À une semaine du 1er tour

Qu’une chose soit claire : aucune maxime, aucun dicton, ne vaudra jamais autorité et l’inverse peut être vrai aussi. Mais en des temps précis, certains conviennent très bien aux événements.

Les promesses n’engagent que ceux qui les croient.

Pourquoi un candidat aux élections présidentielles ferait-il ce qu’il a promis ? Dans quelles mesures un programme politique serait-il davantage respecté qu’un autre ? Voilà la question que je me pose. A une semaine des élections d’ailleurs. Bien que je me la sois posée avant. Je suis abstentionniste, mais de plus en plus souple dans beaucoup de mes idées. Or cette année j’ai eu envie de changer une habitude, pour une fois, pour essayer comme ça.

On ne dit pas « j’aime pas » avant d’avoir goûté.

Bon, en fait elles font chier ces maximes. Elles peuvent toujours aller contre les convictions profondes… Et puis d’après cette fameuse règle de français, qui n’a rien à voir avec une idéologie quelconque, mais qui signifie qu’on doit accorder avec « on  » lorsqu’il est employé à la place de « nous  »… « on  » est un con. Et il m’est souvent arrivé de me dire que se contenter d’une simple amélioration sociétale n’était pas intéressant voire empêchait d’espérer tout changement radical.

Le mieux est l’ennemi du bien.

Mais tout de même. Étant déjà bloqué sur un vote précis, un candidat, stratégiquement, d’autres appellent ça un vote intelligent, je suis allé voir son programme, lui qui soi-disant, n’est pas un homme d’extrême-gauche – ce sont ses mots directs déclarés en vidéo dans l’interview des lecteurs du Parisien du dimanche 16 avril, repris par nombre de journaux. C’est le phagocytage habituel de la presse, qui selon Acrimed ne serait pas le 4e pouvoir (au passage, c’est gratuit).

Moi j’aime bien Acrimed. C’est un tout petit média français qui décortique la presse en permanence, qui se jette sur beaucoup de petits détails croustillants dès que ça sort des clous dans une toute relative ignorance de la plupart des gens. Allez, tout le monde n’ignore pas ce type de médias, et heureusement. Mais si on devait voir ça sous forme de pourcentage, on serait très loin de la globalité.

Revenons à nos moutons.

Nos moutons : les élections. Présidentielles. Voter, c’est évoquer la trahison, disait Élisée Reclus, un anarchiste. Il s’adressait à ses « Compagnons ». J’ai toujours été fasciné par la familiarité avec laquelle parlent les anarchistes, mais aussi les communistes, quand ils s’adressent aux autres.

Je ne suis pas d’extrême gauche non plus, comme l’a déclaré Mélenchon (voir tout premier lien). Je suis anarchiste, c’est à dire hors de tout clivage politique. Mais j’en suis un légèrement opportuniste si je puis dire : je me fais ma propre anarchie, sans suivre à la lettre les grandes lignes de bases, ni d’une branche précise de ce mouvement. D’ailleurs, il en contient une totalement antinomique, de branche, je l’ai découverte récemment : l’anarcho-royalisme. L’anarcho-capitalisme existe aussi si vous voyez le tableau. Et si on va par là, on devrait trouver sans trop se fouler des anarchos-nationalistes… Grimace. Beurk.

Bon, je n’ai pas de mépris pour les sympathisants des sous-mouvements que je viens de citer (quoique je tique un peu pour les capitalistes, et les natios) et je ne mets pas tout le monde dans le même panier. Chacun a ses idées qui peuvent diverger. Finalement, il y a autant d’idées que d’individus. Et tant mieux, la pensée unique, je déteste ça. Mais bon, y a des limites…

Bon, mais alors, si Mélenchon n’est pas d’extrême-gauche, est-il seulement communiste ? Non. Tout simplement parce que les grandes idéologies politiques, telles que les penseurs de base les ont développées, n’existent plus aujourd’hui. Enfin, si, elles existent, mais édulcorées. Ces idéologies ont pourri avec le pourrissement de la société, certes, mais ce n’est pas mon propos, cela dit je tenais à le souligner. Et la politique de Mélenchon, aussi prometteuse soit-elle (mais les promesses n’engagent…) concernant tous les points de son programme, est loin de la promesse communiste. Elle doit faire avec l’état actuel des choses, démarrer sur une France qui est dirigée par la finance.

