers vers, j’ai ressorti mon vieux stylo,
Comme faisait mon père, il en a usé des kilos,
Et l’inspiration arrive un peu différemment,
Transfiguration des mots qui volent au firmament,
L’horizon du monde illimité qui dans ma tête,
Dessiné en ondes s’entrechoquant dans la tempête,
A été percé par une évasion prolifique,
En train de verser ses larmes, émotions magnifiques,
Dans cet univers qu’on appelle la réalité,
Été comme hiver, sans trop d’originalité,
Où espace et temps se superposent en strates ouvertes,
Qui m’agaçaient tant, ma super prose les a couvertes,
Arrosé d’alcool, et mon mental a découché,
Saisi par le col, je l’ai collé sur un bûcher,
Avant de finir par lui laisser une seconde chance,
Et de l’assainir afin qu’il puisse entrer en transe,
Sublimer l’enfer, et voir la vie sous un autre angle,
Au final en faire, un paradis, mais je m’étrangle,
En m’apercevant que tout ceci n’est rien qu’un rêve,
C’est bien décevant, l’illusion aura été brève,
Et je dois remettre mes oripeaux et mon fardeau,
J’ai voulu renaître, mais je suis Rafi Sionado,
C’est qu’un avatar, mais il ne laisse personne dupe,
J’suis comme au mitard, sur moi on a trouvé des stups,
Dans une vie étrange, j’dois avoir un karma bien lourd,
J’voudrais donner l’change, que mes habits soient du velours,
Mais faut pas s’attendre à autre chose que la pénombre,
Quand tu ne peux tendre que vers le gris et vers le sombre,
Quand la lumière joue avec ton corps d’homme écorché,
Tends la deuxième joue, t’façon tu finiras torché,
Tu peux essayer toutes les méthodes que tu trouveras,
Et te dire « Ça y est ! » mais l’avenir te le prouvera,
Qu’encore et encore, tu r’viendras aux mêmes conclusions,
Habituelles, hardcores, la poisse et toi c’est la fusion,
Si un jour tu peux te résigner à cet état,
Sans aucune stupeur, et oublie pas d’prendre ta métha,
Comme un bon esclave aux vils labos pharmaceutiques,
Sors pas d’ton enclave, car tout le monde verra ce tic,
Qui est inhérent à ta vie flasque et inutile,
T’es persévérant, mais tes actions sont bien futiles,
Et tu ferais mieux de rester assis sans rien faire,
De fermer les yeux et d’entretenir ton ulcère,
D’attendre la mort, bien sagement sur ton fauteuil,
Seul, triste, et amorphe, elle te réserve un bel accueil,
À quoi bon penser à un av’nir déjà foutu ?
Laisse les donc danser, oublie tes désirs dévêtus,
Redescends sur terre, remémore-toi ces lois iniques,
Tout est monétaire dans cet hôpital psychiatrique,
Qu’est le monde réel, et dans lequel on doit quand même
À l’industrielle, faire semblant dans ce requiem
Jeu d’rôle dont les dés, ont étés pipés au départ,
Rongé dans l’idée, que le bonheur est là, épars,
Un p’tit peu partout, et qu’il faut savoir l’attraper,
Et y croire surtout, et qu’on peut pas y échapper,
Mais la vérité, c’est que quoi qu’on fasse on finit
Amer, irrité, aigri dans cette ignominie,
Et qu’il faut s’y faire, qu’on a pas l’choix de toutes façons,
Tout est à refaire, et on n’a pas besoin d’maçons,
Il est infini c’t’escalier en colimaçon.

Leur monde

Leur monde est tellement étrange, et moi j’comprends plus rien
Y a des tonnes de galériens, ici et ça dérange
A peine l’bataillon des anges, c’en devient kafkaïen
Ca gave les concitoyens, mais jamais ils s’mélangent
Avec c’qu’ils appellent des barges, ils gueulent et lachent leurs chiens
Ca suffit pas d’être terrien, dans leurs mesquins petits villages,
Ils dénonceraient même des Sages, s’ils étaient prolétariens,
Et chacun protège les siens, mais surtout pas l’voisinage,
Ils échangent mais ils partagent-raient même pas un bout d’pain,
Donne moi un sac de riz, et j’te filerais ma fille,
Un éléphant dans un jeu d’quilles, aurait l’bon gabarit,
C’qu’ils préfèrent c’est l’mépris, qu’ils s’transmettent en famille,
Ca gueule pour des cédilles, mais laissent agir la barbarie,
Si l’PSG est qatari, alors là ça dégoupille,
Mais des humains en guenilles, qui vivent dans les rues d’Paris,
Ils voient ça comme des bactéries, c’est à peine s’ils sourcillent,
Moi ça m’fait partir en vrille, j’évite comme j’peux l’hystérie,
Mais des fois j’peux pas m’retenir, ça part comme des missiles,
Dirigés sur leurs villes, où ils s’entassent ces tristes sires,
Où ils dessinent leurs avenirs, ils m’font marrer ces débiles,
Ces races de pantins malhabiles, qui savent à peine écrire,
Mais attends, attends, y a pire… ces robots, ces playmobiles,
Ces espèces de singes virils, esclaves d’un système vampire,
Ils voudraient bien m’voir croupir, dans une de leurs entreprises,
Parce qu’ils mettent les doigts dans la prise, jusqu’à s’en évanouir,
Tu vas les entendre dire, qu’il faudrait qu’tout l’monde s’électrise,
« Qu’est-ce’ tu veux mon gars c’est la crise », qu’ils t’disent dans un sourire,
« Faut bosser pour t’épanouir, même si ça fait fondre la banquise,
Nous c’est pas notre problème, nous on entretient notre empire,
Et les étrangers on les vire, nous on est antisystème,
Et nous on va voter FN, alors faut nous obéir,
Nous on va emmener Marine, A l’élysée sur la scène,
On fera d’elle notre reine, tant pis si elle est consanguine… »
Moi j’trouve qu’ça pue un peu l’urine, et mon crâne est pas serein,
J’pourrais m’en battre les reins, laisser ça dans les latrines,
M’envoyer un peu d’héroïne, avec une paille dans l’tarin,
Mais j’préfère envoyer c’refrain, j’suis pas d’humeur caline,
J’suis d’humeur assassine, j’appuierai pas sur le frein,
Je f’rai accélerer l’train, et éclater les turbines,
J’m’enferm’rai dans la cabine, avec le manche dans les mains,
Demain est un autre jour, où des flots d’hémoglobine,
A la place de la bibine, couleront sur les faubourgs,
Il est lancé l’compte à r’bours, et moi j’retrousse les babines,
J’montre les crocs et j’suis à cran, et j’arrête les beaux discours,
Je n’étais qu’un troubadour, maint’nant j’deviens conquérant,
J’rentrerais pas dans leurs rangs, j’pass’rai aucun d’leurs concours,
J’les décapiterai sans détour, j’oublierai pas leurs parents,
Ceux qu’on été coopérants, avec leurs idées d’vautours,
Je leur tournerai pas autour, j’leur rentrerai juste dedans,
Ils s’en prendront plein les dents, et toutes leurs putains de tours,
Qu’elles soient d’ivoire ou d’acier, elles crameront sans précédent,
Ce s’ra pas un accident, leurs bases auront été sciées,
Si j’suis pas artificier, j’saurais allumer la mèche,
J’saurais stopper la dèche, désolé si j’suis outrancier,
J’ai un sourire émacié, et mon âme est un peu rêche,
Mais j’ouvrirai une brèche, pour tous les y balancer,
Et j’peux toujours nuancer, préparer des antisèches,
J’vais plutôt les cramer, et allumer l’brasier…

RAB

Je me fous de votre putain d’modernité,
De vos codes de fous c’est de l’insanité,
Vos langages nouveaux, ma langue est le français,
Vos habitudes de veaux, tout ça est bien rance et,
Moi je vis dans un monde, très loin de tout cela,
Où coulent de bonnes ondes, et je suis bien mieux là,
Et votre indifférence n’importe que vos egos,
Retournez dans vos danses, jouer à vos legos,
Vous êtes des playmobiles, des stupides robots,
Je vous vois immobiles, des pauvr’êtres lobo-
-tomosisés dans l’jug’ment, balayez d’vant vos portes,
Restez entre déments, entre cons en cohortes
Il vaut mieux être seul que mal accompagné,
J’préfère pas voir vos gueules, je n’ai rien à gagner,
À vous donner mon coeur, il est d’jà éclaté,
Passé dans des broyeurs, il est déshydraté,
J’ai tell’ment de violence, je la retiens, c’est bête,
Elle pourrait en silence, vous péter à la tête,
Vous finiriez en sang, que je boirais avide,
En vampire frémissant, et vous péririez vides,
Alors restez au loin, et faites bien attention,
De vous j’ai pas besoin, ni de vos conventions,
Que j’assume tout c’que j’fais, et tout c’qu’on m’fait aussi,
Ça, ça vous fait bien chier, votre connerie grossit,
J’vous envoie vous faire foutre au fond de vos idées,
Surveillez votre poutre, ma paille a oxydé,
A infecté mon œil tant vous l’avez jaugée,
Restez dans vos fauteuils, avec vos préjugés,
Sucez-vous entre vous et moi je continue,
Mon chemin je l’avoue, sans qu’on me diminue…

Version hip-hop et la suite :
https://www.youtube.com/watch?v=OzcUIR5LnIQ

Si on la laisse faire

Fidèle au vent et en quête de sens, la transe d’avant revient tête la première sur le terrain miné de l’inconscient, faisant crisser ses pneus crevés mais toujours vivants, un coup de frein n’empêche pas d’écraser une entité déjà morte la gueule éclatée sur le bitume, son sang répandu en giclées. Pas loin de là, un être en démence sourit en regardant le spectacle, se retourne et s’en va tomber dans le ravin de ses idéaux abstraits, et l’ego, toujours ce putain d’ego de merde, se met en avant et hurle qu’il existe, dans ce scénario absurde.

«  Tu t’es vue connasse ? Tu penses savoir tellement de choses, mais dans le fond ton ignorance remplit des hectares de connerie. Il est tel un chien perdu dans une savane où des hyènes le menacent. Ta vie ne tient qu’à un fil et ma haine peut le couper d’un battement de cil brûlé. Alors ferme-la, retourne-toi, et casse-toi.  »

Hébétée, l’entité se retourne finalement, et voit en face l’horizon de sa stupidité, touche le fond de sa méchanceté, disparaît dans son brouillard de vide. L’ego est content, il a réussi son coup. Mais dans la lignée de ses pensées, il pleure sa solitude qui se glace instantanément et frontalement. L’usure d’une peau devenue trop fine mais qui fut tannée, est telle que maintenant elle laisse apparaître des traces suintantes. Et la haine gagne encore.

Les yeux clos

L’univers était là, tout près, à portée de main, derrière la porte, lui qui d’ordinaire semblait inaccessible, réservé à quelques privilégiés, les oiseaux, les loups et les chiens, les rats d’égout et les chats de gouttière, ceux dont la liberté est leur point commun. L’univers s’habillait été comme hiver des parures colorées des saisons, se foutait bien de la raison, lui, et aussi des faits divers.

Parsemées d’encre et de mots, les feuilles s’étalent au gré du vent, tombent des arbres séculaires pour nourrir l’humus de la Terre et se donner aux animaux, qui camouflés dans les fougères, épient ces instants éphémères.

Au bout d’un chemin de traverse, l’eau a creusé son lit défait, aidée du ciel par les averses, et les siècles ont fait leur effet. Elle caresse les pierres ordinaires, toujours les mêmes, de sa main fine, et son flot est si reposant pour qui sait s’asseoir, et laisser ce tableau l’envahir, le submerger de sa beauté simple et toute prête à l’ébahir.

Ici, on oublie les villes, les hommes, et on perd le fil, du temps, qui s’arrête et qui reprendra quand le fou aura décidé de repartir élucider ses faux mystères, qu’il aura fait coïncider avec sa vie bien inutile à côté d’une Nature vivante, reprendre son existence futile, derrière ses fenêtres fermées.

Si tu cherches une moralité, va donc fouiller dans ton jardin, ou mieux : au fond du ciel, à deux ou trois heures du matin, quand les étoiles sont alitées, allonge-toi et tends la main… Et si tu sais les attraper, garde en mémoire ce souvenir, et tu pourras le ressortir à tout moment, et par lui te laisser happer.

Lettre d’un gueux

Les soirs d’esprit léger où le sommeil vient comme un voile
S’étaler sur mon corps et m’emporter près des étoiles,
Résident à l’opposé de mes réveils en plein gasoil
Où la haine apposée a avorté la moindre toile,

Que j’avais esquissée la veille, et posé des couleurs,
Au matin c’est du noir, du gris, mis à coups de douleur,
Le passage d’un scalpel aigri, venu griffer mes heures,
Qui a détruit l’aspect du ciel au fond de mes humeurs,

Du noir que je retrouve, arrogant sabotage étrange,
Qui sans scrupule recouvre le tableau, moi je me mange
Des montagnes de rage à la vision de ce carnage,
Qui fait revivre encore l’ancienne guerre dans laquelle je nage.

Et ça fait des années que ce combat dure dans mon cœur,
Qu’il en devient fané, remis à bas, et ça m’écœure
De constater toujours que quoi que j’fasse, tout ça revient,
Je n’crois plus aux beaux jours, leurs faux enjeux s’en vont au loin.

Les beaux jours sont pour ceux et celles qui peuvent vivre autrement,
Quand j’entends leur pipeau, leur belle chanson d’apôtre ment,
Ils n’sont pas dans ma peau, je n’ai pas leur accoutrement,
Moi j’ai mes oripeaux et ils me vont sinistrement.

Et s’ils pouvaient garder leur joie pour eux ces optimistes,
Que j’entends bavarder semant des potions d’alchimistes,
Faisant des embardées en bons papillons conformistes,
Je pourrais placarder mes maux, émotions alarmistes,

Je pourrais éluder mon mal et l’enterrer, d’autant
Plus que j’ai galvaudé des habitudes au fil du temps,
Car les voir évoluer me décourage à chaque instant,
Ne fait que me polluer ma condition et mes passe-temps,

Si je pouvais seulement goûter à la vraie solitude,
Si je n’avais vraiment pas ce niveau d’inaptitude
À rester simplement avec moi-même en altitude,
Si je ne ressentais pas ces moments de lassitude,

Ce besoin de ces autres qui sont mon enfer, ma hantise,
Cette peur où je me vautre dans le lucre et la fainéantise,
Qui me pousse à détruire mes heures, à en faire l’expertise,
L’illusion de m’instruire, mon cœur crevant de convoitise,

Je pourrais finalement me résoudre à finir le jeu,
Qu’on m’a vénalement imposé comme on jette au feu
Une lettre chiffonnée sans même avoir pris le temps de
La lire auparavant, l’expéditeur étant un gueux.

Histoire de lune

Laissez-moi raconter une histoire inventée
Pour les soirs de montées fulgurantes et venteux,
Quand dehors il fait froid, qu’on est au coin du feu,
Qu’un désir sulfureux, prend les corps pleins d’effroi,

Quand les yeux dans les yeux, brillent au fil des minutes,
Que s’oublient les disputes, les projets orgueilleux,
Les envies de vengeance, et les haines éphémères,
Quand émergent des mers, des océans d’urgence,

Des engeances aux futurs incertains, l’aventure
S’écrit seule en secret dans un train aux voitures
Invisibles en silence, quand le destin s’y lance,
Quoi que fassent les solistes, quand tous les chœurs s’enlacent,

Qu’ils murmurent des notes qui s’élèvent et qui dansent,
S’entremêlent et mélangent des démons et des anges,
Quand les peaux frémissantes et brûlantes se changent
En forêts incendiées aux sensations sans noms,

Où les arbres en ont, des émotions sans dieux,
Où les cœurs amoureux oublient les religions,
Sentiments contagieux, fous dans l’excitation
D’un moment de passion, sans âge et sans région,

Quand l’esprit réagit, et quand l’âme est à jeun,
Que les « je » sont des « nous », qu’ils le savent déjà,
Que le jeu se dénoue, qu’il en devient barjot,
Qu’il emmène en voyage au centre de la Terre,

Qu’il déterre les nuages devenus locataires,
Et qu’ils nagent en nuées dans les airs médiateurs
Des pensées volatiles d’idées imaginaires,
Et de rêves inertes, qu’ont des êtres fragiles,

Laissez-moi raconter des histoires impossibles,
Qui deviennent la cible d’un mensonge éhonté,
Quand l’ennui prend le soir dans ses griffes acérées,
Sans cesser de serrer comme dans un pressoir,

Qu’il étouffe et décède sans pouvoir respirer,
Sans pouvoir espérer que le prédateur cède,
Qu’il concède à suspendre son étreinte assassine,
Qu’il reprenne racine, laisse l’air se répandre,

Dans ses poumons d’éther, où des milliers d’étoiles,
Naissent et meurent sur la toile, de son toit planétaire,
Mais c’est peine perdue, car déjà l’aube rose
Le remplace et se pose sur la sphère éperdue,

L’horizon se colore, en teintes indolores,
La rosée se dépose sur les fleurs, et alors
Sa mort est le début ou la continuité,
De ce cycle où nuitées s’enchaînent sans abus,

Aux journées éclairées qui ne m’inspirent pas,
La lune est mon repas, surtout quand elle est claire,
Et qu’elle m’hypnotise, de sa couleur dorée
Ou rouge mordorée, elle devient ma hantise.

Comme un roc

L’enfer est encore loin, même si Faust et Dante ont vieilli,
Reste une photo dans un coin, d’où des souvenirs ont sailli,
On se rappelle, un jour on fut enfant rêveur, on se souvient,
Des motifs amusants imprimés sur un pyjama, tout ça revient…
On s’interpelle, et c’est pour fuir ce présent, qui va et vient,
Qui fautif, abusant, arrimé à soi, mais plus jamais
On n’oubliera, toute la famille qui était là, et même ceux
Qui sont partis depuis longtemps, dieu ait leurs âmes,
Qu’ils soient bénis… Mais penser à ceux qui sont là,
C’est rassurant, on aimerait bien, messieurs mesdames,
Qu’ils restent encore, même aux abords de nos flammes
Qui, brûlantes d’enthousiasme à l’idée qu’on soit éternels,
Tels des sentiments uniques, tels des rêves sempiternels…
L’amour des siens, on voudrait bien qu’il dure longtemps,
On voudrait croire, une vie faite que de bon temps,
Et puis parfois on vient à rêver doucement, et tout sourire,
On se revoit alors avant, arriver innocemment à courir,
À gagner la course, sans penser aux lendemains, ce futur,
On boit à la source, sans pouvoir recommencer, mais les sutures
Laissent des cicatrices, dont la guérison dépend de soi,
Et l’on choisit, soit de l’aider, et elle devient expiatrice,
Soit on l’empêche, et les blessures suppurent, elles s’infectent.
Quoi qu’il en soit, on est responsable du résultat, de son affect,
Architecte de ce qu’on garde, et qu’on a sur le dos à vie,
Ce peut être un fardeau, et assombrir toutes ses envies, ses avis,
Mais ce peut être une paire d’ailes, et soulever son corps ravi,
De s’envoler… Car le destin est ainsi fait : ou bariolé,
Ou de grisaille… C’est un festin avec buffet, à volonté,
En victuailles… Où les sapins sont décorés, par la bonté,
Ou bien encore par d’autres choses, d’autre côtés que je ne veux,
Plus détailler, mais détaler, loin des humeurs détricotées,
Où le tonnerre éclate et gronde, fait sursauter, sans beauté,
Quand la vie tend l’envie, d’une main généreuse, la saisir,
Elle qui est faite, de jours avec et de jours sans, où le sang
S’enfuit malgré les barricades, en cascades, comme la pluie
Précède le soleil, les saisons se relayent, font des révolutions,
Tournent en rond, et reviennent à l’origine, nous ne saurons,
Que demain s’il fera beau, si les nuages androgynes partiront,
S’il suffira d’un placebo, pour se sentir à merveille, respirons,
Les particules douces et vermeilles, que l’on transpire,
Que la Nature altruiste transmet, et prenons le pire
Du meilleur, ignorons les ratures tristes des ondes de choc,
Car au final, c’est à nous de choisir… Soit on rejette tout en bloc,
Soit on soupire, puis on respire, et l’on devient fort comme un roc.

Image : libre de droits (Vero Noumea – Nouvelle-Calédonie)