Qu’est-ce que « la finance » ? Et finalement, qu’est-ce que l’économie ? Des questions auxquelles je ne vais pas tenter de répondre. Pas tout de suite.

En lisant le programme (réduit) des Insoumis (le parti de Mélenchon), on a en page 15 du contenu un gros titre qui rappelle la base du communisme : PARTAGER LES RICHESSES. Étonnant pour quelqu’un qui n’est pas d’extrême-gauche…

Et en lisant la suite, on peut se dire qu’effectivement, ce programme ne propose clairement pas de communisme, mais du socialisme, qui à la différence du gros parti officiel de ce courant politique, ressemble davantage à l’idée qu’on peut se faire du vrai socialisme. Et pas d’un capitalisme dégueulasse planqué derrière une enseigne socialiste. C’est bien beau, mais pourquoi croirais-je le parti de Mélenchon davantage que les autres (qui pour certains ont dû changer de noms plusieurs fois pour faire oublier quelques casseroles) ? Une autre question me vient : est-ce qu’un seul homme qui fut élu président a déjà tenu toutes ses promesses électorales ? Quelques promesses, probablement, toutes c’est moins sûr.

Pour se faire élire, un politicien a besoin d’électeurs, logique. Et pour les attirer, doit-il leur promettre la lune ? Mais… les gens sont-ils toujours aussi cons pour croire les aberrations qu’on leur raconte ? Je ne pense pas. La masse, oui, mais les gens individuellement les uns des autres, non. Mais qui élit le président de la république ? Sont-ce les individus ou la masse ?

J’avance dans le programme, et j’ai un peu de mal à trouver certains points qui m’intéressent : les APL (l’aide au logement). Heureusement que je sais me servir des moteurs de recherche… Un petit « l’avenir en commun » APL et je tombe sur une page intéressante qui parle de la même promesse que dans un ancien document (l’humain d’abord, le programme du front de gauche pour les présidentielles & législatives de 2012). Supprimer le mois de carence (voir illustration ci-dessous)… Bien. Mais il n’est plus question de supprimer le caractère rétroactif de l’APL, comme à l’époque. Bon, c’est toujours ça, pour peu qu’on puisse faire confiance à une personne qui vise la tête de l’état. Ses adhérents et ses sympathisants, eux, semblent lui faire confiance. Moi, c’est autre chose, mais je vise un vote stratégique. Comme beaucoup de monde, ce sera par dépit : j’envisage de voter pour le moins pire. Pire par rapport à mon idéal sociétaire. Le moins pire, parce que les meilleurs n’ont aucune chance de passer au second tour…

image4643
avenirencommun.fr

Dans les promesses ci-dessus, faites aux associations d’aide au logement, on parle du bout des lèvres de l’utilisation de la loi DALO (droit au logement opposable) de réquisition de logements vides lorsque le besoin se fait sentir. Une loi que des associations ont obtenue difficilement, et qui n’est pour ainsi dire presque jamais appliquée (voir image ci-dessous). D’ailleurs, un exemple assez représentatif du cynisme avec lequel l’état se fout de la gueule des associations lorsqu’elles font appel à cette loi, c’est cette vidéo du magazine Striptease, qui m’a été suggérée par mon pote drag0n : les tontons squatteurs diffusé en 2009 sur la troisième chaîne publique, un an après la mise en place de cette loi. L’histoire se passe à Lille. Et évidemment, la réquisition de l’immeuble s’est soldée par l’intervention de la police et sa fermeture.

image4705
Wikipedia

Moi, si j’écoutais mes convictions sans chercher à voter stratégiquement, je choisirais un des « petits  ». Nathalie Arthaud, ou Philippe Poutou. Seulement, les élections en France n’ont rien de juste, elles font en sorte que d’autres, le plus grand nombre, la masse, qui lorsqu’elle est masse, est stupide, je l’ai dit plus haut, choisissent pour nous. En faisant ça en deux tours. Comment se fait-ce que ce soient les plus truands qui soient en tête ? Truands si on regarde leur background judiciaire. C’est simple, la masse aime les truands.

Manifestement, Mélenchon est toujours vierge de toute affaire louche passée, c’est le seul favori qui l’est. Et pourtant, malgré ce détail, malgré les idées qu’il véhicule (mais peut-on…etc.), j’ai un peu peur qu’il ne soit pas présent au second tour. Je ne veux pas regarder les sondages (je vais pourtant le faire), ils sont portés par des médias qui ont des intérêts à les truquer en faveur de Macron & Le Pen. Pourquoi ? Simple.

Parce que ces médias veulent que Macron passe. Au second tour Le Pen n’aurait aucune chance contre lui. On a pu voir ce scénario par le passé, lorsque son père à elle, s’était retrouvé en face de Chirac. Il y a eu 80 % de votes contre Le Pen, simplement pour le bloquer. Outre les idées nauséabondes du FN, ce parti a toujours été présenté comme «  ce qu’il ne faut pas ». Et la masse, toujours la masse, qui n’a pas d’esprit critique, ne marche pas, elle court. Mais pourquoi donc les médias dits traditionnels (la presse, la télévision, la radio) voudraient-ils que Macron passe ?

Car sa politique, qu’on peut d’avance savoir ressemblante à celle de Sarkozy & son successeur Hollande, ultra-libérale, capitaliste, arrangerait les chefs, les «  journalistes » salariés très bien payés, et tous les actionnaires de ces grandes enseignes. Elle arrangerait les multinationales, qui ont des pôles lobbyistes qui dirigent le(s) pays au détriment des 90 % du (ou des) peuple(s), manipulé(s). Et quand je dis 90, je suis en dessous de la vérité.

Si Macron passe, il n’y a aucune chance d’un quelconque changement bénéfique pour nous. Nous resterions dans le scénario dans lequel nous sommes depuis des lustres. Et le pire dans tout ça, c’est qu’il a énormément de chances de passer. Ce type qui est né la même année que moi, deviendrait le chef de l’état. Hécatombe.

Il a 39 ans Macron. Alors ça, c’est un faux argument contre lui. Finalement, on se fout qu’une personne relativement jeune si on compare à tous les présidents d’avant, devienne président. C’est pas ça le problème. Y en aura toujours qui diront (et qui le croiront) qu’il est nécessaire d’avoir une certaine maturité pour avoir la trempe de gouverner un pays. Et que cette maturité commencerait à un certain âge, pas trop vieux quand même, mais pas trop jeune non plus. Où est la limite ? Mettons qu’ils la fixent à 50 ans. C’est un exemple. Donc à 49 ans, ou à 48 ans, ce serait trop jeune ? Et poussons l’absurde : à 49 ans 11 mois et 30 jours, ce serait trop jeune aussi… ?

Chaque jour, comme pas mal de mes pairs, je strie la presse, cette même presse que je fustige. Cette période pré-électorale est stressante. Mais elle fait discuter, Jean-Pierre, Jean-Paul, et Jean-Mohamed parlent politique. Et tous ces Jean le font avec plaisir, ferveur, parfois peur un peu, quand est évoquée la fille Le Pen par exemple, mais moins quand est évoqué Macron ou Fillon. Comment-se fait-il que les gens aient moins peur de ces derniers que de l’autre ? Parce qu’ils ne semblent pas racistes comme l’autre ? Simpliste, mais parfois les réponses les plus simples sont les meilleures. Quand quitterons nous cette oligarchie, ploutocratie ? La masse, avec qui parfois (c’est con je sais) je me solidarise a appris des mots savants ces dernières années, faut dire qu’ils sont foutrement représentatifs de ce qui se passe depuis… Depuis quand ? D’ailleurs…

Condensé des sondages
Condensé des sondages

La suite au prochain épisode.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestShare on RedditDigg thisShare on Tumblr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